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Popa Mountain, between Bouddhas, Spirits and monkeys.

« Oh mince maman, mon leggin est noir ! Et regarde Jonas, il a du rouge sur son tee-shirt !! On va faire comment ?! » crie Lily ce matin dans le mini van qui nous emmène en direction du Mont Popa. « Ils ne vont pas être contents les esprits !! » dit craintivement Jonas.

Hier soir au repas j’ai raconté à Lily et à Jonas la symbolique des Nat, ces esprits très vénérés au Myanmar depuis l’Antiquité. Autrefois, avant que le roi Anawrahta ne fasse du bouddhisme la religion d’Etat, les birmans leurs vouaient un culte très important ; des milliers d’animaux étaient sacrifiés aux esprits Nat durant les cérémonies. Encore aujourd’hui beaucoup de birmans continuent à vénérer ces esprits en parallèle avec le bouddhisme.

A 50 km de Bagan se trouve le Mont Popa, considéré comme le refuge des 37 Grands Nat, c’est le plus important lieu de pèlerinage ; et d’après une croyance birmane « un bon pèlerin ne doit ni porter du noir, ni du rouge sur le Mont Popa, il doit aussi éviter d’apporter de la viande pour ne pas offenser les Nat » ! D’où l’inquiétude de Lily et de Jonas ce matin 😉

 

Vendredi 16 février

9h – Nous voilà en route direction ce pic de lave volcanique de 740 mètres ; à son sommet se trouve un monastère bouddhiste, il faut savoir que l’ascension se fait pied nu par 777 marches.

La route de Bagan qui mène au Mont Popa traverse de magnifiques paysages de campagnes qui se mêle très vite à une terrible vision de misère. Le long de la route, des femmes, des hommes et des enfants tendent des mains en direction de chaque véhicule qui passe. Le spectacle est terrible à voir…

Notre guide nous explique qu’il s’agit de fermiers, « it’s a very poor land ! ». La saison est très difficile pour eux, ils manquent cruellement d’eau, ils ne peuvent donc pas travailler. Il y a 3 ans, cela a été pire… « Comment cela pourrait être pire que ce que nous voyons déjà… ? » pensais-je.

Il y a 3 ans nous raconte-t-il, la saison des pluies a été très mauvaise, la misère était telle que les habitants de Bagan récoltaient des bouteilles en plastique, les remplissaient à l’Irrawady et venaient les distribuer jusqu’ici, c’était vraiment très difficile finit-il par nous dire puis silence.

Parfois je baisse la tête, je préfère détourner le regard tellement l’image de ces mains tendues est « de trop ».

Il est presque 11h quand nous arrivons au pied du Mont, « il est plus impressionnant de loin que de près » remarquais-je. « C’est là-haut qu’on doit monter ?! » demande Lily. Lily n’a pas dû entendre qu’il y avait 777 marches me dis-je… « Maman, c’est là-haut qu’on doit aller ?! » questionne à son tour Jonas. « Ben oui, elle l’a dit hier Maman qu’on devrait monter jusqu’en haut !! 777 marches ! Tu n’as pas entendu ?! » J’en déduis que Lily avait très bien entendu, elle a sûrement voulu vérifier que je n’avais pas changé d’avis 😉 😊

Les escaliers qui permettent de rejoindre le temple bouddhique de Taung Kalat au sommet est couvert. Il est rempli de petites échoppes dans lesquels on peut trouver à manger, à boire, des offrandes ou des tee-shirts du Mont Popa tel un immense bric à brac.

 

 

Durant notre ascension, nous croiserons une quantité d’hommes demandant de l’argent pour le « nettoyage » comme ils disent des marches. Mais pourquoi le nettoyage ? C’est simple, à peine les premières marches franchies, nous apercevons les habitants des lieux… Les singes !!  On en trouve de partout, dans tout le temple, certains sont même plutôt agressifs, Jonas en fera les frais avec son paquet d’Oréo…  Vous comprenez mieux pourquoi le nettoyage maintenant 😉

 

L’ascension finalement ne sera pas très longue. « Tu es sûre maman qu’il y avait 777 marches ?! » me questionne Lily arrivé au sommet. « Ça veut peut-être dire aussi qu’on a l’habitude de monter des marches maintenant ?! » conclut Jonas.

