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Good Bye Myanmar…

Je n’ai pas la plume de Rudyard Kipling, ni celle de Georges Orwell, mais je me sens une âme de poète ce soir ; alors un peu à la manière de R.Kipling qui nous a offert ce fabuleux poème « Sur la roue de Mandalay », voici le mien…

A toi Birmanie,

Toi qui séduis chaque âme venue jusqu’ici,

A chaque coin et recoin tu nous souris,

Beauté, majesté mais aussi trop grande pauvreté,

Tu réveilles en nous cette fragilité,

Elégante et dure à la fois, tu offres ton authentique générosité,

Comment imaginer ne pas te rêver, ne pas t’aimer…

Tu marques, tel un sceau, à tout jamais.

 

Mardi 6 mars

4h30 – Birmanie, il est l’heure de te quitter.

Je voudrais te dire à quel point nous avons été touchés mais je ne trouve pas mes mots…

Je peux néanmoins témoigner de ce que représente un voyage au Myanmar, sans prétendre en connaître le pays d’Ouest en Est et de Nord au Sud. Je veux vous dire qu’au-delà d’une préparation méticuleuse comme le conseille ‘Lonely’, il faut aussi être prêt à accepter de voir autre chose que de beaux temples, de magnifiques paysages et de grands sourires…

Nous, nous n’étions pas prêts ; sur les blogs, les forums, je lisais Myanmar pays du sourire, Myanmar pays authentique, Myanmar pays de toute beauté mais je n’ai jamais lu Myanmar pays où tu risques de pleurer…

 

Alors voilà aujourd’hui, j’ai envie de vous dire…

 Venez d’abord au Myanmar mais pas seulement pour visiter, venez-y aussi pour donner.

Et là je repense à notre voisine d’en face à Mandalay et à son doux sourire quand nous lui avons déposé quelques provisions sur sa paillasse au bord de la route, je repense à ces repas que Lily et Jonas ont offert à ces deux enfants au bord de la route en rentrant du pont d’U Bein, je repense à cette famille qui nous a accueilli pendant notre nuit du trek au Lac Inle et à qui nous aurions aimé offrir plus… Je repense à ce spectacle étouffant de mains tendues le long de cette route nous menant au mont Popa dans la région de Bagan.

 

Ce jour-là avec Ludo nous le savions, nous ne pouvions pas rentrer jusqu’à Bagan sans rien faire. Ce sac de riz n’était sûrement pas suffisamment comme nous a dit Lily en colère ou peut-être trop triste de ne pas « faire assez » … Ce sac de riz aurait pu être plus gros, ce sac de riz aurait pu être des sacs de riz mais « c’est déjà bien » comme nous avions tenté de le faire comprendre à Lily et à Jonas.

« C’est déjà bien » j’essaie moi-même de m’en convaincre en repensant à tous ces fermiers, leurs femmes et leurs enfants au bord de cette route. « Tu as vu maman leurs sourires quand on leurs a donné du riz et des bouteilles d’eau ! Hein, tu as vu ! » Jonas est très sensible, il fut si touché d’avoir pu les aider ; Lily quant à elle, nous sentions de la colère, cette colère de ne pas pouvoir faire plus pour eux. « C’est déjà bien ».

 

 

 

Oui le Myanmar, c’est aussi cela… Son lot de pauvreté. « C’est pareil de partout en Asie ! » me répondrez-vous. « Non ! » Ici, c’est différent.

Comme le dit Ludo, au Cambodge, en Indonésie, au Laos, nous avons vu, croisé, rencontré des personnes dans le besoin, dans la précarité mais toujours avec une lumière parfois faible mais une lumière, une porte de sortie, si petite soit-elle, elle était là. Ici, la porte tu la cherches et l’obscurité est bien trop sombre pour beaucoup.

Notre passage à la gare ferroviaire de Yangon – date à partir de laquelle j’arrêterai d’écrire au Myanmar – sera de trop pour moi…

Il est 19h, nous arrivons sur le quai, nous avons une heure devant nous, notre train de nuit pour Moulmein au Sud ne part qu’à 20h. Une heure à observer une vie qui ne peut être une vie !

Je tourne la tête et j’aperçois ce petit d’à peine 18 ou 24 mois au sol, se trainant par terre avec pour seul habit un tee-shirt, quelques minutes plus tôt je faisais la leçon à Jonas de ne pas se mettre à genou tellement la gare est insalubre. Je détourne le regard, c’est trop dur.

Sur la voie ferrée une jeune fille de l’âge de Lily n’est pas en meilleur état, un sac en bandoulière, elle ramasse les déchets sur la voie, c’est de trop. Je change de place.

Sur le quai d’à côté, c’est un garçon de l’âge de Jonas qui porte son petit frère, le déshabille entièrement, là devant nous, et l’asperge d’un seau d’eau ; le petit crie, hurle, son grand frère le lave ici sur le quai. La maman accoure, elle n’est pas loin mais occupée avec un client à préparer une soupe.

Je ne comprends pas, je ne comprends plus ce décalage ; comment rester aveugle à cette misère ?! Colère, tristesse, indignation, impuissance. Notre train arrive, nous montons « comme une fuite ? »

De la fenêtre, mon regard se pose une dernière fois sur le quai, la fois de trop.

Une maman déplie deux nattes et y installe le petit bout du début, elle s’assoie à côté et continue de vendre quelques plats aux passants. Je m’effondre.

 

 

Et pourtant, j’ai envie de vous dire…

 

Dépassez cela et venez au Myanmar car ici vous y recevrez chaque jour, à chaque instant, à chaque détour ces merveilleux sourires.

Très paradoxal allez-vous penser après ce que je viens de vous raconter ! Et pourtant, c’est tellement vrai.

