Archives du mot-clé Cambodge

Good Bye Cambodgia… (bilan et petits conseils)

Vendredi 25 novembre

Nous voici à l’aube de notre 3ème mois d’aventure en sacs à dos et ce matin, nous quittons le Cambodge avec un petit changement dans notre programme. Nous rejoignons le Vietnam et non le Laos comme nous l’avions envisagé au départ. Pourquoi ? Je vais vous conter une histoire, celle d’un pays noyé sous un terrible fléau qu’on appelle la corruption.

Nous avions effectivement prévu de passer au Laos par la frontière au nord du Cambodge mais nous n’avons finalement pas voulu nous y tenter avec les enfants : une parodie d’un mauvais film mafieux, non merci ! Et pourtant malgré tout, nous y aurons droit même au sud…

C’est avec Soda, notre guide francophone sur Kratie, que nous avons le plus échangé sur le sujet. Comment est-ce possible que le pays soit encore si pauvre avec la masse de tourisme qui afflue chaque année rien que sur les temples d’Angkor Soda ? lui avais-je demandé. Tout se passe là-haut m’avait-il répondu. Depuis que nous sommes arrivés, ce n’est pas une mais plusieurs scènes de « back chiche » auxquelles nous avons assisté sur Phnom Penh, les policiers arrêtent et raquettent les automobilistes pour un feu grillé, pour un stationnement gênant…

Aux frontières, c’est parfois compliqué si on refuse de payer avais-je lu sur des forums. Je me sens déconcertée de voir cela, j’avoue ne jamais avoir été confronté à cette pratique et je trouve cela tout juste ahurissant. Pour nous éviter de nous mettre dans une telle situation, nous avons préféré réserver un bus de Phnom Penh jusqu’à Ho Chi Minh Ville au Vietnam avec la compagne GiantIbis. Le passage du poste frontière de Moc Bai devrait se faire plus « proprement » avons nous pensé.

Notre sortie cambodgienne se solde par un premier épisode du mauvais film mafieux. L’officier au poste frontière réclame 5$ à Ludo. « Why ?? » Nous ne comprenons pas pourquoi nous devrions lui donner de l’argent ! Il montre à Ludo son passeport : l’officier à l’aéroport à son entrée au Cambodge a oublié de valider son visa d’entrée. Ce n’est pas valable, s’il veut pouvoir sortir il doit le lui tamponner maintenant, mais pour cela nous devons lui verser 5$. La colère monte. Nous n’avons pas le choix…

Mais cela ne s’arrête pas là… Quand nous remontons dans le bus, on nous réclame 2$ de plus par visa Vietnamien en plus des 28$ que nous avons réglé en ligne sur le site pour obtenir nos eVisa. C’est juste énorme ! On pourrait se dire « finalement ce n’est pas grande chose 13$… » ; pourtant nous le considérons comme un vol.

 

Mais bien heureusement le Cambodge ne se résume pas qu’à C comme Corruption. Le Cambodge c’est aussi :

C comme Crabe…. Ce délicieux crabe aux poivres verts que j’ai dégusté sur Kâmpôt. J’en garde encore l’eau à la bouche ! Kâmpôt est connu pour son poivre si raffiné, on aime Kâmpôt aussi pour son charme, comme si le temps s’était arrêté ici. On y a passe un vrai bon moment.

 

A comme Angkor Vat… Venir ici sans visiter les temples d’Angkor, ce n’est pas envisageable, un lever du soleil devant Angkor Vat est une image qui reste en mémoire toute une vie, on se sent transporté ! Après réflexion, Angkor et Siem Reap méritent au moins 4 jours. En prenant le pass 3 jours pour les temples, cela permet de prendre son temps pour flâner et se laisser bercer par la magie des lieux. Ludo garde un vrai coup de cœur pour le Ta Prohm, il a trouvé dans ce temple envahi par la végétation des contrastes, des couleurs et une ambiance qui l’ont touchées.

 

M comme (là on a hésité !) Mékong, Mariage, Musique… Le Mékong reste comme les temples d’Angkor, un inconditionnel en venant ici. Du Nord au Sud, de Phnom Penh à Kratie, on ne peut l’éviter ; il traverse le Cambodge, le nourrit, le berce de ses caprices. Assis et rester là à l’observer, observer la vie qui s’offre autour, reste un merveilleux souvenir ; on le pense calme, il n’en est rien, mes bras se souviennent encore de notre sortie en kayak sur Kratie 😉 Y naviguer de cette manière, de la façon la plus simple possible reste selon nous la meilleure façon de vivre le Mékong. Le Mékong en kayak, voilà un autre de nos coup de cœur ! M comme mariage aussi et musique… Mais comment vous expliquer que les mariages au Cambodge sont des spectacles à eux seuls ! En bord de route se construisent le journée des chapiteaux : tables, chaises, fleurs, enceintes, tout y est !! Les enceintes surtout… Au Cambodge, si les moyens ne permettent pas de louer une salle, c’est devant la maison de la futur mariée que le chapiteaux est construit, sur le trottoir ou sur la route, tant pis pour les voitures. Et si par le plus grand des hasards, vous avez réservé une chambre pas loin, foncez à la première pharmacie venue… Boule quiès conseillées :)) Jusqu’au petit matin, quelque soit le jour de la semaine, c’est une explosion sonore ! Voilà pourquoi M comme Mariage nous restera 😉

 

 

B comme Bus… Au Cambodge, pour se déplacer, c’est simple soit le bus (j’englobe aussi les mini vans), soit l’avion, rappelez vous aucune liaison de train dans le pays, les voies ferrées sont en réhabilitation. Question budget, notre choix s’est vite tourné vers le bus. Nous avons passé des heures interminables sur ces routes. Je vous ai déjà confié l’état des routes, pourtant en Indonésie, nous avions été pas mal échaudé déjà, mais là… Ce fut de grands moments ! Donc pour résumer, état des routes difficiles, conduite dangereuse et bus surchargé, voilà à quoi on doit s’attendre pour la circulation cambodgienne. Notre pire souvenir… le trajet Kratie-Sen Monorom à 22 personnes dans un bus de 13 places…!

 

O comme Orage… C’est notre clin d’œil à Soda 😉 A notre arrivée sur Kratie, il était tard, il faisait nuit et nous avons eu droit à notre premier vraie gros orage à la descente de notre bus. A peine avons nous décidé de filer jusqu’à notre hôtel à pied que Soda passait par là. Les rencontres comme celle-ci, par hasard ne sont pas que du hasard, on n’y croit ou pas ; moi je continue à penser que cet orage a été ce soir là à l’origine d’une magnifique rencontre. Et je ne peux finir ce dernier article sur le Cambodge sans laisser ses coordonnées. Soda n’est pas seulement qu’un très bon guide francophone, mais cela vous le savez si vous avez lu notre article sur Kratie 😉

 

D comme Dauphin… Les dauphins de l’Irrawadie bien sûr ! Armez vous de patience, d’un kayak et d’un bon appareil photo waterproof ! Kampie à 15km au nord de Kratie est l’endroit où vous devez vous rendre pour pouvoir assister au beau spectacle des rares dauphins qui peuplent cette partie du Mékong. J’allais oublié, il faut aussi de la rapidité !! Parce que réussir à photographier un de ces spécimens demande une certaine pratique 😉 Et comme dirait Jonas « On a déjà beaucoup de chance maman, on a réussi les voir et il y en a plus beaucoup tu te rends compte ! Peut être qu’ils vont même disparaître, c’est trop dommage… »

 

 

G comme Ganesh… Et là, nous repartons à Siem Reap avec le musée d’Angkor. Un musée, pas très fun penserez-vous ; pourtant celui-ci mérite le détour avant de découvrir les temples d’Angkor. Ne faites pas la même erreur que nous, prévoyez bien trois bonnes heures ; ce musée permet de mieux appréhender l’histoire khmer et celle des temples par la suite. Un peu long pour les enfants, nous y avons tout de même appris beaucoup de choses sur l’hindouisme, les dieux et leurs rôles, certaines légendes comme celle du barratage de la mer de lait issue de la mythologie. Le lendemain, devant la splendide fresque d’Angkor Vat, on se sent moins seul 😉 Alors le musée d’Angkor à Siem Reap, un peu « expensive » mais « vaut le coup » 🙂

 

 

E comme Eléphant… Et dans éléphant, je parle aussi de la merveilleuse région du Mondolkiri, ce territoire sauvage et reculé qui mérite qu’on y accorde du temps. Nous n’avons pu le faire et cela reste une petite déception. Des treks de plusieurs jours en forêt pour rencontrer la minorité des bunongs, aux chutes de Bou Sraa qui d’après une ‘source sûre’ sont à voir, en passant par ce merveilleux éco projet l’Elephant Valley Project, le Mondolkiri regorge de belles promesses. Il ne faut pas hésiter à y rester !

http://www.elephantvalleyproject.org/

 

2ème mois d’aventure, qu’en dit la « planification » maintenant ?

Contrairement à l’Indonésie, nous avons laissé moins de place à l’improvisation ici au Cambodge. Nous nous sommes tenus à notre circuit de départ, il n’y a pas eu de réels coups de cœur  comme l’Indonésie qui nous en a dévié. Aujourd’hui je pense que si nous avions commencé par le Mondolkiri cela aurait pû être le cas… peut-être 😉

Ludo continue à réserver nos chambres. Sur le Cambodge, toutes nos réservations se sont faites via Booking. Nous avions encore en tête quelques mauvaises aventures avec Trip Advisor sur les lits supplémentaires et Agoda n’avait que trop peu d’offres ici.

Côté gastronomie, et bien nourrir nos jeunes estomacs est plus facile, peut être que nous nous sommes plus adaptés aussi… Jonas s’est découvert une passion pour le fish and chips ou le « toast with eggs and rice », Lily c’était plutôt « fried chicken with french fries ». « Moins parfumée » c’est ce souvenir que nous en garderons Ludo et moi ; les plats ont le même nom mais pas la même saveur.

 

 

Pour se déplacer au Cambodge c’est moins long qu’en Indonésie, enfin tout est relatif… On peut très bien passer d’une deux fois deux voies bien goudronnées à rien… une piste. Imaginez moi sur mon scooter avec Lily… Le Cambodge c’est aussi l’écriture khmer… et quand c’est traduit on a de la chance ! Sinon, c’est téléphone à la main avec GPS mobile même en scooter. Comme nous le disions plus haut, pour voyager au Cambodge, on prend le bus ! Et là, plusieurs solutions pour les tickets : soit par internet avec un prix fixe, soit dans les agences et c’est négociable, soit chez les revendeurs et guestHouse et c’est plus aléatoires. Pour l’achat sur internet, voici deux liens avec lesquels nous avons fonctionné :

https://bookmebus.com/

https://www.camboticket.com/

Et les communications dans tout ça ? Nous avions décidé au cours de notre séjour en Indonésie d’acheter une carte sim 4G locale pour plus de facilité. En Indonésie, nous avions payé environ 5€ pour 7 Giga sur 1 mois. A notre arrivée à l’aéroport à Phnom Penh, nous avons décidé de prendre cette carte sim directement à l’aéroport 18$ pour 12 Giga et 1h de communication locale. Nous ne sommes pas convaincus que prendre cette carte à l’aéroport soit la meilleure idée.

« On apprend quoi maman aujourd’hui ?! » Parce qu’il s’agit aussi de continuer à apprendre 😉

 

Nous avions décidé de modifier notre rythme ; oui, oui, nous aussi nous changeons les rythmes scolaires :)) à 1h d’école tous les jours.

Nous sommes restés sur cette régularité, qui est bien meilleure pour Jonas ; tout en sachant que certains jours avec les transports et les excursions l’école se reporte au lendemain. Jonas manquaient de concentration mais depuis que nous avons évoqué le sujet en « conseil de famille » cela va beaucoup mieux. Avec Lily, le problème ne se pose pas, quand j’arrive le cahier est déjà prêt et elle a déjà commencé 🙂 !! Tout est question de concentration, et nous y travaillons ! Pour preuve, quelques photos :))

 

 

Pour finir, le budget…. Et oui, la banquière est toujours là !! Comment vous dire que notre premier repas, notre première chambre ou encore notre premier transport nous a fait mal… Dollars ou riels, peu importe, le Cambodge reste bien plus cher que l’Indonésie.

Nous sommes passés de repas à 4 à 8€ en Indonésie à près de 25€ ici. L’hébergement aussi était plus élevé, les transports idem. Parallèlement à cela, nous avions en tête cet éco projet avec les éléphants dans le Mondolkiri qui nous coûtait 1/4 de notre budget total, 700€ pour 3 jours, et nous avions vraiment envie de vivre cette aventure dans la jungle. Malgré tout, grâce aux efforts de tous sur la nourriture et les transports avec le bus, nous avons réussi à tenir notre budget des 100€ par jour 🙂

Nous sommes fin novembre, nous avons passé des heures et des heures en bus, encore ce soir pour quitter le Cambodge ;  il est 17h et nous arrivons au Vietnam avec des souvenirs touchants, avec des souvenirs émouvants, avec des souvenirs « à la cambodgienne » !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes rencontres au Cambodge par Lily.

Au Cambodge, on peut voir des temples mais on peut aussi voir des animaux.

A Kratie, nous avons rencontré Kina, elle s’occupait du restaurant de notre hôtel. Elle est trop gentille !!! En plus elle m’a appris à écrire Lily en Cambodgien.

Ensuite, elle nous a proposé d’aller faire du canoë kayak avec son patron qui parle français. Le lendemain, nous y sommes allés et nous avons vu des dauphins d’eau douce !!!!!!!!!!!! Ils était très jolis.

A Kratie, nous avons aussi rencontrés Soda un chauffeur de tuk-tuk très sympa.  Il nous a emmené voir sa famille et chez sa maman il y avait plein de petits chiots !!!!! Nous leurs avons donné des noms. Il y en a un que j’ai appelé Sparkle, ça veut dire paillette en français.

