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Avant qu’il n’en reste qu’un… *

« Maman, tu crois qu’il y a des sources chaudes là-bas ? Et Nessie, tu crois qu’elle existe vraiment ? Et il y a beaucoup de route ? Et on pourra se baigner tu penses ? Tu emmèneras du milka maman hein ? Parce que là-bas ils ne doivent pas en avoir ! »

Je regarde Jonas en souriant puis j’attends quelques secondes pour être certaine qu’une autre question ne reste pas en suspens. Et…

« Là-bas, non Jonas la terre n’est pas aussi chaude qu’en Islande même s’il y a un gentil volcan éteint qui veille sur sa capitale ; Nessie je ne sais pas si elle est bien là, certains pensent qu’elle existe mais beaucoup disent aussi que ce n’est qu’une légende. Oui de la route il y en aura, 17h environ. Se baigner, pourquoi pas, mais je crains que ta « trempette » soit rapide ! »

Jonas est rassuré ; puis, « Et le milka maman ! Tu as oublié le milka ! »

J’éclate de rire. « Oui Jonas, nous emmenons le milka. » Ouf ! Nous pouvons partir 😊

Mais où va-t-on ? Une petite idée ? Nessie devrait vous mettre sur la piste, sinon si je vous dis château, pluie, 15 ans d’âge, Braveheart. Plus de doute, welcome Scottland !

drapeau ecosse

« Maman, today it’s english day ! » … « Yes Jonas, it’s Wednesday. » (NB : English day, c’est notre journée d’anglais en famille) Jonas nous rappelle à l’ordre chaque mercredi et pourtant ! Ses premiers pas en Asie avaient été terrible pour lui, la barrière de la langue l’avait bien ennuyé, lui qui aime tant partager avec les autres. Tout doucement Jonas s’était aperçu que le mime était une bonne alternative. Quelques mots par-ci par-là « Do you have menu ? Can I have wifi ? A glass of water please ? » L’essentiel d’anglais en voyage version Jonas : je mange, je ne meure pas de soif et je me connecte au monde.

Du côté de Lily, les quelques mois en Asie ont remplacé de sérieuses années de leçons d’école. Lily et son oreille.  Elle ne dit rien, elle écoute, écoute, écoute… Jusqu’au jour où, lors d’une visite elle me reprend « non maman, ce n’est pas tout à fait ce qu’il a dit le guide ! » Je souris ; c’est elle qui a raison, je passe le relai. « Bravo Lily, tu vas pouvoir traduire à ton frère maintenant ! »

Aujourd’hui, il semble que Jonas ait quelque peu digéré son ‘blocage’ linguistique. « S’il y a bien un endroit Jonas où tu vas entendre parler anglais, c’est au Royaume-Uni, alors… » lui ai-je confié un matin. « Non mais maman, c’est en Ecosse que l’on a dit qu’on partait, pas au Royaume-Uni ! »

Nouveau sourire. « En plus de l’anglais, c’est la carte de l’Europe que nous devons revoir mon chéri ! » Donc voilà, l’essentiel d’anglais en voyage version Jonas s’est étoffé « How did you say gnocchi in english mummy ? » Mais il ne pense qu’à manger cet enfant ! penseront certains. Je crois plutôt que ce sont les 4 jours de riz blanc du petit-déjeuner au dîner -déjeuner et goûter compris- pendant notre périple dans les îles Komodo en Indonésie qui l’ont bien marqué 😊. Besoin de s’assurer ‘une sécurité gastronomique’ maintenant.

Et Lily ? Lily papillonne depuis qu’elle sait que nous préparons ce nouveau périple. Non pas de passion pour l’apple pie ou les histoires de fées et de châteaux… « Harry Potter maman ! C’est le pays de J.K Rowling : Poudlard, Hermione, le quai 9 ¾ ; toute l’histoire d’Harry Potter a été imaginé là-bas ! Mais tu te rends compte !! » La magie des sorciers brille dans ses yeux, ça y est Lily est déjà de l’autre côté de la Manche 😊

Mais alors, pourquoi l’Ecosse ??

Ce soir-là, quand nous lançons l’idée d’une aventure dans les Highlands aux enfants, nous leurs proposons de réfléchir à une chose qu’ils aimeraient vraiment voir ou faire pendant notre road trip.

« Le Loch Ness ! » s’écrit Jonas. « Je veux voir le monstre du Loch Ness ! Comment il s’appelle déjà ?! » ajoute-t-il.

Lily prend son temps et puis calmement propose « des shetlands, je rêverais de voir des shetlands maman ». Je fais la mou et Lily comprends vite que cette fois cela sera plus difficile que les poneys islandais. Puis elle ajoute « alors une plage, j’aimerai voire une jolie plage écossaise »

Ludo, quant à lui, a besoin de grands espaces, son baromètre ‘vie sauvage’ est en chute libre depuis ces derniers mois. Moi, c’est d’évasion j’ai besoin 😉

Il convient de préciser qu’à l’origine de notre choix de « road trip écossais », il n’était ni question d’un monstre au fond d’un lac, ni de sorciers en plein combat de quidditch, ni dans l’idée de porter une doudoune en plein été ! Non, non.

Avril 2018 – Alors que nous quittons Belfast en ferry pour rejoindre l’Angleterre, nous débarquons à Cairnryan en Ecosse. Premiers kilomètres de ce côté-ci du Royaume-Uniset Lily nous demande « Nous sommes où ici ? » – « En Ecosse Lily, mais nous ne sommes que de passage, notre ferry pour l’Islande nous attend au Danemark dans 3 jours » – « C’est dommage maman, c’est beau ici. » – « Oui, tu as raison Lily, l’Ecosse semble magique. Nous reviendrons ! »

Février 2019 – « Dieppe-Newhaven, c’est ce ferry qui me semble le mieux pour traverser » Ludo se tourne vers moi et je lis dans ses yeux « vivement ! » Puis tout s’accélère.

Même si nous aimons cette part d’inconnu et de liberté qui permettent de vivre de délicieuses aventures, un road trip s’esquisse du bout des doigts.

Même si l’Ecosse n’est pas aussi étendue que l’Irlande, elle abrite une quantité de richesses et nous devons faire des choix, ‘dessiner’ notre route : des lochs aux vallées profondes, des aigles royaux aux extraordinaires paysages isolés, des îles hébrides à Edimburgh, des châteaux gorgés d’histoire aux écossais au caractère bien ‘trempés » ; l’Ecosse est un vrai trésor.

Juin 2019 – « 20 jours ce n’est pas suffisant… » Ludo me regarde « Je savais que tu dirais cela ! » Et Lily de me répondre « Nous y retournerons alors maman ! »  Lily apprend vite 😉

Juillet 2019 – « Dans quel sens nous le faisons ce tour ? » Avec Ludo nous sommes d’accord, nous préférons finir ce road trip par ce qui nous tient le plus à cœur : les îles de Skye avec celles d’Harris et les highlands de la région de Glen Coe. « Nous roulerons donc en sens inverse ! A l’anglaise 😉 »

D’Edimburgh à Fortingall, nous poursuivrons jusqu’au Loch Ness à la recherche de Nessie, d’Inverness aux plages d’Apple Cross en suivant la splendide route qui passe par Torridon, nous ne manquerons pas de faire une halte au joli village de pêcheurs de Plockton avant de rejoindre les merveilleuses Skye et Harris. Puis, nous redescendrons tout doucement en empruntant la route des îles jusqu’à Fort Williams sans oublier le viaduc de Glenfinnan et le passage du Poudlard express ! Pour finir sur les rives du Loch Lomond après avoir traversé la vallée mystique de Glen Coe.

Voilà, en théorie, c’est notre route. En pratique… On improvise 😊

 

 

 27 juillet 2019 – « Tu as fermé ? Les poules Jonas, elles ont de l’eau, des graines ? Et les chats Lily c’est bon ? Qui a arrosé le potager ? Nous avons les passeports ? Doudou, Pika, Carotte ? (Ce sont les doudous !) Maman, il est où Actarus (le chat), je n’ai pas fait de bisou à Actarus ! » 11h – « Tout le monde est attaché ? Scotland nous voilà ! »

 

 *NB : Petite référence en lien avec le titre de notre article « Avant qu’il n’en reste qu’un » : c’est un clin d’œil aux films et séries des années 90 « Highlanders ». 😉

Comment traverser la Manche et pour combien ?

Notre choix s’est porté sur un ferry Dieppe-Newhaven. Pourquoi ?

