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En Islande, ça chauffe et ça craque !!!… par Jonas.

Mardi 1er mai

En ce moment je suis en Islande, c’est une grande île qui se trouve à côté du cercle polaire arctique. Ici, c’est l’endroit où il y a le plus d’activités sous la terre. Les plaques de la Terre bougent énormément ; elles font soit des séismes, soit des volcans ou des failles quand elles s’écartent. C’est incroyable !!

Ici, en Islande, c’est là qu’il y a le plus de volcans qui explosent. Sous l’île d’Islande, il y a une grosse colonne de magma qui chauffe la terre. Dans un musée sur l’île Heimae, j’ai même vu comment l’île s’était agrandie ; une nuit la terre s’est déchirée et une colonne de lave est sortie, la lave a coulé pendant six mois et quand cette lave touchait la mer, elle se refroidissait et ça a agrandi l’île.

En Islande, il y a aussi des geysers.

Un geyser, c’est un trou comme une cheminée dans la terre qui se remplit d’eau puis l’eau petit à petit se réchauffe avec la chaleur de la Terre, jusqu’à 120 degrés. Quand l’eau est bouillante, du gaz se forme et quand il y a suffisamment de gaz, l’eau dans le geyser se fait propulser à l’extérieur.

 

 

Avec papa, maman et Lily, on est allé voir les geysers à Geysir ; c’est pour ça aussi qu’on appelle les geysers parce qu’ils sont dans la ville de Geysir.

Quand nous sommes arrivés, nous avons marché entre des flaques d’eau et de boue qui était à 100 degrés ; l’eau bouillonnait, on voyait des bulles qui explosaient à la surface.

 

 

A Geysir, il y a plusieurs geysers ; le plus gros aujourd’hui s’appelle Strokkur, il propulse de l’eau jusqu’à 30 mètres !

 

 

 

Avant, c’était Geysir qui était le plus grand, il propulsait de l’eau jusqu’à 40 mètres mais comme il y a d’autres geysers qui se sont formés autour, il y a moins d’eau vers celui-là aujourd’hui.

 

 

J’ai adoré découvrir tout ce qui se passe en Islande sous la Terre et j’ai trouvé passionnant aussi de voir comment l’Islande s’est formée. FIN.

Jonas.

 

 

Entre plage noire et vallée de feu, geysers et bains bouillonnants ; l’Islande se dévoile un peu plus chaque jours…

Islande Jour 4 – Snaefellsnes et comment le charme opère…

 

De Budardalur à Arnarstapi – 175 kms.

« Oh non maman, on est obligé de se quitter ?? Nous pouvons continuer ensemble encore un peu… »

Ce matin nous avons décidé de rejoindre la péninsule Snaefellsnes alors que nos amis « french family » préfèrent continuer un peu plus au nord dans les fjords ; quinze jours en Islande est un bon compromis mais sûrement pas suffisant si l’on veut en explorer les recoins pensons-nous ; impression qui nous suit depuis le début de notre aventure dans chacun des pays que nous traversons. « Nous reviendrons ! » se dit-on à chaque fois, je souris maintenant en pensant à tous les endroits où nous devons revenir… Nous aurions encore une belle année de voyage devant nous !! Les fjords du nord semblent magnifiques mais ce sera pour LA prochaine fois pensais-je 😉

Ce matin, en dépit de l’insistance des enfants pour suivre le même chemin que leurs copains, nous décidons de rejoindre la péninsule ; 170 kilomètres en moyenne chaque jour, c’est ce que nous faisons depuis notre arrivée et c’est bien suffisant pour les enfants, comme pour nous.

« Nous nous revoyons bientôt, c’est certain ! » tentais-je une dernière fois avec Lily et Jonas. « Oui et quand alors… ?! » me répondent-ils en chœur. J’ai le sentiment que nos premiers kilomètres risquent d’être tendu ce matin. Heureusement que le soleil est au rendez-vous, lui nous apportera un peu de sa douceur.

 

 

Ce matin, nous prenons la direction du Fuji-Yama islandais 😊 Cette péninsule n’est pas célèbre que pour son volcan culminant à 1 446m, le fameux Snaefellsjokull – oui oui encore plus difficile à prononcer que sa péninsule – ce côté de l’île est aussi très connue car de nombreux mythes proviennent de son environnement mystérieux et c’est d’ici que Jules Verne avait choisi de faire partir son fameux voyage au centre de la Terre.

 

 

Première étape ce matin, Stykkisholmur, un petit centre avec des vieilles maison en bois colorées sur la côte nord de la péninsule, un joli port accueillant dominé par une église blanche à l’allure bien différente de celles que nous avons l’habitude de voir. « Elle est quand même bien bizarre cette église maman… Tu es sûre que c’est une église ? » me questionne Lily.

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C’est le moment de notre minute histoire 😉

En Islande, le christianisme tient son origine dès le début de la colonisation de l’île, les premiers chrétiens d’Islande furent des esclaves irlandais. Minoritaires dans un premier temps, ils se hissèrent au statut de religion d’état en l’an 999. Une fois la Réforme venue, les chrétiens et les protestants se déchirèrent et ce n’est qu’au 17ème siècle que les protestants l’emportèrent définitivement. Le pays est aujourd’hui luthérien à une très forte majorité.

Tout au long de notre périple en Islande, nous croiserons sur notre route des églises toutes aussi surprenantes que touchantes et intimistes.

 

 

« Donc oui Lily, c’est bien une église 😉 »

Petit repas improvisé à la sortie de la ville, première soupe maison achetée à la boulangerie en face de la station essence (nb :  la soupe mérite à elle seule l’arrêt à la boulangerie !) ; elle fera le régal de toute la famille.

 

 

Nous reprenons la route en direction cette fois du parc national de Snaefellsjokul à l’extrémité ouest de la péninsule et c’est un paysage couvert de coulées de lave figées depuis près de 2 millénaires que nous traversons, Jules Vernes avait alors écrit « un pays comme écrasé sous une pluie de pierres énormes » ; nous y sommes dans ce paysage totalement sauvage…

 

 

« Mais elle est où ta plage maman ?!! » Un peu de patience, on y arrive. Lily et Jonas s’impatientent, Jonas a besoin de courir, Lily de prendre l’air et papa de faire sa pause ; nous avons de la chance il ne nous reste plus que quelques kilomètres.

Plage de Djupalonssandur, une heure d’arrêt, tout le monde descend !

Cette plage est connue pour ses galets noirs et son sable de la même couleur. Plutôt inhabituelle. Je suis curieuse.

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Jonas, quant à lui, ce sont les grosses pierres rondes qui jonchent le sol qui l’interpellent. « Papa, elles servent à quoi ces pierres ?! » Je souris et leurs expliquent que c’était avec ces pierres qu’un matelot pouvait se faire engager, une épreuve de force comme entretien d’embauche en quelque sorte 😊

Les matelots devaient choisir et soulever une de ces pierres à hauteur de poitrine et la poser sur le rebord rocheux pour démontrer leur force avant d’être engagé pour partir en mer. La plus grosse pierre atteint 154 kilos ! « On essaie papa ?!! » dit Jonas tout excité. Nous rions.

 

 

Plus loin, la plage se découvre devant nous et là c’est un vrai coup de cœur… Le sable noir brille avec la lumière du soleil, l’océan atlantique mouille quelques galets noirs, les lieux sont d’une sérénité touchante ! PAUSE. Nous resterons là, coucher dans le sable un grand moment, à sentir cette délicieuse chaleur sur nos frimousses, à jouer avec quelques galets, à décorer un bout de plage, à profiter d’un doux moment.

 

 

« Mais pourquoi on ne reste pas dormir là cette nuit en camping sauvage ?! » nous interroge Lily. Ce n’est pas moi qui lui dirait le contraire… Mais nous savons avec Ludo que les lieux ne nous le permettent pas. Comme j’ai déjà pu l’évoquer dans mon précédent article, le camping sauvage en Islande est difficile et parfois même poursuivi alors dans un lieu comme celui-ci nous ne préférons pas nous y tenter. En route !

 

Avant d’arriver à notre « night spot » pour ce soir, c’est un dernier arrêt que nous faisons entre falaises et goélands à Hellnar. Au loin, derrière nous, le volcan et son glacier. « Tu crois qu’on pourrait y monter là-haut ?! » me demande Lily. Sheeper n’est pas vraiment équipé pour une telle aventure… Et la route qui y mène est une piste, mais pas la petite piste qui dit « essaie et tu verras », la piste qui dit « tu viens ici que si tu es TRES bien équipée ! » Alors autant éviter.

J’ai lu sur internet qu’une guesthouse (theglacier.is) sur Arnarstapi proposait de faire l’ascension du glacier en snowcate, alors pourquoi pas mais sans Sheeper 😉

 

 

Où dormir ?

Un Parking à Arnarstapi…

« Papa, on dort où ce soir ? En sauvage ou en camping ? » Nous avions pourtant vérifié avant… Oui il y a bien un camping à Arnarstapi qui doit être ouvert avais-je vu sur internet. Et bien non… Et quand nous sommes ici il n’y a plus grand-chose pour se poser à plusieurs kilomètres à la ronde. Ludo part se renseigner au restaurant juste à côté et une personne lui confirme que le camping est bien fermé mais que nous pouvons tout de même stationner là pour la nuit. « Bonne nouvelle !! » pensais-je. Mais quelques minutes plus tard… « Sorry, excuse me, you can’t stay here ! It’s at my house here ! » Ludo lui explique que nous avions prévu de passer la nuit dans le camping sans savoir qu’il était encore fermé et que c’est une personne du restaurant qui nous a permis de stationner là pour la nuit. Mais rien n’y fait, cette dame nous demande de nous en aller. Nous commençons à remballer sans trop savoir où nous allons dormir ; puis cette dame revient, un peu gênée surtout en voyant les enfants, elle nous propose de nous mettre un peu plus loin sur une place de parking pour la nuit. Nous la remercions. Il s’en est fallu de peu…

Le hic (et oui, il y a un hic 😉), stationner sur une place de parking pose un réel problème côté toilette… Le restaurant n’est pas loin et c’est bien gentiment que la serveuse nous laissera y accéder toute la soirée 😊 Une nuit plutôt « sport » quand même…

NB : après vérification auprès de la guesthouse Snjofell à Arnarstapi, aucun départ en snowcat n’est prévu avec eux, une erreur sur le guide. Des ascensions en moto neige sont par contre bien proposées par l’agence theglacier.is mais en plein été !

 

Islande Jour 5 – Dans la vallée de Hvita, il y a…

 

De Anarstapi à Bjarteyjarsandur – 193 kms.