La semaine suivante nous sommes allés voir des éléphants dans un camps. Nous y sommes restés trois jours et nous avons vu quatre éléphants. Ils s’appelaient : Sambo , Rubis , Doe et Darling, c’était toutes des filles car les mahuts ne savaient pas où les males allaient. Les mahuts ce sont des personnes qui protègent les éléphants. Les éléphants étaient en liberté dans la jungle. Mon éléphant préféré était Rubis.

 

Maintenant nous sommes partis du Cambodge et nous avons passé la frontière du Vietnam.

Lily.

Elephant Valley project, somewhere in the jungle…

Lundi 20 novembre

Mondolkiri – une nouvelle aventure nous attend pour les trois prochains jours : la jungle cambodgienne 😉 Nous partons rejoindre un programme de protection des éléphants : Elephant Valley Project. Ce programme a pour but de préserver la vie et l’ecosystème des éléphants des trois forêts du Mondolkiri.

« Comment c’est la jungle ? On va dormir dans des hamacs ?  Est-ce que la nuit ça fait peur tous les bruits ? De quelle couleur sont les éléphants ? Est-ce qu’on dormira dans les arbres ? Est-ce qu’il y a autant d’arbres que je l’imagine… ? » Une nouvelle aventure avec son lot de questions pour les enfants, pour nous aussi je vous assure !

Nous avons rendez-vous à 7h à l’Ephalump Cafe à Sen Monorom avec l’équipe.

Sen Monorom est la charmante capitale de cette région de l’est du Cambodge, le Mondolkiri. Nichée au cœur d’un paysage tout en rondeurs, on compare Sen Monorom a plutôt une grosse bourgade. On la surnomme la « Suisse du Cambodge » avec ses deux lacs au centre.

Un van VIP nous avait dit Soda, notre guide fracophone à Kratie. «VIP ! Je me demande cela peut donner quand on n’est pas VIP ?!! » me dit Ludo un brin sceptique sur notre trajet. Nous avons mis 3h à 22 personnes dans un van à 13 places…

 

 

A l’arrivée, un orage… Heureusement que notre chambre n’était pas très loin !

Quand nous avons décidé de rejoindre ce programme, c’était avant tout pour observer les éléphants dans un environnement naturel. Monter sur un éléphant faisait parti des envies de Jonas et Lily avant de venir en Asie, nous ne pouvions que les comprendre car nous avions eu la même durant notre premier voyage en Thailande il y a 10 ans. Je n’en ai gardé qu’un souvenir ému non pas pour le trip en lui-même malheureusement mais pour la façon dont ces éléphants étaient traités. Avec Ludo, nous n’avions pas envie de réitérer cette expérience ; observer les éléphants, apprendre des éléphants, oui mais dans le respect de l’animal. Nous avions vu sur l’île de Sumatra en Indonésie, un camp de protection mais nous n’avions pu y aller par manque de temps ; au Cambodge, j’ai trouvé sur internet ce projet qui nous a beaucoup plu. Alors nous y voilà 😊

http://www.elephantvalleyproject.org/

Le décor change, nous suivons une route qui devient très vite une piste ; hier l’orage a duré toute la journée et les routes sont glissantes. « Mondolkiri Valley Project », nous sommes arrivés. Je suis un peu inquiète, pas de camp autour de nous, il doit être plus bas dans la jungle. Hier encore j’ai relu le mail de confirmation et il disait « Take just you can carry… » Nous ne pouvions pas laisser nos sacs quelque part, nous avons tout avec nous et là à cet instant je me demande comment nous allons faire avec nos 30 kilos… Suspense et inquiétude… Je vois un homme en charger un sac sur sa mobylette, nous sommes sauvés 😉

 

IMG_7052

Ce matin, nous partons avec le responsable du projet à travers la jungle. « On va voir des éléphants ? On va pouvoir les toucher ? Tu crois qu’ils sont gros ? … » Les questions reprennent 😉

Nous descendons, la jungle devient un peu plus profonde, le terrain est glissant « Papa, tiens-moi !! » Lily ne gère pas vraiment, Jonas lui gambade… Nous traversons quelques petits ponts et nous nous arrêtons.

Le guide nous explique que les éléphants ont une très bonne mémoire, tous les matins, ils reviennent ici pour se nourrir et pour qu’on leur fasse leur « toilette ». Oui, on leur fait leur toilette mais pas à tous les éléphants du programme apprendrons nous plus tard car tous n’ont pas vécu la même captivité.

Dix éléphants participent à ce projet, certains ont été racheté à leur propriétaire par l’association entre 10 et 14 000 $, d’autres sont en location pour 10 ans et l’association verse une contrepartie au propriétaire qui ne souhaite pas le vendre. Certains éléphants ont plus de 50 ans et ont servi pendant la guerre, les Khmers rouges les utilisaient pour le transport du matériel et des armes, beaucoup d’éléphants ont été décimé pendant cette période. Ils ont ensuite servi à la reconstruction du pays dans les villes et transportaient des charges lourdes, plus tard pour le tourisme, pour « amuser ».

« Papa, regarde ! » On ne les a pas entendu arriver !! Aucun bruit de pas, seulement quelques branches se brisent et ils apparaissent là, immenses ! « Mais ils ne sont pas gris papa les éléphants ?! » dit Lily surprise. Non, les éléphants d’Asie ne sont pas gris mais marron. Ils s’avancent paisiblement suivi de leur mahut. Chaque éléphant du projet est protégé par un mahut qui le suit toute la journée dans la jungle et prend soin de lui. « Ils ne sont pas vraiment en liberté si quelqu’un les suit toute la journée ! » dira Lily le lendemain. Tarah, que je vous présenterai après, lui expliquera que ces éléphants ont besoin des mahuts car ils n’ont pas été habitué à vivre seul, on les a enlevés de leur milieu naturel, certains n’arrivent plus à se nourrir seuls, quelques-uns sont arrivés ici blessés physiquement, même psychologiquement, d’autres n’ont pas été habitué à se laver seuls.

Ce matin, nous en découvrons trois d’entres eux ou plutôt elles. En Asie, on reconnait les femelles des males à leurs défenses ; les femelles n’en ont pas, contrairement en Afrique. Nous apprenons également que chaque éléphant a des oreilles uniques comme nous nos empreintes, c’est leur identité. Nous restons là à les observer un long moment, trop long pour Jonas et Lily qui n’en peuvent plus. Le guide donne beaucoup d’informations, peut-être trop… et en anglais de surcroit. Les enfants perdent le fil, nous aussi, c’est un irlandais et son débit est très rapide. « Maman, il dit quoi ? … » Je ne sais pas, je ne comprends pas 😉 « Papa, il dit quoi ?! … Je ne comprends pas non plus !! « Et bien génial ! » Lily me fait sourire.

Nous arrivons tout de même à comprendre qu’un lorsqu’un éléphant balance sa trompe de gauche à droite, cela veut dire qu’il est content ; contrairement à l’homme, le nez de l’éléphant n’est pas relié avec sa bouche alors pour boire il aspire avec sa trompe et recrache dans sa bouche.  « Alors si tu lui bouche sa trompe il ne peut pas respirer avec sa bouche comme nous ? » demande Jonas. Oui, c’est vrai ! Sa trompe est reliée à ses poumons et sa bouche à son estomac. 

C’est l’heure de la toilette ! Les mahuts guident les éléphants jusqu’à la rivière en les appelant. « Ils parlent aux éléphants maman ! Comme ils ont appris à parler l’éléphant ?!! » Alors là… Aucune idée 😊

Dans l’eau, les éléphants sont sereins, ils se couchent et se laissent faire, c’est impressionnant à voir !

 

 

 

 

Il est l’heure pour nous maintenant de rejoindre le camp pour le repas de midi. Nous découvrons aussi notre bungalow pour les 2 nuits à venir. Nous ne dormirons pas accrochés aux arbres dans des hamacs, Jonas est rassuré 😉 Lily déplie déjà sa moustiquaire et la rentre tout autour de son matelas, si elle pouvait s’enrouler dedans, elle le ferait !

Le camp est très agréable, d’ici la vue est splendide et promet un magnifique coucher de soleil ce soir. L’heure du repas a sonné, il est 12h30. Les repas sont à heure fixe dans la salle commune : un petit déjeuner à 7h, le repas à 12h30 et le dîner à 18h. « 18h ! Mais c’est tôt ! » dit Lily. Je crois Lily que nous serons couchés plus tôt le soir ! Ici, plus d’électricité après 21h, le générateur se met en route à la tombée de la nuit vers 17h45 et se coupe à 21h. Ils avaient prévenu dans le mail de confirmation « Inform your family before arrive : no phone, no internet ! » Oui, ils avaient raison, aucun réseau ne passe ici.

 

Nous devons repartir dans la jungle cette après-midi pour observer deux autres éléphants différents dans leur comportement nous confie le guide. Nous traversons une plantation de manioc puis descendons jusqu’à une rivière. « Là regarde ! Un éléphant ! Non deux !! » Encore une fois nous n’avons rien entendu arriver, c’est impressionnant quand on pense à la taille de l’animal. Parfois simplement le bruit d’une branche qui se casse mais rien de plus. Nous resterons là à les observer un moment et à apprendre une histoire de plus d’un éléphant blessé et prisonnier d’un propriétaire 

 

Nous avions déjà en tête cette maltraitance que subissent les pachydermes mais quand on met un nom et une histoire sur l’animal, c’est peut-être bête mais il devient encore plus vivant et la bêtise humaine est encore plus difficile à comprendre et à entendre…

Notre première journée s’achève dans la jungle, nous rentrons au camp, la nuit tombe vite ici et nous préférons être autant à l’abris… l’orage approche. « Put your k-Way ! » Nous n’avons pas le temps d’être à l’abris qu’une forte pluie s’abat sur nous, voilà nous sommes complètement trempés, et puis à bien y réfléchir, cette pluie fait bien partie du décor.

 

Notre chambre au camp a une splendide vue sur le Mondolkiri, « Regarde maman comme il est beau ce coucher de soleil, regarde !! » Jonas s’extase devant, Lily a décidé de se fabriquer son bâton de marche pour le lendemain, ça y est nos enfants se transforment… Je souris et je pense au film « Un indien dans la ville », reviendront-ils avec un arc et des flèches chez mamie ?! 😉

 

 

Le gong sonne, c’est l’heure du repas ! 18h « Ils sont à l’heure papa ! » Je crois que les estomacs ont faim, finalement ce n’était pas trop tôt 18h pense Lily 😊 De mon côté, j’espère seulement qu’ils pourront manger correctement pendant ces 3 jours car je repense encore à notre expérience sur le bateau en Indonésie pendant laquelle ils n’ont mangé que du riz pendant 4 jours. « Maman, viens voir il y a du riz trop bon !! » Oh non… Ca recommence… « Mais avec le riz il y a aussi du poisson trop bon ! » Ouf !

19h30 – Tout le monde est couché, Jonas dort déjà, Lily s’inquiète des bruits de la nuit. « Tu entends, c’est quoi ? » J’aimerai moi-même bien le savoir !

23h – « Maman, j’ai peur !! » Lily se réveille, angoissée par les lieux, mais son fidèle chevalier Papa vient à sa rescousse ; Ludo passera sa nuit auprès d’elle ; moi j’ai un petit koala qui est déjà agrippé à moi et qui dort profondément.

 

Mardi 21 novembre

Le jour se lève doucement, il est 5h00 et je n’arrive plus à dormir. Des fourmis grimpent à la moustiquaire, je devrais plutôt dire des « énormes » fourmis, pas besoin d’une loupe pour les analyser celles-ci ! Certaines ont trouvé un passage à travers la moustiquaire… La chasse est ouverte.

Lily et son chevalier servant se réveillent fatigués de leur nuit, ils ont eu un grand combat à mener apparemment. Ludo m’explique qu’ils ont été envahis par ces bestioles. Pendant ce temps là Jonas s’étire tranquillement, il y en a un au moins qui aura dormi 😉

Le gong sonne. Il est 7h, petit-déjeuner ! Jonas et Lily partent en courant à la cuisine.

Ce sont des femmes du village d’à côté qui font les courses pour le camp et viennent chaque jour cuisiner les repas, certaines préparent le repas avec leurs bébés en écharpe ; on entend des rires derrière le mur de la cuisine, ce sont les plus grands qui attendent là et jouent avec quelques casseroles.

 

 

Elephant Valley Project n’est pas qu’un projet environnemental de protection des éléphants, l’équipe s’est aussi donnée comme objectif de soutenir les populations locales, ici la minorité ethnique des « Bunongs. Ils souhaitent pouvoir donner à ces hommes et ces femmes un travail qui puissent leurs permettre de vivre mieux ou parfois juste de vivre. Ils veulent donner à ces enfants une éducation pour un avenir plus prometteur. Alors dans le camp, les femmes sont employées en cuisine, certains hommes sont rangers dans la jungle, d’autres mahuts avec les éléphants, quelques-uns aident aux gros travaux dans le camp. Venir passer une journée, quelques jours ou une semaine dans ce camp, c’est donc permettre à cette ONG d’œuvrer non seulement pour la protection des éléphants mais c’est aussi permettre de faire vivre cette minorité qui sans ce « tourisme éthique » n’aurait d’autre choix que de quitter leur terre pour la ville.

« Maman, il y a des crêpes pour le petit-déjeuner !! » Je crois que je peux être rassurée, ils mangeront à leur faim 😊

Ce matin, nous sommes volontaires pour le camp. Et oui, nous n’allons pas faire que de la « balade » pendant 3 jours. Dans le programme, il est prévu que nous soyons volontaires deux matinées. « Ca veut dire quoi être volontaire maman ? » Je montre à Lily le tableau dans la salle commune, sur le tableau sont notés toutes les tâches à faire pour faire vivre le camp, cela passe des éléphants à la vie en collectivité. Nous expliquons à Lily et à Jonas que nous allons participer à une tâche pour le camp. C’est avec Tarah que nous serons ce matin. On doit patienter pour savoir si on doit ramasser des « cacas » d’éléphants comme dirait Lily 😉

 

IMG_7189

Tarah sort des marteaux, une bêche et une barre à mine de l’établis. Pas de cacas ! Lily est rassurée. Elle nous explique qu’ils ont commencé à construire un braséro derrière le camp et que notre mission de la matinée et de le continuer. Nous la suivons.