  1. Un temps de traversée relativement court, seulement 4h.
  2. Newhaven – Londres 2h : nous avions décidé de faire un passage par Londres (une petite pause ‘so British’ de 2 jours) et Newhaven se trouve juste au sud de Londres, c’était donc un bon compromis pour nous éviter trop de détour.
  3. Le prix : 330 € aller-retour pour 4 personnes ( 2 adultes + 2 enfants) et le van en période estivale.

Voici le lien de réservation du ferry : http://www.directferries.com

 

 

Et après…?

Gmail vous informe d’un nouveau message – « Mais où êtes-vous ? »

Alerte Facebook – « Vos amis n’ont plus reçu de vos nouvelles depuis… bien trop longtemps »

WordPress vous informe que votre site est inactif.

Bip, nouveau message. « Non mais sérieusement vous êtes où ?! »

1 an, c’était il y a un an que nous posions nos sacs où plutôt devrais-je dire que nous reposions nos sacs ici en France et depuis je n’ai pas réussi à l’écrire cet article de « fin de voyage ». Trop d’émotions, manque d’envie, rejet : un peu de tout cela.

Comment écrire un article de retour quand tout en nous n’est que lutte, quand chaque matin on doit chercher une motivation, quand chaque parole qu’on entend n’est que mécontentement « c’est quoi ce temps, il ne fait pas assez chaud ! », « Où mais quelle chaleur aujourd’hui ! », « Mr le boulanger le pain manque de sel ! », « Cette file d’attente est bien trop longue, ils ont fini de raconter leur vie ! »…

Dès notre arrivée à l’aéroport en France, nous avons ressenti le malaise avec Ludo ; nous nous sommes regardés avec cet air de « viens on fait demi-tour, ce n’est pas ici ! »

C’était il y a 1 an.

Douze mois auparavant, nous tournions la clé de notre maison vendue, nous poussions la porte de ce box sur le port de Lyon avec notre vie dedans.

60m3 de cartons, de meubles, de vaisselles et nous en avions déjà fait du tri. Donner, vendre, garder (on ne sait jamais si nous revenons…) Mais pourquoi, pourquoi emballer ces assiettes ? Quand on regarde un carton d’assiette, c’est quand même flagrant le problème : des petites, des grandes, des plates, des creuses… Mais pourquoi ? A quoi bon ?  Encore plus aujourd’hui qu’hier cette société de consommation m’effraie, me fait rager. Des mois où nous avons vécu avec seulement 4 sacs et quand je me rappelle la réouverture de ce box à notre retour, de tous ces cartons là devant, je n’ai pas compris pourquoi nous avions encore autant conservé de choses. Nous nous sentions si léger avec nos sacs (bon ok j’avoue, certains jours les 25kgs pesaient tout de même 😉), 4 sacs, juste l’essentiel. 6 mois après notre retour, des montagnes de cartons peuplaient encore le garage « tu as besoin d’aide pour les cartons ? » m’a demandé un matin une amie en voyant le monticule. « En fait non, ils sont tout aussi bien là où ils sont… »

C’était il y a 2 ans. Nous décidions de quitter notre zone de confort pour vivre autre chose ailleurs.

« Vous êtes fous ! Mais qu’est-ce qui vous prend ?! » – « Vous êtes inconscient ! » – « En sacs à dos avec 2 enfants en plus ! Et s’ils sont malade ? Et si vous avez un accident ? Et l’école vous y pensez ? » – « Mais combien ça va vous coûter cette histoire ? C’est n’importe quoi ! » – « Et puis au retour vous n’aurez plus rien, plus de maison, plus d’argent, et puis vous n’aurez plus envie de revenir… »

Un conseil primordial à tout ceux qui ont l’idée de vivre cette aventure : « bouchez vous les oreilles et poursuivez votre rêve ! »

La seule chose de vraie dans ce joli laïus est à la fin : « vous n’aurez plus envie de revenir ».

Parce que OUI, je vous l’assure le retour est violent.

Je l’ai repoussé cet article, maintes fois. Le disque dur avec nos gigas de photos souvenir prend la poussière. Ecrire sur ce retour c’est réouvrir la « boîte de Pandore », c’est comme revivre notre « parenthèse de vie » avec la nostalgie de cet ailleurs ; cela demande du temps « oui mais un 1 an c’est quand même long » m’a lancé une copine un soir « nous voulons savoir comment se passe votre retour ? Et les enfants ? »

Peu comprenne cette vague qui vous submerge et vous entraîne sans cesse dans ce besoin de repartir aussitôt ; cette vague qui vous embrume le regard et vous emmène vers cet ailleurs.

« Alors fini les vacances ?! Faut y retourner maintenant ! » – « Retour à la réalité hein ! » – « Bon ben voilà, vous l’avez fait, c’est bien. Maintenant c’est la vraie vie, il faut y aller ! »

OUI, je vous l’assure le retour est violent.

Des phrases comme celles-ci nous en avons beaucoup entendus, beaucoup trop. Heureusement il y a nos « amis rencontre de voyage » qui vivent aussi cette réadaptation, ces amis avec qui nous pouvons partager, échanger sur ces émotions, ce décalage avec lequel nous devons apprendre à vivre, à revivre ici, se soutenir et rêver autour d’un verre à un nouveau départ.

Aujourd’hui après 1 an, 182h de méditation, 250h de yoga (merci Henri 😉), quelques centaines de bières et un retour quelque peu digéré, je suis un peu plus enclin à répondre :  mais de quelle réalité on parle ?  Celle qui dit : vivre sa vie un point c’est tout ou bien celle que l’on décide de créer avec ses choix aussi fous soient-ils  ? Parce que tout le monde a en tête ce « plus tard ». Plus tard nous y irons, plus tard nous prendrons du temps pour nous, plus tard ce sera plus facile, plus tard… Mais ce « plus tard » ne s’éloigne-t-il pas de jour en jour ?

C’était il y a 2 ans. Ce « plus tard » nous avions décidé que c’était « maintenant ».

9 mois, 4 sacs à dos, 2 enfants ; de l’Indonésie à la Birmanie, de l’Islande à l’Albanie ; un tsunami de rencontres, de partages, de larmes, de folie, de rires et de courage (bravo à Lily et à Jonas de nous avoir suivi avec cet enthousiasme et d’avoir osé aller à l’encontre de tout ce qu’une aventure pareille vous offre, bravo à mon mari pour sa patience, son sang-froid et cette « folie » qu’il nous a offert quand nous en avions besoin).

 

 

Et après ? Parce que c’est quand même bien cela l’idée de cet article 😉 Oui après, c’est comment ?

De nombreux « rêveurs courageux » le disent : après il faut du temps, du temps pour revenir. Oui revenir oui mais sans oublier les choses importantes que nos « vraies vies » ont tendance à avaler.

Ralentir, prendre du temps avec les siens, regarder le soleil se lever, se laisser éblouir par le ciel qui nous offre un jeu de lumières chaque soir, oser rêver les yeux dans le vague, savoir dire non pour se retrouver soi, s’asseoir en pleine nature, fermer les yeux et écouter, rire avec ses enfants d’une blague à toto…

 

Tout ceci c’est bien beau mais en réalité cela a donné quoi du côté de chez nous ?

Juillet 2018, seulement 15 jours après notre retour, nous étions chez le notaire pour signer l’achat d’une nouvelle maison dans notre village. Le toit c’était donc bon nous l’avions, ne restaient plus que le « détail » des travaux. Une grande citerne d’huile de coude, un gros godet de générosité, une brouette de patience, quelques pelles de « craquages » mais de fous rire aussi et voilà le toit c’est bon 😊

 

 

« On est vraiment obligé d’y retourner à l’école maman ? Et les chaussures c’est obligatoire aussi ? Mais c’est vraiment trop triste une classe maman ! Tu ne veux pas continuer à nous faire l’école comme avant dehors ? On apprend tellement mieux maman… »

Oui je vous l’assure, le retour est violent.

Même si les enfants ont cette capacité d’adaptation innée et tellement plus développée que la nôtre – pour faire clair c’est plus facile pour eux de retourner en classe que nous au job 😉- Jonas s’est rapidement aperçu que 6h assis dans une classe c’était « triste », que l’école de la vie offre tellement plus. Lily, quant à elle, la joie des retrouvailles avec les copines a apaisé l’émotion trop forte de la séparation. 

31 août 2018 – « Maman, c’est trop difficile, nous ne serons plus ensemble la journée. Je ne vous verra plus ! » Je regarde Lily, mes yeux humides me trahissent ; je comprends tout ce que Lily me dit, Ludo aussi. 1 an que nous partageons ce quotidien ensemble, 1 an que nous vivons à notre rythme, 1 an que nous redécouvrons nos enfants et nous même, 1 an 24h24h et là demain, demain ce sera… différent.