Les stupas du sommet ne sont pas exceptionnels par rapport à ceux que l’on a déjà vu sur Bagan. C’est plus le magnifique panorama sur la plaine de Myingyan et sur la campagne environnante qui mérite l’ascension. A perte de vue des zones de culture et de nature sauvage. La vue  est impressionnante, autour tout est plat et ce sommet semble posé là, tel une météorite.

 

Nous faisons rapidement le tour des quelques monastères, stupas et sanctuaires du sommet qui n’attirent que peu notre attention. Puis le guide nous fait entrer dans un petit sanctuaire différent de ceux que nous avions déjà vu. Autour d’un pilier central se trouvent des petites niches avec l’inscription des jours de la semaine, à l’intérieur de chaque niche un bouddha. Ici les birmans viennent prier le Bouddha du jour de leur naissance.

 

Notre guide nous apprend alors que le choix du prénom à la naissance n’est pas aussi libre que chez nous, il doit respecter une règle. A chaque jour de la semaine appartient une lettre, en fonction du jour de la naissance, les parents doivent donner un prénom à leur enfant en commençant par cette lettre. Nous comprenons maintenant mieux pourquoi les prénoms se ressemblent !

Au mardi correspondent les lettres S et C, au mercredi c’est le L, les personnes nées un jeudi devront avoir un prénom commençant par un P et le vendredi un T. Désolée je n’ai pas retenu les autres jours ! Toujours est-il qu’après vérification avec un calendrier sur le téléphone, aucune de nous n’a pas la bonne lettre 😊

 

Nous terminons notre visite par « The Mother Spirit of Popa Nat Shrine », le sanctuaire de la mère de Popa et des Nat au pied de l’escalier.  Le culte des Nat vient d’Inde, c’est une croyance animiste selon laquelle tout être vivant ou non est animé par un esprit. Ce culte a précédé l’introduction du bouddhisme en Birmanie, il a été fondu dans celui-ci donnant naissance à une religion syncrétique où Bouddha est le plus grand des Nat, les autres ayant veillé sur sa naissance.

C’est le roi Anawrahta qui créa la première liste officielle des 37 Nat après s’être rendu compte qu’il ne pourrait mettre fin à leur culte. Les Nat se répartissent donc entre 37 Grands Nat et tous les autres (divinités des eaux, des arbres, du foyer, etc…)

La plupart des 37 Grands Nat sont des êtres humains qui ont connu une mort violente. Un peu comme les Saints du christianisme, les Nat peuvent obtenir cet état pour diverses raisons.

Des deux côtés de la porte d’un vestibule intérieur, nous apercevons des figures représentant certains des 37 nat officiels. Au centre, nous distinguons les trois figures principales, l’ogresse mangeuse de fleurs également appelée Mae Wunna ou « Reine Mère de Popa » et ses fils à sa gauche et à sa droite.

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Mae Wunna « La Mère de Popa » vouait un grand amour à l’un des serviteurs du roi Anawrahta. Cet indien avait des pouvoirs surhumains dit-on et il avait pour tâche de cueillir des fleurs mais il faillit à son devoir et fut exécuté sous ordre du roi. Leurs deux fils marchèrent sur les traces de leur père ; ils devinrent serviteurs du roi, manquèrent à leur devoir et furent eux aussi exécutés.

Dans sa grande bonté – un brin ironique – le roi Anawrahta ordonna toutefois qu’on érige un sanctuaire sur le lieu de leur exécution. De nombreux fidèles viennent rendre hommage à ces trois personnages, surtout lors de la fête des esprits de Tagu (mars-avril) pour célébrer le départ et le retour. On dit qu’une fois par an, les esprits des deux fils de la Mère de Popa entreprennent un voyage qui passe par le mont Popa, le nord de Mandalay et la Chine. Sacré voyage !