Ludo à la barre à mine, moi à la bêche, Lily et Jonas avec leur seau, nous commençons à creuser le trou. Lily nous abandonne vite pour rejoindre Tarah qui enlève au marteau et burin le ciment des briques qui recouvriront notre trou, oui les briques sont de la récup’. Nous sommes rejoins par Laetitia, une autre volontaire, elle est australienne, elle étudie les sciences environnementales, c’est sa dernière année et elle est venue passer 2 semaines dans le camp. Il est presque midi quand, très fiers de nous, nous posons les dernières briques !! « It’s a very good job ! » nous félicite Tarah.

Plein de terre, nous rejoignons notre bungalow pour une douche bien méritée avant le repas.

 

« C’est bien maman ce qu’on a fait ce matin ! On a aidé le camp ! Grâce à nous ils n’auront pas froid, ils pourront allumer un feu. » me dit Jonas. Il est content de lui, nous aussi nous sommes fiers d’eux, ils ont vraiment bien participé ce matin.

Avant de nous laisser pour la pause repas, Tarah nous a expliqué que nous serions avec elle cette après-midi, elle veut nous faire découvrir Sambo et Rubis, deux éléphants qui sont soignés ici, « Ils ont besoin de plus d’attention ces deux-là » nous dit-elle, vous comprendrez pourquoi.

13h45 – « Maman, Tarah arrive ! » Une machette à la main, elle doit aller couper trois bananiers avant de partir. Quand elle revient, Lily s’écrit « Mais maman, moi je croyais que Tarah allait chercher des bananes, pas des bananiers en entier ! » Nous rigolons. Il faut savoir que chaque éléphant mange 3 bananiers par jour.

 

IMG_7144

 

Quand nous arrivons vers Sambo, Tarah nous explique qu’il est en train de faire son traitement. « Son traitement… ? » Nous nous asseyons et Tarah nous raconte son histoire. Sambo appartient à un propriétaire sur Phnom Penh, l’association a un contrat de location de 10 ans avec lui car il ne veut pas la céder. Sambo servait à porter des lourdes charges pour la construction des immeubles en ville. Mais pas que… Comme elle était le seul éléphant dans la ville de Phnom Penh, elle était aussi une attraction… Les touristes s’en amusaient, les enfants de la ville en profitaient… Pour Sambo, c’était Coca, frites, sandwich et gâteaux… Oui, oui, pour avoir SA photo souvenir sensationnelle, les touristes et les locaux se permettaient tout et n’importe quoi… Le reste du temps, Sambo devait travailler toute la journée dans la ville, elle portait, faisait le taxi-école, amusait la galerie… Je vous laisse imaginer les conséquences aujourd’hui…

Ce matin, elle a ses pieds dans une bain d’eau et de bétadine ; à son arrivée, ses pieds étaient complètement infectés, marcher toute la journée en ville sur du goudron n’est pas naturel pour un éléphant ! Je suis en colère quand je vois cette stupidité humaine. Tarah prend le temps de nous expliquer les conséquences du comportement des touristes sur elle, elle parle lentement et nous laisse le temps de traduire aux enfants, elle a compris que les enfants étaient intéressés mais frustrés de ne pas comprendre. A  l’arrivée au camp elle ne se nourrissait plus naturellement, il faut lui donner « comme un bébé » A Phnom Penh, on l’avait dressé pour lever la trompe pour la « jolie » photo et ensuite lui faire ingurgiter ce qu’on voulait… Nous sommes à la fois émus et écœuré.

 

 

 

Le traitement est fini, nous suivons Tarah, elle veut nous montrer l’endroit où Sambo retrouve « sa copine Rubis ». Sambo était très sauvage à son arrivée comme vous pouvez vous en douter, elle n’avait jamais vécu avec d’autres éléphants. Il n’y a que Rubis, une autre éléphant aussi touchante, qui a réussi à l’apprivoiser. Dès qu’elles se retrouvent, c’est la fête nous dit Tarah en riant. Elles barrissent et elles se suivent. « Attendez là, Rubis va arriver, vous allez voir ! » Sambo change de comportement, c’est fou, on dirait qu’elles sont connectées les deux. Rubis arrive et le spectacle commence !

 

 

 

Nous restons là à les observer encore un moment ; de les voir ainsi, un touriste de passage pourrait penser que ce sont simplement deux éléphants qui vivent dans la jungle mais nous, nous savons que ce n’est pas que ça… Ce sont d’abord deux éléphants qui réapprennent à être des éléphants dans leur environnement naturel.

 

« Maman, ils sont tout prêts, on peut les toucher ?!! » Depuis que nous sommes arrivés, Lily et Jonas n’ont qu’une envie c’est de pouvoir les approcher, les caresser, y monter… Tarah tente de leurs faire comprendre qu’un éléphant dans la jungle ou la savane ne se laisserait pas naturellement toucher par un homme, il pourrait même le soulever avec sa trompe et l’envoyer très loin ! Oui parce qu’un éléphant peut soulever et jeter jusqu’à 350 kilos. Ici, leurs dit Tarah, on fait tout ce qui est possible pour leur réapprendre à vivre dans un état naturel et si nous les laissons les toucher, nous sommes comme leur propriétaire, nous en faisons des « bêtes de cirque » … Les enfants comprennent très bien la souffrance qu’ils ont subi, ils sont même très touchés mais l’envie de savoir comment c’est quand on caresse un éléphant reste grande 😉 Je crois que cela restera leur frustration sur ce séjour.

 

 

 

 

Notre 2ème journée tire à sa fin, retour au camp. Ce soir avant le repas, nous nous installons dans le salon pour une partie de milles bornes sous un merveilleux coucher de soleil, quelle magie !

 

Mercredi 22 novembre

6h – « Ah… j’ai bien dormi cette nuit maman » me dit Lily ce matin au réveil. Nous avons passé la nuit à 4 dans le lit avec une moustiquaire coincée, collée et accrochée sous le lit 😉 Bon ok, on a eu malgré tout quelques visites de fourmis…

Une nouvelle matinée de volontariat nous attend avec Tarah. Hier soir quelques personnes de plus sont restés dormir au camp pour une nuit. Nous serons donc 6 de plus pour cette nouvelle mission. Le projet n’accueille pas plus de 10 personnes, ils préfèrent rester dans un accueil de petit groupe pour plus de tranquillité au camp. Ce matin, quand nous retrouverons Tarah, elle sort des petites haches, des scies, des clous et des marteaux. « What do you do Tarah this morning ?! » On va couper du bois dans la forêt, avec nous devons refaire les barrières à l’entrée du camp.

« On va faire les bucherons papa ! » dit Jonas tout content en direction de la forêt. Tarah nous explique la taille des arbres que nous devons couper, à peu près 12 cm de diamètre sur 7 m de hauteur. Nous y voilà 😊 De vrais bucherons !!

 

Il fait très chaud ce matin, et même si nous sommes un plus grand groupe que la veille, le matériel manque et nous peinons à finir la barrière. Tarah nous rassure, nous avons bien travaillé ce matin tout de même.

 

« Doe and Darling… c’est joli maman comme prénom pour des éléphants » Ce sont les deux derniers éléphants que nous découvrirons cette après-midi avec Chris, le responsable du projet. Nous descendons plus profondément dans la jungle, Laetitia m’a prévenu avant de partir de bien nous protéger « A lot of mosquitos ! » a-t-elle dit. Elle avait bien raison car arrivé en bas ce sont des nuages de moustiques autour de nous. Quand Tarah nous a présenté hier Sambo et Rubis, elle nous a aussi confié que nous verrions une grande différence de comportement avec Doe et Darling aujourd’hui. Elles se débrouillent seules pour se nourrir, Darling fait même sa toilette comme « une grande ». Elles ont un passé moins difficile que les autres. Cela se voit de suite, elles ont un comportement plus naturel, plus proche d’un éléphant sauvage. Nous les suivons un long moment.

 

 

 

 

Maman, c’est quand qu’on rentre ?! » Les limites « patience » de Jonas ont été atteintes 😊 Je ne sais pas… « Mais maman, j’en ai marre ! J’en ai marre d’écouter parler sur les éléphants, ça fait 3 jours qu’on marche dans la jungle et qu’on écoute, en plus il parle en anglais ! » Des suisses font partis du groupe et rigolent de l’entendre. « Maman !! Alors ?! » Je ne sais vraiment pas Jonas… Demande à Chris. « Chris, go !! » C’était plutôt directe 😉 Nous rigolons.

Sur le chemin du retour jusqu’au camp, nous repensons à cette aventure que nous venons de vivre, aux belles personnes comme Laetitia, Tarah et Chris que nous avons rencontrées, au travail qu’ils font ici et à cette énergie qu’ils y mettent. Nous sommes vraiment contents d’avoir pu participer à ce projet, même si ce n’était que 3 jours ; nous sommes fiers  de Lily et Jonas, ils ont vraiment joué le jeu ; c’est avec un regard encore plus éclairé sur cet éco-tourisme que nous quittons cette magnifique région du Mondolkiri.

 

Un regret tout de même… de ne pas avoir pu allonger notre séjour ici pour découvrir les villages Bunongs et les environs. Notre visa arrive à son terme dans 2 jours et nous devons reprendre notre route : direction le Vietnam !

 

Comment réserver ? 

http://www.elephantvalleyproject.org/

https://www.facebook.com/ElephantValleyProject/

Où dormir ?

  • ·       Avocado GuestHouse à Sen Monorom – 20$ une nuit pour 4 personnes

Ou boire un verre ?

  • ·       Hefalump Coffee à Sen Monorom – un café éthique qui propose des produits fabriqués par des minorités ethniques. A l’arrière de la boutique une petite oasis où l’on peut déguster un thé ou un café avec un délicieux cake à la banane fait maison.

Kratie, « fall in love »

Mardi 14 novembre

Nous voilà arrivé à Kratie, dans l’Est du Cambodge depuis hier soir. Nous sommes arrivés de Phnom Penh avec un mini bus de la compagnie Taing KimSeang Express réservé sur Camboticket , 4h30 de trajet sur une route chaotique pendant la moitié du parcours et sur une piste pour l’autre moitié du trajet. « Rappelle-moi, me dit Ludo, nous avons réservé un bus de nuit pour le retour ?! On s’est fait avoir 😊 On ne pourra jamais dormir !! » On éclate de rire.

D’habitude on arrive à passer ces temps de bus plus ou moins bien avec un peu de lecture, un temps d’école, lecture et mails mais là ; hier, tout est resté bien rangés dans les sacs ! Ludo a même échoué à sa tentative de boire de l’eau 😊

 

C’est bien secoué que le chauffeur nous laisse « on the riverside » avec nos sacs. La chambre que nous avons réservée n’est pas très loin, les enfants sont fatigués par ce trajet, nous les motivons « Allez, on y est presque, et puis on a de la chance, vous avez vu l’orage sur la route, on aurait pu avoir le même ici ! » … « Maman, je sens des gouttes… » Et bien voilà, on y est ! Sous la pluie !

Plus tard nous y repenserons et nous nous dirons que cette pluie a été une vraie chance… Elle nous a permis de rencontrer Soda « Mister Soda » ! Il passait par là juste au moment où nous allions poursuivre avec nos ponchos de pluie et nos sacs. « You need help ?! » Soda me tend une feuille écrite en français, un chauffeur de tuk-tuk francophone, c’est énorme. Sur le chemin, il nous vend ses services pour notre séjour avec cette bonne humeur qui nous fait du bien après la journée que nous venons de vivre. Nous gardons son téléphone « Maybe we call you ».

IMG_6930

Notre chambre donne sur une grande terrasse au 2ème étage d’une guesthouse au bord du mékong ; il faisait nuit quand nous sommes arrivés, nous n’avons pas pu profiter de ce merveilleux coucher de soleil que nous découvrirons le lendemain.

 

Pek, le gérant, parle très bien français, il fait aussi parti de la police touristique de Kratie. Sa femme travaille avec lui. Ils ont trois enfants, 4ans, 3 ans et 18 mois. Les deux premiers sont chez papi et mamie nous explique Pek « C’est plus facile pour le travail. ».Avec le petit dernier, Dima, Jonas passera de long moment. 

 

Il y a aussi Kina, une jeune fille de 23ans qui est attendrie par les enfants. Lily et Kina ne se lâcheront pas de tout notre séjour ici. Kina parle très bien l’anglais, elle est partie de 14 à 18 ans comme fille au pair dans une famille anglaise en Malaisie, elle est revenue pour repartir deux ans plus tard partager sa passion culinaire en Thailande à Bangkok où elle proposait des cours de cuisine en anglais à des touristes. Kina c’est un soleil qui nous illumine même le soir, quelle générosité et quel enthousiasme ! Elle me dit qu’elle cherche une famille française qui pourrait l’accueillir en échange elle aime tellement les enfants qu’elle pourrait s’en occuper. « Oui maman, dis oui !! Elle pourrait venir chez nous ! » Mais nous ne sommes pas en France ! « Keep my mail Kina, when we come back in France, why not ! 😉 »

 

img_7244

Nous avons décidé de venir dans la jolie province de Kratie pour deux raisons : les dauphins de l’Irrawady et le territoire sauvage et reculé du Mondolkiri. Cette partie du Cambodge est traversée du nord au sud par le Mékong ; la plupart des habitants gagnent leur vie grâce au fleuve.

Nous avons prévu de rester 5 jours à Kratie et nous prendrons la route pour le Mondolkiri dimanche.

Ce matin nous partons dans la camionnette de Pek avec 3 anglais et 3 kayaks à 15kms au nord. D’après ce que nous avons entendu Kampi est l’endroit idéal pour observer les rares dauphins de l’Irrawady.

