Can Tho, le grenier à riz du Vietnam.

Lundi 27 novembre

7h – « Maman, on part où ce matin ? » A Can Tho ! Nous allons dans le « grenier à riz du Vietnam ».  « Nous allons dans un grenier ?!! » Je souris en voyant la tête à Jonas. En fait, il s’agit du delta du Mékong qu’on appelle ainsi. A l’extrémité sud du pays, entre Hô Chi Minh-Ville, la frontière du Cambodge, la mer de l’Est et le golf de Siam, on y trouve une immense plaine très fertile traversée par les neuf bras d’un fleuve éclaté en morceaux qui se jette dans une mer tropicale. On dit qu’à peine sorti du Cambodge le Mékong devient paresseux, il prend son temps, il s’éclate en décrivant comme une gigantesque patte d’oie, une sorte de triangle humide et vert.

Ce delta est aussi considéré comme le garde-manger du Vietnam ; avec seulement 12% de la surface du Vietnam, les 9 provinces de ce delta assurent presque la totalité de la production rizicole du pays ! Il faut dire qu’on ne peut pas faire plus fertile : de l’eau et du soleil 6 mois de l’année. Ici c’est facile il n’y a que deux saisons, la saison sèche de novembre à avril et la saison humide de mai à octobre. La mousson est à son maximum en septembre.

Nous avons décidé de nous poser à Can Tho pendant 4 jours pour découvrir ces provinces plutôt que de nous « promener » avec nos sacs. Can Tho est au cœur du delta du Mékong, à 169 km de Ho Chi Min, c’est une bonne base pour partir en bateau à la découverte des bras du Mékong, des villages et des marchés flottants.

Pour nous y rendre, 3h de bus. Hier soir, Ludo est retourné à la boutique de Phuk Kang Travel dans le quartier routard du District 1 pour y réserver les billets de bus. « Très compétent » a dit Ludo, il vend les puces téléphonique comme il y a 10 ans chez nous en donnant toutes les explications et en la mettant en service. Alors autant retourner le voir lui 

Pour 520 000 dng, environ 21€, nous avons nos 4 billets. « Tu crois qu’on aura un bus où on s’allonge ? » En arrivant sur Ho Chi Minh, nous avons découvert ces bus « assis-couché », « ça doit être trop bien !! » avait immédiatement dit Lily.

  • Bus Ho Chi MinhVille – Can Tho /  Bus Futa BusLines /  Website : www.futabus.vn

3h – 110 000 dng/pers, environ  4€.

« Take a Grab to Bus Station » nous avait conseillé le vendeur à la boutique. C’est vrai que Grab fonctionne à nouveau ici ! C’est bien çà 😉

Quand nous arrivons à la gare routière, c’est immense !! « Où est le bus ?? » Il y en a de partout. Plusieurs personnes nous dirigent de l’autre côté de la gare « Overside ! » Nous voyons pourtant un bus avec le panneau « Can Tho » mais le chauffeur nous envoie toujours « Overside ! » Au fond de la gare routière, encore des bus, c’est la bonne compagnie « Futa Buslines » c’est déjà çà. Un homme regarde  nos tickets, il nous demande de patienter « Bus 16 166 ! » ok 😊 On y est arrivé !

« Maman, c’est le bus ‘assis-couché’ !! Trop bien !! »

Nouvelle expérience transport ce matin. A l’entrée, on nous donne un sac plastique pour y ranger nos chaussures, un homme nous place, en bas ? en haut ? Nous sommes tous en bas ce matin. « On devrait avoir les mêmes bus maman en France, on est trop bien ! »

Le trajet passe vite, cela change de nos trajets bus au Cambodge où nous étions « ballotés ». Le décor n’est plus le même, nous sommes entre terre et eau, les paysages sont traversés et baignés par un réseau incroyable de voies d’eau. 

11h30 – Nous arrivons à la gare routière de Can Tho, enfin,  à l’une des deux gares routières de Can Tho, ce qui nous vaudra pendant notre séjour ici une jolie confusion avec un chauffeur de taxi 😉

Dès notre arrivée, nous nous rendons vite compte que la barrière de la langue risque d’être une difficulté ici. Le chauffeur de taxi ne comprend pas vraiment où nous devons aller, Ludo tente de le guider… Il finit par nous déposer le long de la route, « il nous reste plus que 400m » dit Ludo. Il fait toujours aussi chaud et malgré notre trajet en ‘assis-couché’, les enfants en ont assez, ils veulent se poser. « Allez, encore un peu de courage, on y est presque ! »

« Hello ! You are booking ? »  nous demande la jeune fille de la guestHouse. Lily et Jonas ont retrouvé le sourire, ils jouent avec des bébés chiens qui appartiennent à la gérante 😊

12h30 – Nous posons enfin nos sacs dans notre chambre à Thao Ahn GuestHouse.

