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Elephant Valley project, somewhere in the jungle…

Lundi 20 novembre

Mondolkiri – une nouvelle aventure nous attend pour les trois prochains jours : la jungle cambodgienne 😉 Nous partons rejoindre un programme de protection des éléphants : Elephant Valley Project. Ce programme a pour but de préserver la vie et l’ecosystème des éléphants des trois forêts du Mondolkiri.

« Comment c’est la jungle ? On va dormir dans des hamacs ?  Est-ce que la nuit ça fait peur tous les bruits ? De quelle couleur sont les éléphants ? Est-ce qu’on dormira dans les arbres ? Est-ce qu’il y a autant d’arbres que je l’imagine… ? » Une nouvelle aventure avec son lot de questions pour les enfants, pour nous aussi je vous assure !

Nous avons rendez-vous à 7h à l’Ephalump Cafe à Sen Monorom avec l’équipe.

Sen Monorom est la charmante capitale de cette région de l’est du Cambodge, le Mondolkiri. Nichée au cœur d’un paysage tout en rondeurs, on compare Sen Monorom a plutôt une grosse bourgade. On la surnomme la « Suisse du Cambodge » avec ses deux lacs au centre.

Un van VIP nous avait dit Soda, notre guide fracophone à Kratie. «VIP ! Je me demande cela peut donner quand on n’est pas VIP ?!! » me dit Ludo un brin sceptique sur notre trajet. Nous avons mis 3h à 22 personnes dans un van à 13 places…

 

 

A l’arrivée, un orage… Heureusement que notre chambre n’était pas très loin !

Quand nous avons décidé de rejoindre ce programme, c’était avant tout pour observer les éléphants dans un environnement naturel. Monter sur un éléphant faisait parti des envies de Jonas et Lily avant de venir en Asie, nous ne pouvions que les comprendre car nous avions eu la même durant notre premier voyage en Thailande il y a 10 ans. Je n’en ai gardé qu’un souvenir ému non pas pour le trip en lui-même malheureusement mais pour la façon dont ces éléphants étaient traités. Avec Ludo, nous n’avions pas envie de réitérer cette expérience ; observer les éléphants, apprendre des éléphants, oui mais dans le respect de l’animal. Nous avions vu sur l’île de Sumatra en Indonésie, un camp de protection mais nous n’avions pu y aller par manque de temps ; au Cambodge, j’ai trouvé sur internet ce projet qui nous a beaucoup plu. Alors nous y voilà 😊

http://www.elephantvalleyproject.org/

Le décor change, nous suivons une route qui devient très vite une piste ; hier l’orage a duré toute la journée et les routes sont glissantes. « Mondolkiri Valley Project », nous sommes arrivés. Je suis un peu inquiète, pas de camp autour de nous, il doit être plus bas dans la jungle. Hier encore j’ai relu le mail de confirmation et il disait « Take just you can carry… » Nous ne pouvions pas laisser nos sacs quelque part, nous avons tout avec nous et là à cet instant je me demande comment nous allons faire avec nos 30 kilos… Suspense et inquiétude… Je vois un homme en charger un sac sur sa mobylette, nous sommes sauvés 😉

 

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Ce matin, nous partons avec le responsable du projet à travers la jungle. « On va voir des éléphants ? On va pouvoir les toucher ? Tu crois qu’ils sont gros ? … » Les questions reprennent 😉

Nous descendons, la jungle devient un peu plus profonde, le terrain est glissant « Papa, tiens-moi !! » Lily ne gère pas vraiment, Jonas lui gambade… Nous traversons quelques petits ponts et nous nous arrêtons.

Le guide nous explique que les éléphants ont une très bonne mémoire, tous les matins, ils reviennent ici pour se nourrir et pour qu’on leur fasse leur « toilette ». Oui, on leur fait leur toilette mais pas à tous les éléphants du programme apprendrons nous plus tard car tous n’ont pas vécu la même captivité.