Réveil difficile ce matin… Nous n’avons pas vraiment le confort minimal attendu lord d’un réveil, j’entends par là : des toilettes. « Tu crois que le restaurant est déjà ouvert ? » Ludo tente d’aller voir et revient en souriant ; papa va pouvoir boire son café et nous passer aux toilettes ! Tout le monde s’habille chaudement et nous allons même pouvoir profiter d’un délicieux petit-déjeuner, un ventre plein est toujours meilleur pour le moral 😉

 

 

C’est avec la pluie que nous quittons la merveilleuse baie d’Arnarstrapi « c’était quand même plus joli hier avec le soleil » me souffle Lily.

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C’est vers un tout autre paysage que nous nous dirigeons ce matin, la vallée de Hvita. Le Hvita est un fleuve à l’ouest de l’Islande qui traverse une longue vallée. On dit de cette vallée qu’elle est enchanteresse. « Les paysages sont de la même couleur que les chevaux ici maman ! Regarde comme c’est beau ! » Lily a raison, autour de nous, tout est couleur camel : les collines, les chevaux, la plaine et même l’herbe. « Regarde tous ces chevaux maman, ils sont tellement beaux ! On pourrait en faire ici ? » Lily s’impatiente mais ce n’est pas encore pour tout de suite…

 

 

La piste 518 qui nous mène jusqu’au chutes de Hraunfossar et de Barnafoss est à elle seule une magnifique découverte.

« Des chutes d’eau ! On va encore voir des chutes d’eau ! Mais c’est comme les temples en Asie, les chutes d’eau en Islande… Il y en a de partout !! » s’écrit Jonas. Alors je m’y tente… « Non mais celles-ci seront différentes Jonas… » J’ose 😉 « Non mais tu dis toujours ça ; elles seront encore plus hautes celles-là, c’est ça ?! »

Et bien non, les chutes de Hraunfossar ne sont pas hautes mais elles sont plus originales que celles que nous avons déjà vu. L’eau sort sur plusieurs centaines de mètres de dessous un champ de lave pour se jeter dans la Hvita, un joli spectacle.

 

 

D’ici, nous suivons un petit sentier qui nous mène à d’autres chutes – aïe, aïe, aïe, je sens que Jonas va craquer ! – la chute de Barnafoss. « Ces chutes ont une histoire terrible » racontais-je aux enfants en chemin – je crois que je gagne des points avec mon jeune révolté – « vous voulez la connaître cette histoire ? » … Barnafoss, son nom signifie « la chute des enfants » –d’un coup de baguette magique, j’ai toute l’attention de Jonas et de Lily – elle provient d’une histoire locale.

Cette histoire se passe le jour de Noël, les enfants de la famille Hraunsas étaient restés seuls chez eux pendant que leurs parents se rendaient à la messe. Les enfants décidèrent alors de profiter de ce temps de liberté pour aller jouer sur l’arche de pierre qui enjambait la rivière. La plus jeune dérapa et tomba dans la chute, son frère plus âgé tenta de la secourir mais se noya à son tour. Apprenant l’accident, la mère fit abattre ce pont naturel et les parents quittèrent définitivement la ferme.

« Elle est vraiment trop triste ton histoire ! » s’exclame Lily. « Toutes les histoires n’ont pas forcément une jolie fin comme dans les livres ma chérie… Mais c’est quoi la morale de cette histoire ?! » tentais-je. Lily me regarde en grimaçant « Oui je sais… Il faut toujours écouter ses parents ! » Ni une, ni deux, Jonas et Lily s’enfuient et courent jusqu’au pont qui surplombe le torrent ! … Cette morale ne me semble alors pas encore tout à fait intégrée quand je vois Jonas jouer sur le pont 😉

 

 

Les émotions sont suffisantes pour aujourd’hui – mais ça c’était avant que je connaisse notre fin d’après-midi…-, direction « notre camping à la ferme ».

La piste 523 que nous décidons de prendre pour revenir sur Reykholt est toute aussi belle que la première. Puis, nous poursuivons par la 520 en plus mauvais état à certains endroits. Les paysages sont somptueux quand tout à coup au loin nous re découvrons l’océan qui se dessine, notre camping n’est plus très loin… Et bien heureusement !!

 

 

Arrivés au camping, nous avons à peine le temps de choisir un emplacement pour la nuit, Ludo recule pour se mettre bien à plat, je m’avance et… « c’est bizarre, il a l’air à plat le pneu à l’arrière non ?! » demandais-je à Ludo. Ludo sort. Le verdict tombe : nous avons crevé ! « Alors oh toi grand voyageur qui vient en Islande, jolie piste tu suivras, parfois pneu tu changeras 😉 »

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Où dormir ?

Camping à la ferme à Bjarteyjarsandur ;  http://bjarteyjarsandur.is/en

1500 isk par adulte, 750 isk pour les enfants (environ 12€/adulte et 6€/enfant)

Camping sur les hauteurs au bord de l’océan, accès à une immense salle commune chauffée avec un coin cuisine, on peut y déguster les spécialités de la ferme ou y acheter des produits locaux. Coin sanitaire propre. Une pause calme et agréable après notre nuit plus « sportive » de la veille. Ah j’allais oublier, il y a même un piano dans la salle commune ; « Mais où est Lily ?!! » Devinez ?! Une petite dédicace à Karine de la part de sa Lily 😊

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Islande Jour 6 – Golden Circle on arrive !

 

De Bjarteyjarsandur à Seljalandsfoss – 213 kms.

« Et on part où papa aujourd’hui ?! » … « Nous restons dans la vallée de Hvità » … Jonas sourit « Ah cool, c’est une journée ‘off’ alors » Par journée ‘off’ Jonas entend, on ne bouge pas et on ne fait rien ! « Non Jonas, la vallée de Hvita est grande et il y a beaucoup de belles choses à découvrir ! Va te brosser les dents, nous partons bientôt. » … « C’est toujours pareil, il y a tout le temps des belles choses à voir ! Et c’est quand notre journée « off » alors ?! »

Je vois à la mine de Jonas que ce n’était pas forcément la réponse qu’il espérait ce matin mais nous avons un joker sous le bras pour la fin de journée, une surprise qui devrait satisfaire nos deux jeunes aventuriers 😉

La vallée de Hvita est une des vallées les plus connues en Islande car on y trouve deux des trois sites faisant partie du « Cercle d’or » : Geysir et Gullfoss. « Le Cercle d’or », c’est ainsi que l’on nomme cette région FORT touristique de l’île – oui parce que lorsqu’on arrive dans cette partie de l’Islande, on oublie les étendues désertiques et la solitude ; on dit bonjour aux cars touristiques et aux visites en file indienne ☹ – j’ai d’ailleurs lu sur internet que plus d’un tiers des circuits organisés en Islande se faisait sur le Golden Circle et c’est sans compter tous les autres touristes comme nous qui le visitent seul.

Gulfoss, « encore une cascade ! Encore une ! Et elle a quoi de différent encore celle-là ?! » pourrait s’écrier Jonas. Gulfoss, c’est en fait une impressionnante cascade sur la Hvita, le plus puissant fleuve d’Islande. Le fleuve chute de 32 mètres en deux paliers. Son nom, « chute d’or », vient de l’arc-en-ciel qui pare la chute les jours de beau temps. La rivière s’enfonce ensuite dans un joli canyon. Beaucoup considère cette cascade comme la plus belle d’Islande, c’est vrai qu’elle est belle mais il y a tellement du monde que nous ne parvenons pas à en profiter comme nous le voudrions. Dommage.

 

 

Geysir, à quelques kilomètres de Gulfoss, est une zone géothermique très active, une zone qui a donné le nom « geyser » d’ailleurs. Geysir est un geyser quasiment inactif de nos jours, c’est le spectacle de son voisin que l’on vient voir désormais ; Strokkur éblouit chaque jour la meute de touristes avec son jet de 30 mètres, nous y compris pour être honnête 😉 Je n’en dirais pas plus sur le sujet, c’est Jonas qui veut vous en parler dans son prochain article !

 

 

Le dernier site qui constitue le « Golden Circle » est Thingvellir. Ce lieu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO est l’endroit où fut fondé un des plus anciens parlements du monde en 930. Quand on vient à Thingvellir, on vient aussi voir la fameuse faille entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, certains s’y offrent même une plongée magique dit-on.

 

 

Le cœur de l’histoire de la nation islandaise est ici, dans ce paysage de Thingvellir. Il faut savoir que l’histoire de l’Islande est récente par rapport à celle du reste de l’Europe. L’île ne fut découverte par les Vikings qu’au 9ème siècle, bien qu’elle fut probablement connue avant cette date. A partir de 874, l’île commence à se peupler et en 930, de nombreux chefs, jusqu’alors maîtres de leur seul clan, décidèrent de créer une assemblée, « l’Althing », le plus vieux parlement du monde ; une assemblée plénière représentant l’ensemble de l’Islande.

 

 

Cette assemblée s’est tenue à partir de 930 jusqu’en 1798. Durant une session annuelle qui durait une quinzaine de jours, les chefs de chaque clan se retrouvaient ici, sur ces terres à Thingvellir, pour élaborer des lois conçues comme des pactes entre homme libres et réglaient leurs différends. Pour la population islandaise, ce lieu est donc profond et très symbolique.

Lily et Jonas écoutent sans rien dire ; puis, à la fois curieux et concentré, les questions s’enchaînent « mais alors pourquoi ils ont arrêté si ça marchait ? Et pourquoi en France on n’avait pas la même chose ? Et comment ils font s’ils ne sont pas tous d’accord ? … » Autant de questions qui nous occupera le reste de la route cette après-midi.

 

 

Puis, question de Jonas « C’est quand qu’on arrive ? Et on dort où ce soir ? »

Il est 16h et nous avons encore notre « joker » dans la manche 😉 « Et si nous allions nous baigner un peu ? » Silence dans Sheeper. « On retourne aux sources chaudes papa ?!! » Ludo acquiesce. L’ambiance est à la fête !

Sur la route qui nous conduit jusqu’à notre « night spot » de ce soir se trouve le « Secret Lagoon », connu également sous le nom de Gamla Laugin à l’entrée de la ville de Fludir. Les islandais ont construit là un grand bassin en s’appuyant sur les bénéfices géothermiques de la région. C’est donc dans cette délicieuse piscine naturelle que nous nous prélassons ce soir. L’endroit a été conservé le plus naturel possible, « on se croirait dans un paysage norvégien » dis-je même à Ludo flottant là dans une eau à 38 degrés. Une pause formidable, une baignade de « ouf », un délicieux moment au chaud ; chacun à son avis sur cet arrêt mais une chose est certaine tous les sourires sont là ce soir à la sortie de ces bains chauds.

 

 

« Je pourrai m’endormir comme ça maintenant tellement que je suis bien » me chuchote Lily, « bon d’accord, il faut que je mange quand même avant ! » …  Je me disais bien.