Un peu plus loin, mon attention est retenue par la déesse pyu dodue, Shin Nemi également appelée « Petite Dame », il s’agit de la Nat protectrice des enfants. Elle reçoit des offrandes de jouets en période d’examens scolaires.

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Parmi les souverains qui peuplent la mythologie du Myanmar, le plus célèbre est le seigneur Kyawswa surnommé « le Nat ivre », on dit de lui qu’il passa sa courte existence à organiser des combats de coqs et à boire. Il est aujourd’hui le patron des joueurs et des buveurs, on le distingue sur la droite de la « Mère de Popa » perché sur son cheval portant des bouteilles de rhum et de whisky. « Sacré Saint !! » pensais-je…

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Le guide m’explique alors que les Birmans viennent ici prier l’esprit du Lac pour une meilleure pêche, l’esprit de la Pluie pour une meilleure récolte, l’esprit de l’Océan pour protéger ses pêcheurs…

 

Le culte des Nat est moins répandu en zone urbaine qu’à la campagne, et il est surtout pratiqué par l’ethnie Birmane. De nombreuses maison abritent un autel des Nat ; les villages sont également souvent protégés par un Nat.

autel de Nat

 

Certains considèrent les Nat comme une faille dans le bouddhisme traditionnel car ils ont des caractéristiques humaines, des désirs et des besoins.

Chaque jour les offrandes sont renouvelées afin que les Nat ne puissent pas manifester leur mécontentement et attire la mauvaise fortune sur les hommes. « 3 bananes and 1 coconut for the Nat and 6 bananas and 1 coconut for Buddha » nous précise notre guide. La différence ce sont les bananes alors 😉

 

Sur le chemin du retour, je repense à mon hésitation avant de réserver cette excursion. Peu de touristes font le déplacement depuis Bagan, l’ensemble est certes comme je l’avais lu « un peu kitsch », mais la vue de ce mont au loin reste impressionnante et ce culte des esprits est tellement prégnant – nous nous en apercevrons à plusieurs reprises pendant la suite de notre voyage ici – que je ne regrette pas cette journée.  Ni notre retour d’ailleurs qui sera un « dur moment » de partage pour toute la famille, mais cela vous le saurez plus tard…

 

Comment aller au Mont Popa ?

Nous avions le choix entre un taxi collectif (sans guide) et une excursion organisée. Après quelques recherches, j’ai noté que beaucoup de touristes étaient passé à côté de « la dimension spirituelle » du lieu faute d’avoir fait appel à un guide. « Aller au Mont Popa en se passant des services d’un guide équivaut à regarder un film en VO sans les sous-titres » ajoute ‘Lonely’. Nous avons donc opté pour le second choix.

A côté de notre hôtel sur Nyuang U, nous avons trouvé une petite agence avec qui nous négocié l’excursion avec un chauffeur et un guide.

  • Modern Travels and Tour

Excursion au Mont Popa avec chauffeur 33 700 K et guide 40 000 K pour un total de 73 700 K soit environ 46€.

 

Pour ceux qui souhaiterait contacter en direct le chauffeur et le guide, voici leurs coordonnées personnelles :

Le chauffeur est peu bavard, parle très peu anglais (un peu c’est déjà bien !), il est très gentil et d’une grande générosité. Le guide n’est pas très loquace non plus mais répond très agréablement aux questions et il est attentif.

chauffeur et guide à Bagan

 

 

 

 

 

 

 

Bagan, « templement » irrésistible.

« Dans ma valise, il y a… », vous connaissez peut-être ce jeu de mémoire ?

Chacun à son tour on ajoute un objet dans « ma valise » en répétant ce que les joueurs précédents ont déjà mis dans la valise. Cela peut donner « dans ma valise, il y a un passeport, des chaussettes qui puent, un ballon, des livres, etc… » Lorsqu’un des joueurs se trompe ou oublie un objet, la chaîne s’arrête et on recommence. On rit beaucoup avec les enfants quand on y joue.