Dix éléphants participent à ce projet, certains ont été racheté à leur propriétaire par l’association entre 10 et 14 000 $, d’autres sont en location pour 10 ans et l’association verse une contrepartie au propriétaire qui ne souhaite pas le vendre. Certains éléphants ont plus de 50 ans et ont servi pendant la guerre, les Khmers rouges les utilisaient pour le transport du matériel et des armes, beaucoup d’éléphants ont été décimé pendant cette période. Ils ont ensuite servi à la reconstruction du pays dans les villes et transportaient des charges lourdes, plus tard pour le tourisme, pour « amuser ».

« Papa, regarde ! » On ne les a pas entendu arriver !! Aucun bruit de pas, seulement quelques branches se brisent et ils apparaissent là, immenses ! « Mais ils ne sont pas gris papa les éléphants ?! » dit Lily surprise. Non, les éléphants d’Asie ne sont pas gris mais marron. Ils s’avancent paisiblement suivi de leur mahut. Chaque éléphant du projet est protégé par un mahut qui le suit toute la journée dans la jungle et prend soin de lui. « Ils ne sont pas vraiment en liberté si quelqu’un les suit toute la journée ! » dira Lily le lendemain. Tarah, que je vous présenterai après, lui expliquera que ces éléphants ont besoin des mahuts car ils n’ont pas été habitué à vivre seul, on les a enlevés de leur milieu naturel, certains n’arrivent plus à se nourrir seuls, quelques-uns sont arrivés ici blessés physiquement, même psychologiquement, d’autres n’ont pas été habitué à se laver seuls.

Ce matin, nous en découvrons trois d’entres eux ou plutôt elles. En Asie, on reconnait les femelles des males à leurs défenses ; les femelles n’en ont pas, contrairement en Afrique. Nous apprenons également que chaque éléphant a des oreilles uniques comme nous nos empreintes, c’est leur identité. Nous restons là à les observer un long moment, trop long pour Jonas et Lily qui n’en peuvent plus. Le guide donne beaucoup d’informations, peut-être trop… et en anglais de surcroit. Les enfants perdent le fil, nous aussi, c’est un irlandais et son débit est très rapide. « Maman, il dit quoi ? … » Je ne sais pas, je ne comprends pas 😉 « Papa, il dit quoi ?! … Je ne comprends pas non plus !! « Et bien génial ! » Lily me fait sourire.

Nous arrivons tout de même à comprendre qu’un lorsqu’un éléphant balance sa trompe de gauche à droite, cela veut dire qu’il est content ; contrairement à l’homme, le nez de l’éléphant n’est pas relié avec sa bouche alors pour boire il aspire avec sa trompe et recrache dans sa bouche.  « Alors si tu lui bouche sa trompe il ne peut pas respirer avec sa bouche comme nous ? » demande Jonas. Oui, c’est vrai ! Sa trompe est reliée à ses poumons et sa bouche à son estomac. 

C’est l’heure de la toilette ! Les mahuts guident les éléphants jusqu’à la rivière en les appelant. « Ils parlent aux éléphants maman ! Comme ils ont appris à parler l’éléphant ?!! » Alors là… Aucune idée 😊

Dans l’eau, les éléphants sont sereins, ils se couchent et se laissent faire, c’est impressionnant à voir !

 

 

 

 

Il est l’heure pour nous maintenant de rejoindre le camp pour le repas de midi. Nous découvrons aussi notre bungalow pour les 2 nuits à venir. Nous ne dormirons pas accrochés aux arbres dans des hamacs, Jonas est rassuré 😉 Lily déplie déjà sa moustiquaire et la rentre tout autour de son matelas, si elle pouvait s’enrouler dedans, elle le ferait !

Le camp est très agréable, d’ici la vue est splendide et promet un magnifique coucher de soleil ce soir. L’heure du repas a sonné, il est 12h30. Les repas sont à heure fixe dans la salle commune : un petit déjeuner à 7h, le repas à 12h30 et le dîner à 18h. « 18h ! Mais c’est tôt ! » dit Lily. Je crois Lily que nous serons couchés plus tôt le soir ! Ici, plus d’électricité après 21h, le générateur se met en route à la tombée de la nuit vers 17h45 et se coupe à 21h. Ils avaient prévenu dans le mail de confirmation « Inform your family before arrive : no phone, no internet ! » Oui, ils avaient raison, aucun réseau ne passe ici.

