Flores Island, que du bonheur !

 Vendredi 13 octobre

Une nuit sur la terre ferme dans un vrai lit avec une vraie douche
 J’entends encore Lily hier soir tout juste sortie de la salle de bain « Maman, ça fait trop du bien une douche, mĂȘme froide ! » On ne prend vraiment conscience de son confort que lorsqu’on le perd (et mĂȘme seulement 4 jours 😉). Et puis ce coucher de soleil de la chambre… Nous sommes sĂ©duits !

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SĂ©duits et trĂšs fatiguĂ©s de notre « trip » en mer. Nous aurions peut-ĂȘtre dĂ» attendre 1 jour avant de repartir aussitĂŽt. C’est trop tard, nous avons dĂ©jĂ  rĂ©servĂ© les services d’un guide pour les 4 prochains jours. Et puis Labuanbajo, pourtant dĂ©crite comme une superbe ville portuaire dans le Lonely, ne nous inspire pas. Au passage, « Lonely » n’est pas toujours de bon conseil.

Le nom de l’Ăźle « flores » lui fut lĂ©guĂ©e par des marins portugais. Ils sillonnaient la rĂ©gion en quĂȘte d’épices, mais ne trouvaient que des fleurs : « flores » en portugais.

Un petit aperçu de l’Ăźle ici

 

Nous avons hĂ©sitĂ© entre repartir en avion dĂšs notre arrivĂ©e ou traverser l’üle d’Ouest en Est et repartir de l’aĂ©roport de Maumere pour Java. En consultant quelques blogs de voyageurs, nous avons dĂ©cidĂ© de nous laisser sĂ©duire par ce qui promet d’ĂȘtre un joli « road trip » Ă  travers les terres.

Traverser Flores, c’est 4 jours au minimum car pour rejoindre Maumere, c’est une route et une seule de 670 km, la TransFloresienne. Une route en amĂ©lioration rapide certes mais une route sinueuse, tortueuse, une route « comme pour aller au ski » dirait Lily. Une route oĂč 40km/h c’est la vitesse de croisiĂšre 😉

Deux choix s’offraient Ă  nous, voyager avec les bus locaux de ville en ville : il faut compter 5h en moyenne pour rejoindre une ville ou avoir recours Ă  un chauffeur avec le mĂȘme temps de trajet tout en profitant de ses connaissances pour dĂ©couvrir au mieux les richesses que nous offrent Flores et croyez-nous il y en a !! C’est cette derniĂšre option que nous avons choisi. Et nous ne le regretterons pas ! (en fin d’article les coordonnĂ©es).

8h40 – Emanuel (oui Emanuel car la population ici est Ă  85% catholique) nous attend devant notre pension de LabuanBajo. « Hello ! » Les prĂ©sentations faites, nous voilĂ  parti. DĂšs le dĂ©part, Emanuel semble attentionnĂ© avec les enfants. Il vient lui-mĂȘme d’ĂȘtre papa depuis 13 jours d’un petit garçon « Nakalino ».

Aujourd’hui, notre destination est la ville de Ruteng. Emanuel en est originaire ce qui nous offrira aussi un bon moment de partage plus tard dans l’aprùs-midi.

Cela fait seulement quelques kilomĂštres que nous avons quittĂ© LabuanBajo et dĂ©jĂ  nous entamons une vraie ascension. Voyager Ă  travers les terres de Flores, c’est voyager entre les riziĂšres, les volcans fumants, les lacs, la jungle et les plages, une variĂ©tĂ© extraordinaire. Vous allez vite comprendre comment Flores est devenu mon coup de cƓur IndonĂ©sien 😉

1er arrĂȘt sur les hauteurs de LabuanBajo, Lily et Jonas dĂ©couvrent un nouveau jeu avec cette plante appelĂ©e « Princess scared », ses feuilles se replient sur elles-mĂȘmes Ă  notre contact. « C’est trop marrant Maman ! » Nous, nous dĂ©couvrons les « Macadamia tree ». Il y en a de partout !! Emanuel nous explique que les noix de macadamia sont exportĂ©es sur Java pour la fabrication d’huile. Ces noix ne sont pas du tout comestibles, on pourrait tomber malade. Je rĂȘve devant cette profusion d’arbres Ă  macadamia.