Mais quel est le rapport avec Bagan ? Où veut-elle en venir allez-vous penser… J’y viens ! Attention, tenez vous prêt, le jeu commence…

« A Bagan, il y a des temples avec les plus jolies fresques, des pagodes avec les plus merveilleux couchers de soleil, un patho avec les quatre plus grands bouddhas en teck, une splendide paya avec 37 nat, le plus grand sanctuaire de brique, une vue magnifique du Bu Paya , une porte historique la Tharabar Gate, des bouddhas innombrables, couchés, assis, debout, enseignant, protégeant, s’éveillant, des légendes, des superstitions, de la chaleur et de la poussière !

Alors… On rigole moins là hein… ?!! Allez, à vous maintenant 😊 😊

Bagan, c’est tout cela et bien plus encore ; une vaste plaine qui abrite près de 2800 monuments sur un site archéologique bouddhique d’environ 50 km2. « Rien que ça ! » dit Lily.

Alors ; Oh Toi grand voyageur qui viens à Bagan, voici notre recette que nous souhaitons te partager pour vivre Bagan comme une fabuleuse aventure 😊

Mercredi 15 février

« 2 800 divisé par 4…. Lily calcule…. Non ce n’est pas possible, je dois faire une erreur… On ne va pas visiter 700 temples par jours maman ?!! »

J’éclate de rire… Sur le lit de la chambre, armés de la carte du site, nous organisons avec Lily et Jonas nos 4 jours sur Bagan. « Non mais maman, on ne peut pas… !! » Je les laisse un bref instant râler avant de leur demander de m’aider à entourer les quelques sites que nous décidons de voir ; parce que comme le dit ‘Lonely’ il serait facile d’y passer 4 à 5 jours sans réussir à en faire le tour.

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« Mais avant, Oh Toi grand voyageur, à Bagan, en bateau tu arriveras… »

Bagan se situe sur la rive gauche de l’Irrawady. L’Irrawady est un fleuve d’Asie du Sud-Est, bien moins important que le Mékong, il mesure environ 2 000 km. C’est le principal cours d’eau de la Birmanie et aussi son principal axe de communication. Ce fleuve né dans les montagnes de l’Himalaya, traverse une région montagneuse près de la frontière chinoise, coule dans la vaste plaine centrale birmane puis se jette par un immense delta dans la mer d’Andaman, une mère de l’Océan Indien.

L’Irrawady abrite une large diversité animale, le plus connu étant le dauphin de l’Irrawady bien sûr ! Ceux qui nous suivent depuis le départ de notre aventure se rappelleront sûrement, ou peut-être 😉, de notre article sur Kratie au Cambodge. Nous y avions fait une sortie kayak sur le mékong pour aller y observer ces magnifiques cétacés en voie de disparition. Le dauphin de l’Irrawady est un dauphin étroitement apparenté à l’orque.

Il faut savoir que la plupart de la population birmane habite dans le bassin versant de l’Irrawady. Pendant l’ère coloniale, on le surnommant « road to Mandalay » car c’était le seule grande voie de communication entre le Nord et le Sud de la Birmanie, aujourd’hui encore l’Irrawady reste l’axe principal entre les villes les plus importantes.

C’est pourquoi, prendre le temps de voyager sur ce fleuve est l’un de ces moments riches en découvertes pendant un voyage au Myanmar.

Observer la vie sur l’eau des pêcheurs, y découvrir le transport du bambou comme d’immenses radeaux descendant le fleuve, y saluer des matelots transportant des marchandises sur des paquebots parfois quasi englouti ou encore ces immenses péniches pompant le sable du fleuve, prendre le temps de regarder la vie sur les rivages, se rendre compte de la simplicité de cette vie…

Sur Mandalay, nous avions le choix entre plusieurs compagnies qui proposent cette « croisière » d’une journée. Nous avons opté pour MGRGexpress, une compagnie régulièrement citée sur des forums et blogs de voyageurs et bien notée sur Trip Advisor. Après un premier contact infructueux par mail, nous avons préféré nous rendre directement à l’embarcadère pour « booker » et tenter d’obtenir un prix pour les enfants.