Le dauphin de l’Irrawady est un dauphin d’eau douce qui peuplent quelques tronçons du Mékong au Cambodge et au Laos, et certaines eaux du Bengladesh et de la Birmanie. C’est un cétacé bleu-gris sombre qui peut atteindre 2,75m de longueur et 130 kilos à l’âge adulte. On le reconnaît à sa large tête ronde et à sa nageoire dorsale plus fine. C’est un nageur lent, bien qu’il circule dans les grands fleuves, c’est un dauphin océanique, il peut donc vivre en eau douce ou salée.

Les dauphins de l’Irrawady du fleuve du Mékong sont classés sur la liste des espèces en danger critique d’extinction, encore une conséquence néfaste de l’Homme. Il faut savoir qu’avant la guerre civile, près d’un millier de dauphins peuplaient les eaux cambodgiennes. Sous Pol Pot, ils ont été chassés pour leur huile ; leur nombre continue de chuter dans des proportions alarmantes à cause de la dégradation de leur habitat, certains sont aussi étranglés par les filets de pêche. Les experts estiment qu’il reste moins de 85 individus dans le Mékong, de Kratie à la frontière du Laos.

Pour tenter de les apercevoir, il y a deux solutions : un bateau à moteur à l’embarcadère de Kampi ou le kayak en réservant une excursion directement à Kratie. Nous avons préféré la deuxième solution, plus nature !  Et nous aurons peut-être plus de chance d’en apercevoir car le bruit dérange les animaux.

Notre guestHouse « Silver Dolphins » propose ce type d’excursion sur ½ journée, 26$ pour un adulte, 23$ pour un enfant « It’s more expansive ! » répond Ludo à Pek le gérant. 98$ pour nous 4, c’est trop, nous avons décidé d’économiser pour notre trek de 3 jours dans le Mondolkiri. Nous en parlons avec Pek et lui expliquons aussi notre aventure en famille ; « How much you can ? » Il accepte notre budget de 60$ pour nous 4.

« Papa, tu crois qu’on va en voir des dauphins de l’Irrawady ? » Cette scène m’en rappelle une autre un peu identique il y a plus d’un mois en Indonésie dans les îles de la Sonde… « Papa, tu crois qu’on en verra des dragons de Komodo ? » Le guide à l’époque avait répondu « If we are lucky 😊 » Alors ce matin, nous leurs répondrons la même chose : si nous avons de la chance 😉

Arrivés à Kampi, nous déchargeons les canoës et les mettons à l’eau.

 

Le Mékong est encore plus impressionnant quand on y navigue dessus. Il paraît si calme et pourtant nous nous rendons vite compte qu’il y a un sacré courant. Nous passons par des petits rapides, autour de nous des arbres qui poussent on ne sait comment, complètement immergés ! Au milieu du fleuve des bancs de sables. Pek nous dit de ralentir, nous arrivons vers « la maison des dauphins ». On se laisse porter par le courant, là attentif, à l’affut d’un signe. « There ! There ! Dolphins ! » C’est très rapide. On le voit aussitôt replonger. Il réapparait une nouvelle fois tout aussi rapidement. Il faut attendre nous dit Pek. Nous décidons de pagayer jusqu’à un banc de sable et y patienter. Lily et Jonas en profitent pour se baigner dans le Mékong, ils glissent et rient.

 

 

 

Au loin, des bateaux à moteur s’avancent avec des touristes « Oh non !! Ils vont les faire fuir ! » Plus de dauphin à l’horizon… Nous reprenons les canoës « Nous allons essayer un peu plus loin » nous dit Pek.

« Là, là, maman ! Regarde ! » Au loin, un dauphin 😊 Nous avons eu de la chance aujourd’hui, nous aurons vu des dauphins de l’Irrawady ! On ne pourra malheureusement pas vous partager des photos comme on a pu le faire avec les dragons de Komodo, qui étaient certes plus immobiles ! En échange, on a quelques belles photos, une affiche des fameux dauphins (que vous puissiez voir à quoi ils ressemblent tout de même !) et une petite vidéo de notre « navigation » sur un fleuve qui invite à la sérénité et l’émerveillement, le Mékong.

 

IMG_6900

 

Et nous rentrons par une route aussi chaotique que la veille…

 

De retour à la guesthouse en début d’après-midi, nous ne bougerons plus, la chaleur terrible (37° degrés) et « The Kayak Time » nous a épuisé. Biafine, lit, musique, danse et rire dans notre chambre, voilà un joli programme pour finir cette journée bien chanceuse 😉

 

Mercredi 15 novembre

« Que fait-on aujourd’hui ? » Première et très importante question au réveil de Ludo ce matin 😉 Ma réponse « Je ne sais pas. » Réponse toute aussi pertinente ! « Appelons Mister Soda ! » y répond Ludo. On avance !!

« Hello Soda ! Ah pardon c’est vrai tu parles français … ! Es-tu disponible aujourd’hui ? » Soda m’explique qu’il donne des cours de français dans un collège. « Demain peut-être ? » Nous prenons rendez-vous avec lui pour le lendemain, je raccroche et toujours la même question « Que fait-on aujourd’hui ? »

En face de Kratie, il y a une île sur le Mékong, « on peut y aller ? » Nous avons notre programme ! Direction le petit déjeuner et nous verrons comment s’organiser.

L’île de Koh Trong est un imposant banc de sable de 6 km situé au milieu du fleuve, on peut y accéder en bateau de Kratie.

Nouvelle question très importante pendant le petit déjeuner « On loue un vélo ou pas pour y aller ? » L’idée c’est de faire le tour de l’île et par cette chaleur, il fait déjà 25° degrés à 9h, marcher avec les enfants ce n’est pas envisageable. On peut louer un vélo ici et embarquer avec pour 500 riels de plus, on peut même embarquer avec un scooter pour 1 000 riels de plus. « On y va à pied et on demandera à un tuk-tuk sur place » dit Ludo.

Nous embarquons dans cette navette au milieu des cambodgiens, d’un sac de poisson accroché au-dessus de nos têtes, et d’un scooter, je ne me lasserai jamais de ces moment-là 😊 1 000 riels / personne la traversée, 1$ à 4.

 

« Maman, il n’y a pas de tuk-tuk ici, je n’en vois pas ! » me dit Lily. Effectivement… pad de tuk-tuk… Il y a bien une moto-dop un peu plus loin mais pas de conducteur. Une moto-dop c’est une moto avec une benne accrochée derrière. « You want a scooter ? » Un jeune homme nous propose son scooter et celui de son ami contre 10$. Ludo négocie un moment avec eux et nous lui payons 6$ pour les 2.

« Maman, t’es sûre que tu vas y arriver ?! » Nouveau challenge : un scooter à vitesse ! J’ai droit à un rapide cours de mon mari, ici c’est pour passer les vitesses, ici tu freines, tu démarres au point mort et voilà. Une île, c’est bien pour commencer une nouvelle expérience 😉 En avant ! « Tu sais que c’est la dernière étape avant la moto » me dit Ludo un peu plus loin. « Même pas en rêve !! »

 

A droite, un banc de sable qui s’avance dans le Mékong, le paysage est magnifique à voir. Nous nous arrêtons, Lily et Jonas s’empressent d’y descendre et d’y jouer « Maman, j’ai cassé ma tong ! » Et bien, tu marcheras pied nu… 😉 Ce n’est pas du sable mais de la boue le banc de sable, les enfants s’amusent à enfoncer leurs pieds dedans.

 

Nous poursuivons notre découverte ; au centre, des champs, des plantations et des vaches. On comprend vite que l’île de Kho Trong est tournée vers l’agriculture. Devant toutes les maisons, des réserves de foin pour les bêtes et des machines pour retourner la terre. Rizières, plantation de soja, bananiers, maïs et d’autres légumes… Ici la spécialité, c’est la culture des pomelos. La terre sur l’île semble fertile.

 

La balade se fait en toute quiétude, pas de voiture et une seule petite route qui fait le tour. Nous avons droit à un accueil chaleureux, les habitants nous saluent, les enfants viennent à notre rencontre. La vie paraît beaucoup plus calme ici.

 

De retour à notre chambre, on sourit, pour une journée qui n’était pas improvisée, c’était encore une fois une jolie découverte.

« Et maintenant maman, on fait quoi ?… Ecole !! » Je ne suis pas certaine que c’était la réponse qu’ils attendaient 😉

 

Jeudi 16 novembre

Aujourd’hui je vais commencer par vous présenter une famille qui m’a beaucoup touché, la famille de Soda. Mister Soda, comme il se fait appeler en riant, n’est pas qu’un conducteur francophone de tuk-tuk à Kratie, c’est le 3ème enfant d’une famille de 5 du village de Kou Loab. Rappelez-vous, nous l’avons rencontré par hasard le soir de notre arrivée sur Kratie.

La famille de Soda, c’est un papa de 63 ans, agriculteur dans les rizières familiales, ébéniste et ancien militaire nous explique-t-il entre deux phrases en cambodgien que son fils nous traduit ; la famille de Soda c’est aussi une maman plus discrète qui semble beaucoup aimé les enfants, « elle se sent seule la journée » nous confie Soda,  c’est aussi une grande sœur de 39 ans, analphabète, elle ne sait que parler le khmer et travaille dans les champs, puis deux petites sœurs plus jeunes que Soda, l’une tient une épicerie après être partie en Thaïlande et au Japon pendant 5 ans pour travailler en tant que cuisinière et économiser pour ouvrir son épicerie dans son pays, l’autre enseigne les mathématiques dans un collège et le dernier un petit frère qui vient de finir le collège et apprend le métier d’agriculteur avec son papa, « c’est lui qui s’occupera des rizières ! » dit Soda.

Ce matin, nous avons la chance de rencontrer cette famille, Soda nous ouvre les « portes » de son village, de ces maisons et de leurs cœurs, leurs regards sont plein de bonté et d’amour. « Juste 5 minutes, je m’arrête voir ma grand-mère, tu veux venir ? » En haut des escaliers d’une maison sur pilotis, attend une vieille dame, le regard dans le vide, « elle a 98 ans » précise Soda. Nous restons là un petit moment avec « Tima », elle vit seule dans cette grande maison, elle a perdu son mari il y a longtemps et 4 de ses enfants « Pourquoi reste-t-elle seule ici ? » je demande à Soda, d’habitude les enfants accueillent leurs parents âgés, « Elle ne veut pas partir de sa maison. » me répond Soda. Il en profite pour m’expliquer qu’ici au Cambodge c’est le plus jeune enfant qui hérite de la maison, les autres peuvent avoir des terres ou des champs si la famille en possède.

 

Il n’est que 10h30 et il fait déjà très chaud, nous sommes partis de Kratie en tuk-tuk ce matin et sur notre route jusqu’ici, le village de Kou Loab, nous avons croisé beaucoup de sourires, beaucoup de gentillesse, beaucoup de curiosité. Cela fait quelques jours que notre regard sur les cambodgiens a changé, en fait depuis notre séjour à Kampong Chnnang ; serait-ce ces régions plus au nord qui sont plus accueillantes ? Serait-ce la campagne cambodgienne qui donne plus le sourire ?

Sur le chemin, Soda nous a proposé de le suivre dans une rizière pour y rencontrer des agriculteurs. Dans ce champ, pas moins de 30° degrés et il est moins de 10h… quatre hommes et deux femmes sont là, couverts de la tête aux pieds avec une serpette à la main, ils coupent les tiges de riz sous cette chaleur pour 5$ la journée… » Ils ont quand même une pause de 11h à midi ! » nous rassure Soda…  

Une fois coupées, les tiges de riz sont ramassées et les grains de riz détachés. Ils les feront ensuite sécher devant les maisons comme nous le voyons au bord de la route. « C’est du riz de 6 mois celui-ci, du riz pour manger, si on attend un peu plus, le riz de 7 mois est meilleur ! » précise Soda. Il nous explique qu’il cultive aussi du riz de 3 mois mais c’est pour nourrir les animaux.

Depuis que nous sommes arrivés sur Kratie, c’est la première fois que nous voyons autant d’animaux dans le pays, beaucoup de vaches et de buffles qui servent pour les travaux aux champs. Un buffle adulte c’est 1 000$ au Cambodge, « J’achèterai plutôt un bébé alors maman ! » dit Lily, c’est 400$ alors ! Nous apprenons que le Cambodge c’est 85% d’agriculteurs, des agriculteurs qui ont changé tout doucement leur méthode de travail, ils ont plus de matériels agricoles qu’avant mais les buffles sont encore utilisés.

 

Nous échangerons un long moment avec ces travailleurs dans la rizière, Soda en traducteur nous est d’une grande aide 😉 Parmi le groupe, un homme est plus curieux que les autres « Est-ce que vous payez en France pour vous soigner ? Combien ça coûte un billet d’avion pour venir au Cambodge ? Est-ce que vous payez des impôts sur votre salaire en France ? » Une question en amène une autre, Soda traduit gentiment ; ce matin au milieu de cette rizière nous avons partagé un moment simple, un moment bon !

 

Quand nous arrivons dans la maison des parents de Soda, il est 11h et nous en profitons pour faire une pause sur la terrasse ombragée. « Je construirais une maison comme ça ! » me dit Soda. Il a acheté un terrain un peu plus loin dans le village et attend d’économiser pour commencer. « Ici, quand tu veux construire, tu mets de l’argent de côté, quand tu en as assez tu fais les piliers, après tu continues à économiser pour le sol en bois, puis, les murs et enfin le toit » Dans la maison de ses parents ils ont construit 3 chambres ; pour 6$ la nuit on peut rester là, dormir dans un village qui promet de belles rencontres.

 

Pendant cette pause, Soda nous en dit un peu plus sur lui, il a appris le français à Phnom Penh où il y a passé 2 ans, logé chez les moines bouddhistes. En échange du logis que ses parents ne pouvaient pas lui payer, il aidait dans la pagode : la préparation des repas, la lessive, le nettoyage. Il a passé son concours pour être enseignant, l’a obtenu et il est revenu chez lui. Il enseigne dans un collège à quelques kilomètres d’ici, seulement 12h par semaine car dans les écoles l’anglais est aujourd’hui plus enseigné que le français, c’était différent pendant la période coloniale. « Je suis fonctionnaire comme toi ! » me dit-il. Au Cambodge, il n’y a que les fonctionnaires qui paient des impôts sur le salaire. 12h ne sont pas suffisantes pour faire vivre sa famille… Alors Soda se transforme en conducteur de tuk-tuk et guide francophone quand il n’est pas en classe. Je repense là à Abul en Indonésie qu’on avait rencontré dans son école sur Lombok et qui était lui aussi cuisinier le soir dans un restaurant… Une double vie pour certains, parfois même triple pour d’autres !

