An Binh, la belle et délicieuse.

Mercredi 29 novembre

Fermez les yeux et imaginez des îlots plantés d’arbres fruitiers, des innombrables arroyos ombragés, des labyrinthes aquatiques et mystérieux, voilà vous y êtes ! L’île d’An Binh qui signifie « la paix » est probablement l’un des plus beaux secteurs du delta du Mékong. Calme et sérénité, c’est belle et bien ce qu’on trouve ici.

Pour venir jusqu’ici, le ‘routard’ dit « c’est plutôt simple », tu prends soit le bac à Vinh Long pour une traversée rapide en 5 min, soit tu rejoins l’embarcadère de Dinh Khao à 3 km à l’est de Vinh Long. Si tu arrives de Cai Bè, tu as un ferry qui assurent la liaison depuis Saigon. « Mais ‘routard’ si tu viens de Can Tho, tu fais comment ?! »

Nous avons bien demandé à la gesthouse où nous logeons mais la seule possibilité qu’elle nous a trouvé c’était un chauffeur qui nous amenait de Can Tho à Vinh Long et qui nous attendait jusqu’au soir pour nous ramener pour la modique somme de 100$ ; tout en sachant qu’arrivé sur place il nous fallait encore organiser notre transfert sur l’île ainsi que la visite.  En cherchant un peu, nous sommes tombés sur l’agence Cuu Long Tourist, ils proposent différents types de balade en bateau sur l’île avec guide anglais ou français. Un appel à l’agence, une petite négociation sur le prix et Ludo me confirme que nous avons notre excursion pour 1 200 000 Dg, environ 65$ avec le guide français auquel nous devons ajouter le trajet en bus pour 400 000 Dg à 4, environ 20$ ! Je suis contente, j’avais vraiment envie d’y aller 😉

  • Agence Cuu Long Tourist à Vinh Long

http://cuulongtourist.com/en/homepage/welcome/

Day Trip An Binh Island – 65$ pour 2 adultes et 2 enfants

 Et pour aller à Vinh Long ? Facile ! -en théorie- la gérante s’engage à nous appeler un taxi pour nous emmener jusqu’à la gare routière pour prendre le bus Can Tho à Vinh Long. L’agence nous attend pour 10h à Vinh Long, il faut compter 2h de trajet, nous prendrons donc le bus de 8h. Jusqu’à là tout est normal.

« On ne devait pas prendre le bus à 8h maman ?! » me dit Lily. Et si… Quand nous sommes arrivés à la réception ce matin, personne, on a attendu un moment, toujours personne… Il ne nous restait plus qu’à trouver un taxi pour aller jusqu’à la gare routière. A croire que ce matin les chauffeurs de taxi ont déserté notre quartier ! « Mais ils sont où les taxis papa ?! » En voilà un ! « Where do you go ? » « Bus station ! » Le chauffeur lui fait comprendre qu’il ne veut pas nous y emmener, serait-ce hors de son secteur ? n’avait-il pas envie ? On ne sait pas. Rappelez-vous, ici à Can Tho, English is very very difficult !! C’est finalement vers l’hôpital que nous parvenons à monter dans un taxi. « Bus station to go to Vinh Long ! » Le chauffeur semble avoir compris, on est bon ! Pendant ce temps l’heure tourne…

8h30 – Le chauffeur s’arrête devant une gare routière ; je lui montre un papier avec le nom de la ville noté dessus, il me regarde bizarrement, regarde Ludo, le chauffeur semble inquiet, plutôt perdu… « Sorry, no here ! » Il fait demi-tour et repart. Nous ne sommes pas à la bonne gare !! Sur la route de la seconde gare, le chauffeur croise notre bus de Vin Loong, tente de l’arrêter mais sans succès.

Alors voilà, maintenant que nous le savons, autant le dire ! A Can Tho, il y a 2 gares routières, l’une pour les arrivées et l’autre pour les départs…mais ça c’est officiellement car dans la pratique certains départs se font de la gare d’arrivée…!!

