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Belfast, Giant’s Causeway ; un passage en Irlande du Nord.

Vendredi 14 avril

« On dort où papa ce soir ?? On fait camping sauvage ou on dort dans une vraie chambre… ?! » Les jours et les kilomètres s’enchaînent depuis notre arrivée en Irlande et ces derniers jours l’ambiance est quelque peu tendue dans le van ; Lily ressent cruellement le manque de ses copines, moi le besoin de me poser, Jonas et papa, quant à eux, vivent beaucoup mieux que nous cette nouvelle aventure de « nomade ».

« On ne va pas laisser Sheeper tout seul cette nuit ! » s’était exclamé Jonas lors de notre dernière nuit en AirBnb il y a quelques jours. Et puis il y a ce manque d’échanges et de partages avec les locaux qui nous pèsent aussi, et si on ajoute la difficulté de stationner la nuit en van dans les grandes villes, alors c’est décidé… « On va dormir chez Jack les enfants ce soir !! »

« Mais qui c’est Jack ??? On le connait ? » … « Non pas encore, mais vous aurez le temps de faire sa connaissance, nous dormons 3 nuits chez lui et je crois même que vous allez adorer… Il a un chat ! »

Dernière ligne droite de notre road trip Irlandais : l’Irlande du Nord.

Au programme Belfast – Ludo est trop content 😊 – et la mythique chaussée des Géants que nous avions décidé de supprimer il y a quelques jours. « Trop de kilomètres… » avions nous pensé mais venir jusqu’en Irlande du Nord sans se rendre à cette mythique chaussée, c’est trop dommage.

« Et les enfants vous connaissez la légende des deux géants et du chemin qui reliait l’Irlande à l’Ecosse… ? » C’est sur la route qui nous conduit jusqu’à chez Jack que nous leurs contons cette fabuleuse histoire. « Mais c’est quand alors maman qu’on va voir le chemin de ces géants ? » questionne Jonas. « Patience Jonas, demain ! »

Samedi 15 avril

« On pourra avoir une maison comme elle papa ? On est bien ici, on a une chambre, une salle de bain, une cuisine et un salon où on peut s’asseoir pour jouer ! On est trop bien chez Jack, et puis il est trop gentil Jack ! Tu crois qu’on pourra avoir une maison comme lui ?! »

Nous sourions, depuis quelques jours nous sommes lancés dans une recherche « un toit pour le retour » avec l’aide de nos amis sur place en France et tout laisse à penser que Jonas fait sa recherche à sa façon 😊

Nous nous trainons un peu ce matin, profitant d’une vraie table et d’un peu d’espace pour « faire école » ; ce n’est qu’en fin de matinée que nous prenons la Causeway Coastal Road. « Comment il s’appelait ton géant d’hier maman ? Et c’est lequel qui a eu le plus peur, celui d’Irlande ou celui d’Ecosse  ?! »

Reprenons la légende…

Il était une fois la bataille de deux géants ennemis vivant de chaque côté de la mer, l’un en Ecosse appelé Benandonner, et l’autre en Irlande appelé Finn Mac Cool.

Le géant écossais parlait de son rival comme d’un froussard jusqu’au jour où ce dernier énervé et piqué au vif dit à son rival écossais de venir se battre pour lui prouver qu’il était le plus fort. Mais comment franchir la mer ? Le géant irlandais commença alors à jeter des pierres dans l’eau pour construire un chemin jusqu’en Ecosse, une « chaussée » entre l’Ecosse et l’Irlande. Il poursuivit son labeur jusqu’à ce qu’il entraperçu son adversaire qui approchait…

Quand il le vit il fut pris de panique car il était beaucoup plus petit que son adversaire ! Il courut alors demander conseil à sa femme Oonagh qui eut l’idée de déguiser son mari le géant Irlandais en bébé avant l’arrivée du géant écossais. Quand ce dernier arriva, Oonagh présenta son fils – qui n’était autre que son mari déguisé 😉 – et le géant écossais voyant la taille de ce bébé prit peur ! Affolé à l’idée de la taille du père et donc de sa puissance, le géant écossais prit ses jambes à son cou et repartit aussitôt dans ses terres d’Ecosse ; mais en chemin il prit soin de démonter la chaussée pour que le géant Irlandais ne se risque pas de rejoindre son île. Cette chaussée est restée depuis gravée dans de nombreuses légendes irlandaises.

Quand on observe ce promontoire qui s’avance sur la mer, on a aucun mal à se laisser bercer par cette légende tant le lieu semble féérique ; on l’imagine bien là ce chemin, devant nous.

Autant vous dire que l’on se sent très petit face à cette œuvre de la nature… Une gigantesque formation géologique, un amoncellement de roche basaltique résultant d’une éruption volcanique d’il y a plus de 60 millions d’années. Devant nous, c’est plus de 40 000 colonnes hexagonales atteignant parfois même jusqu’à 12 mètres de haut ! « Non mais regarde comme c’est immense papa ! Ils devaient vraiment être immenses ces géants !! » 😉

« Ça doit être une merveille du monde ça maman ! » s’exclame Jonas. Depuis que Jonas a découvert les temples d’Angkor et qu’il sait qu’un site peut être une merveille du monde, dès qu’il voit un paysage aussi merveilleux, Jonas le classe « merveille du monde », vous imaginez bien que depuis le début de notre aventure il y a 7 mois nous avons aisément dépasser les 12 merveilles nous 😊 !!

« Seulement » inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, ce site est en accès libre mais si on vient en voiture, il faut s’acquitter d’un parking qui coûte cherrrrr, c’est Jack hier soir qui nous a conseillé de nous garer juste avant l’entrée du site, « le long de la route c’est aussi bien » nous avait-il expliqué alors nous l’avons écouté ! Il avait raison 😉

Dimanche 16 avril

Nul besoin d’ouvrir un livre d’histoire pour comprendre à quel point « les Troubles » ont modelé la société nord-irlandaise ; une promenade dans les rues de Belfast, véritable musée à ciel ouvert, est bien plus efficace… Mais qu’est-ce que les « Troubles » ?? C’est l’heure de notre petite minute histoire je crois 😉

Les « Troubles » également appelés conflit nord-irlandais est une période de violence et d’agitation politique de 1960 à 1998. Le conflit commence alors par le soulèvement des minorités catholiques alors sujettes à une véritable ségrégation dans le pays. L’opposition entre les républicains (en majorité catholiques) et les loyalistes (majoritairement protestants) entraîna une montée de la violence qui dura plus de trente ans. Elle était le fait de groupes paramilitaires républicains comme l’IRA, loyalistes comme l’Ulster Volunteer Force mais aussi d’émeutes populaires et de forces de sécurité de l’Etat.

