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Kratie, « fall in love »

Mardi 14 novembre

Nous voilà arrivé à Kratie, dans l’Est du Cambodge depuis hier soir. Nous sommes arrivés de Phnom Penh avec un mini bus de la compagnie Taing KimSeang Express réservé sur Camboticket , 4h30 de trajet sur une route chaotique pendant la moitié du parcours et sur une piste pour l’autre moitié du trajet. « Rappelle-moi, me dit Ludo, nous avons réservé un bus de nuit pour le retour ?! On s’est fait avoir 😊 On ne pourra jamais dormir !! » On éclate de rire.

D’habitude on arrive à passer ces temps de bus plus ou moins bien avec un peu de lecture, un temps d’école, lecture et mails mais là ; hier, tout est resté bien rangés dans les sacs ! Ludo a même échoué à sa tentative de boire de l’eau 😊

 

C’est bien secoué que le chauffeur nous laisse « on the riverside » avec nos sacs. La chambre que nous avons réservée n’est pas très loin, les enfants sont fatigués par ce trajet, nous les motivons « Allez, on y est presque, et puis on a de la chance, vous avez vu l’orage sur la route, on aurait pu avoir le même ici ! » … « Maman, je sens des gouttes… » Et bien voilà, on y est ! Sous la pluie !

Plus tard nous y repenserons et nous nous dirons que cette pluie a été une vraie chance… Elle nous a permis de rencontrer Soda « Mister Soda » ! Il passait par là juste au moment où nous allions poursuivre avec nos ponchos de pluie et nos sacs. « You need help ?! » Soda me tend une feuille écrite en français, un chauffeur de tuk-tuk francophone, c’est énorme. Sur le chemin, il nous vend ses services pour notre séjour avec cette bonne humeur qui nous fait du bien après la journée que nous venons de vivre. Nous gardons son téléphone « Maybe we call you ».

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Notre chambre donne sur une grande terrasse au 2ème étage d’une guesthouse au bord du mékong ; il faisait nuit quand nous sommes arrivés, nous n’avons pas pu profiter de ce merveilleux coucher de soleil que nous découvrirons le lendemain.

 

Pek, le gérant, parle très bien français, il fait aussi parti de la police touristique de Kratie. Sa femme travaille avec lui. Ils ont trois enfants, 4ans, 3 ans et 18 mois. Les deux premiers sont chez papi et mamie nous explique Pek « C’est plus facile pour le travail. ».Avec le petit dernier, Dima, Jonas passera de long moment. 

 

Il y a aussi Kina, une jeune fille de 23ans qui est attendrie par les enfants. Lily et Kina ne se lâcheront pas de tout notre séjour ici. Kina parle très bien l’anglais, elle est partie de 14 à 18 ans comme fille au pair dans une famille anglaise en Malaisie, elle est revenue pour repartir deux ans plus tard partager sa passion culinaire en Thailande à Bangkok où elle proposait des cours de cuisine en anglais à des touristes. Kina c’est un soleil qui nous illumine même le soir, quelle générosité et quel enthousiasme ! Elle me dit qu’elle cherche une famille française qui pourrait l’accueillir en échange elle aime tellement les enfants qu’elle pourrait s’en occuper. « Oui maman, dis oui !! Elle pourrait venir chez nous ! » Mais nous ne sommes pas en France ! « Keep my mail Kina, when we come back in France, why not ! 😉 »

 

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Nous avons décidé de venir dans la jolie province de Kratie pour deux raisons : les dauphins de l’Irrawady et le territoire sauvage et reculé du Mondolkiri. Cette partie du Cambodge est traversée du nord au sud par le Mékong ; la plupart des habitants gagnent leur vie grâce au fleuve.

Nous avons prévu de rester 5 jours à Kratie et nous prendrons la route pour le Mondolkiri dimanche.

Ce matin nous partons dans la camionnette de Pek avec 3 anglais et 3 kayaks à 15kms au nord. D’après ce que nous avons entendu Kampi est l’endroit idéal pour observer les rares dauphins de l’Irrawady.

Le dauphin de l’Irrawady est un dauphin d’eau douce qui peuplent quelques tronçons du Mékong au Cambodge et au Laos, et certaines eaux du Bengladesh et de la Birmanie. C’est un cétacé bleu-gris sombre qui peut atteindre 2,75m de longueur et 130 kilos à l’âge adulte. On le reconnaît à sa large tête ronde et à sa nageoire dorsale plus fine. C’est un nageur lent, bien qu’il circule dans les grands fleuves, c’est un dauphin océanique, il peut donc vivre en eau douce ou salée.

Les dauphins de l’Irrawady du fleuve du Mékong sont classés sur la liste des espèces en danger critique d’extinction, encore une conséquence néfaste de l’Homme. Il faut savoir qu’avant la guerre civile, près d’un millier de dauphins peuplaient les eaux cambodgiennes. Sous Pol Pot, ils ont été chassés pour leur huile ; leur nombre continue de chuter dans des proportions alarmantes à cause de la dégradation de leur habitat, certains sont aussi étranglés par les filets de pêche. Les experts estiment qu’il reste moins de 85 individus dans le Mékong, de Kratie à la frontière du Laos.

Pour tenter de les apercevoir, il y a deux solutions : un bateau à moteur à l’embarcadère de Kampi ou le kayak en réservant une excursion directement à Kratie. Nous avons préféré la deuxième solution, plus nature !  Et nous aurons peut-être plus de chance d’en apercevoir car le bruit dérange les animaux.

Notre guestHouse « Silver Dolphins » propose ce type d’excursion sur ½ journée, 26$ pour un adulte, 23$ pour un enfant « It’s more expansive ! » répond Ludo à Pek le gérant. 98$ pour nous 4, c’est trop, nous avons décidé d’économiser pour notre trek de 3 jours dans le Mondolkiri. Nous en parlons avec Pek et lui expliquons aussi notre aventure en famille ; « How much you can ? » Il accepte notre budget de 60$ pour nous 4.

« Papa, tu crois qu’on va en voir des dauphins de l’Irrawady ? » Cette scène m’en rappelle une autre un peu identique il y a plus d’un mois en Indonésie dans les îles de la Sonde… « Papa, tu crois qu’on en verra des dragons de Komodo ? » Le guide à l’époque avait répondu « If we are lucky 😊 » Alors ce matin, nous leurs répondrons la même chose : si nous avons de la chance 😉

Arrivés à Kampi, nous déchargeons les canoës et les mettons à l’eau.