Nous poursuivons notre route, la vĂ©gĂ©tation est si luxuriante : des bananiers, des arbres Ă  noix de cajou, des bambous, des arbres Ă  macadamia et ces riziĂšres


Sur la route de Ruteng, il y a un panorama à ne pas manquer : « Spiderweb Rice Fields ». Emanuel nous y emmÚne.

Mais avant pause « vomito » pour Lily 
 Une route de montagne
 On dit d’elle aussi qu’elle ressemble Ă  un serpent. C’est une bonne image. De retour en voiture, Emanuel se tourne vers Lily « Don’t forget to smile ! » Lily sourit, c’est gagné !

Quelle chaleur ! Dans les riziÚres, les hommes et les femmes sont affairés, chacun à sa tùche. Les femmes ramassent les plants et les posent sur le cÎté, un homme vient les prendre et les amÚne au bord de la route pour les faire sécher, un peu plus loin, un autre sépare les grains des plantes sur ceux déjà secs. Et les enfants sont là, ils jouent, ils aident.

 

ArrĂȘt essence, ici le litre c’est 6400 RP, un peu moins de 0,30€ du litre.

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Des enfants marchent le long de la route « No school ?! » Nous sommes pourtant vendredi
 Emanuel nous explique que c’est la pause. La pause ? Oui, ici et comme dans toutes les Ă©coles que nous avons rencontrĂ© en IndonĂ©sie d’ailleurs, l’école c’est du Lundi au Samedi jusqu’à 12h30 parfois 13h. Ils commencent en gĂ©nĂ©ral Ă  7h15 le matin et ils ont 2 pauses dans la matinĂ©e pendant lesquelles ils peuvent se promener ou aller manger quelque chose. « C’est trop bien Maman !! Ils ont le droit de sortir de l’école ici pendant la rĂ©crĂ©ationÂ đŸ˜‰Â Â»

« And why they don’t wear an uniform Emanuel ? » Les Ă©lĂšves en IndonĂ©sie ont tous un uniforme, la couleur change en fonction des Ă©coles (Ă©cole privĂ©e ou public) et des niveaux. « Because it’s Friday ! » Le vendredi donc pas d’uniforme, nous apprenons que c’est le jour du sport le vendredi, ils peuvent donc venir habillĂ©s comme ils veulent. « And also Saturday ! » ajoute Emanuel. Et pourquoi le samedi est un jour sans uniforme aussi ? Alors lĂ , accrochez-vous


Le samedi c’est le jour de mĂ©nage, les Ă©lĂšves viennent Ă  l’école pour nettoyer leur salle de classe, la salle des professeurs et le jardin de l’école. A mĂ©diter


img_4191« Lily, quelque chose Ă  ajouter ?!! » Non rien !

Notre route se poursuit et nous en avons dĂ©jĂ  plein les yeux. Cela promet de belles dĂ©couvertes. Emanuel est trĂšs ouvert, c’est un vrai plaisir de pouvoir Ă©changer avec lui.

11h – Nous arrivons au village de Cancar, nous sommes prĂšs de ces riziĂšres lĂ©gendaires appelĂ©es « Spider Rice Fields ». Pour avoir une vue imprenable sur ces riziĂšres en toile d’araignĂ©e, Emanuel nous arrĂȘte dans une petite maison. D’ici, il nous explique que nous allons monter jusqu’à la crĂȘte par un chemin en terre.

Le chemin jusqu’à la crĂȘte se transforme en cours de sciences 😉 Nous dĂ©couvrons des arbres Ă  cacao, des cafĂ©iers, des plantes Ă  ananas, des plants de pommes de terre locales et d’autres lĂ©gumes. Jonas est dĂ©jĂ  presque en haut, cela fait rire Emanuel « More energy Jonas ! » Ah oui, more !!

D’en haut, l’aspect trĂšs particulier des riziĂšres, en forme de toile d’araignĂ©e, sautent aux yeux. Emanuel nous en donne l’explication. Au tout dĂ©but, la maison se trouvait au centre de la riziĂšre et les paysans suivaient la forme du toit de la maison pour faire les plantations.