La pause pourrait durer jusqu’au soir avec Soda tellement il est intéressant, il aime son pays et son village, il aimerait tant voir des changements, voir un mieux chez lui mais cela semble perdu pour le moment… « Encore trop de corruption au Cambodge, encore trop de mauvaises personnes au pouvoir, les khmers rouges sont toujours là, en 2018 c’est les élections mais il n’y a qu’un seul parti politique, ce n’est pas la démocratie ça… ! »

IMG_6945

 

Nous reprendrons notre discussion plus tard pendant le repas, avant c’est chez sa grand-mère paternelle que nous allons, nous aurons fait le tour de toute la famille avant de partir 😊

« 50 petits enfants maman ! Il a dit 50 ! Un zéro de plus que mamie 😊 !! » Cette grand-mère de 90 ans nous accueille avec un grand sourire dans sa maison. Son époux travaille dans les rizières. « Mais il a quel âge ton grand-père Soda ? » 91 ans. Je ne sais pas quoi répondre. Je repense aux travailleurs de ce matin, leur dur labeur et j’imagine ce grand-père de 91 ans dans sa rizière. Il n’y a rien à ajouter. « Ma grand-mère dit que vous avez de beaux enfants, surtout le garçon ! » Depuis que nous sommes au Cambodge, Jonas est une star, toutes les femmes sont sous le charme. « Tu nous coûterais cher en dot toi ici ! » je dis à Jonas.

Oui parce qu’ici, c’est comme en Indonésie, le mari doit verser une dot à la fille pour le mariage ; 80% sont des mariages d’amour nous précise Soda. Il y a encore tout de même 2 mariages sur 10 qui restent des mariages arrangés par les parents dans les familles encore traditionnelles. « Moi je partirai me marier en France me dit Jonas comme ça je ne paierai pas la dot et après je reviens ! C’est comme ça qu’il faut faire maman ! » 😉

 

Notre visite familiale se finira dans la cabane du patriarche au milieu de sa rizière. Lily et Jonas ont repéré les hamacs à l’ombre des bananiers, on ne les entend plus. Soda nous offre le thé jusqu’à ce que son papa arrive et sorte la bouteille d’alcool de riz, je vois la tête de Ludo et je ris. Avec cette chaleur… Son papa est comme lui, d’une  grande gentillesse. Nous repartons et sans tituber !! Ludo a fait appel à Soda pour stopper son papa dans son élan de générosité en alcool de riz.

 

 

Comment ne pas être sous le charme d’un village pareil… Nous croisons des volontaires anglais « C’est l’association BSO » nous précise Soda. Ce sont des jeunes qui viennent pour aider, ils donnent des cours d’anglais aux enfants et participent aussi à des travaux dans le village. Une bonne chose ! Je garde le nom de l’association dans un coin de ma tête, on ne sait jamais… J’apprends que sur Kratie, il y a d’autres ONG qui apprennent aux cambodgiens à cuisiner, à coudre, l’anglais, à utiliser l’informatique, qui tentent de leurs ouvrir quelques portes avec un métier.

Nous quittons Kou Loab et avec Ludo ce même sentiment ; nous avons vécu ici un de ces moments qu’on n’oublie pas, un de ces moments qui nous ramène aux choses essentielles, un de ces moments qui nous dit c’est ça le vrai.

 

Sur la route qui nous mène jusqu’à la montagne sacrée de Sombok, à mi-chemin entre Kratie et Kampi, plus personne ne parle, Lily s’endort à moitié sur le fauteuil, Jonas à les yeux dans le vague, Ludo et moi sommes perdus dans nos pensées ; ce village nous a comme hypnotisé.

« 400 marches ! Ah non maman ce n’est pas possible ! » crie Lily. Oui Lily crie 😉 Nous sommes arrivés à Phnom Sombok, c’est une petite colline où se dresse un vat (=un temple) encore en activité. Soda nous dit même que c’est un centre de méditation, parfois des Belges, des Allemands et des Anglais viennent y passer 3 jours pour méditer. D’en haut, j’ai lu que la vue sur le Mékong y était splendide ; mais avant 400 marches !! Lily n’en démordra pas, elle préfère rester dans le tuk-tuk avec Soda. Nous partons donc à trois pour cette ascension. « 1, 2, 3, 4, 5… » Jonas a décidé de vérifier : y a-t-il bien 400 marches ou en ont-ils oublié ?!

«

 138, 139, 140 ! » Nous arrivons au premier palier. Ici, une première statue de Bouddha, une librairie et un accès au monastère. « 141, 142, 143… » Nous reprenons notre ascension, il fait terriblement chaud, heureusement que nous sommes protégés par cette forêt. Le long des escaliers, des statues de moines alignés et quelques pensées qui ressemblent à des proverbes sur des banderoles. « 257, 258, 259… » Deuxième palier, nous commençons à apercevoir d’ici la vue sur le Mékong et sur les rizières environnantes ; il y a un chemin autour de la colline décoré de statues de Bouddhas assis qui regardent au loin. « Allez ! On continue ! » nous appelle Jonas ; il a peur d’oublier à combien il s’est arrêté 😊

 

« 260, 261, 262… » En haut un grand serpent enroulé sur un des piliers du temple nous attend, le temple semble tout petit. « 383, 384, 385 ! Maman, il n’y a pas 400 marches ! » Ludo appelle Jonas, viens par ici, ce n’est pas fini !! « 393, 394, 395 ! Ils ont oublié cinq marches ! » crie Jonas. Les ont-ils vraiment oubliées ? Ou y a -t-il eu une erreur de comptage ? Nous laisserons planer le doute 

La vue d’ici est merveilleuse. On entrevoit à travers la végétation le Mékong, aussi imposant qu’il y paraît d’en bas, de l’autre côté, les rizières à perte de vue. Dans le temple, des peintures sur les murs et le plafond retracent la vie de Bouddhas de sa naissance à son éveil, certaines sont tout de même un peu morbides.

 

« Maman ! Papa ! vous m’avez manqué ! C’était comment Jonas les 400 marches ?! » dit Lily. Jonas s’empresse de leurs dire qu’il n’en a compté que 395.

Il est 14h, nous avons tous très faim et soif, il est temps de retourner sur Kratie. Direction le Tokae, c’est un petit restaurant au centre-ville en face du marché, nous y avons déjeuné ce matin. On le reconnait facilement au gros tokae (=gecko) qui orne son mur. C’est un bon restaurant avec aussi quelques chambres à louer tenu par un Espagnol pour y manger des plats cambodgiens et des crêpes pour les enfants 😉 D’ici, on profite de cette vie animée autour du marché. Nous pourrions tout aussi bien s’y installer avec un verre et simplement rester là.

 

 

Sur le retour, je dis à Ludo que j’aimerai vraiment faire quelque chose pour le village que nous avons visité, un geste ; Ludo est d’accord. C’est difficile de vouloir aider de façon pérenne. En discutant avec Soda, Ludo lui confie nos doutes sur cette aide « Vaut-il mieux donner de l’argent à ces familles ou leur offrir des terres pour cultiver ? » Ils ont besoin d’argent pour se nourrir nous répond Soda, acheter du riz et du poisson. Mais comme nous disons si bien lui répond Ludo « Donne du poisson à quelqu’un, il aura à manger pour un jour ; apprend lui à pêcher il en aura pour toujours. » Soda comprend bien ce que nous lui disons « C’est vrai que c’est encore mieux d’avoir une terre mais l’urgence pour eux c’est de se nourrir… » Donner de l’argent gêne un peu Ludo, nous réfléchissons à un autre moyen qui pourrait soulager ces familles. « Et l’école du village Soda ? Qui achète le matériel pour les élèves ? Les cahiers, les stylos ? » Il nous explique que ce sont les parents qui doivent le faire, il n’y a aucune aide ici, même les uniformes doivent être achetés par les familles qui peinent pour certaines à simplement se nourrir…

De retour à Kratie, je demande à Soda de m’emmener au marché avec lui, Lily nous accompagne ; nous achetons là des cahiers et des stylos que nous offrons à Soda « C’est pour les enfants de ton village, pour l’école, c’est un cadeau pour eux, dis leurs de bien apprendre à lire et à écrire Soda, c’est important. »

 

 

Nous nous quittons « Maman, on va le revoir Mr Soda ?! » demande Jonas, peut-être on ne sait pas, nous restons ici encore pendant 2 jours, voyager c’est aussi vivre de belles surprises Jonas.

Comment imaginer ce matin au réveil que nous vivrions un de ces moments qui marquent une vie et Ludo d’ajouter « Quand je verrai de l’alcool de riz, toute ma vie je repenserai à ton papa Soda 😊 ! »

IMG_6867

 

 

 

 

 

 

Siem Reap, à la porte des temples…

Les voyageurs viennent à Siem Reap pour visiter les temples d’Angkor, comme nous par exemple 😉 Nous sommes arrivés de Phnom Penh avec un bus de la compagnie Sorya. Il est 20h quand nous arrivons à la gare routière de Siem Reap, des chauffeurs de tuk-tuk nous sautent dessus, nous sommes fatigués par notre voyage – 6h de bus – pas très patiente je préfère m’éloigner avec les enfants et laisser faire Ludo. Nous avons réservé une chambre dans une auberge de jeunesse, Hangout Guesthouse, et là tout de suite, on ne rêve que de se poser au calme… Mais çà, c’était dans nos rêves…

Ludo nous rejoint suivi d’un chauffeur qui empeste l’alcool, « On va y aller à pied » me dit-il ! « Non papa, on est fatigué et en plus il fait nuit !! » Les enfants ne comprennent pas tout de suite pourquoi Ludo préfère marcher plutôt que de monter dans un tuk-tuk avec un chauffeur ivre. Nous leurs expliquerons un peu plus loin. Nous prenons la direction de la GuestHouse, « Tu es sûr qu’on est dans la bonne direction…? » … « Euh… non ! C’est de l’autre côté en fait !! » Demi-tour, les enfants craquent… Moi, je suis limite. « Tuk-Tuk Mister ?? » … « Dis oui papa !! » Lily et Jonas pourrait limite échanger leur jouet favori contre cette course en tuk-tuk 🙂

« Where do you go ? » … Ludo montre au chauffeur le nom de notre auberge, c’est parti ! « Yes, it’s ok ? » Le chauffeur s’arrête devant un hôtel… Mais ce n’est pas le bon… « On n’arrivera jamais chez nous ! » me dit Jonas… Nouvelle tentative… Le chauffeur repart, « Hangout ! It’s ok !! » Même le chauffeur paraît content pour nous :))

  • Hangout GuestHouse SiemReap – 1nuit à 4 personnes – 10$

 

« Un bon lit…! », ça c’est ma tête qui parle 😉 … Le gérant nous accompagne vers notre chambre, quand nous passons la porte, je comprends trop vite à quoi va ressembler notre nuit…!  Nous sommes dans un dortoir privatif ; et là, à ce moment précis, je ne peux que repenser à ma sœur et à sa tête à l’arrivée dans notre auberge de jeunesse à Londres !! Je crois que c’est la seule chose qui me fera sourire ce soir !

 

 

« Ce n’est que pour une nuit » tente de me rassurer Ludo. Tout le monde a faim, autant aller manger. La partie commune extérieure me réconcilie avec « Hangout », un petit lieu cosy qui apaisera les tensions de la journée 😉

 

7h – « Et bien enfin ! Elles s’arrêtent de parler Maman !! » dit Lily.  Lily parle des deux australiennes qui dorment dans le lit derrière nous… Elles ont passé toute la nuit à « refaire le monde » je pense… Nous, nous préférons aller déjeuner et poursuivre la partie de billard de la veille 😉 !

 

Il faut savoir que Siem Reap n’était qu’un village lorsque des explorateurs français redécouvrirent Angkor au XIXème siècle. Siem Reap commença alors à s’agrandir pour accueillir les premiers touristes. La guerre et l’arrivée des Khmers rouges plongèrent la ville dans un long sommeil dont elle n’en ressortit qu’au milieu des années 1990.

Deux millions de visiteurs chaque année viennent découvrir les temples d’Angkor, le tourisme est aujourd’hui la principale ressources de Siem Reap. Ce matin, nous nous rendons compte très vite que nous avons quitté la douceur de la cité fluviale de Kampot ! Des restaurants, des boutiques de souvenirs, des bars avec de la musique, des salons de massage, encore des restaurants, et beaucoup, beaucoup de touristes. On dit même de Siem Reap que c’est devenu l’épicentre d’un Cambodge touristique, c’est vous dire…

« C’est quoi maman le programme aujourd’hui ?! » demande Jonas. « Ca tombe bien que tu en parles Jonas! On va à l’école ! » Lily et Jonas me regardent avec des yeux ébahis :)) « Je plaisante ! Enfin, pas tout à fait … » Il y a ici sur Siem Reap un centre des Artisans d’Angkor, on les appelle « Les Chantiers d’Ecoles » ; ils s’adressent à des jeunes issus de milieux défavorisés qui s’initient à la sculpture sur pierre et sur bois, à la peinture sur soie, au travail de la laque et à d’autres techniques.