 

Le Mékong est encore plus impressionnant quand on y navigue dessus. Il paraît si calme et pourtant nous nous rendons vite compte qu’il y a un sacré courant. Nous passons par des petits rapides, autour de nous des arbres qui poussent on ne sait comment, complètement immergés ! Au milieu du fleuve des bancs de sables. Pek nous dit de ralentir, nous arrivons vers « la maison des dauphins ». On se laisse porter par le courant, là attentif, à l’affut d’un signe. « There ! There ! Dolphins ! » C’est très rapide. On le voit aussitôt replonger. Il réapparait une nouvelle fois tout aussi rapidement. Il faut attendre nous dit Pek. Nous décidons de pagayer jusqu’à un banc de sable et y patienter. Lily et Jonas en profitent pour se baigner dans le Mékong, ils glissent et rient.

 

 

 

Au loin, des bateaux à moteur s’avancent avec des touristes « Oh non !! Ils vont les faire fuir ! » Plus de dauphin à l’horizon… Nous reprenons les canoës « Nous allons essayer un peu plus loin » nous dit Pek.

« Là, là, maman ! Regarde ! » Au loin, un dauphin 😊 Nous avons eu de la chance aujourd’hui, nous aurons vu des dauphins de l’Irrawady ! On ne pourra malheureusement pas vous partager des photos comme on a pu le faire avec les dragons de Komodo, qui étaient certes plus immobiles ! En échange, on a quelques belles photos, une affiche des fameux dauphins (que vous puissiez voir à quoi ils ressemblent tout de même !) et une petite vidéo de notre « navigation » sur un fleuve qui invite à la sérénité et l’émerveillement, le Mékong.

 

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Et nous rentrons par une route aussi chaotique que la veille…

 

De retour à la guesthouse en début d’après-midi, nous ne bougerons plus, la chaleur terrible (37° degrés) et « The Kayak Time » nous a épuisé. Biafine, lit, musique, danse et rire dans notre chambre, voilà un joli programme pour finir cette journée bien chanceuse 😉

 

Mercredi 15 novembre

« Que fait-on aujourd’hui ? » Première et très importante question au réveil de Ludo ce matin 😉 Ma réponse « Je ne sais pas. » Réponse toute aussi pertinente ! « Appelons Mister Soda ! » y répond Ludo. On avance !!

« Hello Soda ! Ah pardon c’est vrai tu parles français … ! Es-tu disponible aujourd’hui ? » Soda m’explique qu’il donne des cours de français dans un collège. « Demain peut-être ? » Nous prenons rendez-vous avec lui pour le lendemain, je raccroche et toujours la même question « Que fait-on aujourd’hui ? »

En face de Kratie, il y a une île sur le Mékong, « on peut y aller ? » Nous avons notre programme ! Direction le petit déjeuner et nous verrons comment s’organiser.

L’île de Koh Trong est un imposant banc de sable de 6 km situé au milieu du fleuve, on peut y accéder en bateau de Kratie.

Nouvelle question très importante pendant le petit déjeuner « On loue un vélo ou pas pour y aller ? » L’idée c’est de faire le tour de l’île et par cette chaleur, il fait déjà 25° degrés à 9h, marcher avec les enfants ce n’est pas envisageable. On peut louer un vélo ici et embarquer avec pour 500 riels de plus, on peut même embarquer avec un scooter pour 1 000 riels de plus. « On y va à pied et on demandera à un tuk-tuk sur place » dit Ludo.

Nous embarquons dans cette navette au milieu des cambodgiens, d’un sac de poisson accroché au-dessus de nos têtes, et d’un scooter, je ne me lasserai jamais de ces moment-là 😊 1 000 riels / personne la traversée, 1$ à 4.

 

« Maman, il n’y a pas de tuk-tuk ici, je n’en vois pas ! » me dit Lily. Effectivement… pad de tuk-tuk… Il y a bien une moto-dop un peu plus loin mais pas de conducteur. Une moto-dop c’est une moto avec une benne accrochée derrière. « You want a scooter ? » Un jeune homme nous propose son scooter et celui de son ami contre 10$. Ludo négocie un moment avec eux et nous lui payons 6$ pour les 2.

« Maman, t’es sûre que tu vas y arriver ?! » Nouveau challenge : un scooter à vitesse ! J’ai droit à un rapide cours de mon mari, ici c’est pour passer les vitesses, ici tu freines, tu démarres au point mort et voilà. Une île, c’est bien pour commencer une nouvelle expérience 😉 En avant ! « Tu sais que c’est la dernière étape avant la moto » me dit Ludo un peu plus loin. « Même pas en rêve !! »

 

A droite, un banc de sable qui s’avance dans le Mékong, le paysage est magnifique à voir. Nous nous arrêtons, Lily et Jonas s’empressent d’y descendre et d’y jouer « Maman, j’ai cassé ma tong ! » Et bien, tu marcheras pied nu… 😉 Ce n’est pas du sable mais de la boue le banc de sable, les enfants s’amusent à enfoncer leurs pieds dedans.

 

Nous poursuivons notre découverte ; au centre, des champs, des plantations et des vaches. On comprend vite que l’île de Kho Trong est tournée vers l’agriculture. Devant toutes les maisons, des réserves de foin pour les bêtes et des machines pour retourner la terre. Rizières, plantation de soja, bananiers, maïs et d’autres légumes… Ici la spécialité, c’est la culture des pomelos. La terre sur l’île semble fertile.

 

La balade se fait en toute quiétude, pas de voiture et une seule petite route qui fait le tour. Nous avons droit à un accueil chaleureux, les habitants nous saluent, les enfants viennent à notre rencontre. La vie paraît beaucoup plus calme ici.

 

De retour à notre chambre, on sourit, pour une journée qui n’était pas improvisée, c’était encore une fois une jolie découverte.

« Et maintenant maman, on fait quoi ?… Ecole !! » Je ne suis pas certaine que c’était la réponse qu’ils attendaient 😉

 

Jeudi 16 novembre

Aujourd’hui je vais commencer par vous présenter une famille qui m’a beaucoup touché, la famille de Soda. Mister Soda, comme il se fait appeler en riant, n’est pas qu’un conducteur francophone de tuk-tuk à Kratie, c’est le 3ème enfant d’une famille de 5 du village de Kou Loab. Rappelez-vous, nous l’avons rencontré par hasard le soir de notre arrivée sur Kratie.

La famille de Soda, c’est un papa de 63 ans, agriculteur dans les rizières familiales, ébéniste et ancien militaire nous explique-t-il entre deux phrases en cambodgien que son fils nous traduit ; la famille de Soda c’est aussi une maman plus discrète qui semble beaucoup aimé les enfants, « elle se sent seule la journée » nous confie Soda,  c’est aussi une grande sœur de 39 ans, analphabète, elle ne sait que parler le khmer et travaille dans les champs, puis deux petites sœurs plus jeunes que Soda, l’une tient une épicerie après être partie en Thaïlande et au Japon pendant 5 ans pour travailler en tant que cuisinière et économiser pour ouvrir son épicerie dans son pays, l’autre enseigne les mathématiques dans un collège et le dernier un petit frère qui vient de finir le collège et apprend le métier d’agriculteur avec son papa, « c’est lui qui s’occupera des rizières ! » dit Soda.