20h, sur le parking de la cascade de Seljalandsfoss, on tape à la porte. « Do you have some butter or some oil ? » nous demande le jeune voyageur du van d’à côté. Nous lui tendons notre plaquette de beurre et nous l’entendons sauter de joie aussitôt la porte fermée. Nous sourions « et bien dis donc, on dirait qu’il était content qu’on lui donne du beurre, hein papa ! » s’exclame Jonas en souriant. Puis quelques minutes plus tard, on frappe à nouveau au van, le même jeune est là nous tendant le reste de notre beurre avec des barres de chocolat russes en cadeau. Devinez qui saute de joie cette fois ?! « Et là alors les enfants, elle est où la morale de cette histoire ?! » 😉

 

 

21h, Lily et Jonas s’endorment ; des souvenirs, des histoires et de magnifiques images plein la tête. Papa et maman aussi 😊

 

Où dormir ?

Le parking en face de la cascade de Seljalandsfoss (Coordonnées GPS +63° 36′ 57″, -19° 59′ 34″)

700 isk pour 24h sur le parking (environ 6€)

Night Spot renseigné sur l’application park4night, les parkings ne sont pas toujours les meilleures solutions d’un point de vue sanitaire mais celui-ci a l’avantage d’en avoir deux ouverts nuit et jour. Le petit plus c’est le point de vue à la tombée de la nuit devant la cascade illuminée. Quelques autres vans ont stationné ici aussi quand nous y étions. Rencontre matinale sur le parking avec un jeune couple polonais voyageant avec leur bébé de 4 mois, encore une de ces jolies rencontres.

 

 

 

 

 

 

Premiers kilomètres en Islande… Le nord comme terrain de jeu !

Mardi 24 avril

« The first time in Island ?… Yes the first time 😊 ! How many times do you travel in Island ? … 2 weeks ! … You are welcome in Island ! The weather is not very nice last days ; nail tire are very important, do you have ? … Echange de regards un brin inquiet entre Ludo et moi….

Ce fut ce bref échange avec cet islandais sur le ferry, seulement quelques minutes avant notre arrivée, qui nous mit comme un doute quant à notre préparation pour cette aventure « grand froid » !

J’avais pourtant bien en tête les températures encore hivernales sur cette fin avril, j’avais aussi bien en tête notre confort « couchage » avec le chauffage de Sheeper et nos duvets -5degrés ; mais à aucun moment je n’ai imaginé des routes glacées et enneigées !! Ludo non plus d’ailleurs… C’est seulement quelques minutes avant de descendre pour débarquer qu’il se décide à troquer ses tongs contre des baskets.

Nous voilà, nous y sommes ; après 3 jours en Mer du Nord, nous accostons à Seydisfjordur. Il est 9h, nous sommes le 24 avril et nous ne reviendrons ici, dans ce même fjord seul port d’arrivée en Islande, que dans 15 jours pour repartir.

Welcome Island !! … Mais sans les pneus cloutés, ni neige, ni chaînes… Que l’aventure commence 😉

 

 

 

Jour 1 – Islande

De Seydisfjordur à Reykjahlid

« Papa, regarde comme c’est trop beau !! C’est tout blanc de partout ! La neige, on a de la neige ! » Lily et Jonas ne tiennent plus en place, ils n’ont pas vu de neige depuis 14 mois et c’est comme si c’était la découverte de toute une vie.

 

 

 

 

Aujourd’hui, je peux vous dire que cette aventure islandaise ne sera pas qu’une seule immersion dans les grands espaces du nord, ce sera aussi une très belle rencontre avec cette famille française. Autant vous les présenter tout de suite car nous ferons un joli bout de chemin ensemble et partagerons de vrais moments de rigolades aussi. Donc dans la famille, nous avons Sylvain, le papa, Céline, la maman et Emma et Ewan les enfants, tout droit arrivés des Alpes du Sud d’une jolie petite station de ski, ils sont là aussi pour deux semaines en famille avec leur van.

Premier passage de col pour sortir du fjord et rejoindre la ville d’Egilsstadir… ça passe ! Ludo est soulagé, nous n’aurons pas besoin de nous faire tracter ce matin 😉 L’islandais sur le ferry nous avait laissé entendre que certains touristes restaient bloqués parfois une semaine dans le fjord à l’arrivée car pas suffisamment équipés, faut croire que nous avions de la chance aujourd’hui, la route était suffisamment dégagée.

Eggilstadir – une petite heure d’arrêt – premières courses « je crois qu’il faut des gants pour les enfants… » ; premier retrait d’argent « montre nous papa comment ils sont les billets d’ici ! » – Lily et Jonas adorent observer les nouveaux billets et les pièces à l’entrée de chaque pays ; premières recherches au centre d’information « quel est le meilleur site pour voir des baleines ? »

11h – Nous prenons la direction du nord par la route 1, la route principale qui fait le tour de l’île. Mais avant, autant vous préciser tout de suite les sites importants à connaître en venant en Islande :

www.road.is

LE site à regarder chaque jour avant de choisir une direction en Islande ! Ce site informe des conditions de route sur l’île (ouvertes, attention pas top ou carrément fermées) alors autant le consulter, c’est plus raisonnable… Mais cela nous l’apprendrons très vite durant notre aventure 😉

www.vedur.is

Celui-ci autant vous dire qu’il est tout aussi important que le premier, voire peut-être PLUS ! Parce que toi qui voyage ici en Islande, avec la météo tu apprendras à jongler ! Et tout cela se passe en quelques minutes, que dis-je en quelques secondes parfois 😊 On peut passer du grand bleu au tout blanc – je parle du ciel ! – d’un froid sec à la tempête de neige et du grand soleil à une pluie torrentielle. Alors toi Oh grand voyageur vedur.is tu suivras 😉

www.campingcard.is

Le petit dernier, c’est le site des campings en Islande, aussi très utile ; mais surtout quand on vient en Islande de juin à septembre ! Avant, cela se complique 😉 Je m’explique : en Islande, on peut séjourner pendant 28 nuits dans les campings référencés sur ce site pour l’achat d’une carte famille à 149€ (carte valable pour une famille jusqu’à trois enfants) Cette carte s’achète dans les offices de tourisme, les postes et quelques supermarchés. Génial comme système ai-je tout de suite pensé en trouvant l’information sur un blog. Oui, génial sur le principe sauf quand on vient en Islande en avril ! Nous sommes encore en basse saison et la majorité des campings sont encore fermés… Alors Oh toi grand voyageur qui voyageras pendant les beaux jours, pense à ta campingcard ! 😉

 

Premiers kilomètres dans une immensité que nous n’avions pas imaginée… Notre route vers le nord se ponctue de « Ohhh, Ouahhh, Waouuuu… » Nous en avons déjà plein les yeux. Tourné face au cercle polaire et à l’océan glacial Arctique, on dit que le Nord offre des paysages beaucoup plus plat que le reste du pays et accrochez-vous on dit aussi que c’est cette partie-là qui est le coin le plus ensoleillé du pays ! Une manière comme une autre de s’adapter en douceur au climat ai-je pensé en lisant cela mais nous n’avions pas encore vécu notre première soirée en Islande à ce moment-là…

 

 

Quand on vient visiter le Nord de l’Islande, il y a bien sûre des immanquables comme la petite ville d’Husavik, capitale européenne de l’observation des baleines, la péninsule de Vatnesnes où se trouve la plus grosse concentration de phoques, la grande chute de Dettifoss, simplement majestueuse et Le lac Myvatn ; il faudrait être fou pour ne pas s’y arrêter et vibrer au grès de ces phénomènes volcaniques. Que de belles choses… Après huit mois passés sur les routes, nous avons vraiment le sentiment de pouvoir découvrir des paysages différents de ce que nous avons déjà vu. Nous en vibrons d’avance 😉

 

 

C’est en direction des cascades de Dettifoss que nous roulons aujourd’hui. On parle d’elles comme des plus puissantes chutes d’eau d’Europe. C’est par une piste que nous nous y rendons. Une piste… ? Mais ils n’ont pas de 4×4 !! Pas de panique, comme j’ai pu l’expliquer dans notre dernier article, dès que l’on sort de la route principale en Islande, la route 1, on roule sur des routes caillouteuses, de terre, avec des trous, des bosses, bref une piste 😊 Mais c’est normal ! Il convient juste de vérifier si la piste est bien ouverte (rappelez-vous sur le ste road.is) et si votre véhicule permet l’accès à cette piste.

La piste 864 qui mène aux chutes et l’une des plus usitées d’Islande, elle traverse un désert de pierre quasi lunaire. « Mais elles sont où ces cascades maman ?! On va devoir marcher ?? » Aïe… je crains un début de rébellion dans Sheeper… « D’après le guide, c’est une petite marche de… » Je n’ai pas le temps de finir que Lily et Jonas répondent « Non mais c’est trop cool on va marcher dans la neige !! » Je souris, je n’aurai pas besoin de négocier ce matin 😉

 

Le petit chemin qui surplombe les chutes permet de s’en approcher et d’en prendre plein les yeux, « non mais regarde papa comme elles sont immenses ! Regarde ça ! » Lily est impressionnée et je la comprends.

 

 

Premier jour, première découverte et déjà nous savons que l’Islande va nous en mettre plein les yeux… Ce soir nous avons décidé de nous arrêter à Reykjahlid pour y passer la nuit, d’après ce que nous avons vu le camping serait ouvert et bien situé pour explorer la région autour du Lac de Myvatn demain.

En route nous ne résistons pas à l’appel des fumées 😊 Au loin, une montagne jaunâtre couverte de de dépôts de soufre, à son pied, on se croirait aux portes de l’Enfer. Le panneau indique que nous sommes au site géothermique de Hverir. Ça fume, ça siffle, ça bouillonne… Les enfants n’en croient pas leurs yeux ! Nous non plus d’ailleurs.

 

 

 

 

C’est à notre arrivée au camping de Reykjahlid que nous sommes vite refroidis… D’abord par son prix, il convient tout de même de savoir que faire du « camping sauvage » en Islande c’est difficile voire impossible dans beaucoup d’endroit ; alors la solution c’est le camping tout court mais là aussi, « si toi Oh grand voyageur tu t’attends aux prix que tu connais des campings, et bien tu oublies ! Parce qu’ici tu es en Islande ! »

Petite aparté utile, une nuit en camping en Islande (sauf avec la campingcard dont je parlais tout à l’heure) coûte en moyenne 38€ pour deux adultes et deux enfants.