Avant de venir ici, nous avions une idée de ce que nous voulions y voir ; Ludo avait aussi vu en réservant que la guestHouse pouvait nous organiser certaines expéditions. C’est effectivement le cas, en quelques minutes, nous bouclons nos 4 jours ici, découverte de la ville, marché flottant, visite d’Anh Binh Island et d’une maison coloniale et petite ascension de ‘Sam Montain’, une montagne sacrée au nord.

Mais avant, il faut manger. « On a faim nous !! » La gérante nous conseille d’aller jusqu’à « Local food street » ; trop local à notre goût… Quand on avance dans la rue, les odeurs nous soulèvent le cœur. Au bout de la rue, ‘Vegetarian restaurant’, il nous semble être le moins pire… Notre repas sera à la fois le moins cher depuis notre arrivée au Vietnam et le plus critique à ce jour ! Même les nems ont un goût particulier, pour éviter de dire ‘bizarre’ ! A part les yaourths acheté à la boutique d’en face pour les enfants, nous n’en garderons pas un bon souvenir, l’estomac de Ludo y pense encore 😉

 

« Nous ne sommes pas loin ! » Je tente de négocier avec Lily et Jonas la visite de la pagode kmère de Munirangsyaram. « Regardez, on voit même le toit ! » On la repère effectivement de loin avec son toit typiquement khmer. D’après ce que j’ai lu, elle sert de centre spirituel à la communauté khmère de Can Tho, une petite vingtaine de bonze vivent ici. « D’accord mais pas longtemps ! » Lily et Jonas n’ont qu’une envie, c’est de rentrer à la GuestHouse pour jouer avec les chiots. Leurs animaux leurs manquent et dès qu’ils peuvent en toucher, ils sont vraiment heureux.

Cette pagode est toute en hauteur, des salles de prières sur trois étages avec en prime une magnifique vue sur la ville du toit. « Regarde maman, il y a le pont de Normandie au loin !! On peut aller voir tatie 😊 » Le pont ressemble effectivement bien à notre pont de Normandie, mais tatie est bien loin…

 

21h – « On se couche déjà ?! » dit Jonas. Demain réveil à 4h45… On part voir le marché flottant de Cai Rang. « Mais ce sera la nuit maman ! Et on ne fait pas le marché la nuit !! » Il faut croire que si… 😉

 

Mardi 28 novembre

« Non maman s’il te plaît, on ira plus tard au marché… C’est trop dur de se lever ! »

Je culpabilise un peu tout de même… « On reviendra se reposer après ! » Oui je sais, ce n’est pas terrible comme répartie… Mais à 4h45, je n’ai pas trouvé mieux 😊

5h15 – Nous voilà dans un taxi, direction le Mékong. « Mais maman, c’est la nuit et il y a déjà pleins de gens dehors, ils vont où ?! » me demande Lily. Comme au Cambodge, en Indonésie, au Vietnam aussi la ville s’anime avant même le lever du soleil. C’est une autre façon de vivre, une autre culture, on ne vit décidemment pas de la même manière. Les enfants en sont moins surpris qu’au début de notre voyage, ils sont aujourd’hui plus curieux.

Quand nous arrivons sur le quai, c’est encore la nuit. Nous ne sommes que tous les 4 avec le chauffeur de la barque, nous ne voulions pas d’un bateau d’agence appelé aussi « bateau touristique » pour cette excursion. Découvrir les marchés flottant en barque est plus authentique ; l’autre avantage de la barque, c’est qu’elle se faufile bien plus facilement et nous pouvons nous rendre bien plus près des marchands sur l’eau. 