 

Nous devons repartir dans la jungle cette après-midi pour observer deux autres éléphants différents dans leur comportement nous confie le guide. Nous traversons une plantation de manioc puis descendons jusqu’à une rivière. « Là regarde ! Un éléphant ! Non deux !! » Encore une fois nous n’avons rien entendu arriver, c’est impressionnant quand on pense à la taille de l’animal. Parfois simplement le bruit d’une branche qui se casse mais rien de plus. Nous resterons là à les observer un moment et à apprendre une histoire de plus d’un éléphant blessé et prisonnier d’un propriétaire 

 

Nous avions déjà en tête cette maltraitance que subissent les pachydermes mais quand on met un nom et une histoire sur l’animal, c’est peut-être bête mais il devient encore plus vivant et la bêtise humaine est encore plus difficile à comprendre et à entendre…

Notre première journée s’achève dans la jungle, nous rentrons au camp, la nuit tombe vite ici et nous préférons être autant à l’abris… l’orage approche. « Put your k-Way ! » Nous n’avons pas le temps d’être à l’abris qu’une forte pluie s’abat sur nous, voilà nous sommes complètement trempés, et puis à bien y réfléchir, cette pluie fait bien partie du décor.

 

Notre chambre au camp a une splendide vue sur le Mondolkiri, « Regarde maman comme il est beau ce coucher de soleil, regarde !! » Jonas s’extase devant, Lily a décidé de se fabriquer son bâton de marche pour le lendemain, ça y est nos enfants se transforment… Je souris et je pense au film « Un indien dans la ville », reviendront-ils avec un arc et des flèches chez mamie ?! 😉

 

 

Le gong sonne, c’est l’heure du repas ! 18h « Ils sont à l’heure papa ! » Je crois que les estomacs ont faim, finalement ce n’était pas trop tôt 18h pense Lily 😊 De mon côté, j’espère seulement qu’ils pourront manger correctement pendant ces 3 jours car je repense encore à notre expérience sur le bateau en Indonésie pendant laquelle ils n’ont mangé que du riz pendant 4 jours. « Maman, viens voir il y a du riz trop bon !! » Oh non… Ca recommence… « Mais avec le riz il y a aussi du poisson trop bon ! » Ouf !

19h30 – Tout le monde est couché, Jonas dort déjà, Lily s’inquiète des bruits de la nuit. « Tu entends, c’est quoi ? » J’aimerai moi-même bien le savoir !

23h – « Maman, j’ai peur !! » Lily se réveille, angoissée par les lieux, mais son fidèle chevalier Papa vient à sa rescousse ; Ludo passera sa nuit auprès d’elle ; moi j’ai un petit koala qui est déjà agrippé à moi et qui dort profondément.

 

Mardi 21 novembre

Le jour se lève doucement, il est 5h00 et je n’arrive plus à dormir. Des fourmis grimpent à la moustiquaire, je devrais plutôt dire des « énormes » fourmis, pas besoin d’une loupe pour les analyser celles-ci ! Certaines ont trouvé un passage à travers la moustiquaire… La chasse est ouverte.

Lily et son chevalier servant se réveillent fatigués de leur nuit, ils ont eu un grand combat à mener apparemment. Ludo m’explique qu’ils ont été envahis par ces bestioles. Pendant ce temps là Jonas s’étire tranquillement, il y en a un au moins qui aura dormi 😉

Le gong sonne. Il est 7h, petit-déjeuner ! Jonas et Lily partent en courant à la cuisine.

Ce sont des femmes du village d’à côté qui font les courses pour le camp et viennent chaque jour cuisiner les repas, certaines préparent le repas avec leurs bébés en écharpe ; on entend des rires derrière le mur de la cuisine, ce sont les plus grands qui attendent là et jouent avec quelques casseroles.

