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Good Bye Vietnam…! ( bilan et petits conseils)

 Jeudi 21 décembre

« Le Vietnam… Cela aurait pu mais cela n’a pas été… » Voici le doux sentiment que nous avons aujourd’hui sur notre aventure vietnamienne.

Avant même d’arriver ici, nous considérions le Vietnam comme une belle promesse d’exotisme avec ses rizières à perte de vue, ses paysages karstiques à coupé le souffle, ses pagodes bouddhistes, ses villes animés et ses plats aux saveurs inégalées… « Cela aurait pu mais cela n’a pas été… »

Et pourtant, nous avons été éblouis par ce qu’on a vu, alors pourquoi ?  « Ca y est, ils sont devenus trop exigeants ! » penserez-vous 😉 Nous avons essayé de comprendre ce sentiment durant notre séjour, nous nous sommes même lancés dans quelques analyses « Est-ce le temps froid et brumeux du nord ? Est-ce le choix de nos destinations ? Sommes-nous sur la mauvaise période ? Serait-ce trop de fatigue ? Est-ce…? » Et puis cette phrase du gérant à Phnom Penh lors de notre départ du Cambodge qui me revient « Vous serez déçus ! »…

De notre séjour ici, nous préférons donc vous dire : « Au Vietnam, on a aimé et on n’a aussi pas aimé…»

😊 Au Vietnam, on a aimé les montagnes au nord.

« Que c’est merveilleux ici !! » avais-je soufflé à Ludo pendant notre randonnée au milieu de ces vallées encaissées et de ces rizières en terrasse sur Sapa. Et pourtant Sapa n’est pas le plus authentique des paysages du nord au Vietnam. La province d’Ha Giang, plus au nord, permet d’aller à la rencontre de minorités ethniques et de traditions dans une des parties les plus sauvages et encore méconnues du Vietnam. Nous n’irons pas jusqu’à Ha Giang, les temps de trajet et les conditions de route sont beaucoup trop difficiles, une prochaine fois. Le peu que nous avons vu sur Sapa et l’ethnie des H’mongs nous a déjà ébloui. « Imagine avec un meilleur temps comme cela doit être joli…» m’avait dit Ludo. « Nous reviendrons !! » avions-nous fini par dire.

 

Mais on n’a pas aimé le temps.

« Attention, dans le nord, il y a quatre saisons comme chez vous ! » nous avait prévenu Anh. Et quel fut pas notre soulagement de ne pas avoir renvoyé nos doudounes dans le colis arrivé à Sapa. Ahn avait raison, au nord c’était le grand froid. Bon ok, il n’y avait pas les ours polaires mais quand même 😉

Donc voilà, le meilleur moment pour profiter de cette partie du Vietnam ce sont le mois de mai ou celui de septembre. Mai est le début de la saison chaude et humide. Les températures ne sont pas torrides et il n’y a pas trop d’affluence touristique, c’est le point positif. Par contre, attention, il pleut presque tous les jours, des averses rapides donc peu contraignantes avec un bon imperméable.

En mai, les rizières passent à la couleur verte, le paysage offre toute sa splendeur ; en septembre, les rizières se transforment, c’est la période de la moisson et le paysage devient jaune. Les mois les plus beaux pour découvrir cette région sont donc ces deux mois là.

Je me souviens encore de mon air surpris à notre sortie de l’aéroport d’Hanoï ; nous arrivions de l’île de Phu Quoc en tenue de plage, à la sortie de l’avion ils étaient tous en veste… Le soir est peut-être frais m’étais-je dit. Mais début décembre, ce n’est pas que le soir qui est frais… !

 

😊 Au Vietnam, on a aimé la beauté de ces paysages karstiques.

Naviguer dans la Baie d’Ha Long, glisser silencieusement entre les pains de sucre sur le site de Tam Coc, partir à la découverte en scooter dans la campagne de Ninh Binh, c’est magique ! On a eu rendez-vous ici avec des paysages somptueux baignés d’une lumière irréelle. Des paysages qu’on imagine exister que dans les films jusqu’à les découvrir « pour de vraie » !

 

 

Mais au Vietnam, on n’a pas aimé y manger.

La cuisine vietnamienne a beaucoup de qualité : elle est fine et légère, vraiment pas chère et très variée disait ‘le Routard’. Je m’en faisais une joie à notre arrivée. Et puis, comme le reste « cela aurait pu, mais cela n’a pas été… » Encore plus au sud qu’au nord, nous nous sommes souvent retrouvés dans de grands moments de solitude face à ces menus où nous ne comprenions pas ce que nous commandions… « Cela vient peut-être de là d’ailleurs 😉 ! »

Je revois encore Ludo, la mine dépitée, en rentrant ce soir là à notre chambre sur Can Tho. Ce soir-là, nous n’avions mangé que quelques bananes et partagé trois rouleaux de printemps !! Et encore une fois pourtant, nous ne sommes pas étrangés à la street food. Mais là, sur Can Tho encore plus, c’en était trop. La nourriture à même le sol, des odeurs qui vous prennent au cœur, des mouches sur les étals…

Encore plus ici qu’ailleurs, Jonas s’est intégré aux habitudes alimentaires…En Vietnamien, « prendre son repas » se dit « an com » ; et si on traduit littéralement, cela signifie « manger du riz ». Cela révèle bien l’importance du riz dans la vie quotidienne. « Jonas tu veux manger quoi aujourd’hui ? » … « Du riz et des œufs au plat !! » Une valeur sûre pour lui qui l’a été aussi pour Lily à notre arrivée sur Hanoï quand elle a su qu’on mangeait du chien ici…

« Non mais maman ce n’est pas possible !! » avait-elle tout de suite répliqué. « Cho » lui avais-je répété, la viande de chien se dit « Cho « . Ils en font aussi des saucisses avec la chair, surtout dans la région du Tonkin. Gras avec un goût très fort d’après les guides, nous en resterons bien loin !!

Au Vietnam, que l’on soit recroquevillé sur ses talons sur un trottoir ou confortablement installé devant une table chic, on mange toujours avec des baguettes. Elles sont si « bouddhiquement » pacifiques dit-on ! Elles ne savent ni piquer, ni transpercer, ni découper ; le bouddhisme vietnamien commence dans l’assiette 😊 Mais il faut quand même une certaine dextérité pour réussir à tenir une boulette toute ronde entre deux baguettes ! J’en rigole encore quand je repense à Jonas au Golden Rice sur Hué. Une des adresses qui nous aura un peu réconcilié d’ailleurs avec la cuisine vietnamienne comme le Nina Café sur Hué aussi.

« Aide moi maman !! Je les mets comment mes doigts…?! » Lily s’en sort bien, pour Jonas c’est encore un peu compliqué. Il finira par choisir un raccourci avec… Il piquera ! « Pas très bouddhiste tout ça 😉 ! »

 

😊 Au Vietnam, on a aimé notre nuit dans le train de la Réunification

« On y va comment à Hué ? » avais-je demandé à Ludo. « Bus ou train ? ». J’avais lu dans le ‘Routard’ que passer une nuit dans ce train est une expérience inoubliable. Et puis notre dernier train date de l’Indonésie sur l’île de Java alors autant tester les chemins de fer vietnamien, cela nous changera un peu du bus !

On dit sur internet que le train au Vietnam est un moyen sur et pratique pour se déplacer ; pratique c’est certain surtout quand on a 11h de trajet à faire et qu’on prend l’option couchette pour la nuit 😊 « Sûr », Ludo n’en était pas si convaincu « j’ai l’impression que mon corps et ma peau vont se détacher ! » m’avait-il dit le soir dans la cabine… Les wagons tanguent dans tous les sens, on se demande parfois même comment ils font pour être toujours sur les rails.

On dit également que c’est facile d’acheter ses billets mais je ne suis pas d’accord. Nous nous y sommes repris plusieurs fois sur le site officiel des chemins de fer vietnamien pendant plusieurs jours. Toujours le même blocage au niveau du paiement en ligne. Nous avons essayé avec la carte Visa, puis la carte Mastercard, d’ici au Vietnam, puis de France ; rien y faisait, le site n’acceptait pas le paiement. Alors oui, c’est facile d’acheter ses billets quand on a une gare ferroviaire à côté ! C’est ce que nous avons fini par faire, se rendre directement à la gare.

Attention, il y a le site officiel que voici :

http://vr.com.vn/en

Et il y a d’autres site comme vietnam railway qui se présentent comme site officiel, ce n’est pas le cas. Les prix sont beaucoup plus chers car ce sont des agences, et sur ce site vous ne pouvez pas choisir votre place ou votre couchette, par contre vous pouvez payer, la carte passe… !

https://vietnam-railway.com/?gclid=EAIaIQobChMI74XWqY232AIViDUrCh3vEAtfEAAYASAAEgIQf_D_BwE

On dit aussi que le train au Vietnam est lent, 40km/h environ ; cela change du TGV 😉 Et pourtant même à 40 km/h, on est secoué ! « Le wagon va se décrocher et on va se retrouver seuls ! » nous disait Lily le soir avant de s’endormir.

On dit enfin que le confort dépend de ce que tu choisis quand tu prends ton billet ; parce qu’on a le choix entre un siège en bois, un siège matelassé, une cabine couchette 6 places en 2nd class et une cabine couchette 4 places en 1ère class. « On y passe la nuit quand même dans ce train, 11h de trajet ! Autant prendre la cabine à 4 et espérer dormir… » avais-je suggérer à Ludo.

« Tu dors en haut ou en bas ?! » demandais déjà Lily à Jonas sur le quai de la gare. Les cabines sont petites mais bien agencées, propre ? Au premier coup d’œil, j’ai envie de vous dire oui, mais les cafards que nous avons découvert nous feraont penser le contraire…

« C’était trop cool, j’avais peur au départ mais j’ai bien dormi ! » nous dit Jonas le matin au réveil. Alors si l’aventure vous tente, je ne vous donnerai qu’un conseil, prévoyez de bonnes boules quiès, elles peuvent servir 😉

De cette nuit, nous en garderons un joli souvenir car « voyager dans un train de la guerre » comme j’ai pu le penser en le voyant ; on ne le fait pas tous les jours ! 

 

 

😊 Au Vietnam, on a aussi aimé le E-visa (avec un bémol)

Tout d’abord un point très important à connaître, l’exemption de visa pour les citoyens de 5 pays dont nous faisons partis ! Et oui, nous avons de la chance, un voyage de 15 jours au Vietnam peut coûter un peu moins cher qu’avant 😉

Depuis le 9 juin 2017, le gouvernement vietnamien a adopté une résolution permettant aux citoyens français de venir passer un séjour de 15 jours sans avoir à régler un visa.

Mais si on veut venir plus de 15 jours, on fait comment ?… Il faut savoir que pour entrer au Vietnam, il faut avoir son visa vietnamien à l’avance car il n’est pas délivré au poste-frontière, contrairement au Cambodge par exemple où l’on peut obtenir son visa en entrant dans le pays moyennant quelques dollars de plus, rappelez-vous mon petit laïus sur la corruption cambodgienne…

C’est du Cambodge que nous avons choisi de faire notre demande de visa vietnamien avec la même procédure que nous avions déjà utilisé, le e-Visa. La procédure est plus simple que de se rendre dans une ambassade, surtout avec les enfants et c’est plus économique qu’un visa classique à 96$.

Moyennant un formulaire à remplir en ligne, une photo téléchargée, un paiement sécurisé de 28$ et quelques jours d’attente, vous obtenez le « précieux » 😉 à imprimer ! Très important.

www.vietnam-immigration.org.vn

Nous émettrons tout de même un petit bémol à cette procédure e-Visa… Même deux à bien y réfléchir.

Le premier, c’est que le e-Visa ne permet pas un passage, entrée comme sortie, à toutes les frontières. Vous pouvez donc vous retrouver à devoir faire quelques centaines de kilomètres parce que votre « précieux » ne vous permettra pas de sortir à ce poste là… Et quand vous êtes à la date limite de votre visa pour sortir du pays, cela peut devenir risqué vu le temps que mettent les transports ici.

La seconde chose à savoir, c’est l’impossibilité de prolongation avec le e-Visa, ou la possibilité moyennant beaucoup trop de dollars, 100$ pour 30 jours de plus !

C’est à Hanoï que nous avons découvert cette petite subtilité. Nous aurions eu un visa « normal » obtenu par l’ambassade, il nous en aurait coûté 30$ pour 15 jours. Les agences de voyage un peu partout sur Hanoï, sur Saigon et sur Hué peuvent s’en occuper. On peut aussi s’adresser directement au bureau de l’immigration. Pour plus d’informations, c’est ici :

http://ambassade-vietnam.com/index.php/fr/demarches-consulaires/visas-touristiques

 

Mais au Vietnam, on n’a pas aimé la barrière de la langue.