« Je sais Lily tout ce que tu ressens, oui demain et après seront différents, oui, mais nous ne voulons plus de cette « vraie vie d’avant », alors voilà Lily demain et après nous allons avancer tous les quatre ensemble sur ce nouveau chemin avec nos nouvelles ‘valeurs’ de vie. Parce que cette aventure ne s’arrête pas ici. »

01 septembre 2018 – C’est la rentrée.

 

 

Les mois passent et la « vraie vie » est parfois trop boulimique. Nous nous laissons entraîner dans cette spirale infernale du « dépêche-toi, ramasse tes affaires, tu as encore oublié d’appeler le technicien, non pas maintenant Jonas, le frigo est vide, c’est un peu tard là pour jouer ! » Mais aujourd’hui, et plus vite qu’auparavant, nous nous rendons compte que ce n’est pas le bon ‘rythme’ ; que nous passons à côté de « notre réalité » celle que nous avons choisi il y a 2 ans.

« Heureusement, Sheeper est là ! » comme le dit si bien Jonas. « En sauvage on dort papa ! En sauvage c’est mieux ! »

Sheeper c’est notre van qui nous a accompagné sur une partie de notre aventure pendant 3 mois. De l’Irlande à l’Albanie avec un croché par l’Islande, c’est avec lui que nous avons découvert cette liberté, cet essentiel à quatre, ces soirées au coin du feu, ces jours de pluie dans 3 m2, ces toasts grillés sur le gaz, ces kilomètres à chanter à tue-tête. « Sheeper il fait partie de la famille ! » ont très vite décrété Lily et Jonas. Ils avaient raison. Au fond, nous le savions aussi avec Ludo que ce serait notre « bouffée d’oxygène », cet ailleurs facile qui nous fait vibrer, qui nous fait vivre.

« Ça y est je suis près ! » Voilà Jonas avec son sac à dos. Juste l’essentiel :  2 caleçons, 3 tee-shirt, un pantalon et doudou. Lily suit avec sa bibliothèque 😉 Je charge les 4 duvets, Papa se met au volant et l’aventure recommence, le temps d’un week-end. Juste l’essentiel et nous. « Elle est bien notre maison sur roue maman ! »

 

 

Et après ? Et bien après, nous continuons à rêver. Rêver d’un prochain départ vers cet ailleurs, qui sait. Rêver de continuer à partager, à rencontrer, à aimer. Un grand merci à vous tous de nous avons suivi pendant ces 9 mois, merci de nous avoir écrit, soutenu, merci aux maîtresses de l’école de Lily et Jonas pour ces échanges et ce joli lien qu’elles ont su conserver, merci aux « rêveurs courageux » pour leurs bons conseils sur les blogs. Et puis j’ai envie de vous dire à très vite 😉

 

En Islande, ça chauffe et ça craque !!!… par Jonas.

Mardi 1er mai

En ce moment je suis en Islande, c’est une grande île qui se trouve à côté du cercle polaire arctique. Ici, c’est l’endroit où il y a le plus d’activités sous la terre. Les plaques de la Terre bougent énormément ; elles font soit des séismes, soit des volcans ou des failles quand elles s’écartent. C’est incroyable !!

Ici, en Islande, c’est là qu’il y a le plus de volcans qui explosent. Sous l’île d’Islande, il y a une grosse colonne de magma qui chauffe la terre. Dans un musée sur l’île Heimae, j’ai même vu comment l’île s’était agrandie ; une nuit la terre s’est déchirée et une colonne de lave est sortie, la lave a coulé pendant six mois et quand cette lave touchait la mer, elle se refroidissait et ça a agrandi l’île.

En Islande, il y a aussi des geysers.

Un geyser, c’est un trou comme une cheminée dans la terre qui se remplit d’eau puis l’eau petit à petit se réchauffe avec la chaleur de la Terre, jusqu’à 120 degrés. Quand l’eau est bouillante, du gaz se forme et quand il y a suffisamment de gaz, l’eau dans le geyser se fait propulser à l’extérieur.

 

 

Avec papa, maman et Lily, on est allé voir les geysers à Geysir ; c’est pour ça aussi qu’on appelle les geysers parce qu’ils sont dans la ville de Geysir.

Quand nous sommes arrivés, nous avons marché entre des flaques d’eau et de boue qui était à 100 degrés ; l’eau bouillonnait, on voyait des bulles qui explosaient à la surface.

 

 

A Geysir, il y a plusieurs geysers ; le plus gros aujourd’hui s’appelle Strokkur, il propulse de l’eau jusqu’à 30 mètres !

 

 

 

Avant, c’était Geysir qui était le plus grand, il propulsait de l’eau jusqu’à 40 mètres mais comme il y a d’autres geysers qui se sont formés autour, il y a moins d’eau vers celui-là aujourd’hui.

 

 

J’ai adoré découvrir tout ce qui se passe en Islande sous la Terre et j’ai trouvé passionnant aussi de voir comment l’Islande s’est formée. FIN.

Jonas.

 

 

Welcome aboard !! 😊 … par Lily.

Samedi 31 mars, une nouvelle aventure commence ! Nous sommes sur le port de Cherbourg dans le nord de la France, il est 19h30 et nous embarquons sur le ferry qui nous mènera jusqu’à Rosselare notre première ville en Irlande.

Quand nous sommes entrés sur le bateau avec Sheeper nous étions tout en bas, là ou on range les voitures au 5ème étage. Après, nous sommes sortis du van et nous avons monté des escaliers pour aller chercher notre cabine où nous allions dormir la nuit.

 

 

Quand nous sommes rentrés dans la nôtre, j’ai poussé un grand « wouaaaa » !!! Notre cabine était plus grande et confortable que notre chambre à Hong Kong qui avait la taille d’un placard !

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Après avoir posé nos sacs, nous sommes montés tout en haut sur le pont du bateau ; il y avait tellement de vent qu’avec Jonas nous avons cru que nous allions nous envoler. Il faisait aussi très froid.

 

 

Nous sommes vite rentrés et nous avons visité le bateau. Il y avait un petit coin pour les enfants où on pouvait s’amuser. Là-bas, nous nous sommes fait trois copains, un garçon suisse et son petit frère et une fille anglaise. Nous avons joué dans l’air de jeu jusqu’à ce que papa et maman nous disent qu’il se faisait tard et qu’il était l’heure d’aller se coucher. Nous avons dit à demain matin à nos copains et nous sommes rentrés dans notre cabine.

Le lendemain matin après s’être habillé et avoir pris notre petit déjeuner, nous allions avec Jonas partir à l’air de jeu lorsque maman nous a dit qu’il était temps de faire école. Là, Jonas et moi, on a regardé maman et on a dit « école ?!! » « Oui ! Ecole ! » nous a répondu maman. Quand nous avions enfin fini l’école, nous sommes partis comme des cabris avant que papa et maman ne changent d’avis 😊

Arrivés à l’air de jeu, nous étions tout essoufflés, nous avons regardé avec espoir l’air de jeu mais nos copains n’étaient pas là, ni les deux frères suisses, ni la fille anglaise. Maman et papa nous ont conseillé d’aller prendre notre douche et de revenir plus tard, c’est ce que nous avons fait avec Jonas.

Après la douche, nous croyions qu’ils ne seraient de nouveau pas là mais nous sommes quand même montés voir et nous avons eu raison ! Ils étaient tous là !! Nous avons joué jusqu’à ce que l’on voie les côtes irlandaises. Nous nous sommes rapprochés petit à petit du port de Rosselare, nous avons regardé le port se rapprocher de nous jusqu’à ce que nous débarquions. Nous sommes ensuite descendus dans notre van et nous sommes sortis du bateau.

A 14h30 une nouvelle aventure commençait ! J’ai changé l’heure de ma montre car ici en Irlande, il y a une heure de moins qu’en France. FIN.

Lily.