Ce matin, nous avons la chance de rencontrer cette famille, Soda nous ouvre les « portes » de son village, de ces maisons et de leurs cœurs, leurs regards sont plein de bonté et d’amour. « Juste 5 minutes, je m’arrête voir ma grand-mère, tu veux venir ? » En haut des escaliers d’une maison sur pilotis, attend une vieille dame, le regard dans le vide, « elle a 98 ans » précise Soda. Nous restons là un petit moment avec « Tima », elle vit seule dans cette grande maison, elle a perdu son mari il y a longtemps et 4 de ses enfants « Pourquoi reste-t-elle seule ici ? » je demande à Soda, d’habitude les enfants accueillent leurs parents âgés, « Elle ne veut pas partir de sa maison. » me répond Soda. Il en profite pour m’expliquer qu’ici au Cambodge c’est le plus jeune enfant qui hérite de la maison, les autres peuvent avoir des terres ou des champs si la famille en possède.

 

Il n’est que 10h30 et il fait déjà très chaud, nous sommes partis de Kratie en tuk-tuk ce matin et sur notre route jusqu’ici, le village de Kou Loab, nous avons croisé beaucoup de sourires, beaucoup de gentillesse, beaucoup de curiosité. Cela fait quelques jours que notre regard sur les cambodgiens a changé, en fait depuis notre séjour à Kampong Chnnang ; serait-ce ces régions plus au nord qui sont plus accueillantes ? Serait-ce la campagne cambodgienne qui donne plus le sourire ?

Sur le chemin, Soda nous a proposé de le suivre dans une rizière pour y rencontrer des agriculteurs. Dans ce champ, pas moins de 30° degrés et il est moins de 10h… quatre hommes et deux femmes sont là, couverts de la tête aux pieds avec une serpette à la main, ils coupent les tiges de riz sous cette chaleur pour 5$ la journée… » Ils ont quand même une pause de 11h à midi ! » nous rassure Soda…  

Une fois coupées, les tiges de riz sont ramassées et les grains de riz détachés. Ils les feront ensuite sécher devant les maisons comme nous le voyons au bord de la route. « C’est du riz de 6 mois celui-ci, du riz pour manger, si on attend un peu plus, le riz de 7 mois est meilleur ! » précise Soda. Il nous explique qu’il cultive aussi du riz de 3 mois mais c’est pour nourrir les animaux.

Depuis que nous sommes arrivés sur Kratie, c’est la première fois que nous voyons autant d’animaux dans le pays, beaucoup de vaches et de buffles qui servent pour les travaux aux champs. Un buffle adulte c’est 1 000$ au Cambodge, « J’achèterai plutôt un bébé alors maman ! » dit Lily, c’est 400$ alors ! Nous apprenons que le Cambodge c’est 85% d’agriculteurs, des agriculteurs qui ont changé tout doucement leur méthode de travail, ils ont plus de matériels agricoles qu’avant mais les buffles sont encore utilisés.

 

Nous échangerons un long moment avec ces travailleurs dans la rizière, Soda en traducteur nous est d’une grande aide 😉 Parmi le groupe, un homme est plus curieux que les autres « Est-ce que vous payez en France pour vous soigner ? Combien ça coûte un billet d’avion pour venir au Cambodge ? Est-ce que vous payez des impôts sur votre salaire en France ? » Une question en amène une autre, Soda traduit gentiment ; ce matin au milieu de cette rizière nous avons partagé un moment simple, un moment bon !

 

Quand nous arrivons dans la maison des parents de Soda, il est 11h et nous en profitons pour faire une pause sur la terrasse ombragée. « Je construirais une maison comme ça ! » me dit Soda. Il a acheté un terrain un peu plus loin dans le village et attend d’économiser pour commencer. « Ici, quand tu veux construire, tu mets de l’argent de côté, quand tu en as assez tu fais les piliers, après tu continues à économiser pour le sol en bois, puis, les murs et enfin le toit » Dans la maison de ses parents ils ont construit 3 chambres ; pour 6$ la nuit on peut rester là, dormir dans un village qui promet de belles rencontres.

 

Pendant cette pause, Soda nous en dit un peu plus sur lui, il a appris le français à Phnom Penh où il y a passé 2 ans, logé chez les moines bouddhistes. En échange du logis que ses parents ne pouvaient pas lui payer, il aidait dans la pagode : la préparation des repas, la lessive, le nettoyage. Il a passé son concours pour être enseignant, l’a obtenu et il est revenu chez lui. Il enseigne dans un collège à quelques kilomètres d’ici, seulement 12h par semaine car dans les écoles l’anglais est aujourd’hui plus enseigné que le français, c’était différent pendant la période coloniale. « Je suis fonctionnaire comme toi ! » me dit-il. Au Cambodge, il n’y a que les fonctionnaires qui paient des impôts sur le salaire. 12h ne sont pas suffisantes pour faire vivre sa famille… Alors Soda se transforme en conducteur de tuk-tuk et guide francophone quand il n’est pas en classe. Je repense là à Abul en Indonésie qu’on avait rencontré dans son école sur Lombok et qui était lui aussi cuisinier le soir dans un restaurant… Une double vie pour certains, parfois même triple pour d’autres !

La pause pourrait durer jusqu’au soir avec Soda tellement il est intéressant, il aime son pays et son village, il aimerait tant voir des changements, voir un mieux chez lui mais cela semble perdu pour le moment… « Encore trop de corruption au Cambodge, encore trop de mauvaises personnes au pouvoir, les khmers rouges sont toujours là, en 2018 c’est les élections mais il n’y a qu’un seul parti politique, ce n’est pas la démocratie ça… ! »

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Nous reprendrons notre discussion plus tard pendant le repas, avant c’est chez sa grand-mère paternelle que nous allons, nous aurons fait le tour de toute la famille avant de partir 😊

« 50 petits enfants maman ! Il a dit 50 ! Un zéro de plus que mamie 😊 !! » Cette grand-mère de 90 ans nous accueille avec un grand sourire dans sa maison. Son époux travaille dans les rizières. « Mais il a quel âge ton grand-père Soda ? » 91 ans. Je ne sais pas quoi répondre. Je repense aux travailleurs de ce matin, leur dur labeur et j’imagine ce grand-père de 91 ans dans sa rizière. Il n’y a rien à ajouter. « Ma grand-mère dit que vous avez de beaux enfants, surtout le garçon ! » Depuis que nous sommes au Cambodge, Jonas est une star, toutes les femmes sont sous le charme. « Tu nous coûterais cher en dot toi ici ! » je dis à Jonas.