Plus d’informations ici :

http://www.artisansdangkor.com/

J’ai lu que des visites gratuites y étaient organisées tous les jours de 7h30 à 18h30, nous y allons. « On va pouvoir apprendre à sculpter ?! » demande Lily. Apprendre peut-être pas, essayer sûrement 😉

Au bout d’une petite rue, nous arrivons dans un parc où se trouve l’école ; un guide nous accueille gentiment et nous propose de le suivre. Les premières salles que nous passons ravissent les enfants ; sculpture sur bois et sculpture sur pierre, ils sont aux anges et ils peuvent même essayer ! Le guide nous explique les étapes de sculpture à partir d’un bloc de bois et de pierre. Il prend son temps et nous l’écoutons comme de bons élèves 😉

 

« Maman, je peux venir ici dans cette école ?! » s’emballe Lily. Je demande au guide si l’école accueille des étrangers ou si elle est uniquement destinée aux jeunes cambodgiens. C’est déjà arrivé me répond-il que d’autres personnes viennent ici mais c’est rare. Les élèves apprennent ici pendant un an, ensuite ils ont le choix ; soit de rester pour fabriquer des objets qui seront vendu sur place à la boutique ou dans les autres succursales au Cambodge ; soit de partir et travailler pour leur propre compte.

Nous poursuivons notre visite dans l’autre bâtiment où les élèves apprennent la peinture sur soie, le travail de la laque, la peinture sur céramique et encore bien d’autres techniques…

 

La visite est vraiment intéressante et ce projet me plaît ! Faire renaître des savoir-faire traditionnels de l’artisanat khmers en offrant des opportunités de travail à des jeunes cambodgiens défavorisés issus des milieux ruraux, je suis contente 😉

 

« Non mais maman, je t’assure je veux vraiment venir faire mon école ici !! » insiste Lily. Nous en reparlerons…

« On va où maintenant Papa ?! » Houuuu… je sens que ça va leur plaire… »Le Musée ! » !! « Nonnnnn, pas le musée ! » je l’avais dit… Ca leur plaît !

Demain nous partons pour 2 jours de visites des temples d’Angkor et nous pensons que la visite du musée national  peut être intéressante et précieuse pour découvrir l’histoire d’Angkor et de l’Empire khmer avant d’explorer les temples. « Non mais quand même un musée maman… C’est abusé ! » L’adolescence approche… 😉

A l’arrivée au musée, nouvelle douche froide à la billetterie… 15$ par adulte et 7,5$ pour les enfants et l’audio guide à 5$… 50$ ! J’ai lu que le musée constituait une remarquable présentation de la civilisation khmer et des sanctuaires, au vue du prix de l’entrée je le souhaite ! « No picture, no phone » , on doit tout laisser à l’entrée, aucune photo n’est permise dans le musée, aucun audio guide non officiel n’est permis non plus sous peine de 500$ d’amende.

Au fil des galeries, les collections sont organisées par époque, religion et règne. Nous avons même l’occasion d’admirer sur grand écran un lever de soleil panoramique sur le temple d’Angkor Vat ; certaines expositions s’accompagnent de vidéos. Notre coup de cœur de la visite sera la « galerie des Mille Bouddhas », une pure merveille.

A défaut de vous partager quelques photos, et oui « no picture ! », voici le lien du musée avec une image officielle de cette galerie « coup de cœur » 😉

http://www.angkornationalmuseum.com/anm_galleries/7

En parlant de photo, nous en avons tout de même une à vous partager, une découverte dans le hall du musée pendant notre pause… « Il est vivant papa ?! » On pourrait imaginer en voyant cette créature qu’on a devant nous un essai de manipulation génétique 😉

 

IMG_6143

50$… « Ca reste toujours un peu cher ! » dit Ludo mais nous sommes d’accord pour dire que la visite du musée d’Angkor vaut le coup car elle permet de mieux connaître les personnages des religions, leur rôle et leur importance ;elle permet aussi de comprendre certains récits et légendes comme le « Barratage de la mer de lait », aujourd’hui, nous pouvons dire qu’elle nous a facilité la visite des temples d’Angkor. « C’est quand qu’on a fini maman ?!…Regarde toutes ces salles !! » …Pas sûr que Jonas en dise la même chose 😉

SIem Reap compte un large choix d’activités. En plus de fréquenter piscines et spas après une chaude journée, on peut aussi s’élancer sur une tyrolienne, monter à cheval dans la forêt, faire du vélo dans la campagne ou jouer au minigolf. Siem Reap a tous les atouts d’une ville peut-être trop touristique « à notre goût », en tout cas.

 

img_6808-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Angkor, la majestueuse

Samedi 4 Novembre

4h00 – Bip, bip, bip…

Comme une impression de déjà-vu … Les yeux piquent, on aurait tellement envie de rester encore un peu au lit… Mais nous avons un lever de soleil à voir ! Encore un me direz-vous ; oui oui 😊 Un autre tout aussi magique, celui-ci sur les temples d’Angkor. Avant de vous conter cette fabuleuse journée, il faut que je vous parle des retrouvailles…

Hier soir, nous avons retrouvé sur Siem Reap nos amis et voisins de France. Karine, Christian et leurs 2 enfants Flora et Robin. Ils sont là au Cambodge pour les vacances. Nous nous étions donné rendez-vous  pour passer ces 2 jours ensemble. Lily et Flora sont dans la même classe depuis la maternelle ; imaginez donc l’impatience de Lily depuis ces derniers jours… C’est aussi l’occasion pour Jonas de retrouver un copain, il est content.

DSC_0872

 

Karine a géré l’organisation de ces 2 jours de visite comme une chef 😉

Premier point à régler : le guide.

Nous avons décidé de prendre un guide francophone « Vichet ». Nous sommes ici pour 2 jours de visites de plusieurs temples avec certainement beaucoup d’histoire et d’explications et ce serait dommage de passer à côté.  Pour les enfants, choisir un guide francophone, c’est aussi éviter de leur faire perdre le fil et de s’ennuyer car la visite peut vite tourner au cauchemar. 

Deuxième point à régler : l’hébergement.

Nous avons réservé une chambre dans un hôtel, le Central Indochine d’Angkor sur Siem Reap avec une piscine. Piscine oui je sais cela ne fait pas trop « Mike Horn » comme dirait Martine, mais après les journées de marche, les visites et la fatigue ; nous pensons qu’un brin de « confort » ne fait pas de mal 😉

  • Central Indochine d’Angkor Hôtel – 1 nuit en chambre familiale 4 personnes avec petit-déjeuner 45€

http://www.centralindochine.com

Troisième point : les pass.

Oui les tickets ! Parce qu’il faut bien des tickets… Et là, c’est un peu la douche froide. Nous avons le choix pass 1 jour ou pass 3 jours, on se croirait presque à Disneyland ! Nous choisissons de prendre le pass 3 jours car financièrement il est plus intéressant pour nous. Il faut savoir que jusqu’à février 2017, ce pass 3 jours était à 40 $ par personne. Aujourd’hui, il nous faudra payer 62$ par personne, une jolie petite somme tout de même. Pour les enfants de moins de 12 ans, c’est gratuit, ouf !

Où l’acheter ? Comment ?… quelques bonnes informations ici :

https://www.lonelyplanet.fr/forums/cambodge/tarif-angkor-augmentation-2017-et-nouveau-checkpoint-pour-acheter-les-pas

Bon ok, nous avons le guide, la chambre, les pass ; il ne nous reste plus qu’une bonne bière à partager la veille au soir avec le guide pour décider de notre parcours.

Voici ici un lien intéressant pour organiser son parcours :

http://temples-angkor.fr/site_angkor.html

 

A Angkor, il y a 4 temples auprès desquels on peut admirer les plus beaux levers et couchers du soleil, celui d’Angkor Vat, de Phnom Bakheng, de Prè Rup et de Sra Srang. Nous avons choisi celui d’Angkor Vat connu comme être le plus grandiose.

Angkor Vat est la représentation terrestre du mont Méru, la montagne mythique considérée comme la demeure des dieux dans la religion hindoue. Autrefois, les dieux-rois khmers tentèrent chacun de surpasser leurs prédécesseurs en construisant des sanctuaires de taille et d’envergure toujours plus importantes. Angkor Vat est considéré comme le plus grand édifice religieux de la planète. 

Nous avons réservé deux tuk-tuk pour la journée, ils nous conduiront de temple en temple. Sur les cartes touristiques, on a le choix entre le petit circuit de 17 km ou le grand circuit long de 26 km, on peut ensuite sélectionner les sites. Nous avons 4 enfants avec nous de 7 à 11 ans ; il nous faut donc adapter le parcours.

4h30 – Nous partons de l’hôtel pour aller récupérer nos pass à la billetterie du site, les visages sont encore tout endormis. C’est encore la nuit et pourtant la vie s’anime déjà sur Siem Reap, des cambodgiens préparent leurs étals en bord de route, certains sont même déjà prêts.

IMG_6147

5h – Séance photo 😊 A la billetterie, nous avons droit à notre joli badge avec notre mine à peine sortie du lit !

5h30 – Nous y sommes, nous arrivons devant Angkor Vat, l’entrée est déjà un vrai défilé ! Le site accueille chaque année plus de deux millions de visiteurs ; alors si nous imaginions profiter d’un lever de soleil en toute intimité, c’est loupé 😉

Notre guide nous éloigne de la foule qui se presse à l’entrée. Il nous explique que d’ici, la vue est beaucoup plus jolie « On voit mieux et on est assis ! » Les couleurs du ciel commencent à changer, du noir au gris bleuté, le soleil se lève, le temple est encore une ombre, l’ambiance est mystique.

 

Le site n’ouvre qu’à 7h, le guide prend le temps de nous expliquer que nous nous trouvons ici au centre de l’ancienne civilisation khmère, nous échangeons. Angkor Vat est aujourd’hui une immense source de fierté et l’emblème national du Cambodge. Pendant ce temps, le soleil continue à se lever et le spectacle qui s’offre à nous est majestueux, le temple semble s’élever vers le ciel. Nous restons là à prendre quelques photos, à s’extasier et à rêver…

Ce matin, nous allons commencer par visiter Angkor Vat car le temple retrouve son calme après le lever du soleil nous explique le guide, la plupart des groupes retourne à Siemp Reap pour le petit-déjeuner. Nous, nous l’avons emmené avec nous 😉 Nous le ferons ici.

 

 

On dit que l’on éprouve un moment de frisson quand on passe la chaussée intérieure, je ne l’ai pas ressenti pourtant j’ai bien été envahi par cette sensation d’immensité, on ne peut qu’être subjugué par cette « œuvre d’art ». Angkor Thom est l’un des sites les plus intrigants pour les archéologues car c’était une cité vivante où cohabitaient les hommes et leurs dieux. Oui c’est cela… « subjugué et intrigué ».

Le temple est entouré d’une douve gigantesque, il est aussi le seul à n’avoir jamais été abandonné aux forces de la nature, pas comme le Ta Prohm que nous découvrirons plus tard.

 

 

Je pourrai vous en dire beaucoup plus sur Angkor Vat, des pages et des pages ; sur ses galeries, ses bas-reliefs, ses multiples spécificités dans sa construction, son orientation…

 

 

Le mieux pour les  plus intéressés c’est de consulter ces liens : une vidéo réalisée par l’Unesco et disponible sur le site du patrimoine mondial  et des illustrations animées retraçant la vie sous l’Empire khmer de National Geographic.

http://whc.unesco.org/fr/list/668/video

http://ngm.nationalgeographic.com/2009/07/angkor/angkor-animation

 

Visiter Angkor Vat, c’est y consacrer au moins 2h (une visite en amont au musée de Siem Reap permet d’appréhender certaines subtilités du temple) ;  mais on pourrait tout aussi bien y passer une journée avec un guide. 2h avec les enfants sont suffisantes, levés depuis 4h ce matin, il vaut mieux ne pas trop insister 😉

 

Angkor, c’est aussi la cité fortifiée d’Angkor Thom composée du Bayon, du Baphuon, de l’Enceinte royale et de la terrasse des Eléphants. Angkor Thom est la dernière capitale de l’Empire khmer, cette « Grande Cité » couvre plus de 10 km2. Elle fut construite par un roi au 13e Siècle qui décida après un combat contre les Chams (les musulmans) que son empire ne serait plus jamais vulnérable. Angkor Thom est né, Angkor Thom fascine ; une construction « monumentale » à un niveau jamais atteint. Nous reviendrons dans l’après-midi découvrir le Bayon, le temple d’Etat du roi légendaire Jayavarman VII. Avant, nous partons à l’aventure dans la jungle à la découverte du Ta Prohm.

 

 

Le Ta Prohm est sans doute le vestige le plus séduisant. A notre arrivée, nous sommes impressionnés par ces énormes fromagers, des arbres immenses. On les appelle aussi des piroguiers pour leurs utilisations fréquentes dans la construction des pirogues.

 

 

Autour de nous, des tours et des murs croulants maintenus par des racines, ce temple semble englouti par la jungle, Ta Prohm rappelle à quel point la jungle peut être puissante ! Nous traversons des cours fermés, des couloirs étroits ; sur les murs, des bas-reliefs délicatement sculptés recouverts de lichens, de mousses et de plantes grimpantes. Une lumière douce parvient à passer au travers des arbres, pour certains plusieurs fois centenaires.  

 

 

Pour la petite anecdote, le Ta Prohm a aussi été le lieu de plusieurs tournages cinématographiques comme Lara Croft Tom Raider avec Angelina Joli ou encore Indiana Jones. Jonas s’entraîne déjà à la prochaine scène 😊

 

IMG_6302 

Il est bientôt midi, Jonas n’en peut plus, il faut tout de même avouer que nous explorons ces temples depuis presque 6h maintenant, une pause repas est la bienvenue !

Cette après-midi, nous allons nous contenter de revenir au Bayon dans Angkor Thom et nous rentrerons ensuite à notre hôtel sur Siem Reap, c’est plus sage. Demain une 2ème journée de visite est prévue ; autant ne pas « démotiver » les troupes dès maintenant 😉

 

P1010629

 

Comme je vous le disais un peu plus haut, le Bayon était le temple d’Etat du roi légendaire de l’Empire khmer, Jayavarman VII, un souverain énigmatique d’après ce qu’on en dit avec un égo démesuré et un génie créatif. Le Bayon c’est 54 tours ornées de 216 visages monumentaux. Ces visages au sourire froid pour certains expriment la puissance, l’autorité et la bienveillance, autant de qualité pour un bon souverain ! Enfoui dans la jungle, les chercheurs ont mis longtemps à s’apercevoir que le Bayon occupait le centre exact de la cité d’Angkor Thom.