En arrivant ici, nous nous attendions vraiment à pouvoir échanger avec les locaux, nous pensions à tort que l’anglais nous permettrait de pouvoir discuter et partager avec nos rencontres. Cela n’a malheureusement pas été le cas. Du delta du Mékong au sud à Sapa au nord, ce n’est qu’avec notre guide francophone lors de notre visite d’Anh Binh que nous avons pu échanger.

Trop peu d’échanges… Nous dormions pourtant dans des guestHouse, mangions dans des restaurants avec des locaux, nous déplacions en bus ; et toujours la même barrière… La langue.

C’est à Tam Coc que nous vivrons un vrai moment comme on les aime avec Tuc le gérant du King Kong, rappelez-vous l’hôtel avec le gorille comme disait Jonas. Un homme tellement attachant qui a su nous parler de sa famille, de son histoire et de sa province. Un homme passionné et passionnant, une pause qui faisait du bien.

 

😊 Au Vietnam, on a aimé les croyances.

« Et au Vietnam, on croit en quoi ? » m’a demandé un jour Lily. Les vietnamiens vivent plus dans un mélange de valeurs et de morales que dans une croyance unique avais-je répondu à Lily. Mais le culte des ancêtres constitue la plus vieille pratique religieuse du Vietnam, bien avant le bouddhisme ou le confucianisme.

Ce culte leur inculque l’obligation de bien se comporter et de rester fidèles aux valeurs transmises par leurs ascendants. Il faut savoir que beaucoup de Vietnamiens se contentent de ce culte des ancêtres. Pas besoin d’aller à la pagode, ni de sortir de chez soi. Il suffit de rester chez soi et de prier ses ancêtres devant un autel qui leurs est destiné.

Tous les Vietnamiens pratiquent ce culte domestique depuis l’aube des temps. Je me souviens de notre visite avec Anh dans cette maison traditionnelle dans le sud du Vietnam. Elle nous avait dit « Dans chaque maison vietnamienne, l’autel des ancêtres occupe une place importante. Dans les familles pauvres comme dans les familles les plus riches, il est le cœur du foyer. C’est le symbole de la solidarité des générations. »

Dans cette maison, les autels étaient de merveilleux meubles anciens, joliment décoré ; mais ce n’est pas toujours le cas, une simple petite table basse fait office aussi. Des photos, des fruits, des fleurs et quelques bâtonnets d’encens sont disposés dessus en mémoire des ancêtres. Car les Vietnamiens considèrent que les âmes de leurs parents survivent après leur mort et qu’elles protègent leurs descendants, ce sont les protectrices de la lignée : c’est à elle que l’on s’adresse en premier pour demander la guérison d’un enfant malade, c’est à elle que l’on s’adresse pour le succès dans les affaires, c’est à elle que l’on s’adresse pour la réussite d’un examen…

Les Vietnamiens ont ainsi l’habitude de prier et d’honorer leurs ancêtres. Et si l’encens de brûle plus sur l’autel…. Les âmes des disparus sont condamnées à une errance éternelle, faute d’être honorées. Pour une famille, c’est la plus terrible des malédictions !

« Il est vraiment important l’autel alors maman !! » m’avait dit Lily un jour. C’est vrai parce que c’est devant cet autel des ancêtres que toutes les grandes décisions se prennent et que les enfants se marient ; pas besoin d’un médiateur religieux ou d’un prêtre, seulement l’autel, les ancêtres et les parents.

 

Mais au Vietnam, on n’a pas aimé l’égalité homme-femme.

Parce qu’ici, l’égalité homme-femme, on oublie ! J’avais lu que le machisme vietnamien était un fléau. Il y a un dicton ici qui affirme : « Dix femmes ne valent pas un homme. » La pression sur les femmes est donc très forte. C’est ce que m’explique le matin avant notre croisière sur la Baie d’HaLong la guide. Elle a 26 ans, elle n’est pas mariée et elle nous confie qu’il lui reste 3 ans pour trouver son ‘ame sœur’. « Si à 30 ans je suis encore célibataire, c’est mes parents qui me chercheront un mari… ! » Parce qu’ici passée 40 ans, une femme non mariée à peu de chance de trouver un homme car elle est considérée comme vieille. « 40 ans, vieille… » Quelle idée ! Et si en plus, elle est mère célibataire, elle n’a plus aucun crédit auprès des hommes. Alors Vietnam, pays d’égalité des sexes, il faudra revenir dans quelques décennies 😉

 

😊Au Vietnam, on a aimé les écoles.

Parce qu’ici, à 7h30 on entend les enfants chanter dans les cours des écoles. La première fois sur Can Tho, nous avions cru avec Lily que c’était pour une occasion spéciale, c’était en fait le début de la journée d’école pour eux. Dans la joie, en chantant ! Parce qu’ici, les écoles sont aussi hautes en couleur ! « Pourquoi on n’ a pas des écoles comme ici nous en France ?! » m’avait demandé Jonas. « Elles sont joyeuses maman les écoles ici ! Nous elles sont toutes grises en France. » Oui pourquoi… ?!

Le système éducatif n’est malheureusement pas aussi glorieux que la chorale du matin… L’école maternelle est payante ici m’avait expliquée Anh, car plus de la moitié des structures préscolaires sont privées. Les familles sont pourtant convaincues de l’importance de l’éducation pour l’avenir de leurs enfants – ils comptent sur leurs soutiens pour leurs vieux jours – mais ils perçoivent mal l’intérêt de cette scolarisation précoce. Quel dommage…

L’école primaire, quant à elle, accueille cinq niveaux comme chez nous de 6 à 10 ans. Je n’avais pas tout de suite compris les horaires d’école, tout au long de la journée nous voyions des enfants rentrer et sortir de l’école, c’était incompréhensible. C’est grâce à Anh que j’éluciderai ce mystère. Compte tenu du manque d’écoles, de classes et la pénurie d’enseignants – il n’y a pas qu’en France que le problème existe – il y a encore beaucoup d’écoles qui fonctionnent en double-flux. C’était déjà le cas au Cambodge. Les enfants viennent donc à l’école soit le matin, soit l’après-midi.

« La chance !! » avait dit Lily. « Les élèves n’ont pas de vacances dans l’année, seulement le mois de Juin » avait ajouté Anh. « Alors Lily, toujours autant la chance ?! » …

 

😊 Au Vietnam, on a aussi aimé nos rencontres… Avec des français !

D’abord dans ce bus qui nous menait à Ninh Binh, quelle jolie rencontre avec cette famille bretonne, Paul, Jules et Virginie, toute droit arrivée d’Amérique Latine. Quel meilleur endroit pour partager nos aventures de globe trotter qu’un bus local au milieu de cartons, de sacs, de vietnamiens et de chargements divers et variés. Je souris encore de ce sac glissé sous les pieds de Virginie lors d’un énième arrêt et de nos têtes quand nous avons découvert qu’à l’intérieur il y avait des poussins vivants 😉 « Nous nous croiserons à nouveau, c’est certain, au Laos ou en Thaïlande…! » s’est-on dit après notre repas ce soir-là sur Tam Coc.

 

Et puis à Hue la veille de notre départ pour le Laos ; quand nous nous sommes aperçus que nous logions à 10m d’un couple français avec qui nous échangions sur nos blogs ! Une pure coïncidence qui nous fait encore sourire aujourd’hui. « Quelle probabilité y avait-il pour se retrouver ici, le même jour, dans la même rue ?!! » me demande encore Ludo ce matin. Au-delà de cette belle rencontre, c’est la magie de cette coïncidence. Laura et Thomas voyagent en Asie depuis 6 mois, ils ont déjà fait une grande partie de l’Asie du sud-est et prendront ensuite la direction de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. « On se retrouve ce soir pour manger ensemble ? » s’étaient-ont envoyé par mail lorsque nous nous en sommes rendus compte. C’est au NinaCafe sur Hue que nous nous sommes rencontrés « pour de vraie » comme dirait Lily. Un délicieux repas -et pas que dans nos assiettes- avons-nous partagé ensemble. Nous étions vraiment enchantés de pouvoir discuter avec eux de nos aventures et notre ressenti surtout sur le Vietnam. Nous avions ce même sentiment de « cela aurait pu mais cela n’a pas été… ».

Pour suivre les aventures de Laura et Thomas c’est par ici :

https://serialtravelers.fr/

« Petit ou pas » comme on dit, le monde promet de belles rencontres 😊

 

  Et nous dans tout ça ? … En quelques chiffres, cela donne :

          3ème mois de voyage,

          Toujours à 4, nous n’avons encore perdu personne 😉 !

          6 sacs à dos malgré nos 2 colis envoyés,

          290 bouteilles d’eau achetées ; et oui on ne boit pas que de la bière !

          3 pays,

           8 avions, 11 bateaux, 2 trains et des heures incalculables de bus,

          Des kilos et des kilos de riz,

          3 volcans, 13 îles, des temples et des pagodes par dizaines,

          Un budget de 100€ par jour pour 4 qui dépasse parfois légèrement avec quelques extras comme notre croisière sur la Baie d’Ha Long ici au Vietnam.

          Des centaines de câlins, quelques crises de nerf, beaucoup de bisous et des moments magiques en famille.

L’aventure continue maintenant vers le Laos ; nouveau pays, nouvelle culture et nouvelle langue !

« On dit bonjour et merci comment ici ?! » demandent toujours les enfants à notre arrivée dans un nouveau pays. « Sabaidee ! » pour dire bonjour en laotien et « Kop Chaï » pour dire merci leurs a-t-on répondu en arrivant au Laos hier.

Encore un peu de patience… On vous en apprendra d’autres d’ici peu !  Allez en route, c’est parti 😉 !

 

 

Du Vietnam au Laos, un passage de frontière chaotique…

Vendredi 22 décembre 

On dit qu’il faut savoir prendre de la distance sur certaines situations, j’attendrai donc le lendemain avant d’écrire cet article car hier soir à notre arrivée à Savannaketh au Laos, nous étions épuisés – pas que physiquement – et surtout très en colère.

Les passages de frontière ne sont jamais un moment de sérénité ici en Asie, rappelez-vous ce que je disais sur le Cambodge ; corruption, attente, parfois même moquerie. Hier, au poste frontière de Lao Bao au Vietnam, il n’en était rien. Un policier vietnamien nous a gentiment tamponné nos passeports pour notre sortie du territoire vietnamien et nous a dirigé au service d’à côté vers la police laotïenne pour notre « visa on arrival ». Visa que nous avons obtenu sans « pourboire » supplémentaire.

Pourquoi autant de colère alors me direz-vous ?! … Ecoutez maintenant ce récit d’une journée « en mode Pékin express » comme dirait mon frère 😉

Tout a commencé le mercredi 19 décembre, nous étions sur Hué à la recherche d’un bus pour passer au Laos. C’est simple, Hue – Savannaketh, il n’y a qu’un seul bus, il part à 7h et arrive à 17h ; oui oui vous comptez bien, il y a 10h de trajet… Nous comparons les prix entre l’agence ThethinTourist – agence destinée aux routards ici avec des boutiques dans les grandes villes vietnamiennes et un site internet – et notre hôtel. « It’s a good price ! » avait dit le gérant de notre hôtel. C’est effectivement le cas, 320 000 Dg par personne, environ 14$. Nous quitterons donc le Vietnam le lendemain.

Jeudi 20 décembre, 7h – Nous attendons notre pick up dans le hall de l’hôtel, le pick up c’est le transport de l’hôtel à l’autre transport que vous réservez, par exemple le bus, le train où l’avion ; je précise bien ce point car il a un rôle important dans notre histoire !

7h30 toujours rien… Ici en Asie, rares sont les pick up qui sont à l’heure, nous patientons donc encore un peu. Le gérant nous prévient enfin qu’il arrive « in five minutes ». Nous montons dans le van, à l’intérieur un autre touriste.