C’est extraordinaire !

Nous redescendons, il est tard, la faim se fait sentir. Nous finissons la route jusqu’à Ruteng propose Emanuel, là-bas nous pourrons bien manger


« Agape Café », idĂ©al pour une pause dĂ©jeuner dit « Lonely ». La salle est trĂšs belle et nous avons faim ! Mais c’est sans compter sur l’impatience de Jonas : aussitĂŽt servi, Jonas se jette sur son plat. Trop tard, il sortait juste du four. Glace, crĂšme, bande et
 cloques !

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Ruteng est une ville assez vaste, de premier abord sans grand charme. Emanuel va nous en faire dĂ©couvrir une autre facette. Rappelez-vous, il en est originaire. Ludovic lui a expliquĂ© sur la route ce matin que je suis maĂźtresse en France, « like my wife ! » a rĂ©pondu Emanuel. Il nous propose donc de nous emmener dans une Ă©cole mais pas n’importe laquelle 😉 Une Ă©cole de formation au tourisme, son Ă©cole dans laquelle il a passĂ© sa formation quelques annĂ©es auparavant. « Oh non Maman, pas encore une Ă©cole !! » Si Lily, il va falloir s’y habituer 😊

DĂšs notre arrivĂ©e dans la cour, les tĂȘtes des salles de classe se lĂšvent, des sourires et cette envie de venir parler avec nous. Cela tombe bien, nous sommes invitĂ©s dans une classe. Ce sont des Ă©lĂšves en premiĂšre annĂ©e, peu comprennent l’anglais, l’enseignante traduit. Beaucoup de timiditĂ© de la part des Ă©tudiants (sauf 1 !), Jonas et Lily sont mal Ă  l’aise (cela ne durera pas longtemps pour Lily !).

Ils nous questionnent : d’oĂč nous venons, oĂč nous allons, qui nous sommes, nous leurs parlons de notre aventure de l’annĂ©e, leurs partageons le blog, avant de partir un Ă©lĂšve me demande quelles sont les qualitĂ©s les plus importantes pour rĂ©ussir leur annĂ©e. Je lui rĂ©ponds ce que je rĂ©pĂšte Ă  chaque fois Ă  mes Ă©lĂšves « Vous avez le droit de vous tromper mais pas le droit d’abandonner ! » Ils sourient.

AprĂšs cette pause « studieuse », c’est un arrĂȘt plus culturel, direction la cathĂ©drale de Ruteng. Emanuel nous dit que la nouvelle cathĂ©drale vaut le dĂ©tour. Dans le jardin autour, nous avons droit Ă  une sĂ©ance sportive « Because it’s FridayÂ đŸ˜ŠÂ Â» Des enfants et des adolescents sont lĂ , certains plus sĂ©rieux que d’autres, pour s’entraĂźner Ă  un sport de combat. Nous nous asseyons pour les observer. C’est gĂ©nial ! Ils se prennent au jeu et nous font un spectacle. Avec Lily, on s’y tente aussi
 mais nous manquons de souplesse !

 

Dans la cathĂ©drale, il y a un mariage, nous ne pourrons pas rentrer. Ici pas de mariage le samedi la veille de l’office dominicale, on peut se marier tous les jours de la semaine. L’extĂ©rieur est dĂ©jĂ  trĂšs beau.

 

 

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Notre journĂ©e, dĂ©jĂ  bien pleine, va se finir par la visite d’un village traditionnel. Nous sommes curieux de dĂ©couvrir leurs coutumes. A notre arrivĂ©e, des enfants jouent, nous accueillent avec un joli sourire, ce sera notre meilleur souvenir de cette visite


Le guide du village nous donne quelques explications dĂ©cousues, sans logique. Nos questions restent dans le flou. Nous en retiendrons que quoiqu’il se passe dans cette communautĂ©, le « chef » a un rĂŽle de mĂ©diateur entre les familles et les clans qui y vivent.

Il est maintenant tard, Emanuel nous conduit jusqu’à notre guesthouse « MJR Ticketing » Ă  Ruteng.