Où qu’on aille dans le temple, on est entouré de visages de face ou de profil. Beaucoup de touristes s’amusent à se prendre en photo avec, nous les premiers 😉

Vichete nous invite à monter jusqu’au troisième niveau, de là-haut c’est magique dit-il ! « Non maman, j’en peux plus de ces temples ! C’est quand qu’on arrête ?! Moi je n’ai pas demandé à venir voir tous ces temples !! C’est quand qu’on rentre ?!! » Jonas craque… « Courage mon cœur, ce sont les dernières marches, après on rentre. » La journée a été éprouvante pour lui, pour nous aussi !

Encore quelques photos et nous rentrons.

 

« Swimming Time ! » Après une petite sieste, les enfants se jettent à l’eau, une récompense bien méritée.

 

Dimanche 5 novembre

« Ecoute papa dehors c’est l’orage ! » Il pleut depuis cette nuit et pas la petite pluie fine que nous connaissons. « On va faire comment pour visiter les temples ? » demande Lily. Je vois déjà à leurs petits sourires qu’ils s’imaginent rester là pour la journée. « Maman c’est déjà dure pour moi de visiter des temples mais si en plus c’est sous la pluie, je n’y arriverai pas… » supplie Jonas.

Nous rejoignons Christian et Karine en bas pour le petit-déjeuner et discutons « Comment faire… ? » Annuler – pas annuler ? On a payé nos pass de 3 jours, le guide est réservé pour 2 jours et on a même réservé un van pour la journée car nous devons nous rendre jusqu’à Banteay Srei, un temple à une trentaine de kilomètres. C’est difficile d’annuler dans ces conditions ; mais quand on voit la pluie qui tombe… Nous apprendrons un peu plus tard qu’il s’agit des restes du typhon qui a sévi ces derniers jours au Vietnam.

Quand on voit arriver notre guide Vichete avec son poncho de pluie à l’hôtel, on comprend vite que lui n’a pas prévu d’annuler. On lui explique nos craintes, il comprend. Comment faire ?… Il nous propose un compromis qui semble être une bonne idée, on ne fait que la demi-journée et on rentre à midi. Nous sommes en van pour le trajet donc pas de risque de se mouiller et pour le temple, k-way, c’est probable qu’on ait qu’une petite pluie d’ici là et au pire on rentre à midi comme cela on pourra se changer. Vichete nous propose gentiment de réduire son prix sur la journée et de demander au chauffeur de faire de même. Nous sommes tous d’accord, sauf les enfants… « On y va quand même ?!! » Ils se voyaient déjà jouer ici la journée. On négocie avec eux la demi-journée  😉

Banteay Srei est considéré comme le joyau de l’art angkorien, c’est un temple hindou dédié à Shiva. Pour le plus grand bonheur de Jonas, c’est l’un des sites les plus petits d’Angkor ! Il est taillé dans une pierre rose.

 

 

Nous sommes surpris par la finesse exceptionnelle des sculptures ; « on dit que ce serait sûrement des femmes qui aurait édifié ce temple » nous confie Vichete. Le raffinement de ses ornements ne peut que le confirmer ! Je ne dis pas là que les hommes sont moins précis mais tout de même 😉 La beauté et le détail des sculptures ne font que renforcer la splendeur du site.

 

 

Dans ce temple, nous n’avons pas très bonne réputation… En 1923, nous explique Vichete, André Malraux fut arrêté à Phnom Penh avec son épouse Clara, pour avoir tenté de voler plusieurs statues du Banteay Srei. Ce n’est pas joli, joli !

Nous avons beaucoup de chance, la pluie s’est arrêtée depuis que nous sommes arrivés, c’est donc tout secs et fascinés que nous rentrons à l’hôtel. Mais pas que fascinés… Chanceux d’avoir pu voir ce lever de soleil inoubliable sur Angkor Vat, heureux d’avoir déambuler dans des ruines envahies par la jungle au Tha Prohm, émus d’avoir pu découvrir ces sculptures magnifiques et pu contempler ces 216 visages énigmatiques du Bayon.

On dit d’Angkor que c’est l’âme du royaume khmer. Merci Vicente de nous avons partagé ce joyau et l’âme de ton pays, merci pour ta patience et ta gentillesse.

Notre séjour à Siem Reap s’achève et demain matin nous prenons la route pour Battambang plus au sud, demain matin nous quittons aussi nos amis, Lily profite de ses derniers moments avec sa copine Flora « Maman, c’était trop court… » Les aurevoirs risquent d’être difficiles, « Vous vous appellerez, vous vous écrirez ! » Merci WatsApp 😉  

 

 

Voici les coordonnées d’un guide francophone qui mérite d’être partagé ! Vichet n’est pas seulement guide pour les temples d’Angkor, il fait aussi découvrir Siem Reap et la région.

Vichet lay 

Phone : +855 12 253 133

Whatsapp : +855 12 253 133

Émail: layvicheth@yahoo.com 

Je termine cet article avec une pensée toute spéciale pour ma copine maîtresse Véro 😉 « Aujourd’hui,

je comprends beaucoup mieux pourquoi Angkor c’est ton rêve… ! »

Kampot et la douceur de vivre.

Dimanche 29 octobre

On dit que la province de Kampot est l’une des destinations les plus attirantes du pays, villages décontractés, paysages luxuriants, des grottes mystiques et son poivre considéré comme le plus raffiné sur la planète (oui Martine promis je pense à toi 😉). Nous avons décidé de nous abandonner dans cette région pendant 4 jours.

Notre point de chute sera la cité de Kampot, nous avons trouvé une chambre dans un hôtel bon marché au Borey Vatanac Guesthouse à côté du centre. Le meilleur moyen pour explorer ces merveilles en toute liberté est le scooter, il faut juste que je ne me trompe pas de côté, nous roulons à droite ici 😊

Nous arrivons à Kampot dans l’après-midi avec un mini bus de la Compagnie Sorya. Quand nous avons réservé nos billets sur le site Camboticket nous avions vu le trajet Phnom Penh-Kampot en express. On peut effectivement considérer ce trajet « express » mais sécurisant pas du tout !! Ici au Cambodge, il roule vraiment n’importe comment ! Ludo n’en revenait pas, moi j’ai préféré ne pas regarder la route…

Quel plaisir de retrouver cette douceur de vivre et le calme en dehors de Phnom Penh, moins de klaxon, moins de monde dans les rues, moins de scooter sur les routes, nous pouvons même traverser la route plus sereinement ; nous nous sentons ici comme dans une ville de bord de mer au mois d’avril. Il y a bien quelques touristes mais ils se fondent dans le paysage.

Ce soir, nous découvrons une autre vie au bord de ce fleuve bien moins impressionnant que le Mékong ; le coucher de soleil qu’il nous offre le rend néanmoins tout aussi magique.

 

Le long des quais, des péniches qui offrent détente et plaisir de vivre. Nous montons sur l’une d’elles et nous ferons ce soir notre plus belle rencontre de nous séjour ici, cette péniche deviendra aussi notre « Mojito Time » de nos fins de journée 😊

Elle est tenue par une jeune fille, la vingtaine, très agréable qui parle bien anglais. A bord ce soir, il y a aussi sa maman, ses 2 jeunes frères et sa sœur. Jonas et Lily s’avancent, le tour est joué ! Un jeu de dé, un puissance 4, quelques gestes pour se comprendre et des rires !

 

Au bord du fleuve beaucoup d’autres péniches offrent pour 5$ par personne une croisière sur le fleuve avant la tombée de la nuit. Nous préférons rester là dans cette ambiance familiale, on s’y sent un peu chez soi.

 

Lundi 30 octobre

Aujourd’hui nous explorons les alentours de Kampot. Ludo a loué 2 scooters la veille pour nos trois jours ici ; question budget et liberté c’est ce qu’il y a de mieux. La location d’un scooter nous revient à seulement 4€ par scooter pour la journée. Nous nous sommes renseignés pour aller jusqu’à Kep mardi, en tuk-tuk, il faut compter 25$, le calcul est vite fait. Nous serons donc des « riders » ces 3 jours. Jonas entamera même sa conduite accompagnée 😉

Les alentours de Kampot sont riches : montagnes, villages, rizières, rivières, temples et grottes… Mathilde, notre amie nantaise qui a vécu ici pendant 1 an, nous a conseillé de passer plusieurs jours ici, elle disait qu’il y faisait bon vivre, je sens qu’elle avait raison !

Ce matin, nous avons choisi d’aller jusqu’aux rapides de Tek Chhouu. Plus une rivière que des rapides, cet endroit est apprécié par la population locale qui aime venir ici pour se rafraîchir et partager un moment de détente nous a-t-on dit.

C’est facile à dit Ludo ! On passe le vieux pont, 1ère à droite, ensuite à gauche et toujours tout droit pendant… je ne me souviens plus  😉

La route file droit vers la montagne, le paysage est toujours aussi vert, la montagne en toile de fond, l’ambiance change. « Toujours tout droit ! » Oui mais là il y a un péage improvisé au milieu de la route « 1$ please ! » Nous devons payer pour continuer notre route jusqu’aux rapides. Quelques kilomètres plus loin, nous apercevons une rivière en contrebas, nous continuons et arrivons dans un village en bord de route. Des cabanes en bois ouvertes sur pilotis et des échoppes bordent la rivière. Nous devons être arrivés. C’est le cas !

Il suffit de descendre à pied derrière ces cabanes pour découvrir les rapides.

 

Au bord de l’eau, une famille de cambodgiens est installée. Cela ressemble à une réunion de famille, un homme âgé est tout vêtu de blanc. On s’interroge, une cérémonie sûrement mais laquelle ?

Nous cherchons et découvrons qu’ici au Cambodge, certains moines bouddhistes peuvent revêtir une tenue blanche lors d’une ordination, ils doivent au préalable se raser la tête et respecter les 10 préceptes des lois bouddhistes ; il y a aussi les nonnes qui sont vêtues de blanc mais pour elle c’est leur tenue quotidienne contrairement aux bonzes qui sont habillés avec leur tunique orange (couleur de l’illumination et de la joie nous confie un guide).

Les nonnes ne suivent pas les 10 lois bouddhistes comme les hommes car elles sont trop rudes nous explique-t-on. Elles participent à la vie des pagodes, vivent dans le respect de certains de ces préceptes mais ne peuvent être considérées comme les moines. « C’est trop nul, ce n’est pas normal ! Elles devraient pouvoir avoir les mêmes droits ! » dit Lily, ma petite féministe préférée 😉

« Maman, on peut se baigner ?! » demandent Lily et Jonas en cœur. Mais bien sûr ! Dans la rivière, des enfants sont déjà dans l’eau, ils s’éclaboussent, se poussent, rient, une scène joyeuse et enfantine s’offre à nous

 

Plus timides qu’en Indonésie, les jeunes cambodgiens n’osent pas s’approcher des enfants, Lily s’y tente, un papa parle à ses enfants et leur dit de venir, ils refusent. Lily est déçue. Je n’explique pas cette différence d’attitude, il me semble qu’il y a comme une certaine crainte, toujours un peu de curiosité mais avec une barrière qu’on n’avait pas ressenti en Indonésie.

Je m’installe dans un hamac au bord de la rivière et profite moi aussi de cette pause « cambodgienne », à côté de nous une nouvelle famille arrive, toujours ces 3 générations ensemble, un grand-père au visage si marqué et à la fois si serein, un papa joueur avec son petit garçon, et une petite fille qui partage avec sa grand-mère une toilette coquette 😊

Ils paraissent tellement joyeux, la vie semble simple quand on les regarde et pourtant leur quotidien est tout autre.

 

 

Il est 12h et nous décidons de manger dans un des stands qui longent la route au bord de la rivière.

Des feuilles de bananiers grillent sur de la braise, dedans… surprise ! Je suppose qu’il y a des bananes. J’en achète une, je goûterai. Un peu plus loin, une dame est assise à un stand, il me semble qu’elle mange une soupe ? Je lui demande si c’est bon. Nous nous installons et en commandons. « C’est une soupe à quoi maman ?! » Je ne sais pas, il y a des pâtes, c’est sûre mais le reste… On verra bien ! En attendant, je découvre l’intérieur de ma feuille de bananier, cela ressemble bien à une banane mais en beignet, c’est juste exquis ! Le beignet est fait avec un riz gluant fris. Ludo goûte et s’empresse d’aller en acheter deux de plus. Nos découvertes culinaires ne sont pas aussi étranges qu’à Phnom Penh, je repense aux œufs à la cambodgienne en disant cela 😉

 

« C’est trop bien papa ici ! On pourra revenir ?! » Nous sommes d’accord, l’endroit vaut le détour et même avec un péage « improvisé » à 1$ !

Pendant que nous mangeons nos soupes aux nouilles, germes de soja et jambon de … (on ne sait pas quoi) ; un cambodgien s’assoit auprès de nous. « Where do you come from ? » France ! and you ? Il nous explique qu’il est né ici au Cambodge, qu’il a dû vivre dans la jungle au nord pendant 4 ans pendant la période des khmers rouges et qu’il est ensuite parti pour l’Europe, il vit aujourd’hui à Londres, il est professeur à l’université.

Nous échangeons un moment sur la région et surtout sur le nord, il nous confie que la région de Siem Reap est selon lui la plus fabuleuse du Cambodge ; je peux sentir dans sa voix son attachement et l’émotion avec laquelle il en parle. Nous le remercions et nous reprenons la route.

Direction à l’est, les grottes de Phnom Chhnork, nous prenons la route direction Kep, une ville balnéaire.

IMG_5882

 

Des paysages de collines et de rizières nous entourent, les couleurs sont encore une fois magnifiques même avec cette lumière aveuglante. La chaleur ne tombe pas, nous avons toujours très chaud, 35 – 36° degrés, notre température moyenne.

15 minutes que nous roulons et nous quittons la route centrale qui mène à Kep pour un chemin de terre, il faut traverser la campagne pour arriver jusqu’à la grotte. Ici, encore et toujours autant d’enfants de partout, j’ai lu que 40% de la population au Cambodge à moins de 14 ans. « Hello ! Hello ! » Ils sont contents, nous sourient, nous font signe ; certains en uniforme d’école, d’autres pas. Ils sont vraiment livrés à eux-mêmes ces enfants me dis-je. Ils s’improvisent même guide !