A notre arrivée à la gare routière, le chauffeur du van chercher un moment et s’arrête à côté d’un bus, il discute un moment avec le chauffeur, passe quelques appels, Ludo n’est pas confiant, il sent que quelque chose ne tourne pas rond. Je suis d’accord avec lui mais personne ne parle anglais…

8h30 – Quand nous montons à bord du bus, des cartons de partout, des colis, des sacs, des paquets… « C’est un bus de marchandises qu’on a réservé !! » me dit Ludo en souriant. Et ce n’est rien à côté de ce qui nous attend ! Le bus démarre et quelques minutes après il s’arrête dans une station-service. Nous attendons un moment à l’intérieur mais le temps devient long, avec Lily nous décidons alors de descendre pour chercher des toilettes. Et là quand j’aperçois les hommes charger le bus sur le toit, je me dis que le chargement de l’intérieur n’est rien comparé à celui qu’ils s’apprêtent à mettre au-dessus de nous !!

 

10h- Nous partons enfin de la station-service dans un « bus de marchandises ». Nous ne sommes que cinq touristes à l’intérieur, nous quatre et un israélien qui était avec nous dans le van du pick-up. Personne ne parle anglais dans le bus… Personne… Le trajet continue ainsi jusqu’à midi.

 

 

12h – Le bus s’arrête dans une nouvelle station-service, ne me dîtes pas que nous allons encore charger de la marchandise me dis-je. Tout le monde descend, alors nous suivons, « c’est peut-être la pause repas ? » me dit Ludo. Dehors, un homme du bus nous montre une direction en ajoutant « passeport, passeport !! » Serions-nous arrivés à la frontière ? Ludo s’avance alors dans la direction indiquée avec l’autre touriste pendant que je cherche des toilettes avec Lily et Jonas. Je vois revenir Ludo et … appelons-le « Jack » car avec toute cette journée nous n’avons même pas pris le temps d’échanger nos prénoms avec l’autre touriste ! Ludo revient donc avec Jack, ils ne comprennent pas où on doit aller… Et toujours pareil, personne autour de nous ne parle anglais. Un jeune homme finit par nous indiquer d’aller bien plus loin.

En avant, c’est parti, nous marchons. « Mais le bus s’en va dans l’autre sens… !! » dis-je à Ludo. Quand je vois partir le bus à sens inverse, je ne souris plus ; tous nos sacs sont à l’intérieur. 

 

 

Nous continuons donc d’avancer à pied dans la direction indiquée et nous apercevons au loin quelque chose qui ressemble à un poste frontière. « On doit sûrement passer la frontière à pied » tente de me rassurer Ludo « le bus doit nous attendre de l’autre côté » ajoute-t-il. Quand nous arrivons au poste de garde, nous sommes déjà inquiets pour le bus, pour nos sacs et maintenant pour les procédures de visa.

Comme je vous le disais au début de cet article, les formalités se déroulent tranquillement et bien plus sereinement que notre trajet depuis ce matin ! Sauf pour atteindre le bon poste de garde ! Descendu du bus à 800m environ du poste frontière, nous avons dû chercher un long moment, avancé, fais demi-tour, reparti pour arriver jusqu’ici. En chemin, un des gardes nous arrête « photo, photo ! » nous crie-t-il. Nous avons tous cru avec Jack et Ludo que nous devions lui donner nos photos pour les visas. Arrivés vers lui, il tend son téléphone à Jack et lui demande un selfie avec Lily et Jonas 😊 Il nous indiquera tout de même la direction du bon poste.

 

 

Un tampon « exit » côté vietnamien, un formulaire, une photo et 35$ côté laotien et nous avons notre visa ! « On peut rester combien de temps dans ce pays ? » me demande Jonas. Un mois ! « On ne va pas rester habiter ici maman … ?! » me questionne Jonas. Pourquoi ? « Moi je veux rentrer après le voyage, mes copains me manquent… » Aïe, cela faisait longtemps que Jonas n’avait pas exprimé son manque. Rien à voir avec le début de l’aventure tout de même. Je le rassure et il sourit. « It’s ok ! Welcome in Lao ! »  Une nouvelle page dans le passeport, un nouveau tampon et le voyage continue 😊 Comme quoi… Tous les gardes-frontières ne sont pas aussi « mauvais ».

 

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« Il est où le bus papa ?! » … Pas de bus. Au bord de la route, une gargote. Il est 14h30 et nous n’avons pas mangé, nous sommes partis depuis 7h30 ce matin et la faim se fait sentir. Pourtant quand je regarde autour de moi, rien ne me donne envie de manger… Rien à faire, le bus n’est toujours pas là, on s’asseoit.

« Regarde maman, c’est la petite fille du bus ! » me crie Lily et Jonas. Une jeune fille avec ces deux enfants est assise là, nous tentons de lui demander si elle attend le bus aussi ; elle nous regarde, sourit, elle ne comprend pas… Dans mon sac, une baguette et quelques kiri, « un sandwich au kiri ! » disent Jonas et Lily trop contents. Il en faut peu pour les contenter me dis-je. Bon ok, une baguette en Asie il faut la chercher tout de même 😉 Un sandwich et quelques rires, la petite fille se joint à nous, je lui tends un sandwich, elle le prend. Les enfants jouent un long moment en souriant, en rigolant. Un doux moment dans cette journée tendue, cela fait du bien.

 

15h – Le bus réapparaît au loin… Sont-ils allés manger ? Sont-ils allés décharger ou re charger encore de la marchandise ? … Nous ne le serons jamais.

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Quand nous remontons dans le bus, c’est une nouvelle énigme qui se présente… Ludo ne trouve plus sa liseuse ! « Où l’as-tu posé avant de descendre ? » Nous sommes tellement descendus vite du bus tout à l’heure à la station-service… Nous ouvrons les sacs à dos, cherchons sous les fauteuils, peut-être est-elle tombée par terre ? Rien. « Something miss you ? » demande Jack à Ludo. Ludo lui explique que sa liseuse a disparu. Nous continuons à chercher autour de nous, puis Jack se lève « Oh ! » Ludo le suit en direction du chauffeur, la tablette était là sur le tableau de bord bien cachée sous une couverture !!

Jack nous explique qu’en remontant dans le bus à la frontière pour récupérer son sac, le chauffeur avait pris peur et lui avait tendu la tablette, Jack lui avait alors répondu qu’elle n’était pas à lui ; donc quand Jack a entendu qu’il manquait la tablette à Ludo, il a tout de suite compris !!

Encore quelques heures de bus à tenir… Voyons le côté positif, la frontière est passée et nous avons notre visa 😊 Pourtant, la fatigue se faire sentir sans compter la colère qui commence à monter. Les enfants se posent, Lily s’endort même et la route continue. Les paysages sont au début montagneux, puis tout redevient plat.

 

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Il est 17h quand deux jeunes du bus s’approchent de nous pour tenter de nous expliquer quelque chose, oui tenter, car rien a changé depuis ce matin, personne ne parle encore anglais dans le bus. « Fifteen minutes ?? » Il ne reste que 15 minutes de trajet ? Avec Jack et Ludo nous nous regardons sans être trop certain de comprendre. Nous leurs faisons répéter mais toujours « fifteen » … Je prends un cahier j’écris alors 15 et je leurs montre « No ! » répondent-ils. J’écris 50, « Yes ! » Ok donc pas « fifteen » mais « fifty » ! On arrive dans 50 minutes se dit-on. En fait non… L’une des dames du bus range ses affaires et nous dit « Savannaketh ! » et nous montre qu’il va falloir descendre. Là on ne comprend plus rien…

Le bus s’arrête au bord de la route. Quelques personnes descendent, nouvel arrêt ? L’un des jeunes hommes vient chercher mon sac pour le sortir en disant « Savannaketh !! » Mais on n’est pas Savannaketh ??… Nous nageons dans la confusion la plus totale.

Nous devons descendre du bus. Au bord de la route, le jeune homme de toute à l’heure me répète une nouvelle fois « fifteen » en me montrant un van au bord de la route. Je commence à comprendre. Il vaut que nous payons 50 000 pour monter dans le van. « I already paid the bus !! » tentais-je de lui dire. Mais il ne parle toujours pas anglais ! C’est un dialogue de sourd. Nous nous retrouvons au bord de cette route, on ne sait où ; je regarde autour de moi, Lily et Jonas sont bien descendus du bus, Ludo et Jack sont là aussi ; notre bus commence à redémarrer mais « nous avons encore un sac dedans ! » criais-je à Ludo. Il a juste le temps de le rattraper au vol.

La nuit tombe, nous sommes au bord d’une route du Laos sans savoir si Savannaketh est loin ou non. Que faire ? Ni le chauffeur du van ne parle anglais, ni aucun des autres passagers… Ils nous demandent de l’argent pour aller jusqu’à Savannaketh ; « mais nous avons déjà payer le trajet jusqu’à Savannaketh ! » répétais-je. Le chauffeur commence à démarrer, je regarde Ludo complètement perdue, « il faut payer, on n’a pas le choix ! La nuit tombe, on ne sait pas où on est, on ne voit aucun taxi ! » Jack nous suit. Nous montons dans le van.

Avant de partir Ludo montre au chauffeur l’hôtel que nous avons réservé sur Savannaketh pour la nuit, « It’s ok ?? » Il regarde un moment le nom de l’hôtel, échange avec les autres passagers, re regarde le nom et… « ok, ok !! » Nous sommes sceptiques. « Tu crois qu’il a compris maman où on va ? Tu crois qu’on arrivera à Savannaketh ce soir ?!! » Le doute plane jusqu’à notre arrivée devant l’hôtel 40 minutes plus tard.

 

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Eprouvé, fatigué, en colère, ce n’est que tard dans la nuit que nous arriverons à trouver le sommeil avec Ludo. On dit souvent que c’est le passage de la frontière à proprement parlé qui pose le plus de difficulté aux voyageurs, cette journée montrera le contraire.

Nous avons bien réfléchi à ce qui avait pu se passer pour en arriver là. Le puzzle s’est construit quand nous avons repensé à notre pick up qui était arrivé très en retard à l’hôtel. A la gare routière de Hué, le chauffeur du pick up avait l’air affolé et perdu, il a discuté un moment avec ce chauffeur de bus et déjà Ludo suspectait quelque chose d’anormal ; mais quand le chauffeur nous a dit de monter dans le bus, à aucun moment nous avons douté que notre bus de Savannaketh était déjà parti !!

Cet article est là aussi pour alerter les voyageurs. De tout incident, il faut savoir tirer une leçon ; alors voici une règle que nous nous attacherons à suivre :

« Qui prend pick up 1 heure en retard, contrôle son bus avant le départ ! » 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ninh Binh, une beauté inattendue.

Jeudi 14 décembre

« Mais pourquoi on va dans la Baie d’Ha Long maman … ? On revient de la Baie d’Ha Long, on ne va pas y retourner !! » me dit Jonas. Ses remarques me font toujours rire 😊 « Nous allons explorer la Baie D’Halong terrestre Jonas » tentais-je de lui expliquer. Il me regarde avec des yeux qui veulent dire « je ne comprends rien à ce que tu me racontes ! »

Tout le monde connait la Baie d’Ha Long « maritime » avec ces paysages mythiques, mais peu savent qu’il y a aussi une Baie d’Ha Long qu’on appelle terrestre à 125 km de la première. Par contre si je vous dis « Indochine » le film bien sûr pas le groupe de musique 😉 ; les paysages vous parleront certainement mieux, une immense plaine rizicole plantée d’une forêt de pains de sucre rocheux, voilà la magie de ces lieux.

Pour se rendre à Ninh Binh, nous avions le choix entre le train et le bus, hésitation… Ce sera le bus ! De la gare routière de Haiphong, quatre départs par jour, nous avons de la chance un bus est juste sur le point de partir quand nous arrivons ! A peine le temps de passer par le guichet, « No ! In the bus. »

11h30 – Nous montons dans le bus et nous réglons notre trajet à l’intérieur, 120 000 Dg par personne, environ 6$. Le ‘Routard’ annonce 3h de trajet, au guichet on nous disait 4h, et bien non ce sera 5h30 aujourd’hui !

 

 

Le trajet est long mais la bonne surprise qui nous attend quand on monte dans le bus rendra ce trajet plus agréable que ce qu’on s’attendait.

« Bonjour » … « Oh maman ce sont des français !! » me dit Lily toute joyeuse. Virginie, Paul et Jules, leur petit garçon de 3ans, sont en voyage comme nous depuis 3 mois ; auparavant c’était au Chili et au Pérou qu’ils étaient, « c’était merveilleux ! » nous disent-ils. Je n’en doute pas. Ils vont eux aussi sur Tam Coc pour quelques jours et remonteront ensuite sur Hanoï avant de basculer sur le Laos. « Comme nous maman ! Ils vont au Laos. » Ce long trajet nous permet d’échanger sur nos expériences, nos anecdotes, nos galères et notre chance de vivre de si bons moments en famille.