Nous avions rĂ©servĂ© la veille au soir sur TripAdvisor une grande chambre avec un extra bed. Il faut savoir que les chambres familiales pour 4 sont moins courantes (les touristes sont souvent des backpackers voyageant seuls ou Ă  2). La deuxiĂšme chose Ă  savoir c’est qu’avec TripAdvisor certaines consignes comme « extra bed », petit dĂ©jeuner, nombre de personnes
ne sont pas toujours bien communiquĂ©s aux partenaires locaux (ici Agora).

Nous en faisons les frais ce soir
 «No extra Bed ! » Comment pas d’extra Bed ? La gĂ©rante nous explique qu’il nous faut payer un supplĂ©ment. Ludo tente de lui expliquer que nous avons dĂ©jĂ  payer ce surplus. Rien Ă  faire. Il n’apparaĂźt pas sur son bon de rĂ©servation.

Il est tard, les enfants sont fatiguĂ©s, nous aussi. 30 minutes de lutte acharnĂ©es d’explications et de savants calculs, les sourires reviennent et la gĂ©rante, une charmante japonaise, accepte de nous installer ce lit supplĂ©mentaire.

Ludo s’est revu l’espace d’un instant dans le film « La vĂ©ritĂ© si je mens » Ă  nĂ©gocier des fermetures Ă©claires avec un fameux « T’as pas dit zipp !! »

« Is it ok ? » nous demande Emanuel. Yes ! Tout est ok. « Enjoy your sleep »

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Samedi 14 octobre

7h – Jonas est dĂ©jĂ  levĂ© « Papa, on va dĂ©jeuner quoi ?! » Les repas commencent Ă  devenir lourds avec Jonas, il ne mange que peu de choses et nous voyons bien qu’il a faim. Nous ne savons pas comment faire. MĂȘme le petit dĂ©jeuner le matin pose problĂšme. Ici, pas de cacao, pas de pain, le lait est du lait en poudre (vous auriez dĂ» voir sa tĂȘte quand on lui a amenĂ© la tasse !!), pas de cĂ©rĂ©ales et « mĂȘme le beurre Maman il n’a pas le mĂȘme goĂ»t !! » Nous perdons parfois un peu patience.

Mais ce matin, notre « breakfast is just marvellous ! » Des petits cakes fait maison, des confitures de mangues, des tartines, des mangues et des ananas, une salade de concombre
 ! Nous disons au revoir Ă  Jenny, une australienne rencontrĂ©e la veille au soir dans la Gesthouse. Jenny fait promettre Ă  Lily « Better English » quand elles se reverront chez elle Ă  Sidney ou en chez nous en France. Lily promet. Nous Ă©changeons nos cartes.

8h30 – Emanuel arrive. Jonas est trop content de le retrouver.

Avant de quitter Ruteng, nous devons passer par la poste pour envoyer un document en France (un clin d’Ɠil Ă  Patricia 😉) Ce sera un petit moment de solitude. Des visages perdus face Ă  nous, aucune de parle anglais
 Ah si, un ! Ouf 😊 Nous ne savons pas notre document est arrivera en France mais il est postĂ©.

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Emanuel veut nous montrer le marché local de Ruteng, avec plaisir ! A la fois marché ouvert, puis marché couvert, il y a des étales de partout, des couleurs, des odeurs et des sourires. Lily cherche ses concombres, maman son gingembre ; « Ginger Tea » un véritable remÚde naturel. Nous achetons également quelques bananes pour la route, elles seront juste fabuleuses avec leur léger goût citronné.

 

 

Devant les Ă©tals de poisson, je m’arrĂȘte. « Ikan Cara » me dit Emanuel « It was very good ! » 

 

Il est temps de quitter Ruteng, nous avons 5h de route jusqu’ Ă  Bajawa, notre 2nd point de chute sur Flores. A nouveau cette route tortueuse de montagne, « Ramamisa » nous dit Emanuel, nous nous arrĂȘtons sur les hauteurs de ce lac de cratĂšre. Ici, c’est une forĂȘt protĂ©gĂ©e. « On peut se baigner Maman ?! » Ah non ! « Very Dangerous » Certainement Ă  cause du soufre.