Donc voilà, premier refroidissement, le prix pour la nuit, le second c’est le prix pour la machine à laver qui fait bondir Ludo « 16€… !!! » ; puis nous nous installons… C’est sous cet abri de fortune avec des gants et des bonnets que nous comprendrons ce soir qu’on ne rigole pas avec les températures islandaises… Nous sommes le 24 avril et c’est par – 3 degrés que nous mangeons avant d’aller faire notre test grandeur nature de nos duvets ce soir 😊

 

Jour 2 – Islande

De Reykjahlid à Husavik

7h – Réveil glacial, je bénis le chauffage qui tourne dans Sheeper depuis une pette heure. C’est ainsi que nous fonctionnerons pendant ces deux semaines, nous chauffons le van le soir avant de nous coucher, l’arrêtons pendant la nuit et je le remets en route une heure avant le lever pour être un peu au chaud quand nous sortons des duvets.

Aujourd’hui c’est découverte d’un des lieux les plus visités d’Islande, la région du Lac Mivatn. Ce grand lac se dresse là au cœur d’un paysage alternant végétation et rien… décor austère et marqué par l’activité volcanique qu’a connue cette région ; des pâturages laissent la place aux coulées de lave, des cratères petits, grands, au loin, ici ; de partout ! Et au centre, ce Lac considéré comme le lieu de rassemblement de canards le plus important en Europe.

 

 

Ce matin, nous avons choisi de jouer les « Haroun Tazieff » en montant en haut du Hverfell, un volcan vieux de 2 500 ans sur la rive du lac. « C’est ce volcan là-bas qu’on va escalader ?! » questionne Lily, notre grande marcheuse 😉 Lily n’a pas du tout envie d’escalader quoique ce soit ce matin ! « Non mais il est énorme ! Il va nous falloir une journée pour arriver en haut ! » Sortez les cordes !! Je sens qu’il va falloir qu’on la hisse jusqu’en haut. Il nous faudra environ 30 minutes de montée, certes un peu raide, pour atteindre son sommet et pas une journée comme pouvez le penser notre grande marcheuse. D’en haut, le spectacle est magique, on a une vue sur le lac et tout ce qui l’entoure qui nous laisse sans mot.

 

 

 

 

« Si l’Islande c’est une île maman, ça veut dire qu’il y aura la mer tout autour et on pourra se baigner alors ?!! » s’était exclamé Jonas en route pour le Danemark il y a quelques jours, mais ça c’était avant qu’il voie la neige en arrivant. Mais en Islande, même pas peur… Neige ou pas, on se baigne !! … Welcome les bains naturels 😊

Tout comme les volcans, les geysers, les phoques et les cascades ; les sources chaudes font parties intégrantes des us et coutumes en Islande alors autant être au plus près des coutumes locales 😉

Ces bains aménagés autour des sources chaudes à Reykjahlid sont inspirés du Blue Lagoon à côté de Reykjavik mais on dit qu’ils sont bien moins chers et fréquentés que ces derniers. « On va se baigner, on va se baigner !! » chantent les enfants dans le van sur le chemin. On dirait bien que notre grande marcheuse est plus motivée que ce matin !

Deuxième jour en Islande et première expérience dans des bains naturels… Quel plaisir de se plonger dans une eau turquoise à 38 degrés quand il ne fait pas moins de 4 degrés dehors ! Au loin, le soleil décline tout doucement, autour de nous une immensité, c’est carrément magique 😊

 

 

Jour 3 – Islande

De Reykjahlid à Husavik

Doux réveil ce matin au camping de Husavik. Nous sommes arrivés hier soir dans ce camping à la sortie de la ville. Camping mi-ouvert, mi-fermé, personne là pour nous accueillir mais nous avons eu la chance d’y découvrir une pièce commune ouverte et chauffée et des sanitaires.

Depuis notre arrivée en Islande, nous poursuivons notre route avec notre jolie rencontre « french family » du ferry pour le plus grand bonheur des enfants. Lily, Emma, Jonas et Ewan passent leur temps à jouer entre eux, ils sont tellement contents.

 

Quand on vient à Husavik, ce n’est pas pour y visiter son église ou en tout cas pas que ! Husavik est réputée pour son rôle de capitale de l’observation des baleines en Europe. J’ai lu qu’on n’y a jamais chassé le cétacé ici et on dit même qu’y voir un petit rorqual ou une baleine à bosse tient presque du non-évènement ! Et bien nous l’espérons ce matin en nous dirigeant vers le port, nous croisons les doigts. Le risque de ne rien apercevoir est minime (même si cela arrive) puisque de nombreuses personnes affirment sur les sites avoir vu des baleines et parfois même quelques dauphins.

Ici, trois ou quatre compagnies se partagent la baie, il n’y a donc que l’embarras du choix ; il est 9h et nous prenons la direction du port pour choisir notre embarcation. C’est auprès de North Sailing Husavik que nous décidons de tenter notre chance, les commentaires sont plutôt bons et l’accueil nous emballe. « Couvrez-vous très chaudement ! » ai-je lu également sur des forums. C’est des couches et des couches que nous enfilons ce matin avant de monter sur le bateau ; à bord des combinaisons sont également fournis et nous ne faisons pas la fine bouche, « si elles sont là, c’est pour une bonne raison » pensais-je. 😉

 

 

Il est 9h30, le bateau quitte le port pour deux heures en mer ; « tu crois qu’on va en voir maman des baleines » m’interroge Lily. La pression est grande… « Une baleine, non mais tu te rends compte, une baleine quoi !! Imagine si on pouvait voir une baleine !! »

Oui la pression est grande… Et en même temps, avec une taille pouvant dépasser 30 m et un poids de 150 tonnes, la baleine bleue est bien le plus gros animal de la planète alors la pression peut être effectivement grande ce matin 😊 On dit aussi que sa langue peut peser autant qu’un (petit) éléphant et qu’à la naissance, le bébé baleineau pèse pas moins de 3 tonnes et il grossit quotidiennement de 90 kg, rien que ça !

Le guide sur le bateau nous annonce qu’il arrive parfois qu’on ne puisse rien observer durant une sortie, oui cela arrive mais c’est rare. Je vois le regard des enfants espérant déjà d’en discerner une au loin. La grande baleine bleue est nettement plus rare et s’observe surtout en juin précise-t-il ; aujourd’hui si nous avons de la chance nous pourrons voir des baleines à bosses, peut-être des petits rorquals et même des dauphins qui sait ?!

Le bateau s’engage dans la baie, il n’y a presque plus un bruit, tout le monde est aux aguets et… la magie opère…

 

 

 

 

« Non mais tu te rends compte papa, on a vu une baleine à bosse ! Elle était là à côté de nous ! Elle sortait et replongeait et elle ressortait ! Non mais tu as vu comme elle était immense ! » Lily et Jonas n’en peuvent plus, ils sont sur un petit nuage.

Il est 12h quand nous rentrons au port, des étoiles plein les yeux et des images que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

La visite au musée de la Baleine sur le port mérite également le détour, on pourrait penser « c’est bon nous en avons vu en vrai alors quel intérêt d’aller voir des squelettes ou des photos ? » Et bien détrompez-vous ! Ce musée permet d’en apprendre encore bien plus sur les baleines mais aussi sur les orques et les dauphins. Il convient de savoir que, malheureusement, la chasse à la baleine a repris en Islande depuis 2003, une salle dans le musée y est consacrée, d’autres interpellent le visiteur sur les menaces pesant sur les écosystèmes marins (déchets, rejets pétroliers, pollution sonore, pêche…), des vidéos sous-marines présentent cette merveilleuse vie sous l’eau, notre coup de cœur avec Lily et Jonas, c’est celle-ci d’un baleineau avec sa maman…

 

 

Voilà, vous l’aurez compris, quand nous fermons nos duvets ce soir, c’est avec un délicieux sourire sur les lèvres et des émotions plein la tête. Il est l’heure de se reposer maintenant. « Good night ! Enjoy your dream 😊 »

 

Baleines et compagnies ?

North Sailing Husavik :  https://www.northsailing.is/

240 euros l’excursion pour 4 personnes (90 € par adultes et 30€ par enfant)

Laquelle choisir ? C’est la question que l’on se pose tous je pense. Comme je le disais plus haut plusieurs compagnies organisent des excursions sur d’anciens bateaux de pêche aménagés ou en bateaux rapides. Nous avons choisi North Sailing avec laquelle nous avons été vraiment satisfait, bon accueil, un bon guide à bord avec des explications intéressantes et ludiques tout au long de la traversée alors pour nous ce sera North Sailing.

 

Jour 3 – Islande

De Husavik à Budardalur

« C’est quoi maman le programme de la journée ?! », ça c’est Jonas 😉 Et si nous allions voir des phoques aujourd’hui Jonas ?!… Jonas me regarde, Lily tente de deviner une blague… Non je ne plaisante pas, l’autre beauté cachée du nord c’est la péninsule de Vastnes.

On dit que faire le tour de la péninsule occupe quelques heures et nous comprenons tout de suite pourquoi. C’est d’une telle beauté ici que nous pourrions même y rester plusieurs jours !

 

 

Le ‘Routard’ conseille un premier arrêt à Hvitserkur, ici serait concentrée la plus grosse colonie de phoques en contrebas de l’auberge de jeunesse Osar. Nous descendons par un sentier, pas de phoques à l’horizon… Une grande lagune au loin avec des rochers qui ont une forme un peu bizarre… « Non mais regarde ! » me dit Céline « Ce ne sont pas des rochers, ce sont des phoques couchés sur le sable !! » Nous n’en croyons pas nos yeux. La lagune est plutôt éloignée et nous ne les discernons pas aussi bien que nous aimerions.

 

 

Nous poursuivons le long de la lagune jusqu’à un gros rocher volcanique, une arche qui semble émergée des flots. Le paysage est époustouflant. Au large, nous distinguons encore quelques phoques en mode pêche mais toujours au loin.

 

 

Un autre spot est répertorié sur le ‘Routard’ de l’autre côté de la péninsule au nord d’Hvammstangi ; nous tentons donc notre chance à llugastadir. Comme avec le premier, nous accédons au site par un sentier balisé. En chemin… « Tu savais Lily qu’on a plus de chance d’apercevoir des phoques quand il fait soleil ?! » … Lily me regarde et je vois dans son regard qu’elle se demande encore si je lui fais une blague… « Ou bien sûr maman, les phoques sortent de l’eau quand il fait soleil pour se bronzer peut-être ! » me répond-elle en souriant. Lily ne me croit pas et pourtant c’est la vérité ; les phoques adorent se dorer la pilule au soleil et cela Lily va vite le découvrir 😊

 

 

 

 

 

Ce soir quand nous quittons la péninsule de Vatnsnes, Lily et Jonas sont dans un état d’excitation sans commune mesure. Hier des baleines, aujourd’hui des phoques et « demain maman, on va voir quoi demain ?!! » questionnent-ils en chœur. « Des chevaux islandais ! » tente Lily, jolie tentative Lily mais non les chevaux ce n’est pas pour tout de suite. Depuis notre arrivée, nous les découvrons dans les champs autour de nous et je comprends mieux Lily quand elle avait tout de suite choisi l’Islande pendant la préparation de notre aventure il y a un an. « C’est en Islande que je voudrai aller maman, je veux aller voir les chevaux islandais » nous avait-elle confié. Ces chevaux semblent si affectueux, elle avait raison ; mais la balade à cheval ce n’est pas pour tout de suite…

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Demain direction la péninsule de … « Snaefellsnes », je n’arrive même pas à prononcer son nom 😊 😊 Bref, demain nous allons découvrir la péninsule d’à côté 😉

 

Où dormir ?