17h – Nous arrivons à la gare routière de Ninh Binh, enfin ! « On se contacte pour manger un soir ensemble ! » se dit-on avec nos amis voyageurs. 

Avant de rejoindre notre guesthouse, il nous faut passer par la gare pour acheter des billets de train. Depuis plusieurs jours, nous tentons de les réserver en ligne sur le site officiel des chemins de fer au Vietnam  http://vr.com.vn/en ; mais rien n’y fait, nous ne parvenons pas à effectuer le paiement en ligne. Nous devons rejoindre Hué d’ici quelques jours pour passer la frontière Laotienne et le train de nuit nous semble la meilleure solution ; alors il nous faut des tickets. Direction la gare ferroviaire.

« Train station ! », le chauffeur nous regarde mais ne comprend pas… « Ok ! train, you know train ? » Toujours pas… « Tchu Tchuuuu !! » lui dis-je. Les enfants rigolent. Ludo sort son téléphone et tente une traduction en vietnamien. « Ga !! » … « Oui Ga ! » Voilà maintenant vous savez comment on dire gare en vietnamien 😉

Peu avant d’arriver à la gare le chauffeur s’arrête devant une agence de voyage. « Why ? »  … Ticket ? Il nous propose d’aller acheter les billets de train dans une agence. C’est bien tenté mais non merci ! D’autant que la gare se trouve juste en face de nous !

Billets en main – on dit que l’expérience d’une nuit dans le train de la Réunification au Vietnam est mémorable, on vous fera un retour prochainement 😉 –  nous pouvons enfin rejoindre notre guesthouse sur Tam Coc. Pourquoi Tam Coc et pas Ninh Binh ?

En fait c’est simple, Ninh Binh c’est la ville, son seul avantage c’est d’être proche des gares routière et ferroviaire ; si on veut un environnement plus calme au cœur de la campagne et des rizières, on dort à Tam Coc !

Au cœur des rizières, c’est peu dire… Quand le chauffeur nous dépose devant TamCoc  Guesthouse, même lui ne sait plus où il se trouve et pourtant, il est de la région.

En même temps comme dirait Ludo, il ne voit rien ! Ludo s’en est rendu compte dans le sens giratoire, il s’est quasiment arrêté au milieu du rond-point pour chercher sa route la tête contre le pare-brise pour vérifier qu’aucune autre voiture arrivée…

Entiers mais épuisés par cette journée, nous n’espérons ce soir qu’une chambre pour se reposer. « Oh non maman… C’est comme Sapa ici… On se gèle !!! » Notre chambre est glacée et mal isolée. « On ne peut pas dormir dans ce frigo ! » dis-je à Ludo. Pendant ce temps Lily jubile « des lits de princesse, on va dormir dans des lits de princesse ! C’est trop génial ! » Oui Lily, nous allons bien dormir dans des lits à baldaquins avec tous les froufrous qui vont avec, des princesses oui mais des princesses frigorifiées si papa ne trouve pas un chauffage !

Quelques minutes après, Ludo réapparaît avec un petit chauffage d’appoint… Jonas avait raison « C’est comme à Sapa ce soir… ! »

 

Vendredi 15 décembre

Quand Ludo voit ma tête ce matin, il sait que nous ne pouvons pas rester dans cette chambre… Une nuit de plus ici, ce n’est pas envisageable… Et je ne fais pas ma princesse !  Je suis congelée.

1ère étape, trouver une solution pour cette nuit avec la gérante car nous avons réservé ici deux nuits, si nous partons, nous perdons une nuit. 2ème étape, trouver une autre chambre pour le lendemain plus proche du centre de Tam Coc. Le cadre de cette guesthouse est très beau, au milieu des rizières et d’un pain de sucre mais tout semble à l’abandon. « C’est dommage ! »me dit Ludo « On pourrait être vraiment bien ici, viens on la rachète ! » … « Laisse moi revenir quand il fera meilleur » ai-je envie de lui répondre 😉

En moins d’une heure, nous trouvons une solution à nos deux étapes. D’abord en changeant de chambre pour une bien mieux isolée et ensuite en réservant une autre chambre au King Kong Hostel en plein centre de Tam Coc pour le lendemain.

Le moral des troupes remonte enfin. « C’est quoi le programme pour aujourd’hui ? » demande Jonas. Le coin offre plusieurs beaux sites à découvrir d’après le ‘Routard’. La visite d’une gigantesque pagode ?… Le moral vient tout juste de revenir, autant ne pas en rajouter, mieux vaut attendre quelques jours 😉 L’ascension d’un pain de sucre ?… L’énergie n’est pas au rendez-vous ! La découverte des grottes en barque ?… Bingo ! Tout le monde est d’accord.

On dit que les grottes de Tam Coc rivalisent de beauté avec celles de Trang An. Des pépites même dit-on d’elles. « Tam Coc ? Trang An ? Quelle différence ? » me demande Ludo.

Ici, les embarcadères qui proposent ce type d’excursions, on en trouve beaucoup, mais naviguer dans une barque au bord d’une route, non merci. Naviguer sur le site de Tam Coc est devenu un incontournable touristique, des bus viennent d’Hanoï chaque jour, les rameuses sont à la fois vendeuses de nappes brodées ; la notoriété n’a pas toujours du bon  Les grottes de Trang An quant à elles semblent mieux préservées d’après le ‘Routard’ mais tout aussi commerciale « sans les nappes ! » Nous sommes d’accord avec Ludo, nous préférons partir voir celle de Trang An, des nappes on en a déjà 😊 !!

« On va faire du scooter, on va faire du scooter !! » chantent Lily et Jonas. Le scooter reste notre arme absolue quand les enfants rechignent à bouger, ils adorent tellement ça que l’on pourrait faire passer la visite de plusieurs temples au passage, peut-être pas plusieurs tout de même… 😉

  • Location de scooter pour la journée sur Tam Coc, 100 000 Dg, environ 5$.

Trang An est à environ 12 km, la route qui y mène est déjà un vrai spectacle, elle ondule entre les pains de sucre et les rizières. Le trafic est calme, nous aurions pu nous y rendre en taxi mais nous n’aurions pas profité de la même ambiance.

« Regarde maman, une chèvre ! Mais pourquoi elle ne bouge pas ?! » me demande Lily. En bord de route, des vendeuses. « La chèvre n’est plus la chèvre… » tentais-je de répondre à Lily. « Grilled goat ! » Il faut savoir que la chèvre est la spécialité de la région… grillée et bien préparée, il paraît que c’est délicieux ! « Papa si tu manges de la chèvre, je ne te parle plus !! » crie Lily.

 

Arrivés à l’embarcadère de Trang An, des centaines de barques attendent les touristes « On peut choisir notre barque ? » Je ne pense pas 😉 Nous nous acquittons de notre entrée de 150 000 Dg par personne, environ 7$ et nous embarquons. Le voyage commence ! Sur une eau cristalline, nous glissons dans le silence, pas de moteur, juste le bruit des rames. « On peut aider la dame ? » nous demandent Lily et Jonas. « Bien sûr ! »

 

 

Au lieu des trois grottes que propose le site de Tam Coc, c’est neuf que nous pouvons en visiter ici – si on le veut – parce qu’à l’arrivée nous avons le choix entre la grande boucle ou la petite. Autant toutes les voir se dit-on. « Des mariés ! Regardez ! » nous crie Lily. C’est un vrai conte de fée cette baie ; des lits de princesses, des mariés sur l’eau, on va bientôt rencontrer une grenouille si ça continue 😉 !

 

Dans le site, pleins de petits temples sont disséminés dans les montagnes, quelques temples sont aussi visibles sur la rive du canal, un charme supplémentaire à cette jolie balade.

 

 

Mais le plus impressionnant arrive… La barque s’avance vers l’entrée d’une grotte creusée dans un pain de sucre, certaines plus grandes que d’autres, certaines plus longues que d’autres, certains plus basses, voire très basses !! La plus longue mesure pas moins de 600 m, une sensation forte pour moi… Me retrouver ici à moitié allongée dans une barque avec des stalactites qui frôlent ma tête… 600 m peuvent paraître long.

 

 

 

Quand la lumière réapparaît au loin, je reprends mon souffle et la sortie n’en est que plus belle. La lumière au départ douce, devient aveuglante et la magie des lieux refait surface une nouvelle fois, après chaque grotte c’est le même spectacle.

 

Et comme tout spectacle, celui-ci tire aussi à sa fin, nous prenons le chemin du retour de l’embarcadère, « ça fait combien de temps papa qu’on est parti ? » demande Jonas. 1h30, la grande boucle vous fait voyager pendant 1h30 dans un monde où l’imaginaire peut prendre vie.

 

 

La journée n’avait pourtant pas si bien commencé pensais-je en me couchant avec le sourire. Cette balade splendide sur Trang An et cette rencontre ce soir à la guesthouse avec Manon lui ont donné un tout autre visage. 

Manon est française, avec Ludo nous prenons une bière, assis sur une table vers la réception, quand Manon s’assoit sur la table à côté, puis finira par nous rejoindre à la nôtre. Encore la magie d’une rencontre 😊 Manon travaille en Malaisie depuis presque 2 ans maintenant, dans une agence d’évènementiel. Elle a terminé son contrat, profite d’une escapade vietnamienne avant de rentrer en France pour faire la surprise à Noël à sa famille. Manon nous parle de son expérience malaisienne, de son ressenti. Quand je lui demande ce qu’elle a prévu de retour en France, elle ne sait pas mais elle est confiante. Elle finit par me dire que la France, ce n’est qu’une petite pause mais qu’elle n’y restera pas. Peut-être l’Afrique du Sud – elle connaît déjà un peu – ou bien l’Amérique du sud… Quand le voyage commence, on n’a plus envie de l’arrêter nous confie-t-elle.

 

Samedi 16 décembre

« Comment il s’appelle l’hôtel papa ? » questionne Lily. « C’est le gorille ! » répond Jonas 😊 King Kong Hostel nous voilà ! A notre arrivée, Tuc le gérant nous reçoit très gentiment. « Une vraie chambre avec des murs isolés, des lits – durs voire très très durs !! C’est une planche de bois dessous me dit Ludo désespéré le soir, on en rigole – et une salle de bain avec de l’eau chaude. Un petit confort qui fait du bien. Et comme un petit bonheur en amène un autre… Dehors le soleil est revenu !

A environ 6 km de Tam Coc, « on peut gravir un pain de sucre !! » dis-je tout excitée. Les enfants me regardent et aucun des deux ne semble excité comme moi 😉 Autant ne pas leurs dire tout de suite qu’il y a 450 marches… « Moi je suis bien partant ! » ajoute Ludo. C’est parti. La campagne autour de Tam Coc est réellement sereine, on croirait que le temps marche au ralenti ici.

 

 

 

Sur le chemin en terre qui mène à Hang Mua, des hommes attendent. L’un d’eux se lève et nous montre un parking. Ca doit être ici que les scooter se garent pense-t-on. Nous payons 20 000 Dg par scooter. Et nous nous avançons vers l’entrée. « On s’est fait avoir ! » me dit Ludo. On observe le manège des hommes sur le chemin en terre derrière nous et les quelques scooters qui forcent le passage jusqu’à l’entrée. Le parking est gratuit ici ! Les parkings improvisés sur le chemin de terre ne sont qu’un moyen pour gagner quelques dongs de plus. Il fallait le savoir 😉

Quand Ludo arrive à l’accueil pour prendre les tickets, il est décidé à négocier l’entrée des enfants ! « How much ? » La dame lui explique que c’est 100 000 Dg par personne, environ 5$ ; puis elle lui demande 400 000 Dg. « Oh ! Children don’t paid. » Elle refuse mais l’homme à côté accepte. Comme quoi parfois il faut oser.

L’ascension commence… Lily se met à compter les marches, un, deux, trois… « Il y en a 450 Lily ! » lui dis-je. Elle se retourne « 450 !! Tu plaisantes ? » J’aurai dû attendre un peu avant de lui dire… « 450, ce n’est rien comparé à celui où maman va nous emmener en Thailande ! » dit Ludo en riant. Je souris quand je repense au Doi Sutep de Chang Mai.

 

A mi-chemin, les escaliers se séparent, de l’un ou de l’autre côté la vue sur le paysage est spectaculaire ! Par la droite, au loin Ninh Binh et la campagne environnante.

 

Quand on redescend les quelques marches pour remonter ensuite du côté gauche, on a une vue absolument splendide sur les pains de sucre.