 

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mon woudoodoo en Irlande

  

« A French break » et le départ d’un Road Trip…

Dimanche 25 mars – Aéroport de Lyon St Exupéry

 Excitation, fatigue, rire, larmes, joie, tristesse, nostalgie, envie…

Un beau mélange d’émotions se mêlent et se démêlent depuis notre départ hier soir de Hong Kong. Hong Kong, notre dernière destination asiatique qui nous a montré une toute autre image de l’Asie, une image que nous ne sommes pas prêts d’oublier comme celles des six mois ici d’ailleurs…

Six mois jours pour jours que nous avons pris notre avion de ce même aéroport pour une merveilleuse aventure au-delà de nos contrées, de nos habitudes, de nos coutumes et de nos proches. Six mois en sac à dos partis découvrir, apprendre et partager avec des personnes qui nous ont tant émerveillées par leur gentillesse, leur générosité et leurs sourires…

Sur la route de l’aéroport hier soir je demandais à Lily et à Jonas ce qui allait leurs manquait d’ici en rentrant. « Les sourires et leur gentillesse maman ! De partout ici les gens nous parlent, nous sourient et sont gentils avec nous, même dans les ascenseurs ! » s’était exclamée Lily. Jonas rejoint l’avis de sa sœur, il a beaucoup été touché lui aussi par toutes ces attentions, « les sandwichs aussi maman du 7 Eleven quand même, ils vont me manquer ils étaient bons 😊 ! ajoute-t-il. Et toi maman ? Ce sont les temples qui vont te manquer ?!! » Je souris, j’ai le cœur gros…

Je suis partagée entre l’envie de revoir mes amis, ma famille et le confort de notre pays – faut bien l’avouer nous avons beaucoup de chance ! – mais je me sens triste ; j’ai comme le sentiment de laisser un peu de moi ici, de laisser des personnes qui m’ont tant touché, de quitter ce gros cocon de gentillesse parce que oui Lily et Jonas ont raison, venir en Asie c’est accepter de voir une pauvreté dont nous n’avons pas toujours conscience mais c’est aussi rencontrer des personnes qui ont peu mais qui donnent tant ! Je ne parle pas du « matériel » en disant cela, je parle de ces sourires, de cette générosité « de cœur », de cette chaleur humaine qui nous ont porté pendant ces six mois. Alors oui, ce matin je souris et je pleure…

Il est 11h quand nous atterrissons après 18h de vol, Lily et Jonas ont un peu mieux dormi qu’à l’aller en septembre – quand je dis mieux dormi j’entends par là ils ont fermé les yeux pendant 4h – mais l’excitation depuis le départ hier soir et tellement grande pour eux… « On va revoir mamie ! Et nos chats ! Et nos copains ! Et on va manger du saucisson ! Et du fromage ! Et c’est quand qu’on voit nos cousins et nos cousines ? Et tatie on va la voir hein ?! Et marraine ? Et parrain… ? Et tu crois qu’on verra de la neige ?!! » …  4h de sommeil je vous dis !! … 4h de répit pour maman et papa oui plutôt 😉

 

12h – Les portes du Terminal A s’ouvrent et derrière c’est une belle surprise qui nous attend… Mamie, tata, tonton, cousins, copains, amis… Ils sont tous là avec un sourire aussi bon que ceux dont je vous parlais un peu plus haut et à cet instant là,  j’aurai envie de dire à Lily « Tu vois ma princesse, ici aussi on sait encore sourire et pas qu’avec ses lèvres… Avec son cœur aussi ! » C’est un grand bol d’amour – une marmite que dis-je –  qui nous accueille. Je souris et je pleure – oui encore 😉

 

20h – « Maman, c’est trop bien de rentrer chez nous, on a trop de la chance d’avoir tout ça ici… ! » … Quoi tout ça ? … « Et bien tout ! Une maison où on est tous ensemble, une salle de bain pour se laver, une cuisine pour cuisiner et tout le monde qui nous aime  ! Tu te rends compte maman !! » Je souris – et non je ne pleure pas ! – mais je me dis que cette aventure a du bon pour eux et pour nous aussi…

Je repense au post récent sur son blog d’une amie rencontrée en Thaïlande – famille autour du monde comme nous –  et vivant dans un de nos pays frontaliers que je ne citerai pas – mais où on mange du très bon chocolat 😉 – qui raconte leur retour à « la vie de tous les jours » ; je crois bien évidemment qu’on se retrouve vite « happé » par ce quotidien mais j’aime à penser qu’une aventure pareille ne s’oublie pas, que cette philosophie de vie de l’essentiel et de l’importance des petites choses ne se perd pas !

« Maman, c’est quand qu’on repart ? C’est quand qu’on va où ? 😊 » me demande Jonas en se couchant ce soir. « Repose toi Jonas, demain une nouvelle aventure commence… »

 

Lundi 26 mars

Une « pause frenchie » oui, mais en vue d’un nouveau départ donc une nouvelle préparation aussi. Après 6 mois passés en Asie, c’est en Europe du Nord que nous nous apprêtons à partir maintenant pour les trois prochains mois.

Pourquoi l’Europe du Nord ? Et pourquoi pas ?! En fait, je pourrai vous raconter que c’est un choix bien pensé après une longue réflexion, des recherches précises et approfondies, etc… mais pas du tout !

Tout a commencé avec les poneys islandais… Oui, ceux qui connaissent Lily savent que Lily rêêêêêveeeee d’avoir une ferme avec un champs et des chevaux ; alors voilà le poney islandais maintenant vous comprenez 😉 L’Islande et ses geysers, ses volcans, ses sources chaudes, ses champs de lave et « ses baleines !! » crie Jonas ; l’Islande c’est une belle promesse d’évasion et de paysages spectaculaires.

Irlande – Islande, il n’y a qu’une lettre qui change et l’Irlande avec Ludo est un pays qui nous « titille » depuis quelques temps aussi – non pas que pour la Guiness avis aux mauvaises langues ! – mais pour son côté nature sauvage. Entre vastes prairies, falaises escarpées, criques, châteaux, abbayes, plages et moutons, nous déciderons donc d’aller prendre un bon bol d’Eire 😊

« Et les pays scandinaves un peu plus à l’Est, tu en dis quoi ?! » … C’est décidé !

Si notre porte monnaie – parce que oui, nous ne sommes plus sur les prix asiatiques et à première vue l’Irlande c’est déjà un budget alors l’Islande… on n’en parle même pas !! – donc comme dit Ludo aux enfants « si le banquier est d’accord, on monte jusqu’en Laponie et on revient par la Finlande ! »

 

Road Trip en Europe du NOrd

 

Pendant ce temps, notre route se dessine tout doucement… Reste à régler le détail logistique : on voyage comment ?

Après quelques heures – non en fait beaucoup d’heures –  de réflexion ; nous avons décidé de vivre une toute autre aventure, différente de celle de l’Asie… Nous avons décidé de troquer nos sacs à dos pour… non pas un cheval – encore que cette option aurait plu à notre voyageuse en herbe ! – mais un CamperVan.

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« Vivre avec l’essentiel », c’est bien une philosophie bouddhiste 😊 et croyez moi 6 mois en sacs à dos à 4 permet déjà de bien appréhender l’idée ; alors 3 mois dans 6m2 c’est encore une autre manière de la vivre…

Aujourd’hui nous faisons donc connaissance avec celui qui sera notre compagnon de route pendant ces trois prochains mois. Lily et Jonas sont surexcités !! « Papa ça y est Sheeper a rejoint la famille ! » s’exclame Jonas. Oui, nous avons baptisé notre van ! C’était l’été dernier avant notre départ, nous avions réfléchi à un prénom pour notre maison sur roue. Pour les curieux qui veulent connaître l’origine de ce choix, il faut vous reporter à notre article « avant de partir – La famille s’agrandit » 😊

Sheeper nous a donc attendu sagement là chez papi en Ardèche pendant notre escapade asiatique. Il est tout beau, tout clinquant, les enfants s’y sentent comme dans une cabane ! « On le gardera toujours hein papa ? Sheeper il fait parti de la famille maintenant ! » déclare solennellement Jonas.

 

 

Il nous reste plus qu’à le remplir de nos affaires maintenant : nos poches zippées de vêtements CHAUDS – au passage très pratiques ces sacoches qui font office d’armoire depuis 6 mois – ustensiles de cuisine, matériel technique, trousse à pharmacie et de premier secours, jeux de sociétés, appareil photo et ordinateurs – oui les articles du blog peinent un peu à venir en ce moment mais rassurez vous nous avons pensé à tout pour vous faire poursuivre le voyage avec nous ; il nous faut juste un peu de temps pour nous organiser 😉 – et le GPS ! Très important le GPS 😊

 

Mercredi 28 et Jeudi 29 mars

 Cette petite pause avant de reprendre la route ne se limite pas à échanger des maillots de bain contre des doudounes, ni à venir « agrandir la famille » comme dit Jonas ; cette pause est aussi pour nous l’occasion de recharger nos batteries avec nos amis et notre famille. Soirées pyjama pour les plus jeunes, apéro avec « copain » pour papa, petits cafés et soirée avec ses copines pour maman, chaudes retrouvailles Laurendagniennes et un moment fort pour Lily et Jonas dans leur classe à l’école du village.

 

Les maîtresses de l’école conservent le lien avec les enfants et la classe depuis notre départ, des échanges réguliers permettent aux enfants de vivre l’éloignement avec les copains moins difficilement, ces échanges sont de beaux moments pour les élèves comme pour Lily et Jonas et cela en grande partie grâce aux maîtresses, c’est génial !