 

 

A Can Tho, on a accès à deux marché flottants, Cai Rang à 7 km ou Phong Dien à 17km. Ce matin c’est à celui de Cai Rang que nous nous rendons, il est plus touristique que le second, mais passer 7h dans une barque à moteur avec Lily et Jonas, nous ne le sentions pas trop pour être honnête… 

Cai Rang floating market est considéré comme l’un des plus grands marchés flottants de grossistes du delta du Mékong. On y croise  des tas de bateaux chargés de pastèques, patates douces, oignons, ananas, carottes… Sur ces bateaux, des longues perches servent d’enseigne, les marchands y accrochent les fruits ou les légumes qu’ils proposent. Le spectacle est beau à voir !

« Regarde papa, il y a même des coqs sur les bateaux !! » s’exclame Lily. Jonas ne dit rien, il regarde de partout, rêveusement… Se rend-il bien compte qu’il est sorti de son lit ou pense-t-il qu’il rêve encore ?! 😉 Et puis… « Mais papa c’est quoi un grossiste ? » demande Jonas. Nous le pensions endormi, il n’en est rien ; il écoutait depuis le début les explications que nous leurs donnions. « D’après toi, que peut être un grossiste ? »… « Quelqu’un de gros ! » … Pas tout à fait 😊 Place à un peu de vocabulaire et une petite leçon d’économie sur les différents acteurs d’un marché.

 

 Nous naviguons ainsi dans le marché pendant un long moment, le spectacle est tellement plaisant à voir.

 

Ludo vient de repérer quelque chose qui l’intéresse… une barque « spéciale petit déj’ » 😉 L’appel du café ! Notre capitaine nous propose de nous arrêter au même moment, ne lirait-il pas dans les pensées de Ludo ?! Nous nous amarrons alors à une autre barque, là devant nous une vraie cuisine ambulante ! « Noodle soup, is it ok ? » Je vous ai parlé tout à l’heure d’une différence culturelle en Asie, cela passe aussi par la gastronomie… Le petit déjeuner ici c’est « noodle soup », autant s’y habituer. Avec Lily, le choc gastronomique passe, avec Jonas ce n’est pas envisageable ! Jonas restera fidèle ce matin à son cacao Milo et ses oréos 😊

« Maman, regarde, le soleil se lève, on est sur un marché flottant sur le Mékong, on déjeune une soupe, on est trop bien ! » me dit Lily. Je la regarde simplement émue par ces quelques paroles qui en disent long.

 

 

 

Une soupe dont on se souviendra longtemps. Je suis toujours si agréablement surprise de manger des plats avec autant de saveurs, aussi délicates, dans des endroits si « décalés ».

Il est 7h30, rassasié et « caféiné », nous quittons le marché de Cai Rang à la découverte du secret de la noodle soup … le « rice noodle », en français, le vermicelle de riz 😉 Peut-être que Jonas changera d’avis en voyant la fabrication ? La visite de la « Rice noodle factory » restera une découverte intéressante et même ludique pour les enfants.

On pourrait penser que fabriquer une galette de riz, c’est aussi facile qu’une crêpe… Pas vraiment ! C’est avant tout un savoir-faire rare et beau à voir. Ici, on assiste à toutes les étapes de la fabrication, de la pâte au séchage des galettes en passant par leur réalisation. Le travail de ces femmes par plus de 30 degrés dehors au-dessus de ces plaques bouillantes est vraiment impressionnant. Jonas est déjà au fourneau ! Pour alimenter le feu, ils se servent des écosses de riz séché. Lily derrière la plaque tente de lever sa première galette… Opération réussie 😊

 

2ème étape, transformer la galette en vermicelle de riz. Et là on dit bravo aux machines ! Il n’y a plus qu’à faire glisser la galette d’un côté et attraper les vermicelles de l’autre. Les enfants sont excités, nous pourrions tout aussi bien les laisser là pour la journée, entre la fabrication des galettes et des vermicelles et les « pauses photo » auxquelles ils sont conviés, ils sont « bookés » !!

 

« Il est bien son métier maman ! » me confie Jonas en partant. « Et tu as envie d’y goûter maintenant ? » … « Une prochaine fois… peut-être ! »

Avant de rentrer à l’hôtel, nous continuons de naviguer encore un peu dans les petits canaux. Quel dépaysement, loin du vacarme de la ville et de toute cette animation permanente. Une pause !

