Nui Sam, une montagne sacrée aux confins du Vietnam

Mercredi 29 novembre

A l’extrême nord du delta du Mékong, proche de la frontière du Cambodge, Chau Doc.  J’ai lu que ses rues animées et commerçantes la rendaient agréable aux voyageurs. Prévoyez une nuit au moins, voire deux pour avoir le temps de découvrir ses environs et notamment le Mont Sam » dit le ‘Routard’. C’est cette montagne sacrée qui nous intéresse mais voilà, changer d’hébergement une nouvelle fois pour une nuit seulement est difficile, Lily et Jonas ont besoin de se poser plus longtemps à un endroit.  Chau Doc – Can Tho = 117 kms, 4h de bus. Nous prenons donc la folle décision de se faire un aller-retour sur la journée…!

A peine rentrés la veille de l’île d’Anh Bin, nous avions programmé notre réveil à 6h30 pour un « pick up » à 7h30. Je craignais déjà la fatigue annoncée du lendemain…

« Mais maman, c’est quand qu’on se repose un peu ?! » C’est bien ce que je pensais… la journée va s’annoncer difficile… « Après demain, repos de 5 jours à la plage !! » Les sourires reviennent, ils avaient oublié que c’était déjà là… La mer ! « Et puis, maintenant nous savons nous rendre à la bonne gare routière ! » Ils grimacent 🙂

Donc nous voilà ce matin, les yeux encore lourds de fatigue, dans ce bus qui nous emmènent à Chau Doc.

Les pèlerins affluent au Mont Sam pour rendre hommage à la reine du pays, une statue en grès richement vêtue. Son culte a des origines hindoues et kmères. Elle rappelle aussi que le delta dépendait autrefois de l’Empire khmer. Ainsi le 22e jour du 4e mois lunaire (ne me demandez pas la date exacte, je ne la connais pas 🙂 !) , le temple est alors envahi par des hordes de pèlerins, comme un peu à Lourdes.

11h – Nous arrivons à la gare routière de Chau Doc, pour rejoindre le mont Sam on a le choix entre la moto-carriole ou la voiture. Pour nous ce matin, ce sera la voiture. Quelques minutes plus tard, face à nous apparaît « Nui Sam », cette montagne semble sortir de nulle part dans ce paysage du delta si plat.

 

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Au pied du mont s’est développé un gros village, plusieurs temples et des pagodes y ont aussi été construits. « Oh non… pas encore des temples maman !! » Nous décidons donc de commencer par l’ascension du mont. Et là… « On doit monter jusqu’en haut à pied ?! » … Ca se complique… Nouvelle négociation, on monte à pied et on redescend à moto – taxi alors !

Il faut compter 1h15 pour atteindre le sommet, j’ai lu que d’en haut la vue sur le delta du Mékong y était remarquable, nous nous dirigeons donc vers le sentier qui part du mausolée mais en chemin… nous passons devant le temple de la Reine du Pays.  « Maman… Tu avais dit après ! » Je ne peux pas m’empêcher d’y entrer. C’est un curieux temple, enfumé, surchargé, envahi par des foules de pèlerins qui viennent là pour faire des offrandes à la Reine du Pays, une statue en pierre peinte. « C’est elle Maman la Reine..? Elle est bizarre quand même ! » me dit Jonas. « Et regarde maman, il donne un cochon à la Reine ! » dit Jonas interpelé par tout ce qu’il voit autour de lui. L’atmosphère est ici chargée d’une vraie ferveur religieuse.

 

Il y a une légende qui dit qu’à l’origine cette statut se trouvait au sommet du mont Sam ; des hindouistes venus du Cambodge l’aurait abandonnée là dans leur fuite. Découverte, elle fut ensuite portée par 12 filles vierges dit-on jusqu’au pied de la montagne. Comme elle était trop lourde, les jeunes filles l’abandonnèrent à l’endroit même où se dresse aujourd’hui le temple.