Choisir d’aller jusqu’à Bagan par la route, c’est prendre un bus jusqu’à Nyaung U pendant 7h pour 9 000 Khiats sur une route surchargée et chaotique OU choisir de découvrir « la vie birmane » du pont d’un bateau pendant 11h. Le prix n’est pas le même vous devez bien vous en douter, « il n’est pas justifié » dira même Ludo. Choisir de venir jusqu’à Bagan par le fleuve vous en coûtera 42$ par personne avec le petit-déjeuner et le repas du midi compris.

« Justifié ou pas », l’idée de transformer un énième trajet en douces découvertes avec plus de liberté pour les enfants est un « petit plus » qui fait du bien après autant d’heures dans les transports depuis 5 mois. Nous finirons même par obtenir un demi-tarif pour les enfants.

  • MGRGexpress – Croisière Mandalay-Bagan sur la journée – départ 6h30 arrivée 16h – 42€ par personne, 21$ par enfant.

« Avant de te lancer à l’assaut des temples, Oh Toi grand voyageur, ta monture tu choisiras… »

Vélo, Ebike (=scooter électrique), taxi, pick-up, calèche ; à vous de choisir ! De nombreux visiteurs font le tour des principaux temples en calèche ou en voiture avant de partir visiter en vélo ou en Ebike les temples les plus éloignés ou moins connus.

Bagan sera l’occasion pour nous de nous essayer à un nouveau transport 😉

Vous l’aviez deviné c’est en calèche que nous visiterons les ruines ! A notre arrivée en bateau, un cocher nous propose ses services pour nous conduire jusqu’à notre hôtel, c’est avec lui que nous poursuivrons l’aventure le lendemain. Il parle quelques mots d’anglais – point non négligeable ici au Myanmar ! – et ils semblent bien connaître le site.

Ce matin, notre cocher nous attend comme prévu à 8h30 devant notre hôtel, « let’s go ! »

Nous avions sélectionné quelques monuments avec les enfants « les incontournables » mais c’était sans compter les jolies surprises sur lequel ‘Lonely’ fait l’impasse, mais qu’un bon cocher connaît ; le coup de cœur de Ludo.

« J’ai mal aux fesses ! » si dit-on en cœur avec Ludo ce soir, on en rigole 😊 On ne peut pas dire que la calèche soit le moyen de transport le plus confortable mais pour une visite en famille avec de jeunes enfants nous sommes bien d’accord que la calèche apporte un côté ludique non négligeable. « On ne va pas refaire Angkor maman… » s’était inquiétait Jonas à la vue de la carte. « C’était une trop belle journée ! » conclura-t-il ce soir. C’est vous dire 😉

« A Bagan, Oh Toi grand voyageur, Bouddhas, temples et pagodes tu chériras… »

Pris d’une ferveur religieuse qui dura 230 ans jusqu’à l’invasion mongole au 13ème siècle, les rois de Bagan firent élever ici plus de 4 000 temples. Ces édifices en brique et stuc sont les vestiges d’une cité qui était jadis grandiose ; les bâtiments en bois ont malheureusement disparu.

L’édification de ces temples coïncide avec le passage de l’hindouisme et du bouddhisme mahayana au bouddhisme theravada, resté depuis la religion dominante du pays.

Selon la légende, le moine Shin Arahan envoyé par le roi de Thaton (cité du sud du Myanmar) vint jusqu’à Bagan pour convertir le roi Anawrahta au bouddhisme theravada. Inspiré par sa nouvelle foi, le roi commissionna ensuite des architectes afin de créer un site digne de Bouddha. Ils édifièrent alors quantité de temples, les plus grands édifices de Bagan datent de cette époque.