Oui parce qu’ici, c’est comme en Indonésie, le mari doit verser une dot à la fille pour le mariage ; 80% sont des mariages d’amour nous précise Soda. Il y a encore tout de même 2 mariages sur 10 qui restent des mariages arrangés par les parents dans les familles encore traditionnelles. « Moi je partirai me marier en France me dit Jonas comme ça je ne paierai pas la dot et après je reviens ! C’est comme ça qu’il faut faire maman ! » 😉

 

Notre visite familiale se finira dans la cabane du patriarche au milieu de sa rizière. Lily et Jonas ont repéré les hamacs à l’ombre des bananiers, on ne les entend plus. Soda nous offre le thé jusqu’à ce que son papa arrive et sorte la bouteille d’alcool de riz, je vois la tête de Ludo et je ris. Avec cette chaleur… Son papa est comme lui, d’une  grande gentillesse. Nous repartons et sans tituber !! Ludo a fait appel à Soda pour stopper son papa dans son élan de générosité en alcool de riz.

 

 

Comment ne pas être sous le charme d’un village pareil… Nous croisons des volontaires anglais « C’est l’association BSO » nous précise Soda. Ce sont des jeunes qui viennent pour aider, ils donnent des cours d’anglais aux enfants et participent aussi à des travaux dans le village. Une bonne chose ! Je garde le nom de l’association dans un coin de ma tête, on ne sait jamais… J’apprends que sur Kratie, il y a d’autres ONG qui apprennent aux cambodgiens à cuisiner, à coudre, l’anglais, à utiliser l’informatique, qui tentent de leurs ouvrir quelques portes avec un métier.

Nous quittons Kou Loab et avec Ludo ce même sentiment ; nous avons vécu ici un de ces moments qu’on n’oublie pas, un de ces moments qui nous ramène aux choses essentielles, un de ces moments qui nous dit c’est ça le vrai.

 

Sur la route qui nous mène jusqu’à la montagne sacrée de Sombok, à mi-chemin entre Kratie et Kampi, plus personne ne parle, Lily s’endort à moitié sur le fauteuil, Jonas à les yeux dans le vague, Ludo et moi sommes perdus dans nos pensées ; ce village nous a comme hypnotisé.

« 400 marches ! Ah non maman ce n’est pas possible ! » crie Lily. Oui Lily crie 😉 Nous sommes arrivés à Phnom Sombok, c’est une petite colline où se dresse un vat (=un temple) encore en activité. Soda nous dit même que c’est un centre de méditation, parfois des Belges, des Allemands et des Anglais viennent y passer 3 jours pour méditer. D’en haut, j’ai lu que la vue sur le Mékong y était splendide ; mais avant 400 marches !! Lily n’en démordra pas, elle préfère rester dans le tuk-tuk avec Soda. Nous partons donc à trois pour cette ascension. « 1, 2, 3, 4, 5… » Jonas a décidé de vérifier : y a-t-il bien 400 marches ou en ont-ils oublié ?!

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 138, 139, 140 ! » Nous arrivons au premier palier. Ici, une première statue de Bouddha, une librairie et un accès au monastère. « 141, 142, 143… » Nous reprenons notre ascension, il fait terriblement chaud, heureusement que nous sommes protégés par cette forêt. Le long des escaliers, des statues de moines alignés et quelques pensées qui ressemblent à des proverbes sur des banderoles. « 257, 258, 259… » Deuxième palier, nous commençons à apercevoir d’ici la vue sur le Mékong et sur les rizières environnantes ; il y a un chemin autour de la colline décoré de statues de Bouddhas assis qui regardent au loin. « Allez ! On continue ! » nous appelle Jonas ; il a peur d’oublier à combien il s’est arrêté 😊

 

« 260, 261, 262… » En haut un grand serpent enroulé sur un des piliers du temple nous attend, le temple semble tout petit. « 383, 384, 385 ! Maman, il n’y a pas 400 marches ! » Ludo appelle Jonas, viens par ici, ce n’est pas fini !! « 393, 394, 395 ! Ils ont oublié cinq marches ! » crie Jonas. Les ont-ils vraiment oubliées ? Ou y a -t-il eu une erreur de comptage ? Nous laisserons planer le doute 

La vue d’ici est merveilleuse. On entrevoit à travers la végétation le Mékong, aussi imposant qu’il y paraît d’en bas, de l’autre côté, les rizières à perte de vue. Dans le temple, des peintures sur les murs et le plafond retracent la vie de Bouddhas de sa naissance à son éveil, certaines sont tout de même un peu morbides.

 

« Maman ! Papa ! vous m’avez manqué ! C’était comment Jonas les 400 marches ?! » dit Lily. Jonas s’empresse de leurs dire qu’il n’en a compté que 395.

Il est 14h, nous avons tous très faim et soif, il est temps de retourner sur Kratie. Direction le Tokae, c’est un petit restaurant au centre-ville en face du marché, nous y avons déjeuné ce matin. On le reconnait facilement au gros tokae (=gecko) qui orne son mur. C’est un bon restaurant avec aussi quelques chambres à louer tenu par un Espagnol pour y manger des plats cambodgiens et des crêpes pour les enfants 😉 D’ici, on profite de cette vie animée autour du marché. Nous pourrions tout aussi bien s’y installer avec un verre et simplement rester là.

 

 

Sur le retour, je dis à Ludo que j’aimerai vraiment faire quelque chose pour le village que nous avons visité, un geste ; Ludo est d’accord. C’est difficile de vouloir aider de façon pérenne. En discutant avec Soda, Ludo lui confie nos doutes sur cette aide « Vaut-il mieux donner de l’argent à ces familles ou leur offrir des terres pour cultiver ? » Ils ont besoin d’argent pour se nourrir nous répond Soda, acheter du riz et du poisson. Mais comme nous disons si bien lui répond Ludo « Donne du poisson à quelqu’un, il aura à manger pour un jour ; apprend lui à pêcher il en aura pour toujours. » Soda comprend bien ce que nous lui disons « C’est vrai que c’est encore mieux d’avoir une terre mais l’urgence pour eux c’est de se nourrir… » Donner de l’argent gêne un peu Ludo, nous réfléchissons à un autre moyen qui pourrait soulager ces familles. « Et l’école du village Soda ? Qui achète le matériel pour les élèves ? Les cahiers, les stylos ? » Il nous explique que ce sont les parents qui doivent le faire, il n’y a aucune aide ici, même les uniformes doivent être achetés par les familles qui peinent pour certaines à simplement se nourrir…

De retour à Kratie, je demande à Soda de m’emmener au marché avec lui, Lily nous accompagne ; nous achetons là des cahiers et des stylos que nous offrons à Soda « C’est pour les enfants de ton village, pour l’école, c’est un cadeau pour eux, dis leurs de bien apprendre à lire et à écrire Soda, c’est important. »

 

 

Nous nous quittons « Maman, on va le revoir Mr Soda ?! » demande Jonas, peut-être on ne sait pas, nous restons ici encore pendant 2 jours, voyager c’est aussi vivre de belles surprises Jonas.