Sheeper est fin prêt ce soir ! Le frigo est plein, les réserves sont faites : chocolat pour maman, saucisson pour Lily, smarties pour Jonas et bières pour papa 😊

 

Vendredi 30 mars

Top départ de cette aventure incroyable ! Un dernier bisou à mamie, une recharge de câlins pour les trois mois à venir, papa s’installe au volant, met le compteur à zéro, nous bouclons nos ceintures et c’est parti !

 

Notre Road Trip en Europe du Nord commence avec l’Irlande et c’est en direction du port de Cherbourg que nous nous rendons pour y prendre le Irish Ferry demain soir. « Sheeper va prendre un bateau pour la première fois ! » rigole Jonas.

Tout va nous sembler comme une première fois à nous aussi les prochains jours…

Avant de prendre la mer, Sheeper fait une dernière pause normande à Honfleur ; pause câline, pause cousine, pause « ça fait du bien de revoir sa sœur après 6 mois ». Dernière nuit au chaud dans un lit confortable avant… nous ne le savons pas vraiment encore !… Toujours est il qu’aujourd’hui quand j’écris cet article, je peux vous assurer que le confort a quand même du bon, mais ça vous le saurez bientôt 😊

 

 

 

 

« Kidzania adventure » ou quand je serai grand, je serai… 😉 par Lily et Jonas.

Mardi 20 mars

Nous sommes à Bangkok depuis 3 jours, Bangkok c’est la capitale de la Thaïlande. Aujourd’hui, papa et maman nous ont proposé d’aller découvrir le monde de Kidzania ; c’est un monde où les enfants découvrent des métiers et ils font comme les adultes, ils marchent seuls dans les rues, ils travaillent et ils gagnent un salaire.

Pour rentrer dans le monde de Kidzania on passe par l’accueil qui est comme un aéroport et on achète un « faux » billet d’avion. La dame à l’entrée nous donne un chèque de 50 kidzo, elle nous explique que c’est la monnaie du pays et qu’on doit passer à la banque pour l’échanger contre des billets. Ensuite, on donne son billet d’avion à un monsieur et on marche dans un long couloir qui ressemble à celui d’un aéroport. Au bout, c’est le monde de Kidzania !

Avec Jonas nous avons filé comme l’éclair à la banque. Le monde de Kidzania est immense et très bruyant. C’est comme une vraie ville ! Il y a des bâtiments de partout, un camion de pompier et une ambulance qui roulent dans les rues, un hôpital, il y a aussi un tribunal, un hôtel de police, une station essence, des usines, une banque, une place avec une horloge ; Kidzania c’est vraiment comme une ville !

 

 

Nous avons cherché un peu partout pour trouver la banque, pour échanger notre chèque contre la monnaie. Quand on est arrivé devant avec Jonas, on a dû se débrouiller tout seul parce que les parents dans le monde de Kidzania n’ont pas le droit de participer, ce sont les enfants qui doivent se débrouiller tout seul. Les parents n’ont pas le droit de rentrer dans les magasins, les banques et tout les autres endroits, ils restent dehors.

 

Dans ce monde on peut essayer les métiers que l’on veut, il y en a 60 ; on peut être vendeur dans un magasin, apprendre le métier de cuisinier, être livreur, pompiste, garagiste, apprendre à conduire, travailler chez Mac Donalds, faire pousser des tomates dans un potager mais aussi on peut faire de l’escalade, devenir pompier, être footballer ou diriger son club de foot, préparer un concert de musique, apprendre à danser, à devenir journaliste et encore pleins d’autres choses !

Dans le monde de Kidzania, il y a aussi un hôpital où on peut apprendre à s’occuper des bébés, à être chirurgien ou infirmier. Dans les boutiques à côté, on peut essayer le métier d’opticien ou de dentiste.

 

Dans les rues, devant chaque boutique, il y a une petite affiche qui présente le métier que l’on peut faire. A chaque fois qu’on fait un métier, on gagne de l’argent comme un salaire.

 

Lily : « Moi j’ai commencé par le métier de nurse à l’hôpital ! Nous avons nettoyé les bébés et nous les avons changés avant de les remettre dans leur lit. Je n’ai pas beaucoup aimé car j’ai trouvé cela ennuyeux. »

Jonas : « Pendant que Lily était à l’hôpital, moi je suis allé faire le métier de photographe. Nous étions trois enfants et la dame nous a expliqué plein de choses mais je n’ai pas tout compris car elle parlait anglais. Elle nous a donné un vrai appareil photo et nous a montré ce qu’on devait faire avec ; on devait prendre trois bâtiments en photo : la caserne des pompiers, la banque et le théâtre. Elle nous a laissé partir seul dans la ville pour faire les photos et on devait revenir à la boutique de photo après. Quand j’ai trouvé les bâtiments et que j’ai fini de prendre les photos, je suis revenu au magasin. La dame m’a demandé de choisir ma photo préférée pour me l’imprimer. A la fin mon métier était fini et la dame m’a donné 8 kidzo, c’était mon salaire, j’ai aussi reçu ma carte de photographe et ma photo. J’ai aimé ce métier parce que je l’ai trouvé amusant ! Lily aussi a fait ce métier après. »

Lily : « Moi aussi j’ai beaucoup aimé le métier de photographe, maintenant je sais qu’il faut prendre le temps pour faire une jolie photo 😉 »

 

Quand on essaie un métier, nous sommes seuls sans les parents qui attendent dehors, dans les rues de la ville aussi les enfants peuvent se promener seuls ; « je me suis sentie un peu perdue parfois quand même ! » dit Lily.

C’est quand on se promène dans les rues qu’on peut voir les métiers à essayer.

Lily : « Après nurse, j’ai continué avec le métier de designer. Un designer c’est la personne qui décore et qui rend plus joli les pièces d’une maison. Dans la pièce c’était comme une chambre d’enfant ; la dame nous a préparé deux modèles de décoration et nous devions choisir. J’étais avec deux garçons alors nous avons choisi la décoration garçon avec des ballons de foot. Ensuite, nous sommes allés chercher les objets de décoration et nous les avons placés pour rendre la chambre plus belle. J’ai bien aimé le métier de designer parce que j’aime bien décorer et rendre plus jolie ma chambre.

Pendant que je faisais ce métier, Jonas a essayé d’être garagiste.

Jonas : « Quand je suis arrivé au garage, on m’a donné une tenue de garagiste ; je devais démonter la roue d’une voiture avec une clé spéciale, je devais ensuite la gonfler puis la remonter. Ça m’a amusé de le faire parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas utilisé des outils et j’aime ça. »

 

Après je suis parti sous la terre pour découvrir le métier de traitement de l’eau. Je suis descendu sous terre avec un escalier, il y avait une télévision qui nous expliquait à quelle température il fallait conserver de l’eau, c’était entre 6 et 7 degrés. Après, j’ai pris un ascenseur pour descendre encore plus bas sous la terre et là il y avait deux machines ; une pour récolter de l’eau et une pour fabriquer des bouteilles et voir si l’eau était bonne et potable. A la fin j’ai fabriqué ma bouteille d’eau, c’était impressionnant ! On mettait un petit tube et la machine nous ressortait une bouteille d’eau avec de l’eau à l’intérieur 😊 J’ai préféré ce moment où j’ai fabriqué ma bouteille.

Et pendant ce temps… « Where is Lily ?! »

Lily livre des colis ! Mais qu’en dit-elle ?

Lily : « Quand je suis arrivée à l’agence de livraison, les enfants étaient tous asiatiques sauf moi alors un monsieur m’a pris à part pour m’expliquer en anglais les endroits où je devais livrer mes colis. Ensuite, il m’a montré une phrase écrite que je devais dire pour me présenter et dire d’où je venais, il m’a aussi montré sur une feuille où je devais faire signer les gens que je livrais et m’a laissé partir avec mon chariot dans Kidzania. J’ai commencé par le 7 Eleven, c’est un magasin en Asie comme le Casino en France, après je suis allée au salon de beauté puis à la station-service. Il y avait un plan sur la feuille pour me repérer dans la ville mais c’était difficile car il n’était pas dans le bon sens. Nous avions 30 minutes pour faire nos livraisons. J’ai bien aimé ce métier de livreur, c’était bien de chercher les colis et de faire signer le papier, j’ai beaucoup aimé 😊 »

 

Dans le monde de Kidzania, nous avons aussi fait avec Jonas de l’escalade ; moi je suis montée à peine à un mètre mais je suis redescendue car j’avais peur.