Parmi eux, la paya Shwezigon considérée comme le modèle de tous les stupas bâtis par la suite dans le pays.

L’élégante paya Shwesandaw érigé juste après la conquête de la cité de Thaton.

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Ainsi fut inauguré ce que les Birmans appellent le « Premier Empire birman » qui devint un lieu de pèlerinage pour les Bouddhistes du Sud-Est asiatique.

Visiter le site de Bagan, c’est aussi voyager dans le temps au travers de ses légendes.

Cela commence dès l’ancienne entrée du site originel du palais avec la porte de Tharabar, la seule porte encore debout. De chaque côté de la porte voûtée, deux niches accueillent des représentations de nat qui montent la garde et sont traitées avec un profond respect. Les nat sont des esprits vénérés en Birmanie depuis une très haute antiquité, j’aurai l’occasion de mieux vous en parler dans le prochain article sur notre excursion au Mont Popa dans les alentours de Bagan.

A gauche de la porte, veille la Dame au visage d’or et à droite son frère le Magnifique. Comme le destin de la plupart des nat, ce duo a connu un destin tragique. Un roi avait épousé la Dame au visage d’or pour faire sortir de sa cachette son frère, le Magnifique, qu’il craignait. Lorsque le roi fit brûler le Magnifique, sa sœur se jeta sur le bûcher et seul son visage pu être sauvé du feu.

« Il était vraiment méchant ce roi ! » s’empresse de dire Jonas, « et elle devait beaucoup l’aimer sa sœur pour se jeter dans le feu… »

On dit que les Birmans sont superstitieux et ne se risquent pas à passer cette porte à moto, en voiture ou en calèche sans avoir fait une offrande aux nat afin de s’assurer leur protection contre les accidents de la route ; elles sont un peu comme notre « Saint Christophe, patron des automobilistes » pensais-je 😉

« Maman regarde, il ne s’arrête pas notre cocher, il passe comme ça ! » Bon ok, soit notre cocher est venu de bonne heure ce matin faire son offrande, soit il n’est pas superstitieux, soit ‘Lonely’ raconte parfois des histoires. Toujours est-il que les nat sont bien là 😊

Une autre légende qui retient l’attention des enfants est celle du Pahto Dhammanayangyi. Cet immense temple visible de toute la plaine de Bagan est célèbre pour ses passages intérieurs fermés par des briques et son histoire sanglante.

Les enfants sont aux aguets… Ils attendent avec impatience la suite « Allez maman ! Raconte ! Il s’est passé quoi dans ce temple ?! »

On raconte que le roi Narathu fit construire ce temple pour se faire pardonner ses pêcher : il avait étouffé son père et son frère et fait exécuter l’une de ses épouses, une princesse indienne, parce qu’elle pratiquait des rites hindous. « Mais il était fou ce roi ! Comment il peut se faire pardonner ça ?! » répond Lily.

Il aurait alors exigé que les briques des murs de ce temple, montées sans mortier, s’emboîtent si étroitement qu’on ne puisse pas y glisser une épingle ; si les ouvriers n’y parvenaient pas, il leur faisait trancher les bras. Silence… Lily et Jonas restent pensifs… « Non mais ce n’est pas possible ! » finit par dire Lily. « Oui Lily c’est horrible de couper des bras aux ouvriers !! » lui répondis-je. « Non mais ce n’est pas ce que je veux dire… Ce n’est pas possible de ne pas passer une aiguille entre deux pierres ! » Lily me surprendra toujours… 😉

« Dans le temple, si on cherche bien, il y a des pierres avec des sillons de la largeur d’un bras, c’est là que les amputations auraient eu lieu ! » dis-je aux enfants. Cela devrait les occuper le temps de la visite 😉

Mon coup de cœur ira vers le Patho Ananda, non pas parce qu’on dit de lui que c’est le plus grand, le plus beau ou l’un des plus vénérés mais j’aime tout de suite cette sérénité que l’on ressent en traversant ses porches et en s’éloignant pour mieux l’observer de son petit jardin.