De notre descente de l’avion à Mandalay à notre départ de Yangon trois semaine plus tard, nous avons ressenti tellement de gentillesse, tellement de générosité et d’attention. Et toujours ces sourires… Sur les trottoirs, aux réceptions, dans les épiceries, aux tables des gargotes, dans les bus, les trains, toujours un sourire, une main tendue, quelqu’un qui se démène pour vous aider.  C’est incroyable, incroyablement doux.

 

Je repense à cette dame lors de notre trajet en bus de Moulmein à Hpa An. Il fait terriblement chaud, déjà à notre arrivée à la gare routière nous n’en pouvions plus. Le bus local pour Hpa An est là, nous montons rassurés de ne pas à avoir à attendre plus longtemps.

Aussitôt monté, aussitôt descendu ! Lily râle, Jonas suit s’en savoir ce qui se passe, je ferme la marche et pendant ce temps Ludo tente de comprendre au guichet pourquoi nous ne pouvons pas monter… Très simple, c’est complet… Nous sommes arrivés trop tard. Nous patientons, non pardon nous nous liquéfions ! Le bus suivant arrive et cette fois aussitôt montés, aussitôt partis 😊

Dans le bus nous sommes au complet mais à chaque arrêt, toujours plus de monde monte à bord. On se colle, s’entasse, empile et cette dame qui arrive. Elle souffre et ne semble pas très en forme ; toujours cette chaleur (Oui parce que la climatisation dans le bus local tu oublies !) Ludo se lève et lui laisse sa place – quel prince 😉 ! – elle semble tellement surprise mais s’assoit à côté de moi. Elle me sourit – oui toujours ces sourires – puis je la vois tendre un billet à un homme dehors lors d’un arrêt en échange d’un sac de clémentines. Elle se tourne et me l’offre en me faisant comprendre que c’est pour nous et les enfants. Je refuse. C’est peine perdu… C’est incroyable, incroyablement généreux. Pendant ce temps, la chaleur n’aide pas… Lily n’en peut plus, son visage est trempé, elle tente de se faire de l’air avec sa main, « ma voisine de bus » se retourne et sort de son sac son éventail qu’elle tend à Lily. Je ne sais plus quoi dire. C’est un cadeau me fait elle comprendre quand elle descend du bus. Je suis gênée, je suis touchée…

 

Touchée, je le serai aussi avec She win sur le quai de la gare de Yangon.

She win a quinze ans, un regard perçant, une allure déterminée mélangé à cette fragilité que je ressens quand elle pose son regard sur Lily. She win travaille ici dans ce décor sombre ; un panier sur l’épaule, elle vend quelques bouteilles d’eau et des friandises avec un entrain incroyable.

She win s’approche très vite de Lily et de Jonas, les enfants patientent sur le quai en jouant aux petits chevaux, elle se pose à côté d’eux et les observe un long moment ; puis repart son panier à la main. Notre train arrive et je la vois revenir.

A la fenêtre de notre wagon She win restera là avec Lily et moi jusqu’au départ. Elle est curieuse, nous questionne « Where do you come from ? What is your name ? How old are you ?… » She win sourit quand je lui donne mon âge, elle rit en me disant que ses parents sont bien plus âgés, la soixantaine ; elle veut savoir pourquoi je n’ai que deux enfants ; elle regarde Lily avec des yeux remplis de tendresse ; lui fait remarquer qu’elles ont les mêmes pommettes ; lui fait promettre de ne pas couper ses longs cheveux « so beautiful ! » comme elle dit.

Je suis là en train d’écrire et il me revient ce frisson que j’avais ressenti à la fenêtre de ce wagon ce soir-là, cette peur de penser « mais que va-t-elle devenir ? ». Quel gâchis… Quinze ans, elle est si vive, si curieuse, semble si déterminée. Je pense encore souvent à elle. Touchée, je l’ai été.

 

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Dans un tout autre registre, j’ai aussi envie de vous dire…

 

Laissez-vous tenter, venez au Myanmar pour y faire aussi quelques découvertes culinaires, parfois surprenantes 😉

 « Pourquoi ils vendent des cailloux au marché ?! C’est bizarre quand même… » avaient été surpris Lily et Jonas. Sauf que ce ne sont pas des cailloux… !! Il s’agit d’œuf de cent ans.

 

« Ça fait 100 ans qu’ils sont là ? Mais ils font comment pour avoir des œufs de 100 ans ? C’est leur grand-mère qui leurs a donnée… ? Mais comment ils font pour manger çà ?!!» Alors là, vous imaginez bien que les questions fusent 😊

« Internet !!! A mon secours !! » Alors voilà, que je vous explique…

Les œufs de 100 ans comme on les appelle ne sont pas des œufs qui ont réellement 100 ans ou même 1 000 ans comme certains pourraient le penser en les voyant. Ce nom-là vient des occidentaux venus en voyage en Chine il y a fort longtemps. A la vue de l’aspect étrange et de l’odeur curieuse de ces œufs – en même temps on ne peut pas leurs en vouloir, parce qu’ils sont quand même particuliers ces œufs … –  les étrangers se seraient exclamés : « Mais ces œufs sont pourris ! Ils doivent avoir au moins 100 ans ! » Et ainsi naquit l’appellation « œuf de 100 ans ».

En Chine et dans les pays asiatiques, l’œuf de 100 ans est une spécialité bien connue, nous en avions « croisés » durant notre périple en Asie mais pas autant qu’ici au Myanmar. Dans chaque marché, sur les étals, nous ne pouvons les éviter. « Ça change des œufs couvés du Cambodge ! » pensais-je.

Mais comment est-ce possible de transformer un œuf ainsi, un œuf au cœur vert foncé et un blanc devenu bleu translucide ? Ne