Ce conflit a affecté la vie quotidienne de la plupart des Nord-Irlandais. En 1998, la paix est proclamée avec la signature de l’accord du « vendredi saint » après trois décennies d’affrontement et plus de 3 500 morts.

Malheureusement, les clivages du passé n’ont pas totalement disparu ; des dizaines de « murs de la paix » continuent de diviser catholiques et protestants à Belfast. Entre eux, ce sont des kilomètres de béton, de grillages et de barbelés construits pendant les violences pour prévenir les affrontements entre les deux communautés.

« Non mais maman regarde ce mur ! Comment ils font pour passer de l’autre côté ceux qui habitent ici ??!! » s’étonne Jonas. « Ils ne passent pas Jonas… Où bien ils font le tour mais je ne crois pas qu’ils en aient envie… »

Je suis sans voix devant ce « mur de la paix » … « mur de la honte » oui !! Des murs pouvant atteindre jusqu’à 5 mètres de haut sur plusieurs kilomètres, des portails et des portes blindées construites pour séparer les communautés pendant ces années de violences… Vingt ans plus tard, les murs sont toujours en place et les portails sont encore fermés la nuit et les week end, « par sécurité » disent-ils… Nous sommes dimanche aujourd’hui, nous ne passerons pas du quartier catholique à celui protestant…

Comment imaginer qu’aujourd’hui certains de ces murs sont encore le théâtre de tensions ?! Et pourtant… Je lisais sur internet que cette ségrégation s’étendait parfois même jusqu’aux bancs de l’école, une grande majorité des enfants auraient des camarades de classe de la même religion qu’eux… Nous sommes loin de nos cours sur la laïcité en école primaire !

Le gouvernement nord-irlandais s’est pourtant engagé en 2013 à détruire d’ici dix ans les murs divisant toujours à Belfast les quartiers protestants et catholiques. « Les habitants des deux quartiers continuent à se méfier les uns des autres » avait témoigné une habitante alors interrogée par un journaliste. Même si la grande majorité des Irlandais a fait ce chemin vers la paix, il reste des gens pour qui c’est difficile voire impossible et la moindre étincelle peut faire repartir l’incendie…

Pour les plus curieux, voici une vidéo de 2013 sur ces « murs de paix » :

http://dai.ly/xyvpkj

Nous déambulons cette après-midi dans ce vaste quartier urbain qui constituait à l’époque la zone de feu au cœur même de Belfast. D’un côté Falls Road, quartier catholique et indépendantiste, de l’autre Shankill Road, bastion protestant et loyaliste vis-à-vis de la couronne d’Angleterre ; d’immenses fresques murales célèbrent les acteurs de ces conflits. On dit que c’est un moyen efficace de savoir si on visite un quartier à majorité catholique ou protestante ; moi je n’en reste pas moins triste et inquiète de sentir cette tension communautaire à travers ces dessins.

Ce phénomène artistique et politique des « murals » éclata vraiment du côté républicain au moment des grèves de la faim de 1981. Ils exprimaient alors la solidarité d’une rue ou d’un quartier avec les grévistes luttant pour une reconnaissance politique. Avec les années, les thèmes se sont diversifiés et se sont attachés ensuite à défendre la cause d’autres peuples opprimés comme la Palestine, l’Afrique du Sud, Cuba, la Birmanie… Mais ces « murals » restent d’abord le témoignage d’un puissant sentiment identitaire.

Pour les plus intéressés, voici un blog à consulter sur l’histoire de l’Irlande à travers ses peintures murales (pensez bien à commencer à partir de 2006 dans les archives du blog).

http://muralsirlandedunord.over-blog.com/

Les touristes choisissent souvent d’embarquer à bord des célèbres « Black Taxis » pour faire le tour des fresques avec à la clé un décryptage par des guides qui ont eux-mêmes connu les « Troubles ». Quand nous en avons parlé avec Jack hier soir, il nous a déconseillé ce type de tour, « so more expansive !! » s’était-il empressé de nous répondre. Nous nous sommes alors rabattus sur le bus City SightSeeing aussi appelé bus Hop On Hop Off, vous savez ces bus rouges qui permettent de parcourir une ville à travers un itinéraire s’arrêtant aux sites  les plus importants ; nous avions fait ce choix là aussi sur Dublin qui nous avait permis d’avoir une vue d’ensemble sur la ville.

Belfast, capitale d’Irlande du Nord est une capitale qui affiche un caractère bien trempé, une capitale qui semble vouloir rattraper ses années assombries par les « Troubles ». Des attractions intéressantes, une très belle scène culturelle, un centre animé, des pubs et… le célèbre chantier naval Harland and Wolff d’où sortit le Titanic !

En 2012, Belfast a profité du 100e anniversaire de son lancement pour inaugurer le « Titanic Belfast museum », c’est ici que nous nous rendons cette après-midi, un immense espace dédié au paquebot mythique. Nous avions commencé à raconter à Lily et Jonas l’histoire du Titanic lors de notre passage à Cobh dans le sud de l’Irlande, Cobh appelé autrefois Queenstown fut le dernier port d’embarquement avant le naufrage du Titanic au large de Terre-Neuve.

« Tu crois qu’on peut le voir comme avant le bateau ? Et ils ont filmé quand le Titanic a touché l’iceberg ? Et ils sont tous morts ? Et les canoës pourquoi ils n’ont pas tous pris les canoës ?!! » … Patience… Attendez de découvrir…

Au loin, l’architecture rappelant l’avant du paquebot nous met déjà dans l’ambiance.

A l’intérieur, ce n’est pas moins de 24 salles qui retracent de la construction au lancement puis au voyage du Titanic jusqu’aux recherches menées en Atlantique après le naufrage. Certes le prix du billet famille n’est pas donné – environ 60€ – mais entre les images d’archives, les écrans interactifs et les films, ce musée permet de découvrir cette mythique histoire de façon complète.

« Non mais regarde comme il était immense ce bateau ! Regarde tout ces gens qui ont travaillé pour le construire !! » Une nacelle nous transporte dans une reconstitution du chantier naval avec un fonds sonores et quelques témoignages « c’était comme si on était avec eux maman ! En train de travailler là-bas ! »

Juste après, ce sont les différentes classes de cabines que nous découvrons occupées par des passagers en hologrammes, un peu plus loin des photos et des témoignages expliquant la forte vague d’émigration vers le Nouveau Monde à l’époque. Puis la pénombre dans la galerie suivante annonce l’instant funeste, les derniers messages en morse envoyés par le capitaine et … nous entrons dans la salle dédiée à l’épave, « c’était comme si on était dans le sous-marin d’exploration » me raconte Lily en sortant du musée.