 

 

Elephant Valley Project n’est pas qu’un projet environnemental de protection des éléphants, l’équipe s’est aussi donnée comme objectif de soutenir les populations locales, ici la minorité ethnique des « Bunongs. Ils souhaitent pouvoir donner à ces hommes et ces femmes un travail qui puissent leurs permettre de vivre mieux ou parfois juste de vivre. Ils veulent donner à ces enfants une éducation pour un avenir plus prometteur. Alors dans le camp, les femmes sont employées en cuisine, certains hommes sont rangers dans la jungle, d’autres mahuts avec les éléphants, quelques-uns aident aux gros travaux dans le camp. Venir passer une journée, quelques jours ou une semaine dans ce camp, c’est donc permettre à cette ONG d’œuvrer non seulement pour la protection des éléphants mais c’est aussi permettre de faire vivre cette minorité qui sans ce « tourisme éthique » n’aurait d’autre choix que de quitter leur terre pour la ville.

« Maman, il y a des crêpes pour le petit-déjeuner !! » Je crois que je peux être rassurée, ils mangeront à leur faim 😊

Ce matin, nous sommes volontaires pour le camp. Et oui, nous n’allons pas faire que de la « balade » pendant 3 jours. Dans le programme, il est prévu que nous soyons volontaires deux matinées. « Ca veut dire quoi être volontaire maman ? » Je montre à Lily le tableau dans la salle commune, sur le tableau sont notés toutes les tâches à faire pour faire vivre le camp, cela passe des éléphants à la vie en collectivité. Nous expliquons à Lily et à Jonas que nous allons participer à une tâche pour le camp. C’est avec Tarah que nous serons ce matin. On doit patienter pour savoir si on doit ramasser des « cacas » d’éléphants comme dirait Lily 😉

 

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Tarah sort des marteaux, une bêche et une barre à mine de l’établis. Pas de cacas ! Lily est rassurée. Elle nous explique qu’ils ont commencé à construire un braséro derrière le camp et que notre mission de la matinée et de le continuer. Nous la suivons.

Ludo à la barre à mine, moi à la bêche, Lily et Jonas avec leur seau, nous commençons à creuser le trou. Lily nous abandonne vite pour rejoindre Tarah qui enlève au marteau et burin le ciment des briques qui recouvriront notre trou, oui les briques sont de la récup’. Nous sommes rejoins par Laetitia, une autre volontaire, elle est australienne, elle étudie les sciences environnementales, c’est sa dernière année et elle est venue passer 2 semaines dans le camp. Il est presque midi quand, très fiers de nous, nous posons les dernières briques !! « It’s a very good job ! » nous félicite Tarah.

Plein de terre, nous rejoignons notre bungalow pour une douche bien méritée avant le repas.

 

« C’est bien maman ce qu’on a fait ce matin ! On a aidé le camp ! Grâce à nous ils n’auront pas froid, ils pourront allumer un feu. » me dit Jonas. Il est content de lui, nous aussi nous sommes fiers d’eux, ils ont vraiment bien participé ce matin.

Avant de nous laisser pour la pause repas, Tarah nous a expliqué que nous serions avec elle cette après-midi, elle veut nous faire découvrir Sambo et Rubis, deux éléphants qui sont soignés ici, « Ils ont besoin de plus d’attention ces deux-là » nous dit-elle, vous comprendrez pourquoi.

13h45 – « Maman, Tarah arrive ! » Une machette à la main, elle doit aller couper trois bananiers avant de partir. Quand elle revient, Lily s’écrit « Mais maman, moi je croyais que Tarah allait chercher des bananes, pas des bananiers en entier ! » Nous rigolons. Il faut savoir que chaque éléphant mange 3 bananiers par jour.