 

 

De retour en bas, nous nous arrêtons brièvement dans la grotte ; ce n’est pas elle qui offre l’intérêt du lieu conclue-t-on unanimement car nous sommes bien tous d’accord, les 450 marches sont raides mais qu’est-ce que la vue est unique de là-haut 😊

 

Dimanche 17 décembre

« Qu’est-ce que cela fait du bien de bien dormir !! » Sur ce point-ci nous sommes aussi unanimes ce matin au réveil 😉 Une nuit au chaud, un repas hier soir avec Virginie, Paul et Jules, nos amis voyageurs rencontrés dans le bus à l’aller ; c’est avec un vrai sourire que tout le monde se lève ce matin.

Jonas était vraiment content de trouver Jules hier soir pour jouer au restaurant, nous étions nous aussi heureux de pouvoir poursuivre nos échanges et de mieux faire connaissance entre famille globe-trotter. Ces moments de partage entre « voyageurs » sont tout aussi importants que les échanges avec les locaux. Prendre le temps de discuter, de partager, de faire connaissance avec une personne d’ici ou d’ailleurs le fait-on vraiment dans notre quotidien ? Prend-on réellement ce temps-là ? Rares sont ceux qui répondent oui. Quand on voyage, le temps n’a plus la même valeur, les priorités changent et d’autant plus quand le voyage s’étend. Cela fait maintenant 3 mois que nous avons cette chance inouïe de savourer ces temps-là, une vraie chance.

Et quand on parle d’échange… Dans le hall de l’hôtel, à notre table de déjeuner, Tuc le gérant s’assoit avec nous. Je le pensais propriétaire des lieux, il n’en est que le gérant. Sa famille vit à une centaine de kilomètre d’ici à Vinh. « Cela doit être difficile de ne pas les voir… » lui dis-je. Il est content d’avoir ce travail qui permet de faire vivre sa famille ; il y part bientôt pour une semaine quand ce sera plus calme à l’hôtel ajoute-t-il. Tuc a 3 enfants, deux filles et un garçon de l’âge de Jonas. Alors quand il voit Jonas, il le taquine, le cherche pour jouer. Tuc est un homme très prévoyant, il m’explique que ses enfants doivent bien travailler à l’école, que c’est important. Sa plus grande a déjà une bonne place dans une banque, sa deuxième est à l’université d’Ho Chi Minh, et son garçon en classe 2, l’équivalent de notre CE1 en France. Tous ses enfants apprennent l’anglais et une autre langue, la plus grande c’est le japonais, la seconde le français et ensemble elles partagent leur connaissance qu’elles transmettront ensuite au petit dernier. Avec ces trois langues, on peut comprendre et se faire comprendre de tout le monde finit-il par me dire. Il a raison. Nous continuons à discuter un petit moment avec Tuc, il est attachant.

 

« Un peu d’école ce matin et ensuite on part pic niquer et…. Visiter Bai Dhin ! » dis-je aux enfants. « Oh non pas d’école… Oui on va faire du scooter !… Et pic niquer en plus !!… Et c’est quoi Bai Dhin ??… » … Je ne sais pas si je vais leur dire tout de suite que Bai Dhin est une gigantesque pagode… !

Ludo part à la chasse pour notre pic nique…. En face de l’hôtel, Kuan tient un restaurant le « Duc Chien », elle est tout aussi adorable que Tuc, et elle cuisine bien ! Son poulet sauté au gingembre est fabuleux 😊 Kuan sera également remplie de jolies attentions pendant notre séjour au King Kong.

Nous disions donc Bai Dhin… Pour s’y rendre c’est simple et pas très loin, seulement à 10 kms ;  on reprend la même route qu’il y a deux jours jusqu’à Trang An et nous continuons dans ce superbe paysage aux allures d’estampe chinoise. D’étranges pitons calcaires recouverts de végétation, des paisibles rizières, quelques temples et pagodes. Nous traversons cette beauté calme et sereine.

 

 

Puis nous décidons de quitter la route principale pour une plus petite. Au loin, nous devinons un temple qui doit être celui que nous cherchons aujourd’hui. D’ici déjà il semble immense.

 

« Pic nique Time !! » Nous ne pouvions pas trouver mieux, le cadre est magnifique, loin de l’agitation de la pagode et des touristes et le soleil au rendez-vous.

 

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« C’est quoi une voiturette électrique ? » demande Jonas à l’accueil de la pagode. Il doit se demander dans quel moyen de transport on va encore le faire monter 😊 !! Il faut savoir que pour faire face à l’affluence, ils ont installé le parking à 2 km de la pagode et ça grimpe ! D’où la voiturette électrique.

Trajet aller-retour en voiturette électrique, 60 000 Dg par personne, environ 3$. On peut choisir de ne prendre que l’aller et revenir à pied, mais nous nous en sommes rendus compte qu’au retour.

Bai Dhin n’est pas un site ancien comme on peut voir en Asie, les vestiges d’une ancienne vie impériale, au contraire, c’est un ensemble tout récemment inauguré en 2010 après dix ans de chantier pharaonique.

« Pharaonique, c’est peu dire ! » dis-je à Ludo en arrivant devant la porte de la pagode. La porte est tout simplement immense, disproportionnée, on pourrait y faire passer un mammouth avec un éléphant sur le dos !

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 Oh non maman… Pas encore les temples d’Angkor !! » supplie Jonas. Angkor aura décidemment laissé à Jonas un souvenir impérissable 😊 Je rassure Jonas, non la pagode n’est pas si grande que ça… Quand nous arrivons devant le panneau du site « Ah non maman, tu fais au plus court !! » dit Lily d’une voix ferme. Il va nous falloir user de subterfuges pour les amener jusqu’en haut !

 

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Pour atteindre les édifices successifs, il faut grimper des marches et encore des marches ; des milliers de statues ont été façonnées et sont alignées là. Aucune ne se ressemble, nous jouons à découvrir les émotions et sentiments de certaines, une manière de faire oublier quelques marches 🙂

 

Un premier palier nous offre d’admirer un clocher avec une cloche à l’image de cette pagode… Enorme ! « 20 tonnes !! » s’exclame Lily. « Et ça fait combien de kilos ça ? » la questionnais-je. Séance de mathématiques improvisée 😊

 

 

Nous poursuivons nos escaliers pour atteindre l’édifice suivant. Ici, une pagode intermédiaire avec un impressionnant bouddha de 150 t à l’intérieur, autour de lui quelques génies. Mais ce ne sont pas les génies qui attirent le plus l’œil, ce sont ces milliers de niches peuplées d’autres petits bouddhas qui rendent les lieux impressionnants. « Combien penses-tu qu’il y en aient ? » demandais-je à Ludo. Jonas commence à compter 😉

 

« C’est quand qu’on a fini ?! » … Je vois bien que les enfants n’en peuvent plus. « Je fais au plus court… » Dernière étape le sommet, encore un peu de courage, quelques escaliers de plus… Et nous y sommes. La vue d’ici est jolie mais pas autant que celle de notre pain de sucre de la veille.

 

Le ‘Routard’ dit « Bai Dhin vaut le coup d’œil ! », nous restons sceptiques sur cette visite avec Ludo. Pourquoi une construction aussi démentielle ? Nous ne parlons pas ici de rénovation ou de réhabilitation d’un site avec une histoire mais belle et bien d’un chantier pharaonique. Alors oui la vue est jolie d’en haut, oui les allées avec ces milliers de statues sont surprenantes, oui un bouddha de 150 t on n’en voit pas tous les jours, mais je n’ai pas ressenti l’âme et les sensations que procure un site comme Borobodur en Indonésie ou Angkor Vat au Cambodge.

 

De notre séjour ici dans la Baie d’Ha Long terrestre, la balade dans les canaux de Trang An et notre ascension à Hang Mua nous aura bien plus touché.

 

Où dormir ?

  • Tam Coc Homestay – 28$ la nuit avec petit dej pour 4

Chauffage d’appoint disponible à la réception 😉 Préférer les chambres loin de la réception pour la vue, le calme et leur isolation !

  •  King Kong Hostel – 18$ la nuit avec petit dej pour 4

Tuc le gérant est au petit soin et le déjeuner est copieux.

 

Où manger ?

  • Duc Chien (en face King Kong Hostel)

Les prix sont corrects, Kuan parle français -c’est un plus ! – et une mention spéciale pour son poulet au gingembre 😉

 

 

 

 

On a vu la Baie d’Ha Long !

Mercredi 13 décembre

A peine de retour de Sapa hier soir – entre temps nous avons réussi à reprendre quelques degrés quand même 😊–  nous quittons Hanoï ce matin pour un des paysages les plus célèbres d’Asie… La Baie d’Ha Long. Classée par l’Unesco comme une « beauté naturelle », nous sommes tout excités ce matin à l’idée de la découvrir. Venir au Vietnam sans aller voir la Baie d’Ha Long c’était pour nous comme aller au Cambodge sans s’arrêter aux temples d’Angkor, ce qui au passage n’aurait pas déplu à Jonas qui en parle encore 😉 ! Pour découvrir la Baie, on a le choix : avec ou sans mâts, plus ou moins confortables, de petites tailles ou aménagées en bateau-hôtel, il y en a pour tous les goûts dit le ‘Routard’. C’est vrai, l’offre est énorme ! Une guide nous expliquera qu’en haute saison, la baie compte environ 500 bateau, c’est vous dire…

Nous avons choisi de faire confiance à une agence française ‘Vietnam escapade’ installée sur Hong Gai. Leurs croisières partent de Hon Gai et non de Tuan Chau qui est décrit comme une véritable usine à touristes sur internet. Nous avons donc contacté Marc par mail qui nous a proposé sa croisière découverte de la baie 2 jours/ 1 nuit pour la modique somme de 135$ par personne, environ 120€ ; un cassage de tirelire organisé !

« C’est sur une petite jonque traditionnelle de 13 cabines que nous voulons faire cette croisière » lui avons-nous dit. L’idée de nous retrouver sur une jonque de 20 ou 30 cabines, non merci ; ce n’est pas de cette manière là qu’on l’envisageait. Et pourtant…

A notre arrivée au port d’embarquement de Hon Gai, le temps est gris avec des nuages bas, une brume épaisse et une légère bruine nous entoure ; « on se croirait en Bretagne ! » C’est vrai que nous sommes en hiver ici, j’ai encore un peu de mal avec ces quatre saisons au nord du Vietnam 😉

Deux jeunes filles de l’agence nous attendent pour nous expliquer l’organisation de la croisière, « Nous avons une bonne surprise pour vous ce matin !! » Avec Ludo nous nous regardons assez surpris, « peut-être vont-elles nous faire une réduction sur le prix ? » doit penser Ludo ! « On vous a sur classé sur la jonque de luxe ! » nous précisent-elles.

Je vois Ludo qui pense la même chose que moi à cet instant-là « Mais nous ne voulons pas la jonque de luxe !! » Les jeunes filles ne nous comprennent pas… Elles nous précisent que le sur classement est totalement gratuit car les autorités ont limité le nombre de bateau sur la baie compte tenue du temps. Nous n’y croyons qu’à moitié… Elles ajoutent que c’est une jonque de luxe sur laquelle nous pourrons profiter d’un service haut de gamme pour le même prix. De notre côté, nous leurs expliquons que nous avions choisi une plus petite jonque pour justement ne pas se retrouver sur ce type de bateau là avec autant de monde. « De toute façon nous n’avons pas le choix ! » dis-je à Ludo, « soit on annule maintenant, soit on accepte la jonque ! » C’est trop tard pour réserver ailleurs. Nous acceptons alors.

« Victory Star » nous voilà !

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uand nous embarquons sur la jonque, nous sommes encore un peu sceptiques de la croisière qui nous attend… Sur le bateau ce sont principalement des touristes chinois et indiens. « On se croirait sur le Titanic » dis-je à Ludo quand nous traversons les couloirs pour monter jusqu’au restaurant. La décoration est très raffinée à bord, le service est au petit soin, nous nous sentons même un peu mal à l’aise. Un sentiment qui s’évanouit aussitôt quand nous découvrons nos cabines à bord 😉 « Maman, regarde nos chambres !! Elles sont trop belles ! On a un balcon en plus, et une douche trop grande, et, et, et … !! » Lily et Jonas n’en peuvent plus. « On peut y rester plusieurs jours, dis oui papa !! » … « Hors budget ! » répond-on ensemble avec Ludo 😊

 

Quand on réserve une croisière dans la Baie Ha Long, il n’y a pas de place à l’inattendu ; tout est très organisé, bien rythmé.