« Titanic Experience » est une expérience ludique et sensorielle, un vrai voyage qui a son prix mais certainement moins que celui que la classe populaire de l’époque devait payer pour monter à bord, pour information une personne de 3ème classe devait s’acquitter à l’époque de 1500€ pour un billet  aller simple jusqu’à New York !

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Il faut savoir que les Belfastois ont pendant longtemps gardé une relation douloureuse avec ce passé l’unissant au Titanic ; aujourd’hui en lui rendant hommage, c’est comme si la ville tirait définitivement un trait. Certains Belfastois ont même donné un surnom au musée… l’Iceberg !

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Ce soir avant de rentrer, nous allons faire confiance à Jack une dernière fois avant de le quitter demain pour rejoindre l’Ecosse ; nous prenons donc la direction du WetherSpoon, un pub traditionnel irlandais qui d’après lui nous offrira un bon aperçu des pubs de Belfast, un endroit pour manger avec des Belfastois comme il dit. Encore une fois, Jack avait raison 😉 Nous avons passé un très bon moment alors si vous êtes comme nous de passage à Belfast, poussez les portes du WetherSpoon, vous ne serez pas déçus !

Lundi 17 avril

« On est vraiment obligé de partir maman… ?! » … « Oui Jonas. » … « On était bien ici dans la maison de Jack, et puis il y a Charlie… On l’aime beaucoup Charlie !! » Nouveau départ, se poser fait du bien à tout le monde mais c’est tout aussi délicat quand il faut replier les bagages.

Jusqu’à samedi, jours de départ pour le « Grand Nord », nous serons sur la route pour rejoindre Hirtshall au Danemark, notre port d’embarquement pour l’Islande. D’ici là, au programme des ferry, des kilomètres, de nouvelles découvertes mais surtout de très belles retrouvailles à Bruxelles 😊

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Où dormir à Belfast ?

Sans aucun doute, chez Jack !!

Nous avons été merveilleusement bien accueillis dans cette maison à Larne, une ville à environ 30 minutes de Belfast. L’avantage premier de Larne c’est le principal port d’embarquement pour l’Ecosse donc on est sur place, en seulement 15 minutes, sur le port pour embarquer avec Direct Ferry. L’autre avantage c’est le tarif, pour 46€ la nuit nous avons dormi dans deux chambres et avons pu profiter de l’ensemble de la maison avec la cuisine. Le dernier point positif, c’est Jack, un irlandais qui aime partager – il a même emmené Ludo avec lui dans un pub un soir, joué du tambour et de la flûte avec les enfants –  Jack aime échanger et il nous a donné de très bons conseils sur notre séjour. Alors sans hésitation, on dort chez Jack 😊

https://www.airbnb.fr/rooms/22915642

  

De Achill Island à Sligo, last kilometers in Ireland before we leave…

Irlande – jour 11 – de Leenane à Newport

 

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Une plage paradisiaque sur l’île d’Emeraude.

« Non maman, viens on reste plus longtemps !! Je n’ai pas envie de partir du Connemara !! … Plus tard je reviendrai et j’aurai ma ferme ici !! »

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Vous l’aurez tous compris, nous avons eu un vrai coup de cœur ici, comme sur la péninsule de Dingle, comme dans le Killarney Park, comme aux falaises de Moher… En fait il est difficile en Irlande de ne pas être touché par chaque paysage au détour de chaque virage, il est difficile de ne pas être touché par un chaleureux bonjour en passant une porte, par un égarement entre deux routes… L’Irlande est à elle seule un ravissement, pas besoin de se rendre dans un endroit précis, se laisser porter sur cette Atlantic Way est une aventure si merveilleuse…

 

Aujourd’hui nous reprenons la route pour aller encore un peu plus au Nord jusqu’à Achill Island, la plus grande des îles irlandaises ; elle est reliée à la terre par un pont. Nous décidons de suivre l’Atlantic Drive pour longer la côte, on dit qu’elle est superbe, oui je sais je me répète mais je vous assure que c’est vrai 😉 !

Ce qui nous intéresse surtout c’est la pointe de l’île, j’ai lu qu’il y avait une plage paradisiaque, digne des plages tropicales ! A peine 15 jours qu’ils sont rentrés d’Asie et ils sont déjà en manque allez-vous penser… Vous avez raison ! Alors direction Keem Beach 😊

Le long de cette Atlantic Drive c’est un panorama époustouflant le long de la côté, falaises à pics avec un océan déchainé, versants verdoyants, des moutons en liberté de partout, c’est grandiose !

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Au détour d’un virage – oui les virages en Irlande cachent de jolis trésors ! – donc je disais au détour d’un virage, une petite plage en contrebas, isolée avec un sable blanc digne de certaines plages d’Asie et son eau turquoise… Voilà, nous y sommes ; avec la température en moins, il nous manque quelques degrés !

 

« On va se baigner ?! » demande Jonas tout excité à la vue de cette plage. Jonas n’a pas encore réalisé qu’il porte une doudoune et un bonnet dès qu’il sort de Sheeper… La baignade attendra une prochaine fois mais le jeu non ! Lily et Jonas passeront un long moment à jouer, rire, sauter et construire aujourd’hui dans ce petit paradis. C’est de surprise en surprise que l’Irlande mène son voyageur, quand on croit qu’on a vu le meilleur, on se trompe, il y a encore une belle promesse là-bas après ce virage…

 

 

Irlande – jour 12 – de Newport à Sligo

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Abbaye quand tu nous tiens…

8h – « On est bien ici aussi… On a plus de place quand même ! » Nous avons trouvé une nuit dans le mobilhome de Neal sur AirBnB à côté de Newport ; une douche chaude, une machine pour le linge et un peu de confort au chaud cela ne fait pas de mal 🙂 Nous avons donc agrandi notre espace de vie de quelques mètres carrés et déjà Lily et Jonas ont l’impression d’avoir de vivre dans un palace « regarde c’est trop bien, on peut même se déplacer entre la chambre et la table 😊 😊 » Nous rions avec Ludo.