Dalakot Guesthouse à Budardalur ; www.dalakot.is

10 000 Kr la nuit, environ 80 €, la maison pour 6 personnes.

Après plusieurs tentatives sans suite auprès de camping fermés, trop ventés, pas très engageants, nous arrivons à Budardalur sur la côte ouest au nord de la péninsule de Snaeffellsnes. C’est sur booking que nous finissons par envisager une solution auquelle nous n’avions pas pensé, une maisonnette pour la nuit. Nous sommes toujours avec notre « french family » et cette maisonnette nous tend les bras 😊 Une douche chaud, une nuit sur un lit tout confort et un magnifique coucher de soleil en prime, quel bonheur !

 

3 747 kms, quelques ferries, 3 jours en Mer du Nord ; de Belfast à Seydisfjordur, l’Islande se mérite !

Lundi 17 avril

7h – « Oh non maman, on est bien chez Jack, on est vraiment obligé de partir ? Pourquoi on ne reste pas plus longtemps ?! » ; vous vous souvenez peut-être de ces quelques paroles bredouillées par Lily et Jonas au réveil ce lundi d’avril… Encore un de ces départs « à reculons » pour eux mais un départ qu’on ne peut reporter. D’abord, parce qu’un ferry nous attend ce matin sur le port de Larne, ensuite parce qu’un autre ferry nous attend demain de l’autre côté de la côte anglaise, et samedi c’est un autre rendez-vous, et celui-ci immanquable, tout là-haut au Danemark à Hirstall 😊

Trajet Belfast_Danemark

« Hirstall, Hirstall ?? Ce n’est pourtant pas vraiment connu… Que se passe-t-il à Hirstall, qu’y a-t-il à voir, à faire de si important ?! »

Autant être tout de suite honnête avec vous, jusqu’à Février dernier, je n’avais moi-même pas connaissance de cette ville aux confins du Danemark. Février, date à laquelle nous avons commencé avec Ludo à se dire qu’il serait peut-être judicieux de réserver nos ferries pour notre road trip nord européen. Et puis, comment vous dire que nous avons eu comme un doute sur la faisabilité de notre aventure jusqu’au « presque » cercle polaire…

Lors de notre première ébauche de route, nous avions déjà remarqué qu’une seule compagnie maritime proposait la traversée jusqu’en Islande, Smyril Line ; nous avions aussi découvert que la liaison Ecosse-Islande ne fonctionnait plus depuis quelques années, ce qui ne nous arrangeait pas vraiment  – pas assez rentable disent certains – nous avions alors pris en considération le temps et les kilomètres nécessaires pour relier Belfast à Hirstall, seul port de départ de Smyril Line pour notre aventure islandaise. Mais… – oui parce qu’il y a un MAIS –  nous avions omis de regarder UN détail, plutôt LE détail devrais-je dire… le prix de la traversée !!

Et là, je vous propose un petit saut en arrière dans le temps…

Vendredi 16 février, il est 22h.

« Ça va chérie ? Tu ne dis plus rien… Chérie ?! » Je suis connectée sur le site de Smyril Line et je crois que je vais m’étouffer… « 2 800€ la traversée ! Le ferry pour aller en Islande le 6 juin nous coûte 2 800€ ! »

Ludo me regarde, sourit « Non mais tu as choisi une cabine deluxe à ce prix-là » me répond il en riant. J’aurai aimé mais ce n’est pas le cas, ce prix comprend la traversée aller-retour pour nous 4 avec le van en simple couchette, le plus basic de l’offre que nous puissions choisir.

Silence dans la chambre ; puis, Lily qui a tout de suite compris l’enjeu nous demande « Ca veut dire qu’on ne peut pas aller vor les chevaux islandais, nous n’allons pas y aller ? » C’est difficile. Depuis notre départ en septembre nous faisons au mieux pour respecter notre budget fixé à 100€ par jour tout compris et là pour le coup ; ce serait une véritable explosion. Nous réfléchissons et envisageons alors de modifier notre route en avançant notre départ islandais à avril vue l’économie non négligeable des billets du ferry, 1750€ pour un départ le 21 avril. Avant que je valide la réservation, un bref coup d’œil sur le site météo pour les températures à cette période en Islande tout de même…  « Ah quand même… Entre 3 et 8 degrés température maximum… ce n’est effectivement pas l’Asie !! » Nous échangeons un bref regard avec Ludo, c’est décidé, nous réservons. Lily sourit, Jonas aussi 😊

 

Trajet aller-retour (départ le 21 avril – retour le 9 mai) en couchettes pour 4 personnes avec un véhicule catégorie A : 1 750€ les 3 nuits en mer avec une halte de quelques heures aux iles Feroé.

http://www.smyrilline.fr/norrona-1

 

Mais revenons maintenant à cette douce journée du 17 Avril…

« Pourquoi il y a la police qui regarde sous le camion de devant papa ? » … « C’est la douane Jonas, ils contrôlent que tout va bien et que le camion ne transporte rien de dangereux sur le bateau » …  Mais alors, nous changeons de pays maman ? On quitte l’Irlande du Nord mais on va où maintenant ? » Les prochains jours pour Jonas risquent d’être « sportif », lui qui a besoin de connaître chaque jour le programme et notre position GPS dans le monde… Je suis limite à fixer la carte d’Europe au plafond de Sheeper 😊 😊

Il est 10h, nous sommes le lundi 17 avril et nous entamons notre long chemin jusqu’au Danemark. Au programme aujourd’hui, traversée jusqu’à Cairnyran en Ecosse et découvertes « routières » jusqu’aux environs de Manchester en Angleterre. Grâce à l’application park4night, nous avons une petite idée où dormir ce soir : un parc national, c’est plutôt sympa 😉

 

Ferry aller simple Larne (Irlande du Nord) – Cairnryan (Ecosse) : 182€ pour 4 personnes avec un véhicule. Temps de trajet 2h.

https://www.directferries.fr/ferries_de_irlande_du_nord_a_ecosse.htm

 

C’est sous un beau ciel ensoleillé que nous quittons l’Irlande du Nord, un soleil avec lequel nous avons beaucoup joué ces deux dernières semaines… La chaleur nous manque.

12h30 – Nous débarquons en Ecosse ! Les paysages ne sont pas si différents qu’en Irlande au premier abord, si peut être plus verts quand même. Pause repas et nous reprenons la route, ce n’est que vers 18h que nous arrivons au Peak District, le premier parc national crée en Grande-Bretagne dit-on, lieu d’inspiration pour la romancière Jane Austen j’ai lu également. Je n’en suis pas étonnée ; autour de nous, une lande parsemée de bruyères, au loin quelques collines et cette douceur qui émane de ce paysage. C’est ici que nous dormirons ce soir 😉

 

 

Mardi 17 avril

Notre ferry pour Zeebruges n’est qu’à 18h30 ce soir, nous avons fait le plus gros de la route la veille alors ce matin, c’est un réveil tout en douceur. Lily et Jonas ont repéré un coin pour escalader et jouer « Papa tu viens avec nous ?! Ca a l’air trop génial ! », pendant ce temps maman fait le tri dans les photos. Séance grimpettes sous quelques gouttes – la pluie irlandaise nous rattrape 😉 – séance bataille navale avec papa, séance « je profite de la douceur des lieux » ; une pause agréable, sûrement trop rapide dans ce paysage qui a beaucoup à offrir. « Nous reviendrons ! » se dit-on en partant cette après-midi.

 

 

Quelques centaines de kilomètres plus loin et nous voilà au port de Hull. « Ah oui, c’est bon j’ai compris maman, laisse-moi te le dire, on passe la douane c’est ça 😉 ! Et là on quitte le pays des anglais pour aller au pays de Zoé et d’Emma ! »

« Oui Jonas, ce soir nous traversons la Manche pour rejoindre la Belgique. » L’impatience se fait déjà sentir ; demain soir c’est à Bruxelles que nous retrouvons cette adorable famille belge rencontrée au Laos ; comme nous, ils partageaient une aventure à 4 pendant quelques mois en Asie, quelle joie alors cela avait été pour Lily et Jonas de rencontrer et de passer du temps avec des enfants qui « parlaient la même langue qu’eux ! » m’avait tout de suite répondu Jonas ; quelle joie pour nous aussi de partager avec Sabine et Paul pendant ces quelques jours.

Une délicieuse rencontre à des milliers de kilomètres. « Demain on va retrouver nos amis chez eux en Belgique ! » s’exclament Lily et Jonas en chœur. Tout le monde a déjà hâte.

 

 

Ferry aller simple Hull (Angleterre) – Zeebruges (Belgique) : 469€ pour 4 personnes en cabine intérieure avec un véhicule. Temps de trajet 13h.

https://fr.directferries.be/zeebruges_hull_ferry.htm

 

Mercredi 18 avril

« Non mais regarde comme il fait chaud ici !! On va même pouvoir enlever les pulls !! » C’est la fête ce matin dans Sheeper ; enfin,  pas complètement quand même 😉 Notre frigo nous a lâché depuis hier, Ludo a bien tenté de le faire repartir mais rien n’y fait. Alors avant que Jonas nous pose sa question matinale « c’est quoi le programme de la journée ? » ; aussitôt débarqué, nous annonçons aux enfants que nous devons trouver un concessionnaire. Poursuivre sans frigo, ce n’est pas catastrophique mais nous avions dans l’idée de faire le plein de courses pour l’Islande avant notre départ de samedi, et sans frigo c’est plus délicat.

Welcome Volkswagen Zeebruges ! Dans le garage, papa tente de trouver une solution avec le technicien ; dehors, c’est plus « fun », avec les enfants nous profitons des joies du printemps et du soleil. Ludo revient avec une solution « alternative » ; « il est trop fort papa ! Avant on avait un frigo, maintenant on en a deux ! » … Bon ok, l’ancien ne fonctionne toujours pas mais nous avons un frigo d’appoint 😉 Nous aurions eu besoin de trois jours sur place, le temps que la pièce arrive mais notre temps est compté et le ferry de samedi ne nous attendra pas.

 

 

« Arrêtez vous à Bruges s’était empressée de nous conseiller Sabine quelques jours auparavant. Une petite envie de chocolat ? Ou le seul plaisir de flâner dans les ruelles du centre historique ; Bruges est une nouvelle invitation à la douceur de vivre. Le soleil ajoute un air de fête à cette journée.