Comment imaginer ce matin au réveil que nous vivrions un de ces moments qui marquent une vie et Ludo d’ajouter « Quand je verrai de l’alcool de riz, toute ma vie je repenserai à ton papa Soda 😊 ! »

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Phnom Penh, jadis la perle de l’Asie

Jeudi 26 octobre

14h – Aéroport de Phnom Penh – Welcome Cambodgia !

« Maman, tu crois que ce sera pareil qu’en Indonésie ? Tu crois que les gens sont gentils ? On mange quoi ici ? Et c’est quoi la monnaie ? Et il est quelle heure dans ce pays ?… »

Nuit blanche dans un aéroport, chaleur étouffante, du monde de partout et deux enfants curieux en pleine forme ! Nous devrons faire preuve d’une grande patience aujourd’hui 😉

Aussitôt arrivé, objectif n°1 : retirer des dollars à l’aéroport.

Objectif n°2 : se poser à notre chambre. « Oh ! Blue Dog Guesthouse is near my house ! » nous annonce le chauffeur de tuk-tuk.

Nous restons un brin sceptique tout de même ; quelle probabilité pour nous de trouver un chauffeur à l’aéroport de Phnom Penh, capitale du Cambodge et Big City de 2 millions d’habitants qui habiterait à côté de la guesthouse que nous avons choisi ??

 

Sur notre trajet, nous retrouvons la même effervescence qu’à Surabbaya sur Java. « Papa… Oui ! Et bien Maman elle n’est pas prête à louer un scooter ici !! » … C’est certain !

Nous arrivons à notre Guesthouse. Au rez de chaussé, c’est un bar-restaurant, à l’étage une terrasse commune et quelques chambres. « C’est trop bien Papa ! On reste combien de temps ici ? » Toujours cette question à l’arrivée. Et souvent la même réponse « 3-4 jours, on ne sait pas encore… »  

  • Blue Dog Guesthouse – 25$ pour 4 personnes la nuit (5$ le lit /pers + 5$ la salle de bain)

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 Cette après-midi, nous n’irons pas plus loin que la terrasse de la Guesthouse 😊 La très courte nuit précédente a raison de nous. Nous en profitons pour organiser notre séjour à la capitale. Il y a beaucoup de choses à voir, nous ne voulons pas nous disperser et nous devons aussi réfléchir aux enfants.

Les faire marcher pour découvrir Phnom Penh avec cette chaleur pendant des heures n’est pas envisageable, les emmener au musée du Génocide Tuol Seng et à la prison de haute sécurité Choeung Ek pour y comprendre l’histoire poignante de ce peuple avec les khmers rouges n’est pas concevable. Nous pouvons tout aussi bien leur expliquer cette histoire avec nos mots sans les exposer à des images bouleversantes. J’avoue quand même que je l’aurai bien fait seule.

 Les marchés, il y en a bien deux qui sont conseillés comme le psar Thmei et le Marché russe, à voir.

Phnom Penh, c’est aussi son palais royal, la résidence actuelle du roi Sihamoni, et la Pagode d’Argent « Elle est tout en argent Maman ?! Ca doit faire beaucoup d’argent alors ! » me dit Jonas.

Il y a une légende ici qui dit que Phnom Penh fut fondée après qu’une vieille femme, nommée Penh, eut découvert quatre représentations du Bouddha sur les berges du Mékong. Elle les installa sur une colline voisine, et la ville qui s’éleva autour fut appelée Phnom Penh, la « colline de Penh ».

Il y a environ 600 ans, Angkor fut abandonnée et la capitale transférée à Phnom Penh car l’emplacement d’Angkor n’offrait aucun avantage pour le commerce et la cité était aussi très exposée aux attaques du royaume de Siam (les thaïlandais). Phnom Penh occupait une position plus centrale dans le territoire khmer et elle était mieux située pour le négoce fluvial avec le Laos et la Chine via le delta du Mékong.

Le légendaire Mékong est un centre de vie ici, il y a tout une promenade le long du fleuve qui semble être un vrai spectacle de vie cambodgienne. Nous y irons !

« Papa, Maman !! Il y a une boum en bas !! Venez c’est trop bien ! » Nous avons envoyé Jonas chercher un menu en bas de la guesthouse pour commander le repas. Jonas est excité, il danse ! Nous rigolons 😊 On le suit,.Effectivement, le rez de chaussé de la guesthouse s’est transformé en bar de nuit avec de la musique. Les enfants découvrent la vie « by night » d’un bar… « Maman, plus tard, j’emmènerai mes copines en scooter avec moi dans un bar comme ça ! » Plus tard ma chérie, plus tard… On en reparlera 😉

Là, pour le moment il est temps d’aller dormir. 

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Vendredi 28 Novembre

Une nuit dans un lit… On oublie trop vite le bonheur et cette chance qu’on a. « C’est quoi le programme de la journée Maman ?! » demande Jonas. Oulà ! « Oui, c’est quoi le programme de la journée au fait ? 😊 »

Aujourd’hui, c’est culture et promenade dans la ville. Accessibles à pied, les principaux sites culturels sont situés près du fleuve, dans le quartier le plus central et le plus plaisant. Notre guesthouse est bien située car nous sommes près du palais royal. Une aubaine dirons nous, « trop nul ! » disent les enfants. « Il faut marcher ! Mais regardez il y a des tuk-tuk de partout ! » La promenade dans la ville s’annonce terrible…

Au détour de notre rue, nous apercevons des jeunes étudiantes en costume. « Oh regarde Lily ! Elles ont dû obtenir leur diplôme ! » Lily me demande pourquoi en France nous n’avons pas de cérémonie de ce type. « Oui pourquoi ?! » Lily propose d’en préparer une avec ses copines comme une vraie « pourquoi pas 😊 » On peut y réfléchir. Nous échangeons aussi sur les uniformes à l’école, bien ? Pas bien ? « Si j’en ai assez pour me changer quand il est sal, moi je suis d’accord » conclut Lily.

Nous arrivons au monument de l’Indépendance. On dit qu’il est inspiré de la tour centrale d’Angkor Vat, nous vous confirmerons cela dans une dizaine de jours quand nous y irons 😉 Il a été construit en 1958 pour commémorer la fin du protectorat français en 1953. « Mais Maman, on a colonisé le Cambodge aussi ? » demande Lily. « Et nous étions gentils avec eux quand même ? »

Nous poursuivons et découvrons un peu plus loin un parc qui prend vie à partir de 17h dit-on, avec les fans d’aérobic, de football et de takraw (un jeu au pied avec une balle en rotin). On y reviendra plus tard.

Au centre de ce parc, un autre monument très important pour les cambodgiens, le monument de l’Amitié Cambodge-Vietnam.