Une fois embarqué, on mange, faim ou pas, tu passes à table. L’avantage d’être sur classé sur une jonque de luxe -au-delà de la cabine de « malade » comme dirait Lily – ce sont les repas de « malade » tout en naviguant dans ce décor magique ! Nous ne sommes plus habitués à manger ainsi – entrée, plat, re plat, dessert – et quand arrive la fin du repas, tu te dis qu’il n’y a plus qu’une chose à faire… la sieste !

 

 

Pas le temps… Il faut partir faire la visite d’un village de pêcheur, celui de Vung Vieng pour y observer leur vie quotidienne. Une très jolie escapade qui permet de s’approcher au plus près des îlots ! Le coup de cœur du jour 😊

 

 

 

De retour à bord, le bateau poursuit sa croisière dans la baie au milieu des pains de sucres, ces énormes rochers calcaires de toutes formes, de toutes tailles émergeant de la mer et s’étendant sur des kilomètres. Le paysage change sans cesse, l’atmosphère y est même étrange, surtout avec cette brume qui plonge les pains de sucre comme dans un monde imaginaire.

« Ha Long » signifie « descente du dragon », il y a une légende qui raconte l’histoire de ces pains de sucre et je laisse Lily, notre journaliste en herbe, vous la raconter…

 

 

La nuit tombe tout doucement et ce soir, le temps ne nous permettra malheureusement pas d’assister à un coucher de soleil sur la baie. « C’est dommage » pensais-je installé sur le balcon de notre cabine. La vue reste malgré tout magique d’ici. Le bateau a jeté l’ancre, nous sommes entourés de pains de sucre, le léger bruit de la mer en fond, et nous restons là sans rien dire comme deux enfants émerveillés devant leur premier sapin de noël. Quelle chance avons nous !

 

« C’est l’heure de monter manger !! » nous crie Lily le programme entre les mains 😉 « Mais c’est quoi un dîner gala ?! » demande-t-elle. Ce soir, Lily aura son premier cours de « grand » repas ! Quelle fourchette je choisis en premier, pourquoi y a-t-il autant de couteaux… ?

Jonas, quant à lui, attend impatiemment la pêche au calamar prévue à 21h30 sur le pont. Mais ce soir les enfants sont trop fatigués pour rester éveillés aussi tard. « Mais comment je vais savoir avec quoi ils pêchent les calamars papa ?!! » tente de négocier une dernière fois Jonas avant de se mettre au lit. « Je vais aller les prendre en photos et tu le sauras demain matin au réveil ! Dors maintenant Jonas, demain le programme dit qu’il faut se lever à 6h30 😉 ! »

 

Jeudi 14 décembre

Au réveil ce matin, c’est une vue magnifique qui nous attendait de notre lit : la Baie d’Ha Long sous un ciel dégagé, magique ! Un vrai paysage de carte postale. « On peut rester là plusieurs jours ? » je repense aux paroles de Lily la veille et ce matin je pourrai dire la même chose.

Ce matin au programme c’est exploration de la grotte de Tienh Canh Son et petite détente sur un îlot. Les enfants sont couchés, roulés sous leurs couettes et ils ne bougeront qu’à l’appel du petit déjeuner ! « Ils sont trop bons les lits papa ! » C’est vrai ; on n’a pas dormi dans des lits aussi confortables depuis… depuis que nous sommes partis fin septembre en fait !

 

9h – Nous montons dans le canot qui nous conduit jusqu’à la grotte, l’autre avantage de la jonque de luxe c’est de pouvoir arriver en premier sur l’îlot et donc d’éviter la horde de touriste qui se presse pour découvrir la grotte. Oui tout est très organisé ici même entre les bateaux, chacun a une route déterminée qu’il doit suivre, des horaires qu’il doit respecter et tout ça sous contrôle des autorités maritimes.

 

La grotte que nous visitons ce matin se cache à l’intérieur d’un pain de sucre, pour y accéder quelques marches bien raides, « il faut toujours monter des escaliers quand on visite au Vietnam ! » me dit Lily. Je rigole. Dans la grotte, « Papa c’est quoi ça ? » demande Jonas en montrant une flaque au sol ; une stalagmite est en train de se former. Nous avançons dans la grotte… « On est déjà dehors ? » me demande Ludo. Il s’attendait à une grotte beaucoup plus grande quand il est arrivé devant ce pain de sucre.

 

Nous profitons d’une courte pause sur la plage avant de remonter à bord. Ici l’eau est turquoise et avec un peu de soleil nous inviterait même à une bonne baignade. La matinée avance et il est bientôt temps de regagner le port d’embarquement. « Victory Star » prend la route du retour, quelques dernières photos souvenirs 😉

 

 

Avec du recul, je n’arrive pas à conclure cet article en tranchant sur mon ressenti ; Ludo dit que le temps a beaucoup joué « avec du soleil et une bière sur le pont, on ne l’aurait pas vécu pareil ! » dit-il 😊 Il a sûrement raison ; mais je ne peux m’empêcher de penser que la croisière dans les îles Komodo en Indonésie m’a beaucoup plus touché par la plénitude et l’immensité de ses paysages.

 

Le lien de l’agence :

  • Vietnam Escapade, Marc Tiberghien, email : nhung@vietnam-escapade.com

http://www.baie-halong-croisiere.com/fr/destination/la-baie-dhalong/

Croisière 2 jours/ 1 nuit sur jonque standard 135$/personne

 

Sapa, une belle promesse.

Dimanche 10 décembre

4h du matin – Le bus s’arrête enfin, welcome Sapa ! Nous espérons secrètement avec Ludo que le chauffeur ne va pas nous faire descendre du bus maintenant… Les enfants dorment profondément. Le chauffeur ouvre la porte pour sortir, je sens le froid qui me glace… Non pas maintenant !! La porte du bus se referme et silence. Ouf ! Nous gagnons quelques heures de plus de sommeil, quelques heures qui ne sont pas négligeables vue la nuit que nous venons de passer dans ce sleeping bus.

Partis hier d’Hanoï à 23h30, les enfants n’ont pas tardé à s’endormir tellement ils étaient fatigués, il faut dire que nos 3 jours sur Hanoï n’ont pas été de tout repos. C’est ça aussi l’avantage d’être un enfant, pouvoir s’endormir aussi facilement et n’importe où 😊

Pour rejoindre Sapa de Hanoï, c’est 350 km et fort heureusement pas que de la route de montagne ! Sapa c’est une petite cité perchée à 1650 m au nord-est du Vietnam ; ici jusqu’en 1986 on y cultivait du pavot, des champs de pavot qui ont été remplacé par une multitude de rizières en terrasses aujourd’hui. La région ne vit pas que du riz, l’affluence touristique a pris beaucoup de poids de ce côté ci du Vietnam. Un voyageur rencontré au Cambodge m’avait confié préférer Lào Cai à Sapa, il disait que la première était justement moins « mangée » par le tourisme. Nous allons bien voir…

6h – « Good Morning !! It’s time ! » crie le chauffeur dans le bus. Nous n’avons plus le choix, il faut descendre. Quand je vois les autres mines autour de moi, je souris, on se rattrapera ce soir me dis-je – mais ça, c’était avant de voir l’hôtel – …

« On se croirait vraiment à la montagne » me dit Lily en descendant du bus. Tout y est… Le froid, le brouillard, les bonnets et les gants ! « Il ne manque que la neige… » ajoute-t-elle. Les environs de Sapa sont habités par des minorités ethniques. Je suis d’ailleurs très surprise à la gare routière par ces visages de femmes et d’enfants, ils me font plus penser à des népalais ou des tibétains que des vietnamiens.

 

« Tu connais le nom de l’hôtel toi… ? » je demande à Ludo ; apparemment non… Nous avons réservé ce trek de 3 jours avec le gérant de notre hébergement sur Hanoï et à aucun moment nous avons pensé lui demander où nous dormions 😊 « Tu crois que quelqu’un va venir nous chercher ? » demandais-je à Ludo. Nous attendons…

  • Sapa – Trek de 3 jours avec hébergement 2 nuits à Sapa Backpackers Hostel en pension complète – 75$ par personne.

« Ludovic… » me demande un jeune homme. Je souris. Nous le suivons. Un taxi nous amène jusqu’à l’hôtel. Quand je vois le temps dehors, je me dis que nous ne sommes vraiment pas équipés pour ça… « Heureusement qu’on n’a pas renvoyé les doudounes à mamie !! » me dit Jonas, il gèle. « Nous allons nous réchauffer à l’hôtel » dis je aux enfants. J’y croyais…

A notre arrivée, la gérante nous propose de monter au restaurant pour prendre le petit déjeuner, le trek ne démarre qu’à 9h. « Nous allons nous réchauffer au restaurant, c’est bien aussi le restaurant ! » je rassure les enfants et moi-même aussi comme je peux 😉 J’y croyais encore…

A l’étage le restaurant ; je regarde Ludo et là je ne souris plus… Le restaurant n’est pas isolé, l’hôtel est en fait un hôtel type hôtel container ; ni la salle commune, ni le restaurant ne sont fermés et chauffés… J’avoue qu’à ce moment-là, ma positivité en prend un coup… A grand renfort de couvertures, de doudounes et de foulards en tout genre, nous patientons…

 

« Good morning !! » Deux canadiennes nous rejoignent dans cette « chambre froide »… L’une d’elle arrive de deux mois passés au Népal alors le froid de ce matin ne la perturbe pas autant que nous ! « C’est comment le Népal ? » lui demande Lily. Gentiment, elle sort son ordinateur et propose à Lily de lui montrer quelques photos. « C’est trop beau maman le Népal !! » J’imagine bien… « Maybe later ! » 😉 Elle nous explique que le plus difficile au Népal c’est le froid, surtout la nuit, elle nous confie ne pas avoir été suffisamment préparé et c’est une canadienne ! Alors le Népal attendra un peu !

9h – « It’s time to go ! »  Nous rejoignons notre guide en bas. « Nice to meet you, i’m Pham ! » Pham est originaire de Lao Chai, un village plus au sud d’une minorité H’mong, Pham a 25 ans, elle est maman d’un petit garçon de 3 ans, Pham est une jeune fille très gentille au premier contact. Lily ne la quittera pas de la journée, Lily a trouvé une grande sœur 😊

 

Nous descendons aujourd’hui jusqu’au village de Cat Cat, c’est une minorité H’mong qui y vit aussi, les habitants de ce village sont spécialisés dans le tissage du lin qu’il teinte en indigo, cela ressemble un peu à du denim.

 

Pham nous conduit dans une maison un peu à l’écart pour nous montrer la technique du tissage et l’un des habitats traditionnels d’ici. Nous descendons ensuite un peu plus bas dans le village, vers la rivière Muong Hoa. Ici plus encore nous ressentons le poids du tourisme dans le village, rien ne paraît authentique, tout est là pour « nous », pour le folklore, quel dommage… A côté des chutes d’eau se trouve toujours une usine hydroélectrique construite sous les Français, Pham nous explique qu’elle n’est plus en activité, ils l’ont reconverti en salle de spectacle.

 

 

 

 

Il est temps pour nous de rentrer, nous prenons le chemin du retour ; ce village était si pauvre quand j’y repense. C’est le regard de ces enfants qui étaient le plus poignant ; certains trop jeunes pour marchander des produits artisanaux au bord d’une route, certaines trop jeunes pour être mère – je croyais naïvement qu’elles ne faisaient que porter et s’occuper de leurs jeunes frères ou sœurs – il n’en est rien, et ces mères aux visages usés et marqués par une fatigue qui en dit long.

 

Au loin, je regarde Pham avec Lily et je suis contente que nous l’ayons eu comme guide aujourd’hui, elle nous a apporté sa douceur et sa gentillesse dans cette dureté qui nous entoure, Pham notre petit rayon de soleil. « On peut rester avec Pham demain ? » supplie Lily 😊 Le gérant de l’hôtel accepte, « oui !!! » Nous sommes tous contents de la retrouver le lendemain.

« On va pouvoir se réchauffer dans la chambre tu crois papa ? » Comment vous dire qu’à la minute où nous passons la porte de la chambre, la température avoisine les 8 degrés… Dans un coin, un chauffage d’appoint, la nuit promet…

Lundi 11 décembre

8h – « Enfilez vos doudounes, vos bonnets, prenez les couvertures… On va déjeuner !! » La nuit n’a pas été trop mauvaise enroulés dans nos couvertures ! Dehors, le même temps, on ne voit rien à un mètre. Aujourd’hui nous partons pour une randonnée de 12 km, direction le village de Lao Chai.