Vous l’aurez compris, des temples, il y en a pour tous les goûts ici à Bagan. Emerveillés « Oh Toi grand voyageur tu ne peux que l’être ! »

« Mais attention, avec des enfants, craquage aussi tu auras, Oh Toi grand voyageur ! »

Habitué, entraîné, préparé, peu importe ; la visite d’un site archéologique reste pour un enfant une visite de « cailloux par terre » et de « temples en cailloux » ! Alors autant réfléchir tout de suite à l’aspect ludique de la journée et transformer vos « jeunes voyageurs » en chercheurs de trésors ou en roi et princesse pour que la journée se passe tout en douceur. Bon ok « tout en douceur » il ne faut pas rêver 😉

En dehors de quelques jeux de rôles,

– Préférez porter des sandales : on se déchausse à l’entrée de chaque temple,

– Pensez aux chapeaux, casquettes et aux bouteilles d’eau : le soleil est plus que chaud sur le site, les coins ombragés rares ; Bagan est l’un des endroits les plus chaud du pays.

– Prévoyez de quoi vous couvrir au moins les coudes et les genoux (pour les femmes), Bagan est une région assez conservatrice et ce sont des sites religieux encore en activité que vous visitez. « Toujours les femmes ! Elles n’ont pas le droit de coller des feuilles d’or sur les Bouddhas, elles doivent se couvrir les épaules, pas de short, pas de jupe, elles n’ont pas le droit de s’approcher ! Non mais c’est vraiment trop là ! » Ca c’est Lily 😉

« A Bagan, sand painting, Oh Toi grand voyageur, tu achèteras. »

Au détour de chaque temple, nous croisons ces birmans assis au sol avec leur petite mallette. Ils peignent des temples, la plaine, des bouddhas, des animaux sacrés, des scènes de vie…

Ils peignent avec du sable, le sable des berges de l’Irrawady. Je m’approche de l’un d’eux, Lily et Jonas sont tout aussi curieux, ils l’observent avec attention. Cet artiste prend le temps de m’expliquer leur technique. D’abord, il trace le contour de leur œuvre à la peinture, puis il enduit la surface d’une couche de colle qu’il recouvre de sable, il recommence cette étape à trois reprises. Une fois sec, il secoue son dessin pour enlever l’excédent de sable et commence à tracer les contours avec son stylo spécial, une étape qui lui prendra plus ou moins du temps en fonction des détails de son œuvre. Viendra enfin la dernière étape avec la peinture, il échange alors son « style spécial » comme il dit par un pinceau. Il peut passer entre 2 et 5 jours sur une toile.

Il dit aimer ce qu’il fait, ne pas gagner toujours bien sa vie mais il semble passionné et le partage très bien !

« A Bagan, Oh Toi grand voyageur, rencontre tu feras… »

C’est l’après-midi, il fait terriblement chaud, notre cocher nous explique qu’il nous emmène sur les rives de l’Irrawady au Bu Paya. « Very beautiful ! » ajoute-t-il. « Mais nous ne l’avons pas entouré celui-là ! » s’empressent de répondre Lily et Jonas. Vous l’aurez compris, la fatigue de la journée commence à se faire sentir sérieusement. « Il n’y a pas de temple à visiter soyez tranquille ! » … « Pourquoi on y va alors ?!! » … Pour la vue !

Et pas seulement… « Hello ! Where do you come from ? » nous questionne un moine bouddhiste. Il s’empresse ensuite de demander à Lily et à Jonas leur prénom, leur âge, « Are you happy ? » demande-t-il aux enfants. Et moi de lui retourner la question « And you, are you happy ? » Il me regarde et me confie méditer depuis l’âge de 11 ans. Je prends cela pour une réponse.