Jonas : « Moi je suis monté jusqu’en haut mais j’ai eu un peu peur aussi car il n’y avait pas beaucoup d’endroit pour se tenir et à la fin tout en haut je devais lâcher une main pour sonner la cloche. »

 

Nous avons passé toute l’après-midi dans ce monde ; nous avons essayé plein de métiers mais pas tous car il y en a beaucoup trop. Avec Jonas, nous en avons préféré plus que d’autres.

Lily : « Moi, mon métier préféré est celui de magicienne 😉 Je suis allée dans une école de magie, nous étions dix enfants ; nous devions préparer un spectacle à présenter dans la salle de théâtre de Kidzania. Un monsieur nous a entraîner à notre tour ; moi j’avais une boîte et un foulard, ils étaient vides et il n’y avait rien dedans, je devais faire apparaître une fleur en papier dans la boîte. Je ne vous explique pas plus car c’est la surprise de la magie ! J’ai adoré ce métier parce que j’ai aimé comprendre comment fonctionnaient les tours. »

 

 

Et Jonas alors ? Une préférence… ? Il hésite encore… Ingénieur ou convoyeur de fonds ???

Jonas : « J’ai bien aimé aller réparer la panne sur un poteau électrique mais j’ai aussi adoré distribuer l’argent aux magasins de Kidzania ! »

 

Maintenant que je connais Kidzania ajoute Lily, je conseillerai cette activité à tous les enfants du monde parce que j’ai trouvé ça génial !! J’aimerai beaucoup y retourner pour refaire le métier de magicienne ou apprendre la cuisine mais pas celui de nurse ! Je pense aussi qu’il faut bien réfléchir avant d’utiliser son argent qu’on a gagné avec un métier pour faire une activité.

A la fin avec l’argent qu’on a gagné en travaillant on a le choix d’acheter ou non des souvenirs dans le magasin de Kidznania ; mais on a aussi le choix de garder son argent dans un compte à la banque de Kidzania et quand on revient à Kidzania on peut recommencer à travailler et continuer à mettre de l’argent sur le compte pour s’acheter un plus gros souvenir. Ce sont les enfants qui doivent aller à la banque, ils remplissent un papier pour déposer leur argent. Nous avec Jonas, nous avons préféré garder nos billets en souvenirs.

 

Jonas : « Moi aussi je conseillerai à tous mes copains d’aller à Kidzania ! En Europe, il y en a un à Lisbonne au Portugal et un à Londres en Angleterre. Je conseillerai aussi à mes copains de bien apprendre à parler l’anglais ou le thaïlandais si vous aller à celui de Bangkok 😉 parce que je n’ai pas tout compris quand ils m’expliquaient un métier. J’aimerai beaucoup y retourner aussi pour essayer le métier de pompier, je n’ai pas eu le temps de la faire.

Kidzania, c’est Kidza trop bien !!!!

FIN.

Lily et Jonas.

Pour les curieux, voici le lien 

http://bangkok.kidzania.com/en-th

Good Bye Myanmar…

Je n’ai pas la plume de Rudyard Kipling, ni celle de Georges Orwell, mais je me sens une âme de poète ce soir ; alors un peu à la manière de R.Kipling qui nous a offert ce fabuleux poème « Sur la roue de Mandalay », voici le mien…

A toi Birmanie,

Toi qui séduis chaque âme venue jusqu’ici,

A chaque coin et recoin tu nous souris,

Beauté, majesté mais aussi trop grande pauvreté,

Tu réveilles en nous cette fragilité,

Elégante et dure à la fois, tu offres ton authentique générosité,

Comment imaginer ne pas te rêver, ne pas t’aimer…

Tu marques, tel un sceau, à tout jamais.

 

Mardi 6 mars

4h30 – Birmanie, il est l’heure de te quitter.

Je voudrais te dire à quel point nous avons été touchés mais je ne trouve pas mes mots…

Je peux néanmoins témoigner de ce que représente un voyage au Myanmar, sans prétendre en connaître le pays d’Ouest en Est et de Nord au Sud. Je veux vous dire qu’au-delà d’une préparation méticuleuse comme le conseille ‘Lonely’, il faut aussi être prêt à accepter de voir autre chose que de beaux temples, de magnifiques paysages et de grands sourires…

Nous, nous n’étions pas prêts ; sur les blogs, les forums, je lisais Myanmar pays du sourire, Myanmar pays authentique, Myanmar pays de toute beauté mais je n’ai jamais lu Myanmar pays où tu risques de pleurer…

 

Alors voilà aujourd’hui, j’ai envie de vous dire…

 Venez d’abord au Myanmar mais pas seulement pour visiter, venez-y aussi pour donner.

Et là je repense à notre voisine d’en face à Mandalay et à son doux sourire quand nous lui avons déposé quelques provisions sur sa paillasse au bord de la route, je repense à ces repas que Lily et Jonas ont offert à ces deux enfants au bord de la route en rentrant du pont d’U Bein, je repense à cette famille qui nous a accueilli pendant notre nuit du trek au Lac Inle et à qui nous aurions aimé offrir plus… Je repense à ce spectacle étouffant de mains tendues le long de cette route nous menant au mont Popa dans la région de Bagan.

 

Ce jour-là avec Ludo nous le savions, nous ne pouvions pas rentrer jusqu’à Bagan sans rien faire. Ce sac de riz n’était sûrement pas suffisamment comme nous a dit Lily en colère ou peut-être trop triste de ne pas « faire assez » … Ce sac de riz aurait pu être plus gros, ce sac de riz aurait pu être des sacs de riz mais « c’est déjà bien » comme nous avions tenté de le faire comprendre à Lily et à Jonas.

« C’est déjà bien » j’essaie moi-même de m’en convaincre en repensant à tous ces fermiers, leurs femmes et leurs enfants au bord de cette route. « Tu as vu maman leurs sourires quand on leurs a donné du riz et des bouteilles d’eau ! Hein, tu as vu ! » Jonas est très sensible, il fut si touché d’avoir pu les aider ; Lily quant à elle, nous sentions de la colère, cette colère de ne pas pouvoir faire plus pour eux. « C’est déjà bien ».

 

 

 

Oui le Myanmar, c’est aussi cela… Son lot de pauvreté. « C’est pareil de partout en Asie ! » me répondrez-vous. « Non ! » Ici, c’est différent.

Comme le dit Ludo, au Cambodge, en Indonésie, au Laos, nous avons vu, croisé, rencontré des personnes dans le besoin, dans la précarité mais toujours avec une lumière parfois faible mais une lumière, une porte de sortie, si petite soit-elle, elle était là. Ici, la porte tu la cherches et l’obscurité est bien trop sombre pour beaucoup.

Notre passage à la gare ferroviaire de Yangon – date à partir de laquelle j’arrêterai d’écrire au Myanmar – sera de trop pour moi…

Il est 19h, nous arrivons sur le quai, nous avons une heure devant nous, notre train de nuit pour Moulmein au Sud ne part qu’à 20h. Une heure à observer une vie qui ne peut être une vie !

Je tourne la tête et j’aperçois ce petit d’à peine 18 ou 24 mois au sol, se trainant par terre avec pour seul habit un tee-shirt, quelques minutes plus tôt je faisais la leçon à Jonas de ne pas se mettre à genou tellement la gare est insalubre. Je détourne le regard, c’est trop dur.

Sur la voie ferrée une jeune fille de l’âge de Lily n’est pas en meilleur état, un sac en bandoulière, elle ramasse les déchets sur la voie, c’est de trop. Je change de place.

Sur le quai d’à côté, c’est un garçon de l’âge de Jonas qui porte son petit frère, le déshabille entièrement, là devant nous, et l’asperge d’un seau d’eau ; le petit crie, hurle, son grand frère le lave ici sur le quai. La maman accoure, elle n’est pas loin mais occupée avec un client à préparer une soupe.

Je ne comprends pas, je ne comprends plus ce décalage ; comment rester aveugle à cette misère ?! Colère, tristesse, indignation, impuissance. Notre train arrive, nous montons « comme une fuite ? »

De la fenêtre, mon regard se pose une dernière fois sur le quai, la fois de trop.

Une maman déplie deux nattes et y installe le petit bout du début, elle s’assoie à côté et continue de vendre quelques plats aux passants. Je m’effondre.

 

 

Et pourtant, j’ai envie de vous dire…

 

Dépassez cela et venez au Myanmar car ici vous y recevrez chaque jour, à chaque instant, à chaque détour ces merveilleux sourires.

Très paradoxal allez-vous penser après ce que je viens de vous raconter ! Et pourtant, c’est tellement vrai.

De notre descente de l’avion à Mandalay à notre départ de Yangon trois semaine plus tard, nous avons ressenti tellement de gentillesse, tellement de générosité et d’attention. Et toujours ces sourires… Sur les trottoirs, aux réceptions, dans les épiceries, aux tables des gargotes, dans les bus, les trains, toujours un sourire, une main tendue, quelqu’un qui se démène pour vous aider.  C’est incroyable, incroyablement doux.