 

Ce monument de l’Amitié a été construit en 1979 à l’image de l’aide apportée par les Vietnamiens contre les khmers rouges. Il faut savoir qu’avant la période du kampuchéa démocratique (= période des kmers rouges très démocratique me direz-vous !), la ville atteignait près de 3 millions d’habitants en 1975 avec les nombreux réfugiés de la guerre du Vietnam.

Petite minute histoire 😊 En 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh, ils obligent la population à partir immédiatement dans les campagnes, des familles entières sont séparées et des dizaines de milliers y compris l’élite intellectuelle furent massacrés, et tout cela au nom d’une révolution ultra -radicale, à croire qu’une révolution tout court n’était pas suffisante…

Bref, je m’emballe, revenons à notre petit cours d’histoire. A ce moment-là, la ville ne compte pas plus de 50 000 habitants, des responsables du Parti, des ouvriers et des chefs militaires. Dans les années 80, on dit même qu’on voyait plus de vaches que de voitures dans les rues de la capitale. Il faudra attendre l’arrivée des Vietnamiens après 1979 et un processus d’immigration pour repeupler la ville.

Voilà pour la petite histoire et cet édifice au joli nom de l’Amitié.

En face du parc, un ravissant vat, cela doit être le Vat Bodum, je l’avais vu hier soir sur la carte. « Oh non Maman, pas encore un temple ! » s’écrit les enfants. Non mais ce n’est pas n’importe lequel, c’est un joli temple bouddhiste ! « Tu dis toujours ça ! » C’est vrai… Et nous y allons.

L’extérieur est un petit jardin, des jeunes jouent avec des bouchons et des tongs en pariant de l’argent, il y a une pagode (=un temple) ouverte. Les peintures sont très belles, de nombreux bouddhas décorent l’autel, deux ouvriers sont en plein travail pour restaurer l’un d’eux avec des feuilles d’or.

Je suis un peu déçue, je l’imaginais plus intéressant. 

 

Il est presque midi et le palais royal va fermer, nous décidons de descendre jusqu’au psar Thmei, le marché couvert ; nous pourrons certainement y manger aussi et nous reviendrons dans l’après-midi pour visiter le palais.

« Humm… je crois que je vais vraiment revenir végétarienne ou ‘insectivore’ d’Asie !! » Dans la rue, ces étals de viande partout, elle sèche là comme ça, au soleil avec les mouches et tout le reste. « Tu vas goûter Papa ?! » Papa a l’estomac solide mais il n’est pas encore prêt pour la grande aventure culinaire 😉

 

 

Et pourquoi pas plutôt une petite coupe de cheveux ?! Avec Lily nous nous installons et nous nous amusons de voir leurs têtes mi-figue mi-raisin devant le miroir. Jonas ne semble pas rassuré… Et pourtant… « Maman, je me sens beaucoup mieux, je suis plus léger sans tout mes cheveux ! » Et pendant ce temps…Où est papa ? « Maman !! Papa, il a même droit à un massage de la tête, la chance ! »

Quand nous arrivons au psar Tmei c’est déjà presque 14h avec cette pause « coiffure homme », les estomacs sont vides, les têtes transpirantes, il fait plus de 35 degrés, nous cherchons un endroit où nous rafraîchir et manger. Seulement dans le coin, à part quelques stands de rue pas très inspirant, rien. Nous nous rabattons sur une chaine de restaurant d’ici pas très bon marché. La pause est tout de même salutaire !

Nous sommes aussi venus jusqu’ici pour chercher l’agence de compagnie de bus chez qui nous devons acheter nos billets pour aller jusqu’à Kampot dans le sud dimanche.

Nous cherchons, cherchons et cherchons mais nous faisons chou blanc. La compagnie vue sur « Lonely » on ne la trouve pas, celle que Ludo a vu sur le net pas de bus pour Kampot, l’agence d’à côté ce n’est qu’en transport privé, trop cher ! Nous préférons abandonner pour le moment nous avons encore ce soir et demain pour trouver, on regardera ce soir sur internet.

Direction le marché psar Thmei ; c’est le marché central de Phnom Penh, il a été construit par un architecte français. De l’extérieur, c’est un dôme jaune gigantesque, à l’intérieur, c’est un endroit plein de vie regorgeant d’échoppes. On peut y trouver de tout en vrac : de l’or, de l’argent, du change, des vêtements, des chaussures, du poisson, des bagages, des fleurs, des horloges, des livres, du matériel électronique, des pierres précieuses… On pourrait y déambuler des heures durant ! Les enfants ne savent plus où donner de la tête 

 

L’après-midi est bien avancée et nous décidons de retourner au palais royal pour boucler notre journée ‘culture’. « It’s too late ! » nous explique un guide devant l’entrée. Il est 16h quand nous arrivons devant le palais et il ferme à 17h. Mince ! Lily et Jonas sourient. « On va où alors maintenant » disent-ils avec leur regard malicieux, ils ont bien compris qu’ils avaient échappé à la visite !

Et si on prenait un tuk-tuk jusqu’au Mékong ?

Quelle merveilleuse idée ! Parce que cette promenade sera le meilleur moment de notre journée. Le Mékong est déjà à lui seul une attraction. Géant c’est ce qui me viendra à l’esprit en le voyant.

Sur le quai, toujours cette même effervescence, du monde de partout et pas que des touristes. Beaucoup de cambodgiens se pressent, achètent des offrandes, des fleurs, de l’encens et se dirigent vers un petit temple, des enfants sont là et allument les bâtonnets d’encens contre quelques riels. Ils prient. En fonds, une musique traditionnelle. On s’interroge, y a-t-il quelque chose de spécial ce soir ? Ou est-ce toujours comme cela ?!

 

 

 

 

Autour de nous, des cages à oiseaux, une multitude de cage à oiseaux. « Mais que font-ils avec ? » Un couple en achète deux, font une prière et les relâchent. On nous explique que cela porte bonheur. « Juste 1$ Papa, pour faire un vœu ! » Nous préférons nous assurer avant avec Lily et Jonas qu’ils les relâcheront bien 😉 « Nous avons rendu la liberté à 2 oiseaux Maman » me dit Jonas tout fier.

 

Nous continuons notre promenade le long du quai, après la prière, place au sport !

Mathilde, l’amie que nous avons rencontré en Indonésie, m’avez prévenu qu’en fin d’après midi le long des quais nous pourrions voir ces « mythiques séances d’aérobic », elle avait bien raison ! C’est énorme !

Une enceinte, un professeur, de la musique et c’est parti. Un groupe est déjà en pleine séance, tous en tenue de sport, et un, et deux, et trois… Tous en rythme, d’autres personnes se joignent au groupe contre quelques billets dans le pot à côté de l’enceinte. Une vraie séance de gym ouverte, exceptionnel !