Puis, il nous propose de le suivre. Nous voyons qu’il a envie de partager ce moment avec nous, d’échanger. Assis à cette table, nous apprenons qu’il vit à Yangoon, qu’il voyage actuellement au Myanmar. Quand Jonas lui propose un gâteau, il le refuse en lui expliquant qu’il ne mange plus à partir de midi jusqu’au lendemain. Il prend seulement deux repas par jour, le premier en se levant à 4h avant d’aller faire l’aumône, le second à 11h. Il aime les chats et voyage avec le sien. Il nous montre des photos de sa nièce et de sa sœur sur son portable et s’empresse de nous demander d’en prendre une avec lui. Il semble tellement content de partager cette discussion. U Ku Ni Ka, c’est son prénom, nous dit qu’il serait heureux de nous accueillir à Yangoon et nous laisse ses coordonnées.

« Il avait l’air vraiment content de nous rencontrer » me dit Jonas. Nous aussi Jonas, nous avons eu beaucoup de chance de partager ce moment avec lui.

« Oh Toi grand voyageur, à Bagan, magnifique coucher de soleil tu verras… »

La magie d’un coucher de soleil à Bagan… Je peux difficilement ajouter quelque chose à cela.

Des spots pour admirer le meilleur, le plus beau, le plus populaire, le plus « seul » vous en trouverez en quantité sur les guides, les blogs et les forums.

Bagan reste un site très touristique alors vous imaginez être seul à profiter de cette magie relève de l’impossible ; sauf si vous lisez l’article de Laura et Thomas, les « serialtravelers », ce jeune couple que nous avons eu grand plaisir de rencontrer à Hué au Vietnam. Ils y notent un « petit passage secret » d’où vous pourrez « peut-être » profitez seuls de ce merveilleux moment.

Notre cocher nous dirige nous ce soir dans la plaine entre le temple Sulamuni et la pagode Bulethi ; en haut d’une bute, nous attendons patiemment. Les couleurs changent déjà, la lumière est moins forte, l’ambiance devient plus « cocooning ». Puis très rapidement, le soleil prend sa couleur orangée et se rapproche de la ligne d’horizon. Les temples au loin prennent une tout autre dimension.

La journée touche à sa fin avec en cadeau la magie de ce spectacle.

On dit que Marco Polo décrivait Bagan comme « l’un des plus beaux spectacles du monde » ; je ne suis pas autant aventurière que Marco Polo alors je ne peux prétendre à décrire Bagan ainsi. Je peux néanmoins vous dire que se retrouver devant cette plaine parsemée de temples offre un spectacle impressionnant et inoubliable ; alors à ceux qui me demanderaient « pourquoi aller à Bagan », je leurs répondrais « ne vous posez pas la question, allez-y, Bagan ne peut que vous émerveiller ! »

Où dormir à Nyaung U ?

  • Aung Su Paye

30$ la chambre pour 4 personne avec le petit déjeuner.

La chambre est correcte avec une bonne taille, la literie est confortable. Il manque un peu de propreté. Le petit déjeuner est copieux mais pas exceptionnel par rapport à d’autres que nous avons connu.

Où manger à Nyaung U ?

  • « Wonderfull Tasty »

Sans aucun doute, notre meilleure adresse et notre cantine pour quatre jours ici. Le gérant est adorable. La cuisine y est très délicieuse. Un savant mélange de cuisine indienne, népalaise et birmane. Une mention spéciale pour les nan au fromage selon les enfants 😊 Les prix y sont tout a fait corrects.

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Où se rafraîchir à Bagan ?

Réserver un hôtel avec piscine pour un séjour à Bagan c’est l’idéal bien évidemment ; mais le prix des chambres flambe très vite. L’autre possibilité que nous ayons trouvé à la fin de notre séjour en appelant quelques-uns de ces hôtels, c’est de se rendre dans un de ces hôtels pour s’y rafraîchir un peu – pour le plus grand plaisir des enfants – moyennant quelques dollars entre 5$ et 15$ suivant l’hôtel ou le complexe hôtelier que vous choisissez.