 

Je repense à cette dame lors de notre trajet en bus de Moulmein à Hpa An. Il fait terriblement chaud, déjà à notre arrivée à la gare routière nous n’en pouvions plus. Le bus local pour Hpa An est là, nous montons rassurés de ne pas à avoir à attendre plus longtemps.

Aussitôt monté, aussitôt descendu ! Lily râle, Jonas suit s’en savoir ce qui se passe, je ferme la marche et pendant ce temps Ludo tente de comprendre au guichet pourquoi nous ne pouvons pas monter… Très simple, c’est complet… Nous sommes arrivés trop tard. Nous patientons, non pardon nous nous liquéfions ! Le bus suivant arrive et cette fois aussitôt montés, aussitôt partis 😊

Dans le bus nous sommes au complet mais à chaque arrêt, toujours plus de monde monte à bord. On se colle, s’entasse, empile et cette dame qui arrive. Elle souffre et ne semble pas très en forme ; toujours cette chaleur (Oui parce que la climatisation dans le bus local tu oublies !) Ludo se lève et lui laisse sa place – quel prince 😉 ! – elle semble tellement surprise mais s’assoit à côté de moi. Elle me sourit – oui toujours ces sourires – puis je la vois tendre un billet à un homme dehors lors d’un arrêt en échange d’un sac de clémentines. Elle se tourne et me l’offre en me faisant comprendre que c’est pour nous et les enfants. Je refuse. C’est peine perdu… C’est incroyable, incroyablement généreux. Pendant ce temps, la chaleur n’aide pas… Lily n’en peut plus, son visage est trempé, elle tente de se faire de l’air avec sa main, « ma voisine de bus » se retourne et sort de son sac son éventail qu’elle tend à Lily. Je ne sais plus quoi dire. C’est un cadeau me fait elle comprendre quand elle descend du bus. Je suis gênée, je suis touchée…

 

Touchée, je le serai aussi avec She win sur le quai de la gare de Yangon.

She win a quinze ans, un regard perçant, une allure déterminée mélangé à cette fragilité que je ressens quand elle pose son regard sur Lily. She win travaille ici dans ce décor sombre ; un panier sur l’épaule, elle vend quelques bouteilles d’eau et des friandises avec un entrain incroyable.

She win s’approche très vite de Lily et de Jonas, les enfants patientent sur le quai en jouant aux petits chevaux, elle se pose à côté d’eux et les observe un long moment ; puis repart son panier à la main. Notre train arrive et je la vois revenir.

A la fenêtre de notre wagon She win restera là avec Lily et moi jusqu’au départ. Elle est curieuse, nous questionne « Where do you come from ? What is your name ? How old are you ?… » She win sourit quand je lui donne mon âge, elle rit en me disant que ses parents sont bien plus âgés, la soixantaine ; elle veut savoir pourquoi je n’ai que deux enfants ; elle regarde Lily avec des yeux remplis de tendresse ; lui fait remarquer qu’elles ont les mêmes pommettes ; lui fait promettre de ne pas couper ses longs cheveux « so beautiful ! » comme elle dit.

Je suis là en train d’écrire et il me revient ce frisson que j’avais ressenti à la fenêtre de ce wagon ce soir-là, cette peur de penser « mais que va-t-elle devenir ? ». Quel gâchis… Quinze ans, elle est si vive, si curieuse, semble si déterminée. Je pense encore souvent à elle. Touchée, je l’ai été.

 

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Dans un tout autre registre, j’ai aussi envie de vous dire…

 

Laissez-vous tenter, venez au Myanmar pour y faire aussi quelques découvertes culinaires, parfois surprenantes 😉

 « Pourquoi ils vendent des cailloux au marché ?! C’est bizarre quand même… » avaient été surpris Lily et Jonas. Sauf que ce ne sont pas des cailloux… !! Il s’agit d’œuf de cent ans.

 

« Ça fait 100 ans qu’ils sont là ? Mais ils font comment pour avoir des œufs de 100 ans ? C’est leur grand-mère qui leurs a donnée… ? Mais comment ils font pour manger çà ?!!» Alors là, vous imaginez bien que les questions fusent 😊

« Internet !!! A mon secours !! » Alors voilà, que je vous explique…

Les œufs de 100 ans comme on les appelle ne sont pas des œufs qui ont réellement 100 ans ou même 1 000 ans comme certains pourraient le penser en les voyant. Ce nom-là vient des occidentaux venus en voyage en Chine il y a fort longtemps. A la vue de l’aspect étrange et de l’odeur curieuse de ces œufs – en même temps on ne peut pas leurs en vouloir, parce qu’ils sont quand même particuliers ces œufs … –  les étrangers se seraient exclamés : « Mais ces œufs sont pourris ! Ils doivent avoir au moins 100 ans ! » Et ainsi naquit l’appellation « œuf de 100 ans ».

En Chine et dans les pays asiatiques, l’œuf de 100 ans est une spécialité bien connue, nous en avions « croisés » durant notre périple en Asie mais pas autant qu’ici au Myanmar. Dans chaque marché, sur les étals, nous ne pouvons les éviter. « Ça change des œufs couvés du Cambodge ! » pensais-je.

Mais comment est-ce possible de transformer un œuf ainsi, un œuf au cœur vert foncé et un blanc devenu bleu translucide ? Ne cherchez pas de formule magique, il n’y en a pas ; le secret c’est une recette bien étrange venue de Chine. Cet œuf se consomme après avoir passé plusieurs semaines dans un liquide de macération ; liquide composé de chaux, de cendres, de sel et de plusieurs aromates. La fermentation donne à l’œuf un goût plus prononcé et une odeur plus forte aussi. « Qui se tente ?!! » … J’avoue que là je laisse ma place cette fois ! Les yeux de poisson en Indonésie et les fourmis au Laos ne m’ont pas dérangé mais là… il faudrait avoir les yeux bandés ou manger dans le noir pour oser 😉

Beaucoup de supermarchés en Asie les commercialisent, on n’en trouve pas seulement sur les marchés. Les orientaux en raffolent, ils les mangent comme des friandises, certains disent que ces œufs c’est comme le fromage pour les français !!

Alors des volontaires ?!

des oeufs de cent ans

 

Une découverte qui m’aura aussi bien chatouillé les papilles ici c’est la salade de feuilles de thé fermentées. Fraîche, pleine de saveurs, parfois croquante, elle est délicieuse ! Cette salade ne ressemble à aucune autre salade que j’ai mangé jusqu’à présent. Comme pour les œufs, ici aussi, pas de formule magique, tout est encore dans la fermentation.

Egalement appelée « laphet thoke », le goût si particulier de cette salade repose sur son ingrédient principal, la feuille de thé fermentée « laphet ». Cette feuille a une très longue histoire ici en Birmanie ; dans les temps anciens, ces feuilles de thés fermentées étaient utilisées comme un symbole de paix ou comme une offrande de paix entre royaume en guerre. A présent, un plateau de « laphet » représente la traditionnelle hospitalité birmane.

Pour préparer un « laphet thoke » comme il se doit, on ajoute aux feuilles de thé des légumineuses comme des pois cassés jaunes, des graines de sésame grillé, de l’ail frit, des cacahuètes grillées, de la crevette séchée, des piments – pas trop ! – des fines tranches de tomates, du chou râpé, un peu d’huile et un jus de citron vert frais. On mélange. Et on déguste… Un régal !

Là, j’ai envie de vous dire : « ne vous posez pas la question, laissez-vous tenter ! » 😉

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« Do you eat beef ? » avais-je demandé à notre guide à Bagan en voyant autant de vaches aux alentours. « Oh no !! » m’avait-il répondu.

Il m’explique que les vaches ici sont bien trop précieuses pour le travail dans les champs et puis aussi pour leur lait. Je suis surprise. « Milk ? » En Asie, personne ne consomme du lait, cela ne fait pas parti de leur régime alimentaire. J’apprends alors que les birmans utilisent le lait de vache pour leur curry. Pas de lait de coco comme nous avons l’habitude d’imaginer nos currys mais du lait de vache, une nouveauté !

 

Mais d’une manière générale, que mange-t-on au Myanmar ?

Cette cuisine birmane n’est pas très connue à l’étranger, elle est influencée par les cuisines chinoises, indiennes ou encore thaïlandaises, elle n’utilise que peu d’épices contrairement à ses voisins, c’est une cuisine qui reste néanmoins très grasse.