 

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Quand nous arrivons vers Sambo, Tarah nous explique qu’il est en train de faire son traitement. « Son traitement… ? » Nous nous asseyons et Tarah nous raconte son histoire. Sambo appartient à un propriétaire sur Phnom Penh, l’association a un contrat de location de 10 ans avec lui car il ne veut pas la céder. Sambo servait à porter des lourdes charges pour la construction des immeubles en ville. Mais pas que… Comme elle était le seul éléphant dans la ville de Phnom Penh, elle était aussi une attraction… Les touristes s’en amusaient, les enfants de la ville en profitaient… Pour Sambo, c’était Coca, frites, sandwich et gâteaux… Oui, oui, pour avoir SA photo souvenir sensationnelle, les touristes et les locaux se permettaient tout et n’importe quoi… Le reste du temps, Sambo devait travailler toute la journée dans la ville, elle portait, faisait le taxi-école, amusait la galerie… Je vous laisse imaginer les conséquences aujourd’hui…

Ce matin, elle a ses pieds dans une bain d’eau et de bétadine ; à son arrivée, ses pieds étaient complètement infectés, marcher toute la journée en ville sur du goudron n’est pas naturel pour un éléphant ! Je suis en colère quand je vois cette stupidité humaine. Tarah prend le temps de nous expliquer les conséquences du comportement des touristes sur elle, elle parle lentement et nous laisse le temps de traduire aux enfants, elle a compris que les enfants étaient intéressés mais frustrés de ne pas comprendre. A  l’arrivée au camp elle ne se nourrissait plus naturellement, il faut lui donner « comme un bébé » A Phnom Penh, on l’avait dressé pour lever la trompe pour la « jolie » photo et ensuite lui faire ingurgiter ce qu’on voulait… Nous sommes à la fois émus et écœuré.

 

 

 

Le traitement est fini, nous suivons Tarah, elle veut nous montrer l’endroit où Sambo retrouve « sa copine Rubis ». Sambo était très sauvage à son arrivée comme vous pouvez vous en douter, elle n’avait jamais vécu avec d’autres éléphants. Il n’y a que Rubis, une autre éléphant aussi touchante, qui a réussi à l’apprivoiser. Dès qu’elles se retrouvent, c’est la fête nous dit Tarah en riant. Elles barrissent et elles se suivent. « Attendez là, Rubis va arriver, vous allez voir ! » Sambo change de comportement, c’est fou, on dirait qu’elles sont connectées les deux. Rubis arrive et le spectacle commence !

 

 

 

Nous restons là à les observer encore un moment ; de les voir ainsi, un touriste de passage pourrait penser que ce sont simplement deux éléphants qui vivent dans la jungle mais nous, nous savons que ce n’est pas que ça… Ce sont d’abord deux éléphants qui réapprennent à être des éléphants dans leur environnement naturel.

 

« Maman, ils sont tout prêts, on peut les toucher ?!! » Depuis que nous sommes arrivés, Lily et Jonas n’ont qu’une envie c’est de pouvoir les approcher, les caresser, y monter… Tarah tente de leurs faire comprendre qu’un éléphant dans la jungle ou la savane ne se laisserait pas naturellement toucher par un homme, il pourrait même le soulever avec sa trompe et l’envoyer très loin ! Oui parce qu’un éléphant peut soulever et jeter jusqu’à 350 kilos. Ici, leurs dit Tarah, on fait tout ce qui est possible pour leur réapprendre à vivre dans un état naturel et si nous les laissons les toucher, nous sommes comme leur propriétaire, nous en faisons des « bêtes de cirque » … Les enfants comprennent très bien la souffrance qu’ils ont subi, ils sont même très touchés mais l’envie de savoir comment c’est quand on caresse un éléphant reste grande 😉 Je crois que cela restera leur frustration sur ce séjour.

 

 

 

 

Notre 2ème journée tire à sa fin, retour au camp. Ce soir avant le repas, nous nous installons dans le salon pour une partie de milles bornes sous un merveilleux coucher de soleil, quelle magie !