 

 

Nous arrivons à la grotte ; un escalier de 203 marches, non, je ne les ai pas compté, c’est « Lonely » qui le dit 😊, gravit la colline puis redescend jusqu’à une caverne impressionnante. Elle paraît aussi immense qu’une cathédrale. A l’intérieur de la grotte, notre jeune guide de l’âge de Lily nous fait découvrir des stalagmites évoquant des formes d’animaux, c’est un petit jeu, nous devons découvrir lequel. Un éléphant ! Nous avons même droit à la tête de la vache qui rit 😊

 

 

La caverne principale abrite un temple de brique hindou dédié à Shiva. Ce temple date du VIIe siècle, la grotte l’a vraiment bien préservé.

 

 

« You want to go ? » Notre jeune guide nous laisse le choix de passer par l’intérieur de la caverne pour redescendre ou emprunter les 203 escaliers. « Allez maman, viens on passe par dedans !! » Je sens bien que Ludo aussi en a envie. « C’est parti mon kiki ! » comme disait Emanuel notre driver guide en Indonésie !

C’est une séance d’escalade qui nous attend dans le noir de la caverne… Lily et Jonas crapahutent, je ne suis pas rassurée du tout ! J’ai l’impression de descendre dans les méandres de la terre ; des chauves-souris ont élu domicile, magnifique, il ne manquait plus que ça ! Nous avançons doucement plus à cause de moi que des autres 😉

La lumière du jour apparaît ! « Courage maman, on est bientôt arrivé ! » Je retrouve mes coachs en herbe. « Encore un petit effort ! »

Note pour plus tard : les grottes, ce n’est décidemment pas pour moi !

 

 

Il est temps pour nous de rejoindre Kampot, notre QG « mojitos », maman en a bien besoin pour se remettre de ses émotions 😉 Nous reprenons notre chemin chaotique jusqu’à la NH33, la grande route. Le soleil est en train de descendre dans le ciel, les lumières et les couleurs ont changé.

Sur le chemin nous nous arrêtons devant une maison traditionnelle sur pilotis « d’après vous les enfants, pourquoi les maisons sont construites sur pilotis ? » Lily s’empresse de répondre « Pour avoir une plus jolie vue ! » Avec Ludo on sourit. Autour de nous, des rizières, des marécages, nous sommes à la fin de la saison des pluies qui commencent ici en juin jusqu’en octobre. Ils finissent par comprendre.

 

 

« Il y a pourtant bien des maisons sans pilotis maman ! » dit Lily. « Ils doivent alors avoir les pieds dans l’eau eux ! » Sur ce chemin de campagne, les maisons se succèdent et les différences de richesse avec. Il n’y a pas de quartier « résidentiel » ou « populaire » ici. Face à face, deux maisons et sûrement pas le même quotidien pour chaque habitant.

 

 

Mardi 31 Octobre

Rabbit Island nous voilà !

7h30 – Nous enfourchons notre monture (= notre scooter) et nous prenons la direction de Kep, une ville à environ 30 kms à l’est de Kampot. Il nous faudra environ 40 min pour rejoindre l’embarcadère. Ma conduite s’est améliorée mais les routes cambodgiennes restent des routes cambodgiennes : camions, scooter, 4×4, goudronnée, pas goudronnée et des stops qui ne sont pas toujours des stops…

Il est 9h nous embarquons dans un petit bateau à moteur. Il y a du vent ce matin et la mer est agitée. Les 30 min de traversée sont largement suffisantes. Le bateau tangue, je vois que Jonas est aussi rassuré que moi… Je préfère le laisser auprès de Ludo pour ne pas lui faire plus peur. Et à l’image de Jonas qui dit « Nous sommes de grands marcheurs », ce matin je me dis « Et au pire, nous sommes de grands nageurs 😊 ».

 

 

Tout est bien que finit bien… Nous débarquons sur Rabbit Island ! Il est 10h et le bateau vient nous reprendre à 16h.

Une journée détente et plage en perspective.

La plage est un petit bandeau de sable de 200m environ bordée de palmiers, de transats et de hamacs. Derrière nous, l’île ou plutôt une jungle a priori inhabitée. Nous nous installons dans une petite cabane en bois sur pilotis. Lily et Jonas sont déjà à l’eau. « Maman, on ne voit pas les poissons ici ! » La mer n’est pas aussi clair que nous l’avons connu en Indonésie. On s’habitue vite aux eaux turquoise 😉

Je m’installe dans un hamac et là à cet instant je me dis que la journée va faire du bien. Notre rythme est plutôt soutenu et même si je réalise que nos journées ne sont pas des journées de travail, elles n’en sont pas moins reposantes (et là j’imagine bien vos mous quand vous lirez cela et vos réflexions « Ils sont quand même en vacances pendant 9 mois… !! » 😊 )

 

 

La matinée passe doucement. « Maman, j’ai faim ! » C’est vrai qu’il faut nourrir nos estomacs. En m’approchant de la paillotte qui fait office de restaurant, je vois une petite fille qui pleure, elle à l’air malade, une vieille dame lui frotte le dos avec du citron. Je m’approche. Elle ne parle pas l’anglais mais je comprends vite en la touchant qu’elle a de la fièvre. La vieille dame me fait comprendre qu’elle a attrapé froid. Son regard me touche terriblement. Demi-tour, j’ai toujours une petite trousse de pharmacie avec moi. Je m’empresse de lui ramener 2 sachets de doliprane. La vieille dame me sourit, elle a déjà compris. Un peu d’eau et un sourire un peu forcé de cette petite qui a encore des larmes sur ses joues, j’espère qu’elle ira un peu mieux.

A ce moment-là, je repense à Jeromine et à Mathilde, nos deux amies nantaises rencontrées en Indonésie pendant notre Komodo Trip. Elles se sont retrouvées dans une même situation sur l’île de Flores ; une famille avec une petite bien malade et pas les moyens de lui acheter le médicament nécessaire. Maman ou pas, on ne peut pas se résoudre à accepter cela ; tout du moins, on ne peut pas passer son chemin en fermant les yeux. J’ai aimé l’image de nos amies se rendre à la pharmacie la plus proche et ramener ce précieux médicament parce que c’est ça aussi voyager dans des pays plus défavorisés. Ce n’est pas seulement profiter de jolies plages, manger du bon poisson pour quelques roupiah et profiter de cocktails à 1€. Alors, bravo les filles pour ce joli geste d’amour.

Notre journée « beach and presque sun » se poursuit. Jonas en profite pour nous faire rire 😊

 

 

C’est à mon tour de ne pas me sentir bien, certainement quelque chose qui n’est pas passé. Des crampes, quelques sueurs, je ne me sens pas bien. Trousse à pharmacie me revoilà. Ludo m’invite à me retourner vers la paillotte. « Pourquoi ? Je ne me sens pas bien ! » Regarde me dit-il ! Au loin, la petite fille a repris de son sourire et de son énergie enfantine ! Elle joue. Je suis contente de la voir ainsi. Avant de partir tout à l’heure, j’ai laissé à la vieille dame un sachet de doliprane en plus. Elle dormira bien cette nuit.

 

P1010367

 

Il est 15h, Ludo me propose de nous rapprocher des bateaux, il voit que je ne vais pas bien et s’inquiète, c’est mignon. Moi je me demande comment je vais bien pouvoir rentrer jusqu’à Kampot en scooter… D’ici là peut-être que les médicaments feront effet.

La traversée se passe bien mieux qu’à l’aller, heureusement ! La mer est plus calme.

 

IMG_5978

Il est 16h, nous arrivons à l’embarcadère de Kep ; nous profitons d’un moment de répis pour y aller. La journée n’aura pas été telle qu’on l’imaginait et même couchée pour la soirée je souris en repensant au regard de cette petite fille avant notre départ de l’île. Un petit bonheur, un bonheur simple.

 

Mercredi 1 novembre

« On va pêcher comme tonton Pablo maman ! » me dit Jonas au réveil ce matin. Nous avons réservé une excursion de pêche avec Captain Chim’s. Il est aussi réputé sur Kampot pour les croisières au coucher du soleil, les sorties d’observation des lucioles, sa guesthouse, son restaurant traditionnel ; nous nous contentons ce matin par la pêche 😊

Nous embarquons sur un bateau traditionnel, 3 cannes à pêche, des hameçons, « Il nous faut notre repas de midi les enfants ! » Nous naviguons un peu sur la rivière avant de nous arrêter, sur les berges des bateaux de pêcheurs amarrés, l’essentiel de leur activité se trouve sur ce fleuve. En fin de journée, on peut apercevoir le ballet de tous ces bateaux qui partent pour la nuit. Nous nous arrêtons, le capitaine prépare les cannes avec les enfants. Lily et Jonas sont tous excités « Je vais pêcher mon fish pour midi ! » crie Jonas.

 

 

12h- Nous rentrons jusqu’au restaurant de Captain Chim’s « Where is your fish ?! » demande le patron « In the river ! » Avec Jonas, nous en avons bien attrapé un chacun mais le mien il m’a tellement fait peur que je l’ai rejeté à l’eau et Jonas a préféré relâcher le sien en bon samaritain. Nous ne sommes encore que des novices tonton Pablo 😉

Il nous faudra donc la carte pour commander ce midi !

 

 

La région de Kampot est aussi comme je vous le disais réputée pour son poivre. Avant la guerre civile, tout grand restaurant parisien utilisait du poivre issu de cette région ; malheureusement es Khmers rouges ont détruit les plantations de poivre pour face place à des rizières. C’est grâce à un groupe d’entrepreneurs et de gastronomes passionnées que je pourrais goûter un crabe au poivre ce soir !!

On dit de ce poivre qu’il à l’arôme délicat et puissant à la fois. L’épice est cultivée dans des plantations familiales. Le poivre de Kampot est si exceptionnel qu’il est le premier produit cambodgien à avoir bénéficié d’une indication géographique protégée (IGP, l’équivalent de l’AOP). Ses ventes ont eu des répercussions importantes sur le niveau de vie des cultivateurs locaux. Une bonne initiative.

J’ai donc envie d’aller voir ! A Kampot, la boutique de FarmLInk est le pionnier de cette production. On peut y voir le séchage du poivre dans le jardin à l’avant et visiter la salle de tri. Malheureusement pour nous, c’est la fête de l’eau et la boutique est fermée annonce le panneau sur le portail…

On devra se suffire des quelques explications de « Lonely » sur le sujet. La cueillette des baies se fait de février à mai. Le poivre noir est issu de fruits presque à maturité et séché au soleil, le poivre rouge provient de fruits entièrement mûrs et le poivre blanc est tiré de fruit mûrs débarassé de leur écorce dans l’eau.

La période de septembre à février est celle du poivre vert dont les grains doivent être consommés immédiatement après la récolte. La spécialité de crabes fris au poivre vert permet de le goûter dans toute sa subtilité, un vrai délice je vous l’assure !!

Il faut compter 30$ le paquet de 300 gr. Voilà pour le petit cours culinaire, maintenant à vos crayons, évaluation : « Comment obtient-on le poivre blanc ?! » 😉

Après avoir fait « chou blanc » devant la boutique de FarmLink, nous tentons le marché central de Kampot, Ludo cherche un hamac et moi du poivre pour Martine !

 

 

Ce soir, c’est notre dernière soirée sur Kampot et je n’ai pas envie d’en repartir sans goûter ce crabe au poivre. Ludo demande conseil à notre guesthouse. Il nous explique qu’il y a un restaurant cambodgien juste avant le nouveau point « on the riverside ». Ce soir, je mangerai mon premier crabe au poivre vert, ce soir je dégusterai mon premier crabe au poivre vert plutôt ! Je n’ai jamais mangé un truc pareil ! Un délice.

IMG_6046

 

Jeudi 2 Novembre

Aujourd’hui attention ! Chargez vos liseuses, vos téléphones, votre PATIENCE … c’est une journée de bus qui nous attend…

Kampot – Phnom Penh, départ 7h30 arrivée 11h30

Phnom Penh – Siem Reap, départ 14h30 arrivée 21h

Aujourd’hui, nous traversons le Cambodge du sud au nord, les temples d’Angkor et la famille Boucher, nos amis de France, nous attendent ! Lily est tellement surexcitée de rejoindre son amie Flora à Siem Reap pour les 3 prochains jours que même si nous lui disions qu’il y a 2h de plus, elles passeraient inaperçues 😉

Notre pause repas sur Phnom Penh sera tout de même appréciée par tous, y compris ce repas qui nous laissera tout de même dans un bref moment de solitude !

Arrivés à la gare routière, une chaleur insupportable, nous avons nos 30 kilos chacun sur le dos et 3h d’attente avant de repartir. Nous cherchons un endroit où se poser, là devant un petit restaurant, nous entrons. Quelques ventilateurs, ouf ! C’est déjà ça ! Juste le temps de se rendre compte que nous sommes dans un restaurant chinois, sur le mur tout est en chinois, la carte sur la table en chinois, autour que des chinois… Première réaction : « On fait quoi ? »… Deuxième réaction : regardons un peu autour de nous ce qu’ils mangent… Troisième réaction : « Guillaume à l’aide !! » 😊 😊 (Guillaume est un ami qui a vécu longtemps en Chine)

Une dame s’approche une carte à la main traduite en anglais, nous sommes sauvés !

Nous repartons de Phnom Penh pour nos 6h30 de bus restant l’estomac plein et un souvenir plutôt marrant.

 

Où dormir ?

  • Borey Vatanac Guesthouse – 10$ la nuit pour 4 personnes – propre mais sans restaurant donc pas de petit-déjeuner sur place.

Où manger ?

  • Captains Chim’s (St 724, plats 2-4$) – Ce restaurant est réputé pour ses petits-déjeuners et ses spécialités cambodgiennes comme le loc lak (bœuf) ; le Fish and chips et les vegetable noodles sont très bons aussi 😊