 

« Mais elle est immense la Reine ! Elles devaient être musclées pour la porter les filles maman ! » ajoute Jonas, encore très sceptique par cette légende. « C’est une légende Jonas ! Personne a dit que c’était la réalité ! » lui répond Lily 😉

12h30 – Nous entamons notre ascension, il fait très chaud. « On a de l’eau au moins ?! » s’inquiète Lily. Au fur et à mesure de notre montée, nous croisons des tas de petits oratoires creusés dans des rochers, des petites terrasses aménagées de hamacs, des recoins décorés de statues. L’ascension du « Nui Sam » est peu commune.

 

« Remarquable il disait ! La vue est même surprenante ! » Devant nous une plaine, le delta du Mékong ; des terres noyées sous l’eau, on a l’impression d’être dans des marécages à perte de vue me dit Ludo.

 

 » Ils sont où les moto-dop papa ?! » … Moment de solitude… Avec Ludo on se regarde et on sait à ce moment-là qu’il va nous falloir trouver une motivation suffisante !

« Mais vous aviez dit qu’on ne redescendait pas à pied !! » crie Lily. La descente risque d’être tendue… ! Quelques marches et une première pause sur une terrasse dans des hamacs adoucissent une partie des « mauvaises ondes », nous finissons notre descente et quand nous arrivons en bas les sourires sont même revenus. Il n’est pas que sacré ce « Nui Sam », il est même magique pensais-je 🙂

 

« On va manger maintenant !! On a faim nous. » C’est vrai qu’il est presque 14h30…

Autour de nous, on ne voit que des gargotes de cuisine locale… Que va-t-on pouvoir manger ?! … Quelques mimes, un peu de traduction grâce à google et nous parvenons à avoir des œufs, du riz et deux soupes. Le tour est joué 🙂

Notre bus retour pour Can Tho est à 17h, nous avons encore un peu de temps pour la pagode de Tay An. Elle se trouve juste au pied du mont Sam en venant de Chau Doc, on ne peut pas l’éviter. C’est le sanctuaire le plus original avec ses couleurs et ses formes hindouistes et bouddhiques.

 

« Regarde maman les éléphants ! Ils sont bizarres, ils ont six défenses ! » A l’entrée de la pagode, deux éléphants nous attendent, un blanc et un noir. J’avais lu avant de venir qu’il y avait une explication à cet éléphant d’ivoire à six défenses ; on dit que la mère du Bouddha avant de mettre au monde Siddarta, le futur Bouddha, fit un songe dans lequel un éléphant à six défenses en ivoire lui apparut, depuis cet éléphant est resté sacré.

 

« Il y a quand même beaucoup de choses de sacrés et de bizarres ici » me dit Jonas. Je souris. J’explique alors aux enfants que la pagode abrite à l’intérieur 200 statues et divinités bouddhiques. « Oh non… tu vas encore y rester dix ans dedans !! » répondent-ils en cœur. Je souris à nouveau 🙂

 

L’heure du bus pour Can Tho approche et il nous faut maintenant un taxi pour retourner à la gare routière de Chau Doc ;  mais en sortant de la pagode, on n’en voit aucun…

Des moto-taxi nous proposent leurs services, nous refusons. Conduire en scooter ici avec les enfants, c’est une chose mais SE faire conduire en scooter, il n’en est pas question ! Nous cherchons, nous attendons, toujours rien… Le conducteur en moto tente une nouvelle fois, nous refusons toujours et lui expliquons que c’est une voiture dont on n’a besoin, tout ça dans un mélange d’anglais et de mimes  🙂 !!

Le conducteur nous demande alors d’attendre et s’en va. Que va-t-il faire ? Avec quoi va-t-il revenir ? … Au loin, on le voit arriver avec un taxi qui le suit. Enorme !! Nous sommes touchés par son aide. Va-t-il nous demander quelques chose en retour ? C’est souvent le cas et nous n’en serions pas surpris. Rien. Ludo lui tend un billet pour le remercier, il le refuse même.

C’est sur cette belle marque de gentillesse que nous quittons « Nui Sam » ce soir, « tu vois Jonas il n’y a pas que des choses bizarres et sacrées ici, il y a aussi des personnes gentilles 😉 »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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