12h – Nous reprenons tout juste la route, besoin de prendre son temps ce matin et de profiter de notre « château » 😉. Nous devons rejoindre Belfast en Irlande du Nord dans deux jours et nous choisissons de faire une halte à Sligo pour éviter de devoir filer une journée entière sur la route. Avant de quitter Newport, je demande à Ludo de nous arrêter à Burrishoole Abbey ; c’est une petite abbaye au bord de la baie. Le paysage est d’une sérénité totale, les photos parleront aujourd’hui pour moi…

 

Irlande – jour 13 – de Sligo à Belfast

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Notre quotidien dans 6 m2

La lumière du jour perce à travers les trous des rideaux, le bruit du fracas des vagues raisonne, la lueur du jour vient chatouiller notre visage. Dormir dans un van, c’est se réveiller au rythme du soleil, c’est très agréable, bon d’accord parfois moins 😉

Ces derniers jours nos réveils ont été bien meilleurs que ceux à notre arrivée ; généralement la météo est un vecteur important quand on voyage ; en van j’ai envie de vous dire qu’il l’est encore plus !

Je m’étire, Ludo se tourne, les enfants dorment, c’est encore silencieux au dessus ; je sors de mon duvet, lève un rideau et je profite de ce moment parfois très court avant qu’une petite tête se penche ! Ludo s’étire à son tour puis chacun son rôle, il range les duvets, replie le lit pendant que je prépare le petit déjeuner. Lily se cache avec la liseuse dans son duvet pendant que Jonas profite de cette langueur encore bien au chaud au fond du sien aussi. Puis Ludo fait le tour des fenêtres pour lever les rideaux, ranger quelques affaires. « Le cacao est chaud ! » Les enfants descendent. Les habitudes s’installent vite même en dehors d’un quotidien « normal ».

« C’est quoi le programme aujourd’hui ? » questionne Jonas. « Oui j’ai besoin de savoir où on va quand même ! » C’est le temps du petit-déjeuner qui permet de « valider » la journée. Quelle route ? Qu’allons-nous voir ? Et quel point de chute ce soir, vers où serons-nous ?

Je débarrasse le petit-déjeuner pendant que Ludo recherche notre prochain  « coin pour dormir » et que Lily et Jonas se lavent les dents. Un brin de vaisselle pour papa pendant que maman finit de ranger. « Chaque chose à sa place est la règle d’or de la vie dans le van.

Quand le soir vient et que nous avons notre « nightspot » , le coucher est tout aussi ritualisé, je déplie le lit pendant que papa finit la vaisselle, les enfants sont déjà en haut, Jonas avec son histoire audio et Lily avec sa liseuse.

Depuis le début de l’aventure avec Sheeper, c’est Ludo qui conduit, il aime ça comme il dit ; et comme tout couple au volant, pilote et copilote ne sont pas toujours d’accord… Les pauses « photos » et « toilettes publiques » sont les plus fréquentes.

La journée en van est rythmée par nos visites et nos pauses « regarde c’est trop beau, c’est magnifique, c’est génial ! » Voyager en van ne ressemble aucunement à l’aventure que nous avons vécu pendant nos 6 mois d’Asie en sac à dos, voyager en van c’est se sentir libre d’aller où bon nous semble mais c’est aussi manquer de rencontres et de partages que nous avions tant aimé et que nous ne retrouvons pas encore. Une « voyageuse vaniste » raconte dans un de ces récits « c’est important de ne pas rester enfermer dans notre coquille sur roue, de rester ouvert aux autres »

Aujourd’hui nous rejoignons l’Irlande du Nord et Belfast et comme dans toute grande ville, les « nuits sauvages » sont problématiques, nous avons donc décidé de sortir de notre coquille et d’aller à la rencontre de Jack. Nous avons réservé un AirBnB sur trois nuits, Jack nous attend donc dans sa maison pour vivre un de ces moments de partage que l’on aime tant 😊

Mais avant nous vous partageons quelques photos et « spéciale vidéo » de notre quotidien de « vanistes »…

 

Du comté de Clare au Connemara, bienvenue dans l’Irlande profonde.

Irlande – jour 9 – de Doolin à Clifden

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On se sent tout petit tout là-haut…

Les falaises de Moher sont le joyau du comté de Clare, c’est un peu comme Etretat en France mais avec des falaises noires, plus hautes et encore plus spectaculaires. J’aurai aimé pouvoir les découvrir avec une balade en mer mais le temps ne le permet pas ; des sentiers aménagés permettent de les approcher, les lieux sont encore extraordinairement sauvages malgré l’affluence des touristes. Des milliers d’oiseaux nichent au creux des falaises, le spectacle est saisissant.

« Regarde les gens comme ils sont minuscule maman là-bas ! » Certaines falaises atteignent 214 m alors oui on peut se sentir petit… C’est sacrément impressionnant, sur 8 km s’étend ce front de mer à pic, on ne peut qu’être rêveur devant une telle beauté de la nature.

 

 

« On dirait qu’on va rentrer dans la terre ! » me dit Lily quand on passe la porte du Visitor’s Centre ; le bâtiment se font effectivement parfaitement dans le paysage telle une grotte troglodyte.

A l’intérieur, c’est une très belle exposition sur l’océanographie et la géologie des falaises qui nous en apprend mieux sur les lieux mais le « must » sera le « 4D CInémax », un point de vue inédit des Cliffs of Moher en réalité virtuelle !! Tout comme Lily et Jonas, nous ne pouvons résister à revivre l’expérience une nouvelle fois, voyez par vous-même 😉

 

« Et Lily… Tu sais où nous dormons ce soir ?!! » … « Au lac du Connemara !!! » Dans Sheeper, c’est la fête, musique de Sardou en fond, tout le monde chante, une vraie ambiance de pub Irlandais !

Ce soir, c’est devant les Twelves Bells que nous mangeons, un décor unique, seuls au monde… Je n’ai rien à ajouter, les photographies parleront pour moi.

 

Irlande – jour 10 – de Clifden à Leenane

 

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Terres brûlées, au vent, des landes de pierres…

 

Autour des lacs, c’est pour les vivants un peu d’enfer le Connemara… Des nuages noirs qui viennent du Nord colorent la terre, les lacs, les rivières, c’est le décor du Connemara….

 

Sardou ne nous a pas quitté depuis hier comme vous pouvez le constater 😉 On ne peut que vivre au mieux les paroles de sa chanson au milieu de cette beauté sauvage. Ici au Connemara, c’est toute la mythologie irlandaise qui y est rassemblée et on y trouve toute la culture et les coutumes gaéliques. Près de 80% des terres y sont incultivables, les landes ne sont que ressources de tourbes – un combustible local-  et terrain de jeu pour les moutons, le fameux BlackFace.

Le sol du Connemara est une éponge ; une superbe, sublime, étrange éponge mais une éponge ! Ou plus précisément un gruyère dont chaque trou est un piège, alors il faut choisir ses trous comme dit Lily 😉 Et ce matin, Lily a décidé de ramener de l’eau du lac du Connemara en France dans une petite fiole… « Jonas tu viens avec moi, on va chercher de l’eau jusqu’au lac ?! » Jonas doute… « C’est loin, il y a des trous et c’est tout trempé quand même ! »… Jonas ne doute pas trop longtemps, les voilà donc partis tous les deux à travers la lande, un petit bâton à la main en file indienne. Au loin, nous les guettons pendant que nous débarrassons et rangeons Sheeper avant de partir. La magie d’un film.