Sur le quai, certains jouent aux tennis, d’autres à un sport dont je ne connais le nom… au pied avec un volant ‘particulier’ « Si on en trouve une j’en ramène » dit Ludo, il trouve ce jeu super.

On assiste à un véritable spectacle de vie cambodgienne ce soir sur ce quai.

 

 

Nous avions déjà remarqué qu’en fin de journée, la vie c’était dehors dans la rue qu’elle se passait en Asie. La chaleur est tombée, et même si la nuit arrive vite, à 17h45 le soleil est couché, les cambodgiens sont là dans les rues, la ville s’anime autour des stands de rue. Ici en est la preuve. On fait du sport, on mange, on joue avec les enfants, on discute, on écoute de la musique, on rêve, on se fait tirer les cartes, on prie… on vit !

 

 

 

Ce soir, nous avons réservé des billets pour un spectacle d’ombres dans le sud de la ville vers le Marché Russe. Sovanna Phum Arts Association est une troupe de théâtre populaire indépendante qui programme des spectacles mêlant théâtre, musique et chant.

Pour réserver, je suis passée par leur site facebook car nous n’arrivions pas à les joindre par téléphone. Réponse très rapide.

https://www.facebook.com/sovannaphumtheatre/

 

Des quais, nous prenons un tuk-tuk pour passer par notre chambre avant d’y aller. « Il avait peut-être bien raison le conducteur du tuk-tuk hier en nous disant qu’il habitait à côté ! » On sourit avec Ludo car aucun des chauffeurs depuis ce matin ne connait le nom de notre guesthouse. L’heure tourne, nous lui demandons de nous emmener jusqu’au théâtre d’ombres.

Dans les rues, c’est l’enfer ! La circulation est devenue désastreuse, nous n’avons jamais vu ça. Le périphérique de Lyon un lundi matin avance même plus vite 😉 Nous décidons de finir la route à pied au pas de course si on ne veut pas arriver après la fermeture comme au palais royal cette après-midi 😊

19h01 – Yes ! Nous arrivons ! Devant, 2 touristes nous expliquent que la représentation est annulée par manque de monde… Oh non… Le responsable du théâtre nous voit et nous appelle « It’s ok ! » Nous l’avions eu par mail la veille au soir et nous avions réservé avec lui. La représentation aura donc bien lieu, les 2 touristes sont aussi contents que nous.

Des musiciens avec des instruments traditionnels jouent à côté de la scène pendant que le reste de la troupe joue une épopée d’après ce que j’ai lu indienne. Nous n’avons pas tout compris 😉 Mais la scène vaut le détour. Un peu cher tout de même 20$ pour 4 personnes, le spectacle dure 1h.

Après le spectacle, nous pouvons passer derrière la scène avec les artistes, s’essayer à cet art. Je crois que cela aurait été le moment préféré pour Lily et Jonas !

 

 

C’est après une journée bien remplie que nous rentrons à notre guesthouse « Maman, tu crois que c’est encore la boum ce soir ?! » demande Jonas. Très certainement, c’est vendredi ! Mais là ce soir, nous monterons au calme à l’étage, la journée aura été suffisante. 

Samedi 29 Novembre

Dans les alentours de Phnom Penh, il y a une multitude d’excursions intéressantes. Nous ne restons que 2 jours et il y en a surtout un endroit que j’aimerai découvrir : Koh Dach, appelée l’île de la Soie par les étrangers.

Nous avons demandé au chauffeur de tuk-tuk hier soir s’il pouvait nous y emmener. Pour 20$ la demi-journée, c’est avec lui que nous partons ce matin. D’abord direction l’embarcadère en passant par le pont de l’Amitié japonaise. C’est une île qui donne un aperçu de la vie locale, loin de l’effervescence de la capitale.

Cet endroit doit son nom au grand nombre de tisseur de soie vivant sur cette île.

Nous y passerons un moment très agréable, de la fabrication de foulard traditionnel à l’élevage des vers à soie, nous aurons un autre aperçu du tissage qu’était celui du coton au village sak-sak sur Lombok en Indonésie.

(Un article plus complet sur l’Ile de la Soie et la fabrication des foulards traditionnels arrivera plus tard sur le blog 😊)

 

« You have to paid for the ferry ! » Comment ça nous devons payer pour le ferry ? De retour à notre guesthouse, nous payons au chauffeur les 20$ annoncés et il nous réclame 4$ de plus pour le plus pour le ferry. Nous n’en croyons pas nos oreilles ! Toutes les occasions sont bonnes pour « grapiller » un peu d’argent. Ludo n’est pas d’accord et il est tenace le garçon 😉 Nous finirons pas régler que la moitié. Donc si l’envie d’aller faire un tour sur Koh Dach vous prend, mettez vous bien d’accord sur le prix total ferry compris !

Nous partons demain de Phnom Penh et nous n’avons toujours pas vu le fameux palais royal ! Hier, nous sommes arrivés après la fermeture du guichet alors aujourd’hui pas la même erreur. Nous voilà reparti après manger.

J’ai lu que le palais royal de Phnom Penh ressemblait beaucoup au palais royal de Bangkok, je n’ai pas le souvenir pourtant d’avoir payé autant à l’époque… 50$ pour nous 4 ! Nous trouvons cela vraiment énorme avec Ludo. Il a tout intérêt à être beau 😉

Caché derrière un mur d’enceinte, le Palais royal domine la capitale de l’extérieur. Résidence de l’actuel roi Sihamoni, le domaine est en parti fermé au public, nous avons donc seulement accès à la salle du Trône et à quelques bâtiments voisins comme la salle de réception et une petite bâtisse où sont exposées des objets royaux et les tenues traditionnelles.

 

 

« On va voir où on couronne le Roi maman ?! » dit Lily qui se croit déjà dans un conte de fée. Nous ne le verrons que de loin… Nous n’avons pas le droit d’y rentrer ! Nous devons rester autour de la salle et l’observer de l’extérieur. Quel dommage !

 

 

Dans la seconde partie du Palais royal, on peut y voir la Pagode d’Argent également appelée la pagode du Bouddah d’Emeraude.

Cette pagode doit son nom à son sol constitué de plus de 5 000 dalles d’argent. « On aura le droit d’y rentrer dans celui-là ? » demande Lily encore déçue de n’avoir pu voir ni la Salle du Trône, ni le Roi 😊 Lily s’était mise en tête qu’elle verrait le Roi cette après-midi, « Bien oui Maman, on va au Palais royal, c’est pour voir le Roi ! »

Nous pouvons effectivement y rentrer mais les photos sont interdites comme dans la salle du Trône alors qu’ils nous font payer un droit photo de 5$ à l’entrée. A l’intérieur, des tapis couvrent la plupart des dalles d’argent pour les protéger, on en aperçoit toutefois quelques-unes près de l’entrée. Face à nous, sur l’estrade un magnifique Bouddah d’Emeraude. « On peut prier maman ? » demande Jonas « Et comment on fait d’abord ?! » Il s’assoit à côté de moi et regarde comment font les fidèles autour. « Et si je te dis ce que j’ai demandé à Bouddha ça marchera quand même ?! » Un moine vient lui demander de faire une photo avec lui, les pauses photo reprennent 😉

 

 

Quand nous sortons du Palais royal il est déjà la fin d’après-midi et nous sommes à côté d’une aire de jeux pour enfant : pause récréation !