8h45 – Nous arrivons au bus ! « Tu es sûre que c’est le bon papa ??! » s’inquiète Jonas. A la sortie du taxi, une dame nous a accompagné jusqu’à un bus, elle ne parlait pas anglais, ne savait pas lire, c’était compliqué ! C’est une autre personne dans le bus qui lui a traduit en vietnamien ce que j’avais moi-même traduit sur mon portable… Pour vous dire ! Nous vérifions tout de même le panneau affichant la direction du bus… ‘Vin Long’ On y est !! La journée commence bien 😊

 

A notre arrivée, notre guide nous attend, elle nous sourit et se présente « Good Morning ! My name is Ahn, nice to meet you ! » Agréable, souriante, enfin un peu de douceur dans ce début de journée chaotique 😉

Ahn nous présente notre journée, l’excursion classique prévoit de naviguer jusqu’au marché flottant de Cai Bè, de revenir jusqu’aux arroyos de l’île et d’y découvrir ses berges avec une petite barque privée, la visite comprend aussi la découverte d’une briqueterie traditionnelle ainsi que d’une fabrique de sucreries artisanales.

Compte tenu de notre arrivée un peu tardive… Nous devons faire des choix, nous avions déjà expliqué la veille à l’agence que nous voulions intégrer à notre journée la visite d’une ancienne demeure coloniale ; Ahn nous propose donc de commencer par cela, mais avant elle doit vérifier avec le capitaine si l’heure le permet. Elle nous explique effectivement qu’ils ont deux marées par jour, haute et basse, qui créent une différence de 1,50 m sur le niveau du fleuve. En effet, nous nous trouvons dans le delta du Mékong et le fleuve subit les influences des marées du golf de Siam. Le capitaine nous confirme que c’est faisable mais avant il faut qu’ils parviennent à sortir le bateau du rivage ! Nous décidons avec Ahn d’abandonner le marché flottant de Cai Bè, nous avons vu celui de Can Tho la veille et préférons garder ce temps pour l’île.

Anh Bin est un bouquet de petites îles reliées par des petits chemins de terre étroits qui s’enfoncent dans la végétation. La région vit de la pêche, du transport de marchandises et de ses vergers. Et des vergers il y en a ! Il faut dire que la terre est très fertile ici, elle se prête donc bien à la culture des arbres fruitiers, et comme 1 ha de verger rapporte autant que 5 ha de riz, la question pour les habitants de l’île ne se pose pas 😊

 

Nous arrivons à l’ancienne demeure coloniale. Eparpillées autour de Cai Bè, ces maisons n’ont pas de prix tellement les souvenirs et les antiquités qu’elles renferment sont précieux. Dans ces demeures, enfouies dans les vergers tropicaux et les arbres fruitiers, le temps semble s’être arrêté.

Construite dans les années 30 par les mandarins du village, dans le style colonial français, elles appartiennent depuis des générations à des familles de propriétaires terriens. La maison est divisée en plusieurs parties : un salon pour accueillir les invités, une partie réservée au culte et une à l’habitation.

Nous apprenons avec Ahn que le nombre de pièce des maisons au Vietnam ne peut être qu’un nombre impair symbolisant la vie et le soleil, à l’inverse le nombre pair représente la lune et la mort. Une maison peut donc être composée d’une, trois, cinq, sept ou neuf pièces. Une famille pauvre vivra dans une maison d’une seule pièce, les familles plus riches auront trois ou cinq pièces. Les demeures de sept pièces sont réservées aux temples, celles de neuf au palais.

A l’intérieur de la demeure, un salon central pour accueillir les invités. Nous sommes dans une maison de trois pièces « Mais il n’y a pas de mur ?! » Ahn nous explique que ces demeures, contrairement à nos maisons, n’ont pas de mur à proprement parlé ; ce sont les piliers dans la maison qui partagent les pièces. A gauche, un divan pour la sieste, à droite un autre divan pour les filles. Au fond de la pièce, les autels des ancêtres. « Attention, on doit dormir avec la tête en direction de l’autel » nous précise Ahn, c’est une marque de respect des ancêtres comme les toilettes à l’extérieur. Les meubles sont de vraies pièces d’antiquité dans un état remarquable.