 

La vie doit être vraiment rude ici. C’est magnifique mais le « un peu d’enfer le Connemara » de Sardou raisonne vraiment sur cette terre qui paraît avoir frappé toute forme de vie. J’apprends que c’est grâce à une économie semi-autarcique et à beaucoup de sacrifices que la population nombreuse arrive à survivre, à perpétuer sa langue et à affirmer son identité. Le légendaire Connemara…

 

Pour mieux comprendre cette vie ici de fermiers nous décidons de nous rendre à la ferme de Dan O’Hara à Clifden, une ferme du 19e siècle. Dan O’Hara c’était un pauvre fermier vivant de ses terres avec sa femme et ses sept enfants. La majorité de ses cultures c’étaient les pommes de terre comme tous les fermiers de l’époque d’ailleurs jusqu’à la Grande Famine de 1845. Petite minute histoire !

Entre 1845 et 1852, les Irlandais connurent une famine majeure, une véritable catastrophe pour les plus familles les plus pauvres. Pour subsister, les Irlandais pratiquaient essentiellement la culture de la pomme de terre, une tubercule nourrissante et qui nécessitait que peu d’espace pour être cultivé et nourrir une famille paysanne irlandaise qui était alors la majorité de la population. L’arrivée d’Europe du mildiou, un parasite, anéantit plus de 40% de la production locale et entraina une famine de grande ampleur. A cette époque, beaucoup de paysans n’étaient pas propriétaires de leur terre et devaient payer un loyer à un landlord, un propriétaire terrien. La perte de ces récoltes fut un désastre pour ces familles et causa près d’un million de victimes sans compter le départ conséquent de beaucoup d’émigrés vers le Nouveau Monde, la Grande-Bretagne et l’Australie.

Voilà pour la petite minute histoire 😉 Mais revenons à notre ferme…

« Mais elle est où la salle de bain ?! Et ils dormaient comment tous ici ?! Et la cuisine ?… » L’intérieur de la ferme est très sommaire, à l’image de la vie de l’époque. Lily et Jonas visitent et s’imaginent habiter ici mais « en changeant un peu la maison quand même ! » comme ils disent.

 

La ferme de Dan O’Hara reste une « ferme musée » et des fermes en activités il y en a encore beaucoup au Connemara. « Ils font quoi alors les fermiers maintenant ici ? » … « Regarde un peu autour de toi, d’après toi… ? » Des moutons de partout, dans les champs, au bord des lacs, sur la route, au détour de chaque virage des moutons par centaines, par milliers…

« Et si nous allions voir une ferme de moutons et aider le fermier au lamb feeding ? »… « Oh ouiiii !!! » crient Lily et Jonas en cœur… « mais c’est quoi ce truc ??… le lamb quoi ? » J’hésite à laisser planer le suspens… Mais je craque car je suis tout autant excitée qu’eux !Cette après-midi nous allons nourrir des agneaux au biberon 😊 Mais je n’en dirais pas plus sur le sujet car c’est Lily qui veut vous raconter cette touchante expérience.

J’ai vu le dauphin Fungie en Irlande !!… par Jonas.

Mardi 10 avril

La semaine dernière à Dingle, une ville irlandaise au bord de l’océan Atlantique, papa et maman nous ont fait la surprise de nous emmener voir un dauphin !

Il s’appelle Fungie et il vit à la sortie du port de pêche de Dingle, maman nous a expliqué qu’il vit ici depuis plus de vingt ans, tout le monde dit qu’il est très gentil. Nous avons pris un bateau, le « Lady Laura », le capitaine nous a fait monter à bord avec d’autres personnes.

 

Fungie le dauphin adore suivre les bateaux qui rentrent dans le port et parfois le capitaine nous dit qu’il aime bien faire aussi des galipettes. Après dix minutes de mer, nous arrivons dans la baie, le capitaine commence à chercher Fungie, nous regardons de partout et…  Fungie se montre enfin !!

 

 

Il mesure 4m et doit peser dans les 210 kilos, il est de couleur grise et il a une bosse sur la tête. C’était très dur de le voir car il sortait à un endroit et il plongeait sous l’eau, on attendait et je comptais combien de temps il restait sous l’eau. Après une trentaine de secondes plus tard, Fungie ressortait ailleurs 😊 !

 

 

Heureusement, un monsieur avec deux enfants naviguait pas loin de nous sur un tout petit bateau à voile et Fungie adore les petits bateau 😉 Il s’est mis à sauter autour de leur bateau et nous comme nous n’étions pas loin nous avons pu admirer ses acrobaties. Cela a duré presque une heure ! On allait rentré au port et on pensait ne plus le revoir quand tout à coup il a réapparu !

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C’était la première fois que je voyais un dauphin pour de vrai, j’ai trop aimé le voir sortir hors de l’eau et sauter près du bateau, je crois que ce sera mon meilleur souvenir en Irlande !

FIN.

Jonas.

En avant les vikings 😉 !…par Lily.

Lundi 2 avril

Nous sommes à Dublin, la capitale de l’Irlande ; avec Jonas nous allons découvrir aujourd’hui qu’autrefois les vikings ont peuplé l’Irlande. Nous allons visiter Dublinia, un musée qui va nous apprendre la vie des vikings.

 

D’abord, les vikings viennent des pays scandinaves jusqu’en Irlande pour piller les églises, les villages et les monastères pour s’enrichir. Ils arrivent par la mer au printemps sur des bateau qui s’appellent des drakkars, ce sont de gigantesques barques toutes ouvertes. Les vikings sont de très bons navigateurs, la nuit ils se servent des étoiles pour se repérer ou d’un objet qui s’appelle un compas. 

 

 

Mais une fois qu’ils ont pillé les églises et les villages, ils ne peuvent pas repartir car en automne ou en hiver la Mer du Nord est très agitée et dangereuse. Les vikings restent alors en Irlande et construisent des forteresses autour de leurs villages pour se protéger. Nous nous trouvons aujourd’hui dans une de ces forteresses car le centre historique de Dublin c’est une ancienne forteresse viking.

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Les vikings vendent sur les marchés du sel, du métal, de l’ambre et… des esclaves !! Mais d’où viennent ces esclaves ? Quand ils pillent les villes, les vikings font des prisonniers qui deviennent leurs esclaves pour les vendre ensuite.