 

Mercredi 22 novembre

6h – « Ah… j’ai bien dormi cette nuit maman » me dit Lily ce matin au réveil. Nous avons passé la nuit à 4 dans le lit avec une moustiquaire coincée, collée et accrochée sous le lit 😉 Bon ok, on a eu malgré tout quelques visites de fourmis…

Une nouvelle matinée de volontariat nous attend avec Tarah. Hier soir quelques personnes de plus sont restés dormir au camp pour une nuit. Nous serons donc 6 de plus pour cette nouvelle mission. Le projet n’accueille pas plus de 10 personnes, ils préfèrent rester dans un accueil de petit groupe pour plus de tranquillité au camp. Ce matin, quand nous retrouverons Tarah, elle sort des petites haches, des scies, des clous et des marteaux. « What do you do Tarah this morning ?! » On va couper du bois dans la forêt, avec nous devons refaire les barrières à l’entrée du camp.

« On va faire les bucherons papa ! » dit Jonas tout content en direction de la forêt. Tarah nous explique la taille des arbres que nous devons couper, à peu près 12 cm de diamètre sur 7 m de hauteur. Nous y voilà 😊 De vrais bucherons !!

 

Il fait très chaud ce matin, et même si nous sommes un plus grand groupe que la veille, le matériel manque et nous peinons à finir la barrière. Tarah nous rassure, nous avons bien travaillé ce matin tout de même.

 

« Doe and Darling… c’est joli maman comme prénom pour des éléphants » Ce sont les deux derniers éléphants que nous découvrirons cette après-midi avec Chris, le responsable du projet. Nous descendons plus profondément dans la jungle, Laetitia m’a prévenu avant de partir de bien nous protéger « A lot of mosquitos ! » a-t-elle dit. Elle avait bien raison car arrivé en bas ce sont des nuages de moustiques autour de nous. Quand Tarah nous a présenté hier Sambo et Rubis, elle nous a aussi confié que nous verrions une grande différence de comportement avec Doe et Darling aujourd’hui. Elles se débrouillent seules pour se nourrir, Darling fait même sa toilette comme « une grande ». Elles ont un passé moins difficile que les autres. Cela se voit de suite, elles ont un comportement plus naturel, plus proche d’un éléphant sauvage. Nous les suivons un long moment.

 

 

 

 

Maman, c’est quand qu’on rentre ?! » Les limites « patience » de Jonas ont été atteintes 😊 Je ne sais pas… « Mais maman, j’en ai marre ! J’en ai marre d’écouter parler sur les éléphants, ça fait 3 jours qu’on marche dans la jungle et qu’on écoute, en plus il parle en anglais ! » Des suisses font partis du groupe et rigolent de l’entendre. « Maman !! Alors ?! » Je ne sais vraiment pas Jonas… Demande à Chris. « Chris, go !! » C’était plutôt directe 😉 Nous rigolons.

Sur le chemin du retour jusqu’au camp, nous repensons à cette aventure que nous venons de vivre, aux belles personnes comme Laetitia, Tarah et Chris que nous avons rencontrées, au travail qu’ils font ici et à cette énergie qu’ils y mettent. Nous sommes vraiment contents d’avoir pu participer à ce projet, même si ce n’était que 3 jours ; nous sommes fiers  de Lily et Jonas, ils ont vraiment joué le jeu ; c’est avec un regard encore plus éclairé sur cet éco-tourisme que nous quittons cette magnifique région du Mondolkiri.

 

Un regret tout de même… de ne pas avoir pu allonger notre séjour ici pour découvrir les villages Bunongs et les environs. Notre visa arrive à son terme dans 2 jours et nous devons reprendre notre route : direction le Vietnam !

 

Comment réserver ? 

http://www.elephantvalleyproject.org/

https://www.facebook.com/ElephantValleyProject/

Où dormir ?

  • ·       Avocado GuestHouse à Sen Monorom – 20$ une nuit pour 4 personnes

Ou boire un verre ?

  • ·       Hefalump Coffee à Sen Monorom – un café éthique qui propose des produits fabriqués par des minorités ethniques. A l’arrière de la boutique une petite oasis où l’on peut déguster un thé ou un café avec un délicieux cake à la banane fait maison.