 

 

« C’est à quelle heure qu’on part chez Emma et Zoé papa ? Il nous reste combien de temps avant de partir chez Emma maman ? Et on est loin de chez Zoé ? … Impatience quand tu nous tiens 😉

Comment vous expliquer la joie de ces retrouvailles… Les enfants se sautent au coup, nous sommes tout aussi heureux qu’eux de retrouver Sabine et Paul. C’est dans une ambiance festive – mais ça depuis le matin nous nous en doutions 😉 – que la journée se termine.

 

 

Jeudi 19 avril

Un réveil difficile ce matin – coucher tard, séparation et émotions à venir – le petit déjeuner est moins léger que le repas de la veille…  Un « Nous nous retrouverons ! » tentais-je auprès de Lily qui ne fait pas l’effet escompté… Lily a les larmes aux yeux. Un dernier câlin, il est l’heure de partir.

Nous avons prévu de monter jusqu’en Allemagne aujourd’hui, les musiciens de Brême nous attendent ce soir 😉 La chaleur est toujours au rendez-vous, un peu de douceur fait du bien. Les kilomètres s’enchainent…

Il est l’heure du goûter quand nous poussons les portes du camping de la Hanse à Brême, l’idée était de ne pas trop s’éloigner du centre de Brême pour nous permettre d’aller s’y promener ce soir mais c’était sans compter le besoin de tous de profiter des lieux et de la douce chaleur qui ne nous quitte plus depuis notre arrivée hier en Belgique. Avis unanime, nous resterons ici ce soir. Le camping est vide, près de nous un lac très charmant et suffisamment de place pour faire voler les cerfs-volants des enfants ! Fin de journée parfaite 😊 Les sourires ont repris place sur les jolies frimousses de nos « voyageurs en herbe », l’aventure continue… Mais ce soir, c’est ambiance camping ! Papa sort la table, les chaises, on tire l’auvent, même pas besoin d’un feu de tourbe pour nous réchauffer. Voilà un doux moment, une douce liberté…

 

 

Camping « la Hanse » à Bremen – 36€ la nuit pour 2 adultes avec un van, gratuit pour les enfants 

http://www.hansecamping.de/home-en-us/

 

Samedi 21 avril

14h – Nous arrivons au port d’Hirstall, ENFIN !! Notre journée sur les routes danoises a été vraiment longue hier.

« Norrona Smyril Line » Au loin notre ferry est déjà là, nous sommes émus, excités et impatients de cette nouvelle aventure ! L’Islande…

« Ce n’est tout de même pas tous les jours qu’on va à côté du cercle polaire » nous a écrit hier une amie sur son message pour nous souhaiter un bon voyage. Et comme elle a raison… Devant nous, la Mer de Norvège, plus loin celle du Groënland et pour nous trois jours en mer pour arriver à notre destination.

Trajet Ferry Norrona Danemark - Islande_

Cela fait déjà quatre jours que nous roulons et naviguons alors j’ai envie de dire « nous ne sommes pas à trois jours en mer près ! » D’après ce que j’ai lu sur quelques blogs la traversée n’est pas toujours aussi plaisante qu’on le pense… Mer agitée, trop agitée préfèrent dire certains, temps très long à bord avec des enfants sont les commentaires qu’on peut lire en retour. Sheeper ne s’est pas transformé en voiture amphibie depuis notre départ donc  » Welcome aboard ! »

 

 

Nous ne sommes à bord que depuis quelques minutes que déjà nous « déchantons » … « Es-tu certain du numéro de la cabine ??! » … « Oui, regarde 2001- 2002- 2003- 2004 ! » … Lily lève les yeux vers les panneaux, je fais comme elle, Ludo tourne et retourne les cartes d’embarquement, Jonas patiente puis « Mais on dort en dessous de Sheeper maman ?!! » … « Oui Jonas, en dessous, dans les cales du bateau, comme les pauvres !! » lui répond Lily. « Tu te souviens du Titanic à Belfast et bien voilà les pauvres c’est nous ! » … Jonas me regarde inquiet « Papa, il y a des icebergs dans la Mer de Norvège ?! » … La tension monte, nous préférons descendre et aller voir par nous même à quoi ressemblent ces couchettes. Et là… C’est la « douche froide » ! Nous arrivons dans des dortoirs collectifs, effectivement dans les cales du bateau, nous regardons autour de nous puis trouvons nos couchettes. Une porte battante, derrière 6 lits. « Mais il y a six lits ! Avec qui on va dormir ? Et la porte ; elle ferme même pas, tout le monde peut rentrer !! Et à côté de qui je dors moi ?! » Lily s’affole.

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Ludo préfère monter à l’accueil pour avoir plus d’explications ; pendant ce temps, « Maman, tu es sûre qu’il n’y a pas d’iceberg dans le Mer de Norvège hein ?!! » Je rassure Jonas comme je peux mais je commence moi-même à déchanter… Quelques minutes passent… « Bon écoutez les enfants, ces huit derniers moi, nous avons dormi dans pleins d’endroits difficiles non… ?? Sur des banquettes, dans des aéroports, dans des bus qui bougeaient parfois beaucoup, dans un train avec une souris, sans oublier celui avec les cafards, dans une chambre en Indonésie qui était plus que douteuse, parfois parterre sur une natte alors maintenant réfléchissons… La cabine est propre et nous avons des toilettes pas loin, c’est quand même mieux qu’à d’autres moments quand même ! « Positive attitude 😉 ! » Je joue mes dernières cartes tout en tentant de me rassurer moi-même pour être tout à fait honnête. Ludo revient et nous explique que notre réservation est bien la bonne. A demi-rassuré pour ces trois jours à venir, nous quittons les cales, « le coin des pauvres » comme le nommera Lily pendant la traversée pour rejoindre notre « QG » des prochains jours !

Parce que oui, trois jours sur un bateau, ce sont vite des habitudes qui se mettent en place :  5ème étage, notre QG, salle de jeux et cafétéria, 6ème étage le petit déjeuner, petite balade sur le pont au 8ème pour prendre l’air et dodo dans les cales 😊 Une traversée pareille peut vite sembler longue et éprouvante avec deux enfants mais c’est sans compter cette merveilleuse rencontre que nous ferons à ce 5ème étage ! Là, assis à quelques tables de nous, un papa et une maman, à côté dans les jeux, deux enfants mais pas n’importe lesquels ! « Des enfants qui parlent notre langue !! » comme aime le dire Jonas.

16h – « Norrona SmyriLine quitte le port avec à son bord deux familles françaises et leurs quatre enfants prêts à vivre une aventure qu’ils ne sont pas prêts d’oublier… Welcome Island !

 

 

On dit souvent que l’Islande c’est un fabuleux résumé de l’histoire de la formation de la planète. « Explorer une terre magique, une terre foulée par les viking » voilà ce que nous espérons pour Lily et Jonas, nous aimons les imaginer aussi émerveillés que nous pensons l’être…

Entre glace et feu, nous voilà partis pour une tout autre aventure : volcans, geyser, sources chaudes, glaciers, failles… L’Islande offre une panoplie complète d’une leçon de sciences grandeur nature  😉

L’Islande, c’est aussi la terre des aventures maritimes : expédition en bateau pour observer baleines, rorquals, phoques et dauphins mais aussi les falaises avec les « puffins » plus communément appelés les macareux. « Tu crois qu’on verra une baleine maman ?!! J’aimerai trop en voir une !! » nous dit Jonas sur ce long chemin jusqu’à la Terre Promise de Lily. Parce que Lily aussi elle aimerait bien en voir des baleines mais c’est surtout les chevaux islandais qu’elle veut découvrir ; ce petit cheval si doux et si joli !

Mais l’Islande c’est aussi très loin là-haut ai-je pensé tout de suite quand nous avons émis l’idée d’y poursuivre notre road trip. « Non mais regarde, on est à côté du cercle polaire arctique quand même !! » Oui je suis frileuse mais là c’est opération doudoune, duvet, polaire, chaussette que dis-je SURchaussette en laine ! et… « Tu es certain qu’il y a le chauffage dans le van ?!! » avais-je demandé à plusieurs reprises à Ludo, « tu en es bien certain ?!! »

Et puis, en préparant ce voyage j’ai repensé aux baignades en Islande… mais sans la plage ! Et oui, en Islande on se baigne, on plonge dans des piscines naturelles, des piscines d’eau bien chaude sortie directement de la terre ou bien chauffée par cette dernière. Alors dans les sacs, j’ai décidé de garder une petite place pour les maillots entre mes 15 sous pulls et ma doudoune 😊

Island, let’s go ! Mais on va où au fait ? On part dans quel sens ?!!

En Islande, c’est simple, tu n’as qu’une route principale et pour la suivre encore plus simple c’est la Route 1, elle fait tout le tour de l’île, reste à savoir dans quel sens tu l’as prend 😉 « On commence d’abord par le Nord ou le Sud ? » s’est-on interrogé sur le bateau avec Ludo, « le Nord ! » Pourquoi …? Ben juste comme ça !

Après, il y en a bien quelques autres routes par ci par là mais attention… Bien repérer les routes « je peux passer avec Sheeper », des routes « je vais tenter on verra bien », des routes « même pas en rêve tu essaies !! » Plus clairement, pour les routes de l’intérieure de l’île, il faut un 4×4, obligé ; pour les autres il faut d’abord regarder l’état des routes : ouvertes ou pas ? Et pour cela, on se connecte sur un site qui transmet en temps réel l’état des routes sur l’île, le voici : http://www.road.is

Parce que oui quand même que vous sachiez, frileuse ou pas, venir en Islande au mois d’Avril et bien c’est encore un peu la fin de l’hiver ici… Winter Saison !! « Alors Sheeper, tu as prévu quoi toi pour tenir le choc ?!! »  Aventure à suivre… 😉

 

 

Pulls en vue !!! … Par Lily.

Mardi 10 Avril

Nous sommes au Connemara en Irlande et ici, il y a des montons de partout ! Aujourd’hui nous allons visiter le Sheep and Wool Centre à Leenane, c’est un centre qui va nous apprendre à préparer la laine avant de la tisser, puis nous irons voir une ferme qui se surnomme Killary Sheep Farm un peu plus loin. Là-bas nous apprendrons le métier d’éleveur. Nous sommes trop impatients avec Jonas, ça nous changera de la marche !

1ère étape : la tonte.

La tonte a lieu une fois par an en été, comme ça il ne fait pas froid pour les montons. Pour tondre les montons les éleveurs utilise des tondeuses spéciales mais avant ils lavent les montons dans la rivière.

 

 

2ème étape : le démêlage de la laine.