« Maman, tu te rends compte, 2 buffles, 3 chĂšvres et des sous, ça fait beaucoup pour se marier ! » Jonas repense Ă  notre discussion d’hier sur les coutumes du mariage ici. Oui, ça fait beaucoup 😉

Au bord de la route, quelques singes, Lily et Jonas s’en amusent, Ils leurs jettent une banane « Maman, regarde ! ils l’ouvrent comme des humains !! Ils sont trop intelligentsÂ đŸ˜ŠÂ Â» Emanuel nous explique que durant la saison chaude, les singes attendent patiemment au bord de la route qu’on leurs donne Ă  manger.

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Il est 11h, nous croisons des Ă©coliers « Week end Emanuel ? » Non pas encore, rappelez-vous le samedi matin, c’est le jour de mĂ©nage et de jardinage Ă  l’école. Il n’y a que le dimanche en repos. Nous en profitons pour lui demander les vacances ici. Emanuel sourit « No job, no money ! » Ici, pas de congĂ©s payĂ©s ! Le seul jour de repos c’est le dimanche. Quant aux Ă©coliers, c’est presque pareil, ils n’ont que 2 semaines de vacances pour les fĂȘtes de NoĂ«l et la nouvelle annĂ©e. « No holidays » 
 Lily et Jonas ne disent plus rien, nous n’ont plus d’ailleurs !

Pause Ă  Borong « Lunch Time ! » Nous mangeons au Bougainville, plutĂŽt europĂ©en comme nom. Pourtant Ă  l’intĂ©rieur que des IndonĂ©siens, des rires, une bonne humeur rĂšgne ici. Emanuel nous dit qu’on y mange bien aussi et pour pas cher. « Fish, rice and vegetables » Trop bon 😉 Papa et Jonas jouent avec les osselets pendant l’attente, Emanuel se lance avec Lily dans une partie de Puissance 4. Une pause qui fait du bien.

Il nous reste encore un peu plus de 2h de route jusqu’à Bajawa
 « Maman, qu’est-ce que je peux faire ? Hein Maman ! » J’improvise un cours d’orthographe ! Emanuel rit d’entendre Jonas rĂ©citer « School Time ! »

Sur la route, des bananiers de partout, nous apprenons qu’ils exportent ici toute leur production vers Bali et Java.

Nous arrivons enfin Ă  Bajawa. C’est une petite ville perchĂ©e Ă  1 100m d’altitude encadrĂ©e de volcans aux pentes couvertes de forĂȘt. Bajawa est l’endroit idĂ©al pour explorer les villages traditionnels des Ngada. Emanuel nous propose de nous y arrĂȘter, nous sommes encore déçus de la visite du village traditionnel de la veille, nous prĂ©fĂ©rons descendre jusqu’aux sources chaudes. Emanuel est surpris « Are you sure ? » Ok ! Direction Air Panas Malange (Air Panas = source chaude en IndonĂ©sien).

Ces sources sont les plus naturelles de la rĂ©gion, elles se trouvent Ă  la base du Gunung Inerie, un volcan au cĂŽne parfait, majestueux. 30minutes plus tard, serviettes et maillots de bain, Lily, Jonas et papa se jettent dans un bassin tempĂ©rĂ©. Juste avant Jonas a Ă  nouveau risquĂ© quelques cloques supplĂ©mentaires, il s’est trompĂ© de bassin ! Il y a deux cours d’eau, l’un chaud, l’autre froid qui se rejoignent dans un bassin tempĂ©rĂ©. « Maman !!! Elle est vraiment chaude cette source !Â Â»Â đŸ˜‰

Des familles indonĂ©siennes sont lĂ  aussi, des enfants se baignent, d’autres se lavent. Un petit garçon tente d’approcher les enfants pour jouer avec eux. Cette ambiance est Ă  la fois joyeuse et pleine de sĂ©rĂ©nitĂ©. Nous, ici, dans cette jungle, avec ses odeurs et ses bruits. Je suis conquise. « On reviendra Maman ?! Dis oui ! » Je crois que les enfants aussi ont craqué !