« Maman, elle est où Pham ?! » me demande Lily. Le gérant m’explique qu’elle n’a pu venir ce matin, son petit garçon est malade. J’espère que ce n’est pas trop grave… « 12 km papa ?!! » Mais c’est trop ! Nous rassurons Lily et Jonas, ils sont capables de les faire.

Pour atteindre Lao Chai, il faut passer par des vallons, des rizières en terrasses, un bois, monter, descendre, re monter, re descendre, et tout ça sous la pluie et dans la boue… « Nous aurions dû prendre les bottes !! » dis-je à Ludo ; nos baskets sont remplies et couvertes de boue. Dès notre départ de Sapa, des femmes de la minorité des M’hongs nous ont accompagnées. L’une d’entre elles tend sa main à Lily, nous passons par des chemins boueux et très glissants, Lily attrape sa main et lui sourit.

Première pause, la dame qui aide Lily improvise un atelier créatif 😉 Lily et Jonas l’observe tisser une brindille. « Un cheval ! Regarde papa ce qu’elle a réussi à faire avec un morceau d’herbe ! » Une branche d’herbe, un sourire et un bisou ; un petit bonheur au milieu de nulle part.

Nous repartons, nouveau vallon, nouvelles rizières et quelques habitations. Comment peut-on vivre ici… ? On n’y vit pas… On survit me dis-je. Toujours autant de boue, nos pantalons sont maintenant eux aussi marron de boue, Lily a glissé, plus de peur que de mal ; le plus difficile c’est le froid maintenant. « Papa, c’est quand qu’on s’arrête manger ? » Ah… On avait oublié la faim aussi 😉

« Bientôt… » Ludo répond sans grande certitude. Les conditions climatiques ne sont pas idéales, pourtant les paysages autour de nous sont tout simplement splendides. Quelle merveille doit être cet endroit aux beaux jours…

 

 

« Is it ok for you ? » nous demande la guide. « Maman demande lui quand c’est qu’on mange ! » Les estomacs commencent à crier famine… « Juste in 10 minutes » Le village de Lao Chai est juste après le pont explique-t-on aux enfants.

 

Ce village vit essentiellement de la culture du riz. De février à août, on prépare les rizières et en septembre a lieu la récolte. On dit qu’ici la population y est très accueillante même si cette chaleur est surtout motivée par l’appât du gain, légitime me direz-vous, oui quand on voit les conditions de vie ici, je considère normal d’être sollicitée pour l’achat de quelques produits artisanaux ; ces vendeuses ne peuvent en effet que compter sur ces touristes de passage pour assurer leur subsistance.

 

Pourtant à notre table à midi, nous avons eu un sentiment de « trop », à peine assis dans le restaurant, une horde de femmes se jettent sur notre groupe ; sortant de leurs hottes, comme le ferait le Père Noël – oui c’est d’époque ! – des portefeuilles, des tissus, des bracelets, des boucles d’oreille, des sacs… Nous nous sentons obligés de leurs acheter quelque chose. « I help your children in the montain and you don’t buy me anything ! » Sur le moment, nous nous sentons mal à l’aise, gênée. Sur toutes les tables, la même scène, les vendeuses changent de table dès l’arrivée d’un nouveau groupe dans le restaurant. « Maman, achètes lui quelque chose, elle a été trop gentille ! » Nous jouons le « jeu touristique » même si au fond nous sommes d’accord avec Ludo, nous aurions préféré simplement donner un peu d’argent à certaines.

 

 

« Just 1 hour ! » Il ne reste plus qu’une heure de marche dit Lily à Jonas quand elle entend la guide nous expliquer la dernière partie de la journée. Dernière partie bien moins boueuse ! Nous rejoignons le dernier village où nous attend notre van par la route. En chemin, des enfants qui jouent dans les champs, des buffles et des rizières…

« Mais maman, on va salir tout le bus !! Regarde-nous ! » me dit Jonas inquiet. C’est vrai que nous sommes vraiment sales !

Ce soir au programme une bonne douche chaude et un repas – en doudoune – dans notre restaurant « igloo » 😊

 

Mardi 12 décembre

8h30 – Bien au chaud sous la couette, personne n’a envie d’en sortir ce matin… « Je reste là toute la journée ! Je ne bouge plus » nous dit Lily. Nous repartons cette après-midi pour Hanoï en bus et même avec la plus grande motivation possible, nous n’arriverons pas à faire bouger Lily et Jonas de la chambre ce matin. Nous votons donc à l’unanimité une matinée décongélation dans la chambre 😉 Un peu de lecture pour Jonas pendant que Lily écrit son prochain article, maman trie les photos et papa… « Il est où papa ?! » … Papa enlève la boue de nos chaussures !

Nous devons rendre la chambre à 12h, c’est toujours compliqué les journées de transfert, on n’a plus de chambre pour se poser, on doit attendre un transport, mais d’habitude on trouve toujours un coin pour s’asseoir et patienter, sauf qu’ici il gèle !!

« Et si on se faisait dorloter un peu, on l’a bien mérité non ?! » Dans la rue principale de Sapa, on trouve des petits salons de massage, bien au chaud 😊 C’est donc avec un doux massage des pieds que notre aventure se termine ici.

« On y reviendra » me souffle Ludo … « quand il fera meilleur ! »

Je lirai plus tard que le Vietnam compte en fait 54 minorités ethniques et que celles du nord sont originaires de Chine, de Birmanie et du Tibet ; je n’en étais pas loin quand je me suis imaginée au Népal le matin de notre arrivée à la gare routière 😉 Ce sont les minorités de la région de Sapa et du nord du Vietnam qui ont importé les rizières en terrasses, c’est leur génie. Ces minorités ont aussi une autre particularité : elles ne se battent jamais entre elles. Elles ont parfois bien évidemment des conflits d’intérêt mais jamais de conflits meurtriers, ni de guerres au fil de leur longue histoire. Ces minorités ne sont donc pas seulement attachante, elles sont aussi pacifiques, quel bel exemple ! Depuis notre arrivée au Vietnam, Sapa restera pour l’heure mon coup de cœur  – et ce n’est pas mon cerveau à moitié gelé qui parle – car cette région est une belle promesse.

On peut aussi chercher plus de dépaysement en partant plutôt vers Bac Ha ou Ha Giang, mais pas cette fois 😉

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Quand venir à Sapa ?

L’idéal c’est les mois de mai ou de septembre quand les rizières sont bien vertes, qu’il n’y a pas grand monde comme en juillet et août et qu’il ne fait pas trop chaud, ni trop froid comme de décembre à mars !

Où dormir à Sapa ?

  • Sapa Backpackers Hostel, 80 So Than, Sapa

L’hôtel est tout en haut de la ville, il doit jouir d’une très belle vue sur les montagnes (le brouillard ne nous permet pas de le confirmer), accueil agréable, hôtel containers donc chambre petite mais propre, bar-restaurant ouvert et froid, voire très froid à cette période ! Cuisine copieuse et très bonne.

Hanoï, fascinante et mystérieuse…

Jeudi 7 décembre

Hanoï, une capitale unique ; c’est tout de suite ce que l’on ressent en arrivant dans les rues du vieux Hanoï. Quand le chauffeur nous a laissé hier soir à l’entrée du quartier des 36 corporations, nous étions un peu perdus dans toute cette animation. Quelle rue prendre ? Dans quel sens partons-nous ? Et de partout des gargotes, des vietnamiens avec un bol de soupe, des scooters partout et parfois même sur les trottoirs… Une boussole, un peu de concentration et du sang-froid, nous y étions ! « Hanoï Hostel Life»

 

Nous avons choisi de faire un voyage dans le temps en logeant dans le vieux Hanoi car ici, plus on avance vers le cœur urbain de la cité, plus on remonte dans son histoire et vers ses origines.

Dans ce quartier de marchands et d’artisans, on y déambule à pied au milieu d’une quantité innombrable de scooter ; on n’a pas de mal à s’imaginer à quoi ressemblait la ville autrefois avec ses marchands, ses artisans et ses boutiquiers ambulants.

Ce plus vieux quartier de Hanoï est aussi appelé le quartier des 36 rues ou des 36 corporations, on dit qu’il sera peut-être bientôt classé dans les sites du Patrimoine mondial de l’Unesco. Chaque rue a pris une spécialité professionnelle, représentant un seul métier ou une corporation. Le rue du fer, la rue des poissons grillés, la rue des autels votifs, la rue de la chaussure, la rue de la mercerie, la rue du carton, la rue du chanvre, la rue des médicaments, la rue du sucre et j’en passe…

 

 

Les rues s’enchaînent et nous cherchons à chaque recoin qu’elle sera la prochaine… « La rue de Noël !!! C’est la rue de Noël ! » crient Lily et Jonas en cœur. Leurs yeux brillent de voir toutes ces décorations de fêtes. « On achète un sapin maman, allez !! » Je crois que je vais m’évanouir… Un sapin ! Et on le transporte comment le sapin ?! « Non mais un petit » disent les deux en cœur. « Ah non, cela ne va pas être possible ! » … J’imagine déjà Ludo avec un sapin accroché sur le sac lui-même accroché sur son dos, j’en ris encore 😊 Nous négocions le sapin contre deux bonnets de Noël qu’ils garderont d’ailleurs sur la tête toute la journée

 

Le quartier est extraordinairement vivant, quelquefois attachant. On y retrouve une architecture qui nous avait déjà interpelé à Saigon : les maisons-tube. Ce sont des maisons étroites, hautes et profondes comme des boîtes à chaussures. Les étages s’empilent comme des conteneurs. Les pièces sont très longues et peu larges. Mais pourquoi s’était-on déjà questionné à Saigon ? Par manque de place ? Pour des raisons de facilité en construction ? On en découvre la raison ici sur Hanoï, les propriétaires devaient payer des impôts proportionnels à la largeur de la façade côté rue, d’où l’idée d’en réduire l’importance… Pas bête !

 

 

Ce matin, c’est par ce quartier que nous commençons notre découverte d’Hanoï, en doudoune ! Anh, notre guide sur Vinh Long dans le sud nous avait bien prévenu, mais j’avoue que je ne l’avais pas vraiment cru. « Au sud, nous avons deux saisons, la saison sèche et la saison des pluies ; au nord c’est différent, c’est comme chez vous, il y a quatre saisons et en ce moment c’est l’hiver ! » Dès notre sortie de l’avion à l’aéroport d’Hanoï, ses paroles ont raisonné… Des 35 degrés que nous venions de quitter 2h auparavant, nous passions à 22 degrés ! Ca va me direz-vous comparés aux températures actuelles en France, et bien je vous assure qu’après 3 mois nous ne sommes déjà plus trop habitués 😉 Au-delà de cette différence de température, c’est surtout cette sorte de bruine très fine qui nous enveloppe et nous glace.

 

J’ai lu qu’il était très facile de se repérer dans Hanoi. Si on prend pour centre le lac Hoan Kiem ; tout apparaît clairement dit-on !

Au nord du lac, c’est l’ancienne ville chinoise avec un enchevêtrement de rues, c’est le quartier commerçant et routard à la fois, c’est par là que nous venons de commencer et où nous dormons. Au sud du lac et à l’est, c’est l’ancienne ville coloniale française, aujourd’hui quartier des ambassades, et à l’ouest, cela ressemble à un village français aux saveurs d’Asie. Si on va plus à l’ouest, c’est là où sont concentrés la plupart des sites à visiter, nous nous y rendrons très certainement demain.

Aujourd’hui, nous nous concentrons sur le secteur du lac Hoan Kiem où nous voulons aller voir le temple Montagne de Jade et plus au sud le musée des femmes Vietnamiennes.

Nous déambulons un long moment dans ce vieux Hanoï avant d’arriver au lac Hoàn Kiem, considéré comme le cœur du vieux Hanoï. Il y a une légende attachée à ce lac. La voici ; on dit qu’un pauvre pêcheur s’était vu confier par la tortue sacrée du lac une épée magique pour défendre le royaume contre les envahisseurs Ming. Ce pêcheur souleva alors le peuple vietnamien, remportant de nombreuses victoires et pendant longtemps l’épée fut très efficace car elle sut contenir les Chinois. Pourtant, un jour sur les bords du lac, alors que le souverain s’y promenait, la tortue vint récupérer l’épée magique, qu’elle ramena au fond. C’était d’après ce qu’on en dit une façon pour elle de signifier au souverain que tout à une fin, qu’il faut savoir rendre les choses et surtout avoir une attitude modeste, moins triomphaliste. Ce jour là le souverain se promenait au bord du lac en savourant ses succès militaires… ! Dommage pour lui.