Les éleveurs prennent un léger bout de laine de la tonte et tire la laine avec une grosse brosse qui s’appelle une étrille. Ils continuent comme ça pendant un petit moment avant de changer de sens et de re démêler la laine en tirant de chaque côté. Ils changent trois fois de sens pour que la laine soit bien démêlée. Avant on nous explique que c’était le travail des enfants.

 

 

3ème étape : le filage.

Il y a trois façons de filer.

Au tout début, ils utilisaient le fuseau mais comme ce n’était pas pratique, ils ont inventé une grosse roue. Mais une grosse roue c’était difficile à transporter, alors ils ont inventé une plus petite roue qui filait et faisait une bobine en même temps.

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4ème étape : tissage ou tricot.

Avec cette laine filée et ces bobines prêtes, les Irlandais tissent pour faire des tapis ou des couvertures ou tricotent la laine pour faire des bonnets, des écharpes, des chaussettes …

 

 

Maintenant que nous avons appris beaucoup de choses sur la laine de mouton, nous partons les voir pour de vrai à Killary Sheep Farm, c’est une ferme d’élevage dans le Connemara.

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L’élément essentiel pour un élevage de moutons après le berger et les moutons, c’est un chien de berger. Grâce à lui les bergers peuvent regrouper et mettre les moutons dans les enclos.

Quand nous sommes arrivés à la ferme, il y avait pleins de chiens de berger ; le berger en a pris un avec lui et nous l’avons suivi jusque dans un champ. Là, il nous a expliqué qu’il allait nous montrer comment il regroupait ses moutons avec Salli, son chien de berger, grâce à quelques ordres simples. Le berger parle à Salli en langue gaëlique, une ancienne langue de ce coin de l’Irlande. Par exemple, il lui donne des ordres comme à gauche, à droite, tout droit, vas-y, stop. Puis, le fermier a lâché Salli à l’entrée du champ. Salli est trop forte ! Elle a fait faire un tour du champ aux moutons puis elle les a ramenés dans leur enclos. Ici en Irlande, le berger nous a expliqué qu’ils entraînaient leur chien dès l’âge d’un an. Salli a trois ans, cela fait deux ans qu’elle apprend son métier de chien de berger. Je l’ai trouvé très gentille et super rapide 😊

 

 

 

 

Quand Salli a eut fini de ramener les moutons, nous sommes allés dans l’étable. A l’intérieur, il y avait deux enclos, un pour les agneaux et pour les adultes. Le berger nous a autorisé d’entrer avec les agneaux puis de les prendre sur nos genoux.

 

 

 

J’en ai choisi un et je me suis assise sur le banc. Il gigotait dans tous les sens. Le berger a amené une caisse, dedans il y avait pleins de petits biberons. J’en ai pris un, je l’ai mis dans la bouche de l’agneau puis tout à coup il a penché la tête et il a attrapé la sucette du biberon avant que j’ai eu le temps de dire « ouf » ! Dès qu’il a eu la sucette dans la bouche il s’est arrêté de gigoter, l remuait la queue et pendant qu’il suçait le biberon, il tirait fort en avant, en arrière, en avant… Avec maman et Jonas, nous en avons nourri plusieurs comme ça. C’était très chouette et très mignon !

 

 

Pendant tout le temps que nous avons passé au Connemara, j’ai trouvé cela trop drôle de voir des moutons de partout 😊 Comme ils étaient en liberté, les bergers peignaient des ronds de couleur sur leur laine, des tâches rose, vertes, bleues, violettes… pour les reconnaître ; on aurait dit des moutons arc-en-ciel !

 

Lily.

Quelques informations utiles de maman 😊

Sheep and Wool Centre – environ 5€ par adulte, gratuit pour les enfants. 

Découvrir les moutons et la laine, c’est inévitable dans le Connemara ! Ce centre est très bien situé au bord du fjord de Killary ; certes le musée est petit mais la visite que propose le fileur (attention la visite guidée n’y est pas tous les jours ! Il faut se renseigner avant) est très agréable. Seamus – le fileur – partage avec plaisir sa passion, il prend sont temps de nous faire découvrir son métier et le patrimoine de sa région. Un moment très intéressant et ludique pour tous 😉

http://www.sheepandwoolcentre.com/index.html

 

Killary Sheep Farm – 25€ pour l’offre famille 2 adultes 2 enfants

Un lieu magique, hors du temps !! Tom nous accueille avec une gentillesse extraordinaire. Il est seul à s’occuper de sa ferme et le fait avec passion. La démonstration de son chien de berger est tout aussi impressionnante que donner le biberon aux petits agneaux. Nous y avons tous passés un merveilleux moments. Un rendez-vous inévitable dans le coin !

http://www.killarysheepfarm.com/

 

 

 

 

 

 

 

« Des baskets et des tongs »

« Des baskets et des tongs » ?!!… Un peu risqué allez-vous penser pour se rendre en Islande mi-avril ! Et vous auriez bien raison. 

« Mais ils vont bien ? Où sont-ils ? Non mais vous êtes certains que tout va bien ? Et les enfants aussi ?!! »

JE PEUX VOUS ASSURER QUE NOUS ALLONS TOUS BIEN !!

Bon ok ; le froid islandais a un peu engourdi le clavier et eut raison de mes doigts 😉…  Mais l’aventure continue et les prochains articles arrivent 😊

Mais alors, c’est quoi cette histoire de « baskets et de tongs » ?

De retour depuis le 25 mars de notre périple de 6 mois en Asie, nous avons cherché un moyen de vous, de nous, faire revivre encore un peu de ce joli bonheur vécu et partagé ici et là de l’autre côté du globe.

Voici donc une pette vidéo (de 16 minutes quand même) pour donner envie d’oser l’Asie en famille (s’il y en avait encore qui en doutait !)

 

 Pour la version dans « notre langue », c’est ici :

 

 Pour celle en anglais, c’est là : 

Belfast, Giant’s Causeway ; un passage en Irlande du Nord.

Vendredi 14 avril

« On dort où papa ce soir ?? On fait camping sauvage ou on dort dans une vraie chambre… ?! » Les jours et les kilomètres s’enchaînent depuis notre arrivée en Irlande et ces derniers jours l’ambiance est quelque peu tendue dans le van ; Lily ressent cruellement le manque de ses copines, moi le besoin de me poser, Jonas et papa, quant à eux, vivent beaucoup mieux que nous cette nouvelle aventure de « nomade ».

« On ne va pas laisser Sheeper tout seul cette nuit ! » s’était exclamé Jonas lors de notre dernière nuit en AirBnb il y a quelques jours. Et puis il y a ce manque d’échanges et de partages avec les locaux qui nous pèsent aussi, et si on ajoute la difficulté de stationner la nuit en van dans les grandes villes, alors c’est décidé… « On va dormir chez Jack les enfants ce soir !! »

« Mais qui c’est Jack ??? On le connait ? » … « Non pas encore, mais vous aurez le temps de faire sa connaissance, nous dormons 3 nuits chez lui et je crois même que vous allez adorer… Il a un chat ! »

Dernière ligne droite de notre road trip Irlandais : l’Irlande du Nord.

Au programme Belfast – Ludo est trop content 😊 – et la mythique chaussée des Géants que nous avions décidé de supprimer il y a quelques jours. « Trop de kilomètres… » avions nous pensé mais venir jusqu’en Irlande du Nord sans se rendre à cette mythique chaussée, c’est trop dommage.

« Et les enfants vous connaissez la légende des deux géants et du chemin qui reliait l’Irlande à l’Ecosse… ? » C’est sur la route qui nous conduit jusqu’à chez Jack que nous leurs contons cette fabuleuse histoire. « Mais c’est quand alors maman qu’on va voir le chemin de ces géants ? » questionne Jonas. « Patience Jonas, demain ! »

Samedi 15 avril

« On pourra avoir une maison comme elle papa ? On est bien ici, on a une chambre, une salle de bain, une cuisine et un salon où on peut s’asseoir pour jouer ! On est trop bien chez Jack, et puis il est trop gentil Jack ! Tu crois qu’on pourra avoir une maison comme lui ?! »

Nous sourions, depuis quelques jours nous sommes lancés dans une recherche « un toit pour le retour » avec l’aide de nos amis sur place en France et tout laisse à penser que Jonas fait sa recherche à sa façon 😊

Nous nous trainons un peu ce matin, profitant d’une vraie table et d’un peu d’espace pour « faire école » ; ce n’est qu’en fin de matinée que nous prenons la Causeway Coastal Road. « Comment il s’appelait ton géant d’hier maman ? Et c’est lequel qui a eu le plus peur, celui d’Irlande ou celui d’Ecosse  ?! »

Reprenons la légende…

Il était une fois la bataille de deux géants ennemis vivant de chaque côté de la mer, l’un en Ecosse appelé Benandonner, et l’autre en Irlande appelé Finn Mac Cool.

Le géant écossais parlait de son rival comme d’un froussard jusqu’au jour où ce dernier énervé et piqué au vif dit à son rival écossais de venir se battre pour lui prouver qu’il était le plus fort. Mais comment franchir la mer ? Le géant irlandais commença alors à jeter des pierres dans l’eau pour construire un chemin jusqu’en Ecosse, une « chaussée » entre l’Ecosse et l’Irlande. Il poursuivit son labeur jusqu’à ce qu’il entraperçu son adversaire qui approchait…

Quand il le vit il fut pris de panique car il était beaucoup plus petit que son adversaire ! Il courut alors demander conseil à sa femme Oonagh qui eut l’idée de déguiser son mari le géant Irlandais en bébé avant l’arrivée du géant écossais. Quand ce dernier arriva, Oonagh présenta son fils – qui n’était autre que son mari déguisé 😉 – et le géant écossais voyant la taille de ce bébé prit peur ! Affolé à l’idée de la taille du père et donc de sa puissance, le géant écossais prit ses jambes à son cou et repartit aussitôt dans ses terres d’Ecosse ; mais en chemin il prit soin de démonter la chaussée pour que le géant Irlandais ne se risque pas de rejoindre son île. Cette chaussée est restée depuis gravée dans de nombreuses légendes irlandaises.

Quand on observe ce promontoire qui s’avance sur la mer, on a aucun mal à se laisser bercer par cette légende tant le lieu semble féérique ; on l’imagine bien là ce chemin, devant nous.

Autant vous dire que l’on se sent très petit face à cette œuvre de la nature… Une gigantesque formation géologique, un amoncellement de roche basaltique résultant d’une éruption volcanique d’il y a plus de 60 millions d’années. Devant nous, c’est plus de 40 000 colonnes hexagonales atteignant parfois même jusqu’à 12 mètres de haut ! « Non mais regarde comme c’est immense papa ! Ils devaient vraiment être immenses ces géants !! » 😉

« Ça doit être une merveille du monde ça maman ! » s’exclame Jonas. Depuis que Jonas a découvert les temples d’Angkor et qu’il sait qu’un site peut être une merveille du monde, dès qu’il voit un paysage aussi merveilleux, Jonas le classe « merveille du monde », vous imaginez bien que depuis le début de notre aventure il y a 7 mois nous avons aisément dépasser les 12 merveilles nous 😊 !!