Une pause qui prend son temps… La nuit tombe et nous décidons de prendre notre repas sur un des stands dans la rue « à la cambodgienne » 😉

Noodle Soup pour moi et Ludo, les enfants ne sont pas emballés et préfère ne prendre que deux œufs durs et manger à la guesthouse en rentrant. La nuit est tombée et comme la veille sur les quais le long du Mékong, la ville s’anime de ces familles qui sont là dehors pour manger, discuter, jouer… vivre.

 

Sur le chemin du retour, nous passons devant la fontaine qui s’est illuminée pour la soirée. « On reste là Papa, un moment, c’est trop beau ! » J’en profite pour goûter à ma soupe, elle n’est pas exceptionnelle en goût mais plutôt copieuse. Ce soir, ce sera plutôt les œufs qui nous surprendront et pas en goût je peux vous assurer !!

Lily me demande d’écaler le sien, je n’ai pas fait la moitié que j’aperçois une tête de poussin… je préviens aussitôt Ludo qui est en train de faire celui de Jonas. Nous n’irons pas plus loin car nous savons ce que nous trouverons dessous ; maintenant reste à savoir pourquoi ?! « Mais oui Maman, la dame disait tout le temps ‘baby, baby’ quand on les a achetés ! » C’est un bon début d’explication. Internet nous donnera la suite.

Il s’agit d’une spécialité cambodgienne, l’œuf à la coque khmer qui est en fait un œuf couvé de 19 jours CUIT ! « Et bien moi je préfère l’œuf à la coque français » dit Jonas. Je suis bien d’accord avec toi ! Spécialité culinaire très appréciée par les cambodgien, elle ne restera qu’une mauvaise surprise pour nous ! Pour plus d’information sur le sujet, je vous suggère une recherche sur le net, je ne mettrais ni de lien, ni de photo !!

Sur cette découverte des plus surprenantes, nous allons nous coucher.

 

Dimanche 30 Novembre

7h – Le réveil sonne, mais ce matin juste pour moi 😊

Ludo a vu sur internet que dans le temple à côté de notre guesthouse, le vat Langka, on pouvait participer à des séances de méditation les samedis à 18h et les dimanches à 8h. « Vas-y ! » m’ont-ils tous crié en cœur.

Nous quittons Phnom Penh ce matin pour le sud du Cambodge à Kampot, et avant je m’aventure vers le temple pour méditer 😉

Dans la cour, des dizaines de personnes qui dorment là par terre, des enfants qui jouent avec des bouchons, une dame s’avance « 1dollars… », je suis émue. Un marchand ambulant circule dans le temple, en sortant j’achèterai quelques barquettes pour les enfants me dis-je.

Le temple est bien plus grand que je l’imaginais. Quand je m’avance, une odeur de jasmin m’enivre, c’est trop bon ! Un havre de paix, l’endroit idéal pour méditer. Ludo et les enfants avaient raison de me dire de venir ce matin. Je m’abandonne à ce moment rien que pour moi.

 

 

 

Il est 11h, nous quittons Blue Dog Guesthouse ; Jonas est déçu… « Il y aura des boums dans les autres guesthouses maman ?! » Nous partons pour notre bus et pour de nouvelles aventures 😊

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Les oiseaux s’envolent, le chien court et les poissons nagent… par Lily

J’ ai changé de pays je suis maintenant au Cambodge. C’est bizarre parce qu’en France, les volants des voitures sont à gauche, en Indonésie il sont à droite et au Cambodge ils sont de nouveau à gauche.

Le 28/10 – Aujourd’hui en fin d’après midi, nous sommes allés nous promener le long du Mékong. Des gens nous proposaient d’acheter des oiseaux pour leurs rendre la liberté. Nous en avons acheté quatre, deux pour moi deux pour mon frère. Nous les prenons contre nous pour les rassurer , puis nous les avons lâché. Ils se sont envolés sur le Mékong et ils ont rejoins les autre oiseaux. Nous avons continué notre balade puis nous sommes retournés à l’ hôtel , il s’appelle ( BLUE DOG = chien bleu ) nous passons notre dernière nuit là bas. Le lendemain nous prenons le bus pour aller à Kampot.

 

 

Le 3 novembre j’étais à Kampot au sud du Cambodge. Nous sommes allés pêcher avec un bateau, sur une rivière. Maman et Jonas ont pêché un petit poisson , moi et papa nous n’avons rien pêché. Pour pêcher on devait lancer la ligne de la canne à pêche puis remontait le moulinet. Quand ça tirait très fort , c’est qu’il y avait un poisson. Nous pêchons avec une crevette. Des fois un poisson venait mordre, parfois on l’attrapait parfois non.

 

Dans la ville de Battambang, nous avons rencontré Toupi, c’est un petit chien trop rigolo. Nous jouons avec lui et nous le caressons. Quand je courais, il me suivait. Je sautais sur le banc et lui il tombait et il roulait sur lui-même.

En rentrant en France, je compte bien essayer de convaincre maman d’avoir un petit chiot.

Lily.

 

 

Un voyage de fou… par JOnas

Un jour à Phnom Penh en revenant d’un parc on a acheté des œufs durs. Le monsieur nous disait « baby, baby, baby », on ne savait pas pourquoi. C’était le soir, on est allé près d’une fontaine avec plein de lumières et des jets d’eau, on a commencé à éplucher les œufs. Quand Lily est arrivé à l’intérieur, elle a vu un truc tout bizarre et nous a dit : Laisser tomber, ce n’est pas la peine ! Dans les œufs, il y avait des bébés poussins !!

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Un autre jour quand on visité la ville, on est allé au bord du fleuve qui s’appelle le Mékong. Il y avait plein de vendeurs d’oiseaux. On en a acheté deux chacun avec Lily pour 1 dollars et on les a tous relâchés en même temps, c’est parce que ça porte bonheur et c’est très joli.

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La semaine dernière, on est allé visiter un grotte à Kampot. On a payé un guide sinon ce serait trop dure parce qu’on descendait profond. Dedans la grotte, il y avait un temple et des chauves-souris qui volaient tout en haut. Il y avait de l’eau parterre et on devait escalader les rochers. Les rochers avaient des formes d’animaux, il y avait des éléphants, une tortue sacrée et même un rocher qui ressemblait à « la vache qui rit ».

 

Bisous à tous,

Jonas.