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18h – Sanian Hotel. Ludo descend et va voir Ă  la rĂ©ception si tout est ok, pas comme la veille. « It’s ok » me rassure Emanuel. Nous dormirons dans du grand luxe ce soir : une chambre avec salle de bain et toilette, tĂ©lĂ©vision, mini bar, climatisation et l’eau chaude pour environ 45€ ! « Maman, elle est trop bien cette chambre, il y a tout dedans ! » s’exclame Jonas.

Un peu plus tard dans la soirĂ©e « Maman, regarde qui il y a ici aussi !! » crie Lily. « Oh Jenny !! » C’est trop marrant de les voir. Nous Ă©changeons sur nos dĂ©couvertes de la journĂ©e. La copine de Jenny nous parle de ce village Ngada, des Ă©toiles plein les yeux, elle ne sait pas comment nous dire que ce qu’elle a vu Ă©tait simplement merveilleux. C’est dommage
 Nous aurions dĂ» y aller


Emanuel nous attend pour rentrer se reposer « Tomorrow morning, Ngada village ! » Ludo m’explique qu’il a vu avec lui et que c’est ok. Nous partirons plus tĂŽt demain matin et nous nous arrĂȘterons au village. Je souris, je suis trop contente ! Emanuel s’en amuse ; ce village ce n’est pas n’importe quel village


 

Dimanche 15 octobre

RĂ©veil trĂšs difficile ce matin. Nous nous sommes couchĂ©s un peu tard hier soir. Nous avons eu un moment d’école avec Jonas aprĂšs le repas ; l’école a Ă©tĂ© un peu oubliĂ© ces derniers jours entre le trip en bateau et la route depuis 2 jours. « Que des maths maman ! S’il te plaĂźt  » Lecture ! On va faire aussi de la lecture Jonas. Pendant ce temps, Lily a rĂ©pondu Ă  ses mails et a prĂ©parĂ© son prochain article avec papa. Les enfants couchĂ©s, je me suis fait chauffer mon Ginger Tea et j’ai passĂ© un long moment sur l’ordinateur, trop long, vu mes yeux ce matin 😉 J’avais encore quelques photos Ă  tĂ©lĂ©charger pour le dernier article du blog et nous avions aussi surtout Ă  « booker » les billets d’avion de Flores Ă  Java pour dans 3 jours.

L’avion ici c’est comme les chambres, on peut vite se retrouver sans rien oĂč avec les derniers billets « hors de prix ». Depuis notre arrivĂ©e sur Flores, nous rĂ©servons nos chambres au jour le jour sans avoir parfois trop le choix, comme pour ce soir.

C’est grñce à Emanuel que nous dormirons dans une chambre à 4 d’ailleurs à Moni.

3Ăšme Ă©tape aujourd’hui Moni. Moni se trouve Ă  plus de 6h de route d’ici, c’est un joli petit bourg entourĂ© de pics volcaniques, c’est aussi le point d’accĂšs au Kelimutu, ce volcan sacrĂ©.

« Good morning Emanuel ! » Les enfants et lui sont de plus en plus complices. Ils s’attachent. « Go to Ngada village ! » Oh oui !!

Les Ngada vivent sur le haut plateau de Bajawa et les pentes du Gunung Inerie. Nous partons vers le village sur les pentes du volcan. La plupart d’entre eux pratiquent un synchrĂ©tisme religieux mĂȘlant animisme et christianisme. Ils vĂ©nĂšrent Gae Dewa, un dieu qui unit les Cieux et la Terre.

Les symboles les plus visibles de la tradition Ngada sont les paires de « ngadhu » et « bhaga ». Le « ngadhu » est une construction en forme de parasol d’environ 3m de haut ; le « bagha » est une maison miniature au toit de chaume. Le « nghadu » est mĂąle et le « bagha » est femelle, ils sont lĂ  pour accueillir les esprits des ancĂȘtres. Chaque pair est associĂ© Ă  une famille du village.