« Seulement » inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, ce site est en accès libre mais si on vient en voiture, il faut s’acquitter d’un parking qui coûte cherrrrr, c’est Jack hier soir qui nous a conseillé de nous garer juste avant l’entrée du site, « le long de la route c’est aussi bien » nous avait-il expliqué alors nous l’avons écouté ! Il avait raison 😉

Dimanche 16 avril

Nul besoin d’ouvrir un livre d’histoire pour comprendre à quel point « les Troubles » ont modelé la société nord-irlandaise ; une promenade dans les rues de Belfast, véritable musée à ciel ouvert, est bien plus efficace… Mais qu’est-ce que les « Troubles » ?? C’est l’heure de notre petite minute histoire je crois 😉

Les « Troubles » également appelés conflit nord-irlandais est une période de violence et d’agitation politique de 1960 à 1998. Le conflit commence alors par le soulèvement des minorités catholiques alors sujettes à une véritable ségrégation dans le pays. L’opposition entre les républicains (en majorité catholiques) et les loyalistes (majoritairement protestants) entraîna une montée de la violence qui dura plus de trente ans. Elle était le fait de groupes paramilitaires républicains comme l’IRA, loyalistes comme l’Ulster Volunteer Force mais aussi d’émeutes populaires et de forces de sécurité de l’Etat.

Ce conflit a affecté la vie quotidienne de la plupart des Nord-Irlandais. En 1998, la paix est proclamée avec la signature de l’accord du « vendredi saint » après trois décennies d’affrontement et plus de 3 500 morts.

Malheureusement, les clivages du passé n’ont pas totalement disparu ; des dizaines de « murs de la paix » continuent de diviser catholiques et protestants à Belfast. Entre eux, ce sont des kilomètres de béton, de grillages et de barbelés construits pendant les violences pour prévenir les affrontements entre les deux communautés.

« Non mais maman regarde ce mur ! Comment ils font pour passer de l’autre côté ceux qui habitent ici ??!! » s’étonne Jonas. « Ils ne passent pas Jonas… Où bien ils font le tour mais je ne crois pas qu’ils en aient envie… »

Je suis sans voix devant ce « mur de la paix » … « mur de la honte » oui !! Des murs pouvant atteindre jusqu’à 5 mètres de haut sur plusieurs kilomètres, des portails et des portes blindées construites pour séparer les communautés pendant ces années de violences… Vingt ans plus tard, les murs sont toujours en place et les portails sont encore fermés la nuit et les week end, « par sécurité » disent-ils… Nous sommes dimanche aujourd’hui, nous ne passerons pas du quartier catholique à celui protestant…

Comment imaginer qu’aujourd’hui certains de ces murs sont encore le théâtre de tensions ?! Et pourtant… Je lisais sur internet que cette ségrégation s’étendait parfois même jusqu’aux bancs de l’école, une grande majorité des enfants auraient des camarades de classe de la même religion qu’eux… Nous sommes loin de nos cours sur la laïcité en école primaire !

Le gouvernement nord-irlandais s’est pourtant engagé en 2013 à détruire d’ici dix ans les murs divisant toujours à Belfast les quartiers protestants et catholiques. « Les habitants des deux quartiers continuent à se méfier les uns des autres » avait témoigné une habitante alors interrogée par un journaliste. Même si la grande majorité des Irlandais a fait ce chemin vers la paix, il reste des gens pour qui c’est difficile voire impossible et la moindre étincelle peut faire repartir l’incendie…

Pour les plus curieux, voici une vidéo de 2013 sur ces « murs de paix » :

http://dai.ly/xyvpkj

Nous déambulons cette après-midi dans ce vaste quartier urbain qui constituait à l’époque la zone de feu au cœur même de Belfast. D’un côté Falls Road, quartier catholique et indépendantiste, de l’autre Shankill Road, bastion protestant et loyaliste vis-à-vis de la couronne d’Angleterre ; d’immenses fresques murales célèbrent les acteurs de ces conflits. On dit que c’est un moyen efficace de savoir si on visite un quartier à majorité catholique ou protestante ; moi je n’en reste pas moins triste et inquiète de sentir cette tension communautaire à travers ces dessins.

Ce phénomène artistique et politique des « murals » éclata vraiment du côté républicain au moment des grèves de la faim de 1981. Ils exprimaient alors la solidarité d’une rue ou d’un quartier avec les grévistes luttant pour une reconnaissance politique. Avec les années, les thèmes se sont diversifiés et se sont attachés ensuite à défendre la cause d’autres peuples opprimés comme la Palestine, l’Afrique du Sud, Cuba, la Birmanie… Mais ces « murals » restent d’abord le témoignage d’un puissant sentiment identitaire.

Pour les plus intéressés, voici un blog à consulter sur l’histoire de l’Irlande à travers ses peintures murales (pensez bien à commencer à partir de 2006 dans les archives du blog).

http://muralsirlandedunord.over-blog.com/

Les touristes choisissent souvent d’embarquer à bord des célèbres « Black Taxis » pour faire le tour des fresques avec à la clé un décryptage par des guides qui ont eux-mêmes connu les « Troubles ». Quand nous en avons parlé avec Jack hier soir, il nous a déconseillé ce type de tour, « so more expansive !! » s’était-il empressé de nous répondre. Nous nous sommes alors rabattus sur le bus City SightSeeing aussi appelé bus Hop On Hop Off, vous savez ces bus rouges qui permettent de parcourir une ville à travers un itinéraire s’arrêtant aux sites  les plus importants ; nous avions fait ce choix là aussi sur Dublin qui nous avait permis d’avoir une vue d’ensemble sur la ville.

Belfast, capitale d’Irlande du Nord est une capitale qui affiche un caractère bien trempé, une capitale qui semble vouloir rattraper ses années assombries par les « Troubles ». Des attractions intéressantes, une très belle scène culturelle, un centre animé, des pubs et… le célèbre chantier naval Harland and Wolff d’où sortit le Titanic !

En 2012, Belfast a profité du 100e anniversaire de son lancement pour inaugurer le « Titanic Belfast museum », c’est ici que nous nous rendons cette après-midi, un immense espace dédié au paquebot mythique. Nous avions commencé à raconter à Lily et Jonas l’histoire du Titanic lors de notre passage à Cobh dans le sud de l’Irlande, Cobh appelé autrefois Queenstown fut le dernier port d’embarquement avant le naufrage du Titanic au large de Terre-Neuve.

« Tu crois qu’on peut le voir comme avant le bateau ? Et ils ont filmé quand le Titanic a touché l’iceberg ? Et ils sont tous morts ? Et les canoës pourquoi ils n’ont pas tous pris les canoës ?!! » … Patience… Attendez de découvrir…

Au loin, l’architecture rappelant l’avant du paquebot nous met déjà dans l’ambiance.

A l’intérieur, ce n’est pas moins de 24 salles qui retracent de la construction au lancement puis au voyage du Titanic jusqu’aux recherches menées en Atlantique après le naufrage. Certes le prix du billet famille n’est pas donné – environ 60€ – mais entre les images d’archives, les écrans interactifs et les films, ce musée permet de découvrir cette mythique histoire de façon complète.

« Non mais regarde comme il était immense ce bateau ! Regarde tout ces gens qui ont travaillé pour le construire !! » Une nacelle nous transporte dans une reconstitution du chantier naval avec un fonds sonores et quelques témoignages « c’était comme si on était avec eux maman ! En train de travailler là-bas ! »

Juste après, ce sont les différentes classes de cabines que nous découvrons occupées par des passagers en hologrammes, un peu plus loin des photos et des témoignages expliquant la forte vague d’émigration vers le Nouveau Monde à l’époque. Puis la pénombre dans la galerie suivante annonce l’instant funeste, les derniers messages en morse envoyés par le capitaine et … nous entrons dans la salle dédiée à l’épave, « c’était comme si on était dans le sous-marin d’exploration » me raconte Lily en sortant du musée.

« Titanic Experience » est une expérience ludique et sensorielle, un vrai voyage qui a son prix mais certainement moins que celui que la classe populaire de l’époque devait payer pour monter à bord, pour information une personne de 3ème classe devait s’acquitter à l’époque de 1500€ pour un billet  aller simple jusqu’à New York !

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Il faut savoir que les Belfastois ont pendant longtemps gardé une relation douloureuse avec ce passé l’unissant au Titanic ; aujourd’hui en lui rendant hommage, c’est comme si la ville tirait définitivement un trait. Certains Belfastois ont même donné un surnom au musée… l’Iceberg !

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Ce soir avant de rentrer, nous allons faire confiance à Jack une dernière fois avant de le quitter demain pour rejoindre l’Ecosse ; nous prenons donc la direction du WetherSpoon, un pub traditionnel irlandais qui d’après lui nous offrira un bon aperçu des pubs de Belfast, un endroit pour manger avec des Belfastois comme il dit. Encore une fois, Jack avait raison 😉 Nous avons passé un très bon moment alors si vous êtes comme nous de passage à Belfast, poussez les portes du WetherSpoon, vous ne serez pas déçus !

Lundi 17 avril

« On est vraiment obligé de partir maman… ?! » … « Oui Jonas. » … « On était bien ici dans la maison de Jack, et puis il y a Charlie… On l’aime beaucoup Charlie !! » Nouveau départ, se poser fait du bien à tout le monde mais c’est tout aussi délicat quand il faut replier les bagages.

Jusqu’à samedi, jours de départ pour le « Grand Nord », nous serons sur la route pour rejoindre Hirtshall au Danemark, notre port d’embarquement pour l’Islande. D’ici là, au programme des ferry, des kilomètres, de nouvelles découvertes mais surtout de très belles retrouvailles à Bruxelles 😊

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Où dormir à Belfast ?

Sans aucun doute, chez Jack !!

Nous avons été merveilleusement bien accueillis dans cette maison à Larne, une ville à environ 30 minutes de Belfast. L’avantage premier de Larne c’est le principal port d’embarquement pour l’Ecosse donc on est sur place, en seulement 15 minutes, sur le port pour embarquer avec Direct Ferry. L’autre avantage c’est le tarif, pour 46€ la nuit nous avons dormi dans deux chambres et avons pu profiter de l’ensemble de la maison avec la cuisine. Le dernier point positif, c’est Jack, un irlandais qui aime partager – il a même emmené Ludo avec lui dans un pub un soir, joué du tambour et de la flûte avec les enfants –  Jack aime échanger et il nous a donné de très bons conseils sur notre séjour. Alors sans hésitation, on dort chez Jack 😊

https://www.airbnb.fr/rooms/22915642