 

Les vikings vivent dans des maisons au toit de paille et aux murs de terre sèche, ils n’avaient pas de fenêtres.

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Les vikings savent écrire, ils se servaient de runes, ce sont des symboles. Ils écrivaient rarement, ils gravaient leur écriture dans la roche ou dans du bois ; ils écrivaient seulement pour donner le nom d’un magasin, signaler une route, un village mais ils ne s’envoyaient pas de lettres entre eux. Nous avons essayé avec Jonas d’écrire avec les runes nos prénoms.

 

La tenue des hommes vikings est assez particulière, ils portaient des courts chemisiers en tissu avec des pantalons, des grosses capes noires et un gros casque en cuir très très lourd qu’ils ne mettaient seulement quant ils allaient au combat. Les femmes vikings portaient de longues robes très épaisses et une grosse cape noire aussi pour se protéger du froid.

 

Les vikings fabriquaient leur propre monnaie. Pendant très longtemps, les vikings ont continué à piller les monastères, faire des esclaves et à construire des forteresses jusqu’à la bataille de Clontarf qui a mis fin aux vikings. Le Chef des vikings a était battu par Brian Boru le roi irlandais.

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J’ai vraiment adoré découvrir la vie des vikings 😊 FIN.

Lily.

Irlande – Du Ring Of Kerry au Shannon, une route plus belle chaque jour…

Irlande – jour 6 – de Allihies à Kenmare

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Les aléas du temps…

« On va voir des phoques, on va voir des phoques !! » Lily et Jonas ne tiennent plus en place depuis que nous leurs avons dit que nous avions réservé une croisière sur la Kenmare Bay cette après-midi.

De nombreux blogs de voyage en famille parle de cette croisière « éconature » comme d’un moment inoubliable. A la barre, un capitaine sans sa pipe qui nous emmène joyeusement observer les oiseaux et les phoques de la baie et pour être honnête, nous sommes tout autant impatients que les enfants de faire cette balade en mer.

Kenmare, ce n’est pas qu’un petit centre de pêche, c’est aussi le point de départ du Ring of Kerry, la plus populaire des péninsules irlandaises. Derrière chaque virage, c’est un paysage toujours plus beau alternant vallées couvertes de sapins, landes immenses, falaises déchiquetées, baies, lagunes… A chaque virage c’est une nouvelle surprise.

 

Il est 13h, nous arrivons sur le port de Kenmare, avec Ludo nous échangeons un bref regard, nous ne sommes pas vraiment rassurés ; le ciel est chargé, le vent souffle fort, nous commençons à douter… Malheureusement notre doute se confirme avec mon appel à l’agence Seafari : la croisière est annulée, le temps ne permet pas une sortie en mer et demain les prévisions ne semblent pas meilleures… Comme vous pouvez l’imaginer, l’heure qui suit est plus que délicate ! Lily et Jonas sont très déçus – comment ne pourraient-ils pas l’être… – et à cet instant-là, nous avons tous besoin d’une pause.

C’est à quelques kilomètres, à Templenoe que nous retrouverons le sourire, Ludo nous a trouvé un « nightspot » pour une nuit sauvage et celui-ci rassemble bien nos trois critères cette fois, on progresse !! Discret, à plat et une vue, devant sur les moutons et derrière sur la mer. Une jolie balade sur la plage remonte le moral des troupes, un peu de trottinette redonne le sourire aux enfants et la vue sur le coucher de soleil fait du bien à maman. Un aléa du temps qui finit bien 😉

 

Irlande – jour 7 – de Kenmare à Dingle

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Entre forêts, lacs et montagnes.

 

« La reine autorisa aux autres dames de regarder avec elle !! Tu plaisantes maman !! Comment quelqu’un peut interdire à quelqu’un d’autre de regarder un paysage !! » Lily est remontée 😊

Nous sommes à Ladies View en plein cœur du Killarney National Park ; plus de 10 000 hectares de forêts, lacs et montagnes, de quoi faire de belles randonnées. J’étais en train d’expliquer aux enfants que c’est la reine Victoria qui était à l’origine de ce nom « Ladies View » ; on dit que la première fois qu’elle vit le panorama, elle s’enthousiasma tellement qu’elle autorisa ses dames de compagnies à sortir pour l’admirer avec elle. La vue est tellement splendide que nul ne pourrait être privé d’un spectacle pareil. Les lumières donnent une majesté supplémentaire au lieu, les reliefs se reflètent dans les lacs, les lacs brillent et donnent une couleur si particulière aux montagnes, même les nuages sont beaux ici.

 

Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons au Ross Castle, un beau gros donjon de XVe siècle au bord du lough Leane (lough signifiant lac en Irlande). L’endroit est tout aussi paisible que celui de notre point de vue. Le donjon est en ruine mais il demeure ici encore une âme, le temps paraît comme suspendu.

« Il y a aussi une petite histoire avec ce donjon, vous savez ce que qu’on raconte ? » demandais-je aux enfants. « Que la reine Victoria enfermait des gens dedans peut-être ?!! » s’exclame Lily. Je rigole. Non, rien à voir avec la reine Victoria. A sa construction, une prophétie prédit que la forteresse ne tomberait jamais, sauf si une attaque était lancée par le lac. Les troupes de Cromwell ne réussirent pas à la prendre par la terre ; c’est alors que le chef décida de s’avançait vers le château par le lac avec un bateau. Sans combattre, croyant que la prophétie était en train de se réaliser, la garnison se rendit ! Lily et Jonas ne disent rien, ils sont là, face au lac et rêve, peut-être à des temps jadis 😉 Face à nous un paysage de toute beauté.

 

Il est 13h quand nous arrivons au point de vue The Heights of Aghadoe, nous avons passé Killarney, nous sommes maintenant sur la route de Dingle. On dit que c’est d’ici que l’on profite au mieux du panorama du lough Leane ; en gaélique appelé « lac du savoir ».

« On l’appelle comme ça parce que le lac sait tout ?! » demande Jonas. C’est presque ça ! Il y a une petite île sur ce lac où vivait des moines et à l’époque beaucoup de personnes importantes venaient recueillir leur enseignement. Le ‘routard’ a raison, d’ici la vue est impressionnante. Ce sera notre « spot » repas !

 

 

Nous nous attardons pas plus car une surprise attend les enfants cette après-midi à Dingle, mais je ne vous en dirai pas plus à vous aussi ! C’est l’article de Jonas qui vous racontera 😉 En attendant, nous reprenons la route sans pouvoir résister à une dernière halte sur la plage de Inch… Au détour d’un virage, une immense baie enceinte entre deux montagnes, c’est toujours un sentiment exaltant quand on se retrouve face à un paysage aussi extraordinaire. Pause !!