Certains affirment que l’on peut toujours voir une tortue vivante dans le lac mais il faut savoir être impatient pour avoir la chance de l’apercevoir… Qu’ai-je pas dit !! « Maman, viens on reste là, on va peut-être la voir ! » … Sans façon.

Au loin, nous apercevons un adorable petit temple « C’est ton temple maman ?! Celui que tu veux encore voir ?!… » Oui je souligne bien le « encore » car il était plutôt prononcé par ma fille 😉 C’est bien celui-ci en effet, le temple Montagne de Jade. C’est un adorable petit temple qu’on atteint par un pont en bois tout rouge, qu’on appelle le « pont du Soleil-Levant ». Le décor me fait vraiment penser à la Chine, c’est assez surprenant.

 

« Papa, viens voir !! J’ai trouvé la tortue !! » En effet, elle est bien là. Dans un pavillon à l’intérieur, on peut y voir une grande carapace de tortue géante bien conservée. Je ne suis pas certaine Jonas que ce soit la tortue de la légende… Jonas insiste. Nous préférons laisser la magie de la légende opérer.

Dans une autre salle, Lily est captivée par un magnifique cheval laqué. Lily et les chevaux… Même à l’autre bout de la planète, elle reste passionnée. « J’aimerai trop en avoir un comme ça dans ma chambre ! » En bois ?… « Et bien oui, en attendant d’avoir un pré quand je serai grande ! » Elle n’abandonnera jamais ! Je souris et lui explique que ce cheval est un cheval de cérémonie, il est sur roues et peint en rouge, couleur de chance et de bonheur au Vietnam. « Si tu caresses doucement sa crinière, elle te donnera de la chance » dis-je à Lily. « C’est vrai ?! » C’est ce que dit la superstition ici en tout cas 😉

 

Nous finissons notre visite en se disant que l’extérieur de ce temple et sa légende sont bien plus touchants que la visite en elle-même, hormis la « tortue » de Jonas.

 

 

« On va où maintenant ? » demande Lily. Nous allons voir comment les femmes peuvent être importantes ! Une réponse qui lui plaît 😉 elle qui a tendance à défendre des idées affirmées sur ce sujet. Direction le musée des Femmes vietnamiennes. Mais pourquoi ce musée ?

De 1947 à 1954, Hanoï se retrouve au cœur des évènements sanglants entre l’armée française et les combattants vietminh, c’est la première guerre d’Indochine. La ville est pourtant épargnée car les affrontements se déroulent dans les montagnes et les vallées du Nord-Vietnam. Après la bataille de Dien Biên Phù en mai 1954, les troupes vietnamiennes entrent dans Hanoï « libérée » ; le calme et la paix ne sont que de courte durée, la seconde guerre d’Indochine est déjà là… Elle oppose le Nord-Vietnam communiste au Sud-Vietnam capitaliste et proaméricain. Hanoï n’est alors plus épargnée, elle est bombardée à plusieurs reprises par l’aviation US ; une partie de la population civile est alors évacuée à la campagne, les autres se réfugièrent dans les nombreux abris souterrains de la ville.

Comme au Cambodge avec le régime khmer, on peut difficilement venir au Vietnam sans découvrir ce passé douloureux, rythmés de combats, de souffrances terribles et d’une renaissance inattendue. Mais nous ne sommes pas seuls, les enfants sont là ; et au même titre que notre refus de visiter le musée de guerre à Phnom Penh, nous refusons de nous rendre dans les souterrains, dans le musée d’Histoire militaire ou encore dans la prison de Hoa Lo.

Nous avons pensé avec Ludo que montrer aux enfants une vision de la guerre à travers la vie des mères, des épouses et des filles de soldats, sans oublier les soldates étaient une manière peut-être moins « sordide » d’aborder le terrible passé de ce pays. C’est aussi une façon de voir que la guerre n’est pas exclusivement une affaire d’hommes, ici ou ailleurs.

A l’intérieur, 4 étages qui traitent de la place de la femme en tant qu’épouse, en tant que mère, en tant qu’artiste et pendant la guerre. C’est cet étage qui nous a le plus marqué. Rencontrer ces femmes à travers des photos, leurs objets, des témoignages est vraiment troublant, c’est un très bel hommage qu’on leurs rend ici, à toutes celles qui ont combattu l’ennemi aussi courageusement que les hommes. A travers le transport des armes, des vivres, la construction des routes, l’éducation des enfants dans les souterrains, voire le combat pur et dur pour certaines, on ne peut pas rester insensible devant tous ces visages.

 

« C’était vraiment un beau témoignage » me dit Ludo en sortant « mais j’ai préféré seulement l’étage consacré à la guerre, c’est le plus intriguant ici ». Je le rejoins. Nous apprenons beaucoup de choses sur les autres étages mais ce n’étaient pas forcément ce que nous étions venus chercher dans ce musée. Nous sommes d’accord, la visite du 3ème étage en vaut la peine !

 

« Il y a le Mékong ici aussi ? » me demande Jonas. C’est vrai que notre voyage tourne depuis notre arrivée au Cambodge beaucoup autour de ce fleuve si captivant, mais ici non, pas de Mékong. Néanmoins, il faut savoir que Hanoï se traduit ici par « la ville au-dessus du fleuve ». La capitale du Vietnam s’étend en effet sur la rive du fleuve Rouge venu des montagnes chinoises du Yunnan. « Il est vraiment rouge le fleuve maman ?! » Je ne sais pas… Allons voir !

« Ah non maman pas à pied !! » me supplie Lily quand elle voit où se situe le pont Long Biên sur la carte. C’est pourtant de ce pont que l’on peut avoir une très belle vue sur le fleuve Rouge et sur Hanoï d’après le ‘Routard’. Le pont est accessible aux deux-roues, aux piétons et aux trains, j’ai lu qu’on pouvait aussi découvrir le pont à pied, rien ne l’interdit.

Il faut savoir qu’après la conquête de la ville par l’armée coloniale française, la ville d’Hanoï n’a plus rien à voir avec la légendaire capitale d’avant ; en 1884, la France établit un protectorat sur le Tonkin, région qui correspondant à l’actuel nord du Vietnam, comme il fallait apporter une contribution aux destructions du passé, les français achèvent la démolition de la citadelle – autant faire table rase du passé… – , ils rasent la plus ancienne pagode de Hanoï pour permettre la construction d’une cathédrale – au cas où la démolition de la citadelle ne soit pas suffisante… – et tracent une nouvelle ville avec de larges avenues bordées de bâtiments haussmanniens, une ville française en Asie est née ! Rappelez-vous Ho Chi Minh, on reproduit une nouvelle fois notre « label » … ! En 1902, le pont Doumer – du nom du gouverneur générale de l’Indochine de l’époque- est alors construit sur le fleuve rouge sous la direction de Gustave Eiffel. Long de 1 682 m, ce fut l’unique pont à ce moment-là qui permettait de traverser le fleuve Rouge.

La journée a déjà été pas mal chargée côté marche, nous décidons donc de nous faire monter jusqu’au pont en taxi. « Il s’arrête là ?! » demandais-je à Ludo assez sceptique. Le chauffeur nous montre le pont au-dessus de nos têtes. « Long Biên Bridge ! » ajoute-t-il ; il faut croire que oui. Nous descendons. Nous sommes alors sur une des grandes artères qui contourne le vieux Hanoï, en gros le périphérique lyonnais ; et rappelez-vous la circulation ici en Asie et d’autant plus dans une capitale…

Toujours la même technique : on reste groupé en tenant les enfants contre nous – parfois nous portons Jonas aussi – et on avance ensemble, Ludo lève le bras – psychologique ou pas, on se dit qu’ils nous verront mieux 😊- et c’est parti, on traverse !

1682 m, une bonne heure aller-retour, on ne fera que la moitié de l’aller ! Le trottoir est minuscule et la circulation impressionnante, ininterrompue ! Parfois la route laisse un peu de place à quelques marchands ambulants, certains y font une pause. Je ne m’y sens pas particulièrement rassurée avec tous ces scooters et Jonas qui courent devant. On marche jusqu’au fleuve tout de même, on veut voir s’il est bien rouge !

 

« Et bien non tu vois… Il n’est pas rouge ce fleuve, alors pourquoi on l’a appelé comme ça  ?! » En cherchant un peu sur internet, j’apprends que ce fleuve tient son nom des alluvions qui lui donne parfois sa couleur brun-rougeâtre, ce n’est pas le cas aujourd’hui.

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Nous faisons demi-tour, « on rentre maintenant !! » disent Lily et Jonas en cœur. Il est temps, nous avons tous besoin de repos.

« Oh regardez ! La route en céramique ! » Lily se tourne vers moi l’air de dire – maman veut encore nous emmener visiter un truc… – « Regardez là en-dessous ! » répétais-je. Le long de la grande artère que nous venons de traverser, s’étend cette frise gigantesque de tesselles en céramique. Ce sont des artistes vietnamiens aidés d’artistes étrangers qui l’ont réalisé, à l’initiative une journaliste et artiste vietnamienne admiratrice de Gaudi. Sur près de 4 km cette œuvre retrace des motifs liés à la mythologie, à l’histoire du Vietnam ou à la vie de pays étrangers. « Regarde comme c’est beau ! » me dit Jonas, « Ils ont dû passer beaucoup de temps pour faire tout ça ! »  Lily plus terre à terre, « Ne me dîtes pas qu’on va regarder les 4 kms ?! » … Nous rentrons. Sur le chemin du retour, toujours la même question « On mange où ce soir… ? »

 

« Tchit cho » = viande de chien… Depuis que je sais que des restaurants sur Hanoï servent cette spécialité tonkinoise, j’avoue que mon penchant végétarien est plus que prononcé 😉 Lily et Jonas quant à eux ne jurent que par les œufs ici !! « Mais au plat papa !! Pas avec des poussins dedans comme au Cambodge ! » Ludo, quant à lui, même pas peur… « Je vais me chercher quelque chose à manger dehors dit-il. Ce soir et les soirs suivants, nous opterons nous avec les enfants pour un repas plus « sûr » à l’hôtel, d’autant que notre journée a été suffisamment remplie et nous avons envie de « rentrer à la maison ! » comme dit Jonas.

Petite minute gastronomie 😊

Plutôt bon marché, il faut compter environ 100 000 Dg le plat, la viande de chien est considérée par les Vietnamiens comme une viande qui a du mordant, elle est préparée sous forme de soupe, grillée, en ragoût ou en saucisse. Le repas est servi avec un petit verre d’alcool de riz mélangé avec du sang ou de la bile. Ce breuvage est censé tonifier ! Le chien ne se consomme traditionnellement que par les hommes, de préférence à la fin du mois lunaire ; il paraît que cela donne de la chance pour le mois à venir… Avis aux amateurs 😉

 

Vendredi 8 décembre

Ce matin, nous partons pour une promenade romantique ! Direction le lac de l’Ouest, qu’on appelle aussi le « lac des amoureux ». Au nord-ouest de la ville, c’est le plus grand lac du Vietnam, près de 12 km ! « Pourquoi on l’appelle le lac des amoureux papa ? » demande Jonas, c’est parce qu’il y a pleins d’amoureux ? C’est presque cela Jonas 😉 Ce lac est l’un des lieux de promenade favoris des jeunes Hanoïens.

En arrivant au lac, nous sommes vraiment surpris par sa taille. « On va devoir faire le tour à pied !! » demande Lily inquiète. J’ai envie de la faire râler un peu ce matin… Nous ne l’avons pas encore trop entendu, c’est anormal 😊 « Oui Lily ! Il paraît que ses berges sont très jolies ! » Et là… « Non mais tu plaisantes maman ?! » Je vois bien qu’elle hésite et qu’elle ne sait pas si je dis vrai ! Avec Ludo nous éclatons de rire.

 

Nous sommes aussi venus jusqu’ici pour la pagode Tran Quoc, c’est la plus ancienne de la capitale et la plus typique du Nord-Vietnam. Elle fait l’objet d’une énorme vénération populaire. Dans la première cour, des stèles en chinois, une montagne symbolique avec des bonzaïs, une grande tour en brique avec des statuts de bouddhas dans des niches, les lieux sont sereins et attachants. Mais c’est la salle principale qui m’a le plus touchée. Au loin j’entends des prières, un gong et des chants, j’avance et j’entre. Au fond, un moine, derrière lui des fidèles ; je m’assois. Je me sens comme envoutée par les lieux. Mon coup de cœur mystique de la semaine.