Les rites de fertilitĂ© sont toujours cĂ©lĂ©brĂ©s tout comme les cĂ©rĂ©monies marquant les naissances, les mariages, les dĂ©cĂšs et la construction des maisons, parfois avec des sacrifices de buffles. A l’entrĂ©e des maisons, des restes de ces sacrifices
 les dents et les cornes des buffles. Emanuel nous explique que c’est pour protĂ©ger la maison.

Nous apprenons aussi que chez les Ngada, la propriété se transmet par les femmes ; si un homme veut se marier avec une femme extérieure à son village, il doit quitter son village.

Nous nous promenons dans ce village. C’est un vrai village, nous n’assistons pas ici Ă  une reprĂ©sentation comme nous avions ressenti auparavant. Les maisons sont toutes tournĂ©es vers le centre, comme si elles ne faisaient qu’une, ce centre oĂč reposent leurs ancĂȘtres. Pas de ruelles. Dans le recoin d’une maison, une jeune fille pille du maĂŻs Ă  cĂŽtĂ© de son petit frĂšre qui fait ses devoirs. Des visages de tout Ăąge bercent les terrasses de ces maisons, paisibles. L’ambiance est sereine.

 

Au moment oĂč nous allons quitter le village, un visage, un regard au loin me touche plus encore. Une dame ĂągĂ©e m’observe. Elle a cette chaleur dans son regard et ce visage plein de sagesse. Je m’approche. Je suis touchĂ©e. Elle m’a touchĂ©e.

Nous partons. Comme les enfants la veille, je pourrai dire ce matin « Dis chéri, on reviendra ? Dis oui !! »

« Mais pourquoi ils cassent les montagnes papa ? Les pierres, c’est important ! Et puis c’est la montagne quand mĂȘme ! » dit Lily limite triste et en colĂšre. Sur la route depuis LabuanBajo, beaucoup de flancs sont mis Ă  nu, des carriĂšres au bord de la route. Emanuel nous confie que c’est dangereux et qu’il y a des glissements de terrain. Mais comment faire
 ?

Le paysage change, nous approchons d’Ende au bord de la mer. Des champs de palmiers, une route droite ! C’est ici que nous allons dĂ©couvrir la production d’arak, l’alcool local. Chaque famille ici produit son arak Ă  partir de la sĂšve de palmier. Le procĂ©dĂ© est identique Ă  celui que nous connaissons de l’eau de vie : fermentation et distillation avec un alambique en bambou.

Ludo goĂ»te « ça va ! » Il s’attendait Ă  quelque chose de plus fort. J’en ramĂšnerai bien Ă  papy Jacky 😉 Mais 6 mois dans le sac, c’est risqué !

 

« On s’arrĂȘte quand pour manger Maman ?! » Emanuel ? BientĂŽt.

Et quelle pause repas ! « Blue stones Beach », la plage des cailloux bleus. Au repas, poissons grillés ! Je vois déjà le sourire de Ludo. Nous devons choisir notre poisson.

Pendant l’attente, baignade sur cette plage atypique. Les enfants joueront dans les vagues avec une jeune indonĂ©sien. « Les cailloux sont bleus papa !! » Comment c’est possible ? Il nous suffit de se retourner du cĂŽtĂ© de la montagne pour comprendre. Ils viennent de la montagne. Avec les eaux de pluie et les ravinements, ils finissent sur la plage. C’est beau Ă  voir !

Et le poisson dans tout ça ?

Un vrai rĂ©gal !!!!! 😊

Les estomacs pleins, on repart. Prochain arrĂȘt Moni.

Emanuel nous prĂ©cise le programme de demain. RĂ©veil 3h30. « 3h30 ! in the night ! » rĂ©pond Ludo. Emanuel sourit « Yes ! » Mais pourquoi ? « Sunrise on Kelimutu ! » Ok
 On rigole lĂ , maintenant. Cette nuit ce sera diffĂ©rent.

 

Lundi 16 octobre

3h30 Bip – Bip – Bip
 « Je crois que c’est l’heure  »

4h « Maman tu crois qu’il dort encore Emanuel ?! » Oui je crois
 Lily frappe Ă  sa porte. Rien
 Lily frappe Ă  nouveau. « Oh sorry !! Ok, ok
 we go ! »

Nous avons lu qu’à l’aube, le soleil se lĂšve au-dessus du bord ouest du Kelimutu et filtre Ă  travers le brouillard pour dĂ©voiler trois profonds lacs volcaniques, surnommĂ©s les lacs tricolores.