Nous n’avons pas eu de mal pour manger ici au Myanmar, contrairement à d’autres endroits en Asie où la difficulté était tout autre…

 

Notre coup de cœur culinaire restera tout de même « The Wonderfull Tast » à Nyaung U. Un petit restaurant sans prétention au bord de la route tenu par un jeune toujours souriant. Ici dans les assiettes nous dégusterons un savant mélange de cuisine népalaise, indienne mêlée aux spécialités birmanes. Lily et Jonas s’y découvrirons une passion pour le « cheese nan », le manque de fromage grandit de jours en jours 😉 !

https://www.tripadvisor.com/Restaurant_Review-g303663-d2411192-Reviews-Wonderful_Tasty-Nyaung_U_Bagan_Mandalay_Region.html

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Et si après tout cela vous hésitez encore ; je ne peux me retenir de vous dire également…

 

Venez au Myanmar pour tomber amoureux du lac Inle – si vous n’en n’êtes déjà pas tombés amoureux avant comme moi…

Parce que si vous cherchez encore une raison pour venir jusqu’ici, ne cherchez plus… Le lac Inle à lui tout seule en est une !

Dans un cadre idyllique, entouré de montagnes, ce lac est une invitation à la douceur de vivre, « a peacefull place » comme dit Ludo ! A vélo, en barque ou simplement assis à la terrasse d’une cabane sur pilotis, on ne peut que tomber amoureux d’un tel endroit. En prendre au petit déjeuner, s’en resservir au déjeuner, en re demander au dîner, voilà ce qui vous attend en venant jusqu’ici.

 

 

 

Et si je peux me permettre, offrez-vous la magie d’une ou plusieurs nuits avec une vue sur ce lac au Golden Island Cottage, et là c’est possible que vous n’en reveniez plus… Moi, on m’a forcé à partir 😉 !

 

https://www.agoda.com/fr-fr/golden-island-cottages-thale-u-hotel/hotel/inle-lake-mm.html?cid=-111

 

Un lien vers notre article sur le lac Inle ici :

https://cestquandquonvaou.org/2018/03/13/inle-ou-le-paradis-sur-leau/

 

 

Et sinon maintenant que je suis décidée… SI je viens au Myanmar, je dors où et comment ?!

Souvenez-vous du conseil de ‘Lonely’ avant de venir au Myanmar, « préparez votre voyage avec méticulosité » !

Aujourd’hui, j’aurai envie de vous dire « oui et non », sûrement que lorsqu’on voyage avec des enfants on peut difficilement se permettre de se retrouver une nuit à dormir dans un dortoir « peu confort » pour ne pas dire « peu engageant », et encore que… Quand je repense à notre nuit au sol sur des nattes pendant notre trek, je pense que nos peurs ne sont pas toujours justifiées.

Toujours est-il que pour une meilleure tranquillité pendant un voyage au Myanmar, il est préférable de « booker » ses hébergements car ici tous les hébergements ne sont pas accessibles aux étrangers. Oui, le régime militaire ne permet pas aux étrangers de dormir n’importe où ; certaines guesthouses ne peuvent accueillir que des birmans. Durant la haute saison, il est donc possible de se retrouver en pénurie d’hébergement dans certains endroits ou de se retrouver à devoir dormir dans un « petit palace » faute de place. J’ai entendu certains voyageurs se plaindre de réservations via Booking ou Agoda non prises en compte, nous n’avons pas été concerné.

Toujours dans la partie hébergement, un point important à savoir, c’est le prix. Attendez-vous à devoir « gonfler » votre budget hébergement ici au Myanmar. A titre d’information, notre prix moyen pour une nuit à 4 a été de 30 euros, difficile de trouver moins cher. « Correcte ! » penseront certains, mais pour l’Asie c’est un prix au-dessus de ce que nous avions l’habitude.

Côté pratique, le site Agoda propose plus de choix et souvent au meilleur prix que Booking au Myanmar.

 

Et pour se déplacer, je fais comment, je choisis quoi ?

Une autre chose à laquelle il faut être préparer quand on vient au Myanmar, ce sont les horaires rocambolesques des bus de nuit…

Cela fait pourtant 5 mois que nous choisissons cette option pour les trajets de longues distances, au Vietnam, au Laos, au Cambodge, nous en avons passé quelques-unes de nuits dans ces couchettes à quatre roues, parfois peu dormis, parfois même mieux dormi que dans certaines chambres ; mais toujours avec des horaires « normaux ». Par « normal », j’entends par là, le bus arrive à destination le matin même tôt mais c’est le matin.

Parce que maintenant imaginez-vous être réveillé à 3h50, qu’on vous demande de vous préparer à descendre du bus dans 10 minutes… Là de toute évidence vous vous dîtes « oui bien sûr… ! » C’est ce qu’a pensé très fort Lily quand on lui a dit qu’il fallait sortir du bus parce que nous étions arrivés à Kalaw…

Il est 4h du matin, dehors il gèle – pas loin de 4 ou 5 degrés – Lily et Jonas sont à moitié endormis et nous sommes là au bord de la route avec tous les sacs.

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J’avoue qu’avec Ludo on a eu un moment de désarroi sur le coup ! Notre hôtel est à deux kilomètres mais pas envisageable de les faire à pied quand nous regardons les enfants. Nous finissons par trouver « quelqu’un » – je ne préfère pas m’étendre sur le sujet –  qui nous conduit jusqu’à notre guesthouse. La route file et j’espère de tout cœur qu’il y ait quelqu’un sur place pour nous faire entrer au chaud et avec un peu de chance nous permette de finir notre nuit dans une chambre de libre…

Ce matin-là, la chance nous sourit 😊 Emmitouflés et serrés les uns contre les autres, nous terminerons notre nuit au chaud !

Cette chance nous suivra durant toute notre aventure ici ; à chacune de nos arrivées très ou trop matinales ; à chaque fois nous avons droit à un sourire et cette gentillesse à l’accueil ; que ce soit comme cette fois-là à 4h, à Yangon ou à Moulmein à 6h du matin, à chaque fois on nous remettra une clé pour « une petite nuit de plus » 😉

 

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Voilà, il faut le savoir et y être prêt ; pour voyager au Myanmar, le bus de nuit c’est le moyen de transport qui offre le meilleur rapport qualité-prix. Seulement si je peux me permettre, prévoyez une option « fin de nuit », surtout si vous voyagez avec des enfants.

Côté pratique, pour réserver, vous avez plusieurs possibilités : agences, guesthouses ou en direct sur internet. La compagnie JJExpress offre un très bon service. Mieux vaut réserver en directe sur leur site, voici le lien :

https://www.jjexpress.net/

Si vous ne trouvez pas votre route avec JJExpress, vous pouvez choisir d’autres compagnies, il faut alors allez voir sur ce site :

https://myanmarbusticket.com/buscompanies/get_company/1

 

« Et si nous prenions le train ?! »

Cette nuit-là, dans ce train qui nous mène jusqu’à Moulmein, je puis vous assurer que je m’en suis voulu d’avoir eu une idée pareille… Très local diront certains, pour être honnête je pense ne pas avoir vu plus local que ce train en Asie !

Il est 1h du matin, j’observe Lily et Jonas dormir profondément ; les enfants ont cette faculté d’arriver à s’endormir dans des conditions que vous n’aviez vous-même jamais envisagé… Nous avons 10h de trajet de nuit dans ce train ; fenêtres ouvertes, lumières aveuglantes, ce bruit affreux des rails, ambiance Titanic et des birmans qui montent à chaque arrêt proposant à voix haute eau-fruits-brochettes ou maïs, vous visualisez… ? Eh bien voilà, c’est cela toute la nuit !

 

2h – Un casque sur la tête, un peu de musique, je ferme les yeux et tente de sombrer…

3h – Rien à faire, j’ouvre les yeux, je prends un livre, on dit que lire est un bon remède contre l’insomnie…

3h15 – Je ne dormirai pas cette nuit, c’est certain ! Une forme noire passe à côté de moi sous le siège de Jonas. « Je suis vraiment trop fatiguée, il faut vraiment que je dorme » pensais-je. La forme revient et là je comprends que ce n’est pas mon imagination qui me joue des tours… une souris !

Nous sommes le 28 février, c’est le matin de mon anniversaire… J’esquisse un « bref » sourire en imaginant la scène 😉

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Voilà.

Le Myanmar c’est tout ça et bien plus encore… A la question « Y seriez-vous tout de même allés en connaissant par avance ce qui vous attendez ? » … sans hésiter je vous répondrai « oui ! » parce qu’on ne peut pas passer à côté d’un peuple comme celui-ci !

Un peuple qui nous a tellement touché…  Derrière chacun de ces sourires, une vie, une personne et l’envers du décor ; des images que nous ne sommes pas près d’oublier…

« See you soon Burma »