 

Notre surprise à Dingle… Je crois qu’elle demeurera un de ces merveilleux moments que nous ne sommes pas prêts d’oublier… (un peu de patience Jonas écrit son article pour vous raconter 😉)

Voilà encore une de ces journées où nous en avons pris plein les yeux, une journée à l’image de ce que l’Irlande a à offrir aux voyageurs, tranquillité et immensité…

Ce soir c’est dans un nouveau petit coin de paradis que Ludo nous emmène, ce soir notre chambre sera avec vue sur mer, ce soir « nos vanistes en herbe » se transformeront en pirates le temps d’un jeu ; alors si vous passez par-là, arrêtez-vous à Ventry à quelques kilomètres de Dingle.

Sur la Dingle Way, passez l’entrée de Ventry, prenez à gauche et descendez ce petit chemin jusqu’à la plage puis tournez encore légèrement sur la gauche, voilà vous y êtes ! Juste là derrière les dunes. Et si vous vous sentez une âme d’aventurier ; face à la dune avec la bouée rouge, avancez de 5 pas tout droit et 15 pas à gauche, creusez et vous découvrirez peut être le trésor de nos pirates 😊 😊

 

Irlande – jour 8 – de Dingle à Doolin

 

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Sur la Dingle Way, il y a…

 

7h – Pliage de duvet, préparation du petit déjeuner, « maman je vais faire un pipi sauvage ! », nous nous surprenons même ce matin à sortir sans les bonnets. « L’homme gris », l’esprit du comté de Kerry, aurait-il un sursaut de gentillesse avec nous ces derniers jours ?! Lily et Jonas vous parleront bientôt de ces « esprits coquins » qui peuplent l’Irlande et que la plupart des Irlandais craignent parfois encore.

« C’est quand qu’on arrive au Connemara ?!! » Bientôt, bientôt Lily ! Regarde, nous nous en approchons !

Aujourd’hui au programme rejoindre le comté de Clare plus au nord mais avant nous nous aventurons sur la péninsule de Dingle. On dit d’elle qu’elle émerveille avec ces paysages splendides et sans cesse changeants, on dit que cette péninsule est réputée comme l’un des plus beaux coins d’Irlande, « un vrai morceau de bravoure et de beauté sauvage » dit-on aussi. Comment être plus émerveillés que nous l’avons déjà été ?!! Et pourtant…

C’est la Slea Head Drive que nous suivrons, une route côtière qui forme une boucle pour rejoindre Dingle. Chaine de montagnes arides, collines rocheuses, landes à perte de vue ; nous n’arrivons parfois plus à distinguer la limite entre la terre et l’océan ; parfois brutale comme une falaise ou en pente douce jusqu’à la mer, la terre se mêle à l’eau et nous sommes subjugués par cette beauté sauvage. Oui émerveillé nous le sommes une nouvelle fois 😊

 

 

De retour à Dingle, nous décidons d’emprunter le Connor Pass pour rejoindre Tralee et remonter jusqu’à Trabert, port où nous prendrons un ferry pour passer le Shannon, cet estuaire qui sépare la péninsule de Dingle du Comté de Clare.

Emprunter la route étroite du Connor Pass permet d’avoir une vue sur les deux versants de la péninsule conseille ‘le routard’ ; et comme vous l’imaginez un paysage époustouflant ! C’est ici que nous mangerons à midi, en décor la baie au loin, la montagne autour et les pieds trempés de Lily et de Jonas…

« Maman !! On s’enfonce dans la terre, c’est tout mouillé !! Regarde, ils ont tous des bottes et nous on est en basket ! » … Non, les bottes de pluie n’étaient pas sur notre Check List du départ… Je regarde Lily et Jonas descendre en courant et… Jonas finir en vol plané. Jonas se relève, rit, trempé, Lily éclate de rire. Voilà, nous étions au Connor Pass !

Petite note importante à ne pas négliger quand on vient en Irlande : Des bottes de pluie, même au printemps !  

 

Sur la route qui redescend en direction de Tralee, des prairies à perte de vue… « Non mais regardez tous ces moutons !!! » s’exclame Lily. « Il y a vraiment trop de moutons en Irlande ! »

J’ai lu sur internet que certains disent qu’ils y auraient même plus de moutons que d’Irlandais ici 😉 Et Ludo de répondre « Ils n’ont pas dû compter dans les pubs ! » Hier soir nous avons tenté de manger dans un de ces innombrables petits pubs mais nous avons dû nous rendre à l’évidence, avec des enfants c’est compliqué… « Non mais ça sent trop mauvais ici !! ça sent trop fort la bière ! Et puis il y a trop de bruit !! » Bon voilà tout cela pour dire que ce fut un « flop »…

La route continue et plus personne ne parle.

On dirait vraiment que les plaines fondent dans la mer » me dit Ludo. A droite, les montagnes avec toujours cette couleur marron-jauni, à gauche des plaines d’un vert à faire pâlir les rizières laotiennes !

Nous arrivons enfin au port de Tarbert. Le ferry Tarbert-Killimer permet de traverser l’estuaire du Shannon en une vingtaine de minutes, il permet aussi d’apercevoir les dauphins de la baie si on a un peu de chance et d’éviter un détour de 140 km pour seulement 19€. Nous embarquons Sheeper, c’est parti ! Et nous aurons même beaucoup de chance aujourd’hui… Les dauphins de la baie sont de sortie 😉

Encore un peu de patience Lily, demain nous traversons le Comté de Clare et le soir nous arriverons… Tu sais où 😉 !!

 

 

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Côte Sud de l’Irlande, attention au départ…

Irlande – jour 4 – de Cobh à Skibbereen

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Wild Atlantic Way et nos premiers joyaux.

 Ce matin nous prenons la direction de Kinsale pour rejoindre la Wild Atlantic Way, une route de 2500 km qui relie la côte sud à celle du nord, cette route permet d’explorer toute la côte ouest irlandaise. Dès nos premiers kilomètres nous sommes tellement émerveillés qu’après chaque virage nous nous arrêtons pour une photo, une vidéo ou simplement profiter du spectacle. Le vent souffle, il fait froid mais peu importe la magie des lieux fait son effet…

 

« Et on voyage où aujourd’hui maman ?! » … « Mais tu sais bien où nous sommes Jonas ?!… En Irlande ! » … « Non mais dans le temps des vikings, des chevaliers… ?? » Je souris… « Aujourd’hui, on voyage au temps de Napoléon ! Nous allons voir une grande tour qui a été construite pour se protéger de ses attaques ! »

A l’époque, les anglais redoutaient grandement une invasion de Napoléon, ils ont donc construit de nombreuses tours le long de la côte pour s’en protéger. Ces tours, comme celle du Old Head Signal Tower Heritage, communiquaient entre elles grâce à un système de boules et de drapeaux « flags and balls signaling system ». Devant le panneau, Lily et Jonas s’amusent à décoder le système. Nous grimpons en haut et c’est un extraordinaire panorama que nous avons sur l’océan et le phare au large. Le vent souffle toujours autant, « on pourrait s’envoler !! » me crie Jonas.