 

« Il y a un proverbe ici qui dit qu’il faut vivre dans une maison coloniale de style français, manger de la cuisine vietnamienne et se marier avec une japonaise » nous confie Ahn. Nous sourions.

Sur le bateau qui nous mène aux arroyos, Ahn m’explique que dans le delta du Mékong quand une femme vietnamienne se marie, on dit qu’elle traverse le fleuve, qu’elle change de rive. Le marié alors en tenue traditionnelle va chercher sa future épouse en bateau pour la ramener dans son village où ils seront suivis par un cortège de barques parées de guirlandes. Quel romantisme 😊 

Le bateau s’arrête, Ahn nous explique que nous allons continuer avec une petite barque traditionnelle dans les arroyos, sans moteur. Les arroyos ce sont ces petits chenaux qui se transforment en cours d’eau après de fortes pluies dans les pays tropicaux. Nous naviguons avec pour seul bruit celui des rames et les paroles de nos enfants 😉

La végétation est luxuriante, des bananiers, des citronniers, des pommiers, des jacquiers, des pamplemoussier, des durians… On pourrait faire son marché directement ici ! Les berges sont soutenues par du bois ou des bambous, Ahn nous dit qu’ils essaient aussi de planter le long pour soutenir la terre qui glisse. Le paysage est magnifique, il règne ici une sérénité et une douceur qui donne l’impression qu’il y fait bon vivre, peut-être juste une impression…

 

Les vergers ne sont pas la seule ressource ici, il y a aussi la pisciculture. Sur l’ile, on y fait l’élevage de pangasus et des poissons à oreille d’éléphant. « Des poissons avec des oreilles d’éléphant ?!! » Ahn sourit. Non !  Ils n’ont pas des oreilles comme les éléphants, c’est le mouvement de leurs nageoires qui fait penser à celui des oreilles de l’éléphant. L’élevage de ce poisson n’est destiné qu’aux touristes nous précise Ahn, il coûte bien trop cher ! « Avant avec 5 000 Dg par jour, on arrivait à nourrir sa famille ; maintenant il en faut 150 000 Dg, c’est difficile pour beaucoup de famille de se nourrir. Avec 4 000 000 de dongs, tu vis bien à la campagne, mais il faut avoir un bon poste pour avoir 4 000 000. Les familles n’ont souvent qu’un seul enfant, ils n’arriveraient pas à en nourrir plus. Il faut aussi payer l’école après… » J’apprends qu’ici au Vietnam, l’école publique est payante dès l’entrée en primaire, beaucoup de famille font aussi l’école à la maison.

Notre promenade dans les arroyos s’achève, il est l’heure d’aller manger. Nous retrouvons le capitaine qui nous conduit jusqu’à un petit restaurant sur l’île qui n’est pas moins que le restaurant du même nom que l’agence, c’est énorme ! Le package 😉

Ils ont effectivement aménagé un petit îlot où ils proposent des menus « clé en main » où vous pouvez déguster le fameux poisson à oreilles d’éléphant ! Nos aventures culinaires se poursuivent !! Je rigole encore de la tête à Ludo quand il a vu arriver le poisson à table ! Je vois encore aussi celle de Jonas, rassuré par son steak-frite que nous avions anticipé avec Ahn. « Ce n’est pas qu’un poisson aux oreilles d’éléphant, il a aussi une tête de cochon ! » me dit Jonas. Une serveuse arrive et nous offre un joli spectacle. « Regardez bien ! » nous dit Ahn, ce sera à vous de les faire après 😉 La serveuse nous prépare quelques nems avec le poisson. Lily se prête au jeu, Jonas suit et papa les mange !