 

Une pause qui nous plonge malheureusement dans une réalité incompréhensible… Autour de nous des détritus de partout, sur la berge, dans l’eau, à côté de l’eau… Pourquoi détruire sa principale ressource ? Comment ne se rendent-ils pas compte qu’ils vont tant perdre ? « Maman regarde, ils jettent tout dedans l’eau ! » s’exclame Jonas. Jonas est très sensible à la protection de la planète et des animaux ; il ne comprend vraiment pas ce qu’il voit parfois. « C’est trop dommage ; ils n’auront même plus de poisson pour manger après ! » Oui Jonas tu as raison…

Il est bientôt 9h, nous reprenons le chemin de l’embarcadère, émerveillés par ce marché « atypique ». Les yeux sont lourds… Le lever matinal a raison de nous 😉

 

 

« Il n’est que 9h !! » crie Lily en arrivant à l’hôtel, « On a encore toute la journée ! »

Tu as raison Lily… toute la journée mais avant un peu d’école ! En voyant leurs têtes je me doute qu’ils ne s’attendaient pas à ça ! Nous avons un peu relâché le rythme d’école ces derniers jours et nous devons nous y remettre un peu. Une négociation s’ouvre alors… « Pas longtemps maman s’il te plaît… » Je joue la carte de la motivation… Oui on fait parfois comme on peut 😉

« Et si on louait des vélos pour aller jusqu’à la plage ? » Ludo me regarde un peu sceptique… Je suis passé de la moto au scooter mais là le vélo… Je souris. « Ça peut être marrant ! » Les enfants sont fatigués de leur lever matinal et la plage de Can Tho n’est pas vraiment à côté. La bicyclette semble cette après-midi le moyen de transport idéal !

 

Can Tho Beach, on avait bien lu qu’il ne fallait pas s’attendre à LA plage du siècle. Et bien c’est le cas, une belle déception ! Tout tombe en ruine ici, les bords du Mékong sont sales, les lieux sont vides, vides de charme, vides de clients… Y venir pour profiter d’un coucher de soleil, c’est ce qu’on nous avait conseillé à l’hôtel, je n’en suis même pas convaincue…

 

 

De l’après-midi, nous retiendrons bien plus nos fous rires en bicyclette que la plage de Can Tho.

« On retourne manger au même restaurant papa, dis oui, s’il te plaît ?!! » Se nourrir ici à Can Tho relève d’un vrai défi. D’abord, pour se faire comprendre ; la ville n’est pas si touristique qu’on pourrait le penser et l’anglais ne fait pas parti du langage du coin ! A cela on ajoute des spécialités culinaires assez particulières : poisson-chat sauce caramel, serpent au piment, crocodile-frites et en première place… la chèvre en ragoût, bouillie ou en pot-au-feu avec ou sans le sexe de bouc ! Oui, oui, du sexe de bouc, je ne fais pas une erreur de frappe 😉 Une expérience à tenter ai-je lu… Je laisse bien volontiers l’expérience aux autres.  

Notre première tentative de la veille à midi dans la « local street food » n’a pas été une réussite. La veille au soir, Lily et Jonas ont préféré une valeur sûre : l’œuf au plat de l’hôtel ! Pour nous, Ludo est parti à la chasse… 1h plus tard, 4 bananes et 3 rouleaux de printemps après, nous nous sommes couchés avec comme objectif pour le lendemain de trouver un « vrai » endroit où manger !

Les odeurs des étals nous soulèvent le cœur ; nous sommes pourtant coutumiers de la « street food » mais à Can Tho, je pourrai devenir définitivement végétarienne. Alors quand Ludo a trouvé ce midi le « Resto restaurant », nous avons tous retrouvé le sourire et nous l’avons aussitôt élu « notre cantine ». Une pizza pour Lily, des spaghettis bolognaises pour Jonas, un hamburger pour papa et quelques crevettes pour maman, enfin un repas qui nous fait du bien !

En dehors du défi « nourriture » ici à Can Tho, il y a un autre challenge… celui de se faire emmener à la bonne gare routière !… Notre aventure du lendemain 😊

 

Où dormir ?

  • Thao Anh Guesthouse, Can Tho – 14$ la nuit en chambre pour 4 personnes.

Accueil très agréable, les chambres sont spacieuses et les excursions proposées sont intéressantes à prix sage

Où manger ?

  • Resto restaurant, Ly Tu Trong, Can Tho

Western food, accueil aimable, les plats sont copieux et la nourriture est bonne ! On peut même emporter un menu pour commander par téléphone, livraison possible dans le quartier 😊

 

 

 

 

 

 

 

 

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