 

Kinsale a aussi la réputation d’être la capitale gastronomique de l’Irlande, laissons-nous tenter 😉 « C’est toi Jonas qui va être content ici en Irlande ! » lui avait-on expliqué à Dublin en voyant une affiche de Fish and Chips. J’ai lu qu’au Dino’s, le Fish and CHips faisait justement la réputation de l’adresse, mais pas que, si vous passez par-là, laissez-vous tenter par la soupe du jour avec son pain noir fait maison, un vrai délice !

 

Quand nous reprenons la Wild Atlantic Way, ce n’est que pour quelques kilomètres… Nous pourrions nous arrêter comme cela à longueur de temps mais « on arrivera jamais au Connemara si vous continuez comme ça !! » crie Lily. Oui Lily crie et Lily n’attend qu’une chose en Irlande c’est de voir les lacs du Connemara 😊

Là aujourd’hui ce n’est pas un lac que va découvrir Lily, mais une abbaye, encore un joyau sur notre route. A première vue, l’abbaye de Timoleague semble en ruine mais les commentaires que j’avais lu à son sujet nous pousse à aller au-delà… Et nous avons raison, c’est splendide ! Les lumières entre les murs de cette abbaye franciscaine sont si douces, une puissante sérénité se dégagent de ces lieux ; à l’intérieur elle nous offre un romantique cimetière en bord de mer, nous sommes sous le charme.

 

« Et on dort où ce soir ?! » Rappelez-vous notre petit rituel 😉 La fin d’après-midi est proche et nous poursuivons notre route sur la côte sud de Cork. La météo nous semble aussi sereine que l’abbaye que nous venons de quitter. « Tu crois qu’on pourra sortir la table et les chaises papa ce soir ?! » … « Bien sûr !! »

C’est sur les hauteurs du lac salé de Skibberren que Ludo nous trouve notre « premier petit paradis sauvage ». Et pour qu’un « nightspot » soit idéal, nous avons dit 1- ne pas déranger les locaux, ça c’est bon ! 2- avoir une vue pour le coucher de soleil et le petit déjeuner, là on est parfait ! et 3- être à plat pour ne pas tomber sur l’autre en dormant ; et bien sur ce point-là nous avons encore quelques progrès à faire 😊 😊 Une première nuit sauvage mémorable !

 

 

 

Irlande – jour 5 – de Skibbereen à Allihies

 

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Plus au Sud, impossible !

Commencer notre route avec en fond le Lough Hyne et les doux rayons du soleil fait un bien fou… Surtout après une nuit en mode « glissade »… Il faudra se souvenir du point 3 pour trouver un bon « nightspot »… A plat !! Pour éviter de rouler sur son voisin ou ceux d’en dessous ! Le Lough Hyne est un magnifique lac salé alimenté seulement par l’eau de mer en marée haute. Ici, tout est d’un calme…

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« Oui Lily nous roulons toujours dans la bonne direction !! » Je vais tout de même éviter de lui dire qu’aujourd’hui nous allons encore plus au sud – le Connemara c’est plus haut 😉 – descendre plus bas c’est d’ailleurs impossible car Mizen Head est la pointe la plus au sud de l’Irlande.

Sur la route qui nous mène au phare de Mizen Head, ce sont falaises abruptes, petites criques, troupeaux de moutons en liberté et la magnifique plage de Barleycove; le temps semble s’écouler ici avec encore plus de lenteur.

 

 

Nous arrivons à Mizen Head, au loin un paysage de falaise découpées et des rouleaux d’écumes ; face à nous l’océan Atlantique déchainé. Pour atteindre le phare, il faut franchir une large faille avec un pont… « Courage maman, tu vas y arriver ! » me souffle Jonas. Jonas sourit, je regarde droit devant et j’avance avec lui ; il me tient la main… « Tu vois maman tu y es arrivé !! Au retour, tu pourras même regarder en bas !! » … Une prochaine fois peut-être 😉

La vue d’ici est impressionnante ! On dit que le cap est souvent envahi de brouillard si bien que pour guider les bateaux il n’y a pas si longtemps on n’avait encore qu’un moyen, faire sauter des charges de dynamite. Très sécurisant !

Nous descendons jusqu’à une terrasse en contrebas, de ce point l’océan semble encore plus déchainé, ce n’est pas étonnant pensais-je que la liste des naufrages dans le coin soit si longue.

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« Ça doit être bizarre de vivre dans un phare ! » se questionne Lily. Dans le Visitor’s Centre, la vie et les pièces d’un phare y sont reconstituées, Lily observe en silence pendant que Jonas est fasciné par les photos des animaux vivant dans la péninsule. « Non mais ça doit être bien quand même, ils doivent pouvoir lire toute la journée tranquillement… Mais ça doit être long quand même quand on est seul… »

Nous aussi ce soir nous dormons au chaud !… Mais pas dans un phare 😊 Nous rêvons tous d’une douche bien chaude et d’un peu d’espace. Ce soir le temps ne s’annonce pas aussi doux que la veille alors une chambre, une vraie est la bienvenue ! Direction Allihies !

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Sheeper se met donc en route pour le petit village d’Allihies dans la péninsule voisine, celle du Beara. On dit que cette péninsule est l’une des moins fréquentées de toute la côte ouest, certains disent même qu’ils ont l’impression de déranger le mode de vie des habitants, c’est pour dire…

Pourtant, ce soir quand nous poussons la porte du O’Neill’s, c’est bien un accueil à l’irlandaise auquel on a droit, chaleureux et convivial comme à chaque fois depuis que nous sommes en Irlande. Quelques jeunes irlandais discutent et rient au comptoir un verre à la main, un père et sa fille partagent un fameux Chip and Chips à une table, plus loin deux hommes plus âgés discutent accoudés au comptoir deux pintes de Guinness devant eux. Une scène de vie irlandaise, chaleureuse et bien vivante.

Ce soir, nous profitons de cette douceur et de cette chaleur avant de reprendre notre route demain pour une nouvelle aventure un peu plus haut, « on avance tout doucement vers le Connemara » comme dirait Lily 😉