 

La découverte de ce poisson n’en reste pas moins surprenante ! Plutôt charnu, son goût reste fade, il nous aura paru plus impressionnant que le goût qu’il nous aura laissé. Notre repas s’achève sur une note musicale, quelques chansons traditionnelles qui conte des scènes de vie sur l’île. Des musiciens sont là aussi, les enfants sont intrigués par le monocorde « Mais comment il fait pour faire de la musique avec ?! » s’interrogent-ils. Le spectacle finit, Jonas n’attendra pas longtemps pour aller essayer ! 

 

 

« Ahn, where are you going now ?! » On va goûter des sucreries, ça vous dit ?! « Mais Ahn, on vient juste de manger ! » lui répond Lily. Nous voilà partis pour une séance de gourmandises 😊 Il s’agit d’une fabrique de sucreries artisanales. Ici, on cuisine le riz et le manioc et on le transforme en petites ‘douceurs’ : des gâteaux de riz soufflé ou de manioc délicatement caramélisés, des caramels au lait de coco. « On peut goûter Ahn ?! » demande Lily. Patience demoiselle… ! On va d’abord regarder comment ils les fabriquent.

Ils font chauffer du sable noir dans un grand wok, quand c’est suffisamment chaud, ils y jettent le riz et le mélange en continue. « Regardez bien ce qu’il va se passer nous dit Ahn ! » Nous restons aux aguets 😊 « Du pop-corn ! C’est comme du pop-corn !! » crie Lily. Il ne reste plus qu’à le tamiser maintenant.

 

 

« Tu peux goûter maintenant Lily ! » C’est pas très sucré… se désole Lily. Alors passons à la seconde étape lui dit Ahn. Dans un second wok, du sucre commence à caraméliser… « Humm, ça sent trop bon ! »  Cette fois-ci, ils vont y ajouter des brindilles de manioc grillé, avant même que Lily lui pose la question, Ahn lui dit doucement « Et tu pourras y goûter ! ». C’est délicieux 😊 !!

 

 

Nous poursuivons la visite de la fabrique, on y retrouve la fabrication des fameuses galettes de riz que nous avions découvert à Can Tho, puis Ahn nous montre comment d’une noix de coco on arrive à un doux caramel au lait de coco.

Lily et Jonas sont plus attirés par l’aquarium au fond du magasin que par la noix de coco ! Mais qu’y a-t-il de si intéressant ?! « Regarde ce poisson comme il est bizarre ! Il a l’air méchant en plus ! » Cet affreux poisson est en fait le poisson à oreilles d’éléphant. « C’est celui que vous avez mangé à midi !! » crie Jonas. Il est aussi laid vivant que cuit.

 

Nous avions aussi lu la veille sur Can Tho – lors de nos découvertes culinaires – qu’il y avait au Vietnam un poisson mortel appelé le ‘ca noc’. Nous avions cherché sur internet à quoi il ressemblait, on ne sait jamais s’était-on dit ! Le ‘ca noc’ a un aspect boursouflé, il est affreux ! Comme le fugu au Japon, il cache une substance empoisonnée qui peut tuer celui qui le mange. Il s’agit de la bile de l’animal qu’il faut enlever avec délicatesse. Depuis Jonas regarde attentivement tous les poissons qu’on croise… Et ne mange plus de fish and chips !!

Notre journée s’achève avec Ahn, le retour en bus jusqu’à Can Tho nous attend, espérons qu’il soit plus clément que l’aller de ce matin… Le dernier bus est à 17h, nous nous pressons jusqu’à la gare routière. « Can Tho ?? It’s ok ? » Ca à l’air… Et vous savez quoi ? … On arrive même à la bonne gare routière 😊 😊

Une seule petite déception… Si nous devions le refaire, nous choisirions de passer une ou deux nuits sur l’île d’AN Binh dans une de ces maisons coloniales au cœur des vergers. J’avais lu que c’était un grand bonheur que de les visiter et d’y séjourner, quand je repense ce soir à ce petit havre de paix, je n’en doute pas. Avis aux futurs voyageurs 😉

 

 

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