Mais ce matin, nous ne sommes pas certains de pouvoir en profiter
 « Maman, heureusement que tu as pris les K-Way ! » Une pluie s’abat sur nous. Il est 5h du matin, nous sommes sous un abri, encore Ă  moitié endormi et nous espĂ©rons que la pluie s’arrĂȘte


 

Une accalmie, on repart. Lily et Jonas aux mains d’Emanuel. « Tu crois qu’on verra le lever du soleil ? » Ca c’est moins sĂ»re. Nous arrivons Ă  son sommet dans un brouillard qui ne permet pas de voir quoique ce soit autour. Quelques marchands ambulants sont lĂ  et proposent des boissons chaudes. Il ne nous reste plus qu’à attendre.

 

Nous avons entendu la veille au soir un monsieur qui disait qu’il avait patientĂ© plus de 2h pour apercevoir ces fameux lacs. Cela risque d’ĂȘtre long et ardu quand je vois la tĂȘte Ă  Jonas 😉

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Oulala… la journĂ©e s’annonce longue 😉

 

Pendant ce temps, Lily mange
 « J’ai faim moi !!Â Â»Â đŸ˜‰

 

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Quelques rayons tentent de percer, des nuages gonflent au-dessus du cratĂšre. Nous discernons un premier lac « Regarde Papa, il est là ! Le lac turquoise ! » Le deuxiĂšme que nous parviendrons Ă  voir sera le noir de l’autre cĂŽtĂ© de l’observatoire, puis le brun-rouge juste derriĂšre le turquoise.

Quelle beauté ! Surtout quand les rayons du soleil viennent se reflĂ©ter sur l’eau.

La légende veut que les ùmes des morts montent vers ces lacs : celles des jeunes rejoignent la chaleur de Tiwu Nuwa Muri Koo Fai (le lac turquoise), celles des vieux le froid du Tiwu Ata Polo (le lac brun) et celles des méchants le Tiwu Ata Mbupu (le lac noir).

 

On dit que le Parc National de Kelimutu est un incontournable sur la rĂ©gion, c’est certain. Il aurait mĂȘme mĂ©ritĂ© que nous y passions peut-ĂȘtre 2 jours de plus.

Avant de quitter Moni, Emanuel veut nous montrer une cascade. « On peut s’y baigner Maman ?! » Ils vont finir avec des nageoires et des Ă©cailles ces enfants avant de repartir de Flores !

Notre road Trip touche Ă  sa fin. Dernier arrĂȘt Maumere. Sur la route « Maman, tu te rends compte, 2 buffles, 3 chĂšvres et des sous, ça fait beaucoup pour se marier ! » Jonas repense Ă  notre discussion d’hier sur le mariage ici quand on est passĂ© Ă  la cathĂ©drale Ă  Ruteng. Oui, ça fait beaucoup 😉 C’est l’heure de se dire « Good Bye », c’est difficile de laisser partir Emanuel ; lui aussi a du mal Ă  partir. C’était juste 4 jours vous me direz mais 4 jours intenses avec de beaux partages. Emanuel a su ĂȘtre bien plus qu’un chauffeur. Toujours attentionnĂ© et joyeux, il nous a « offert » Flores, une Ăźle qui promet dĂ©jĂ  Ă  elle seule une extraordinaire aventure.

 

Pour contacter Emanuel, c’est ici :

https://www.facebook.com/roadtriparoundbeautyisland/

WA : 082145436263
Gmail : emilianussaman27@gmail.com

 

 

 

 

 

10 rĂ©flexions sur « Flores Island, que du bonheur ! »

  1. Mon dieu ça avait l’air merveilleux ❀❀❀. Et puis ces belles rencontres que vous faites… ça doit ĂȘtre rĂ©confortant mais tout aussi dure de quitter toutes ces personnes !

    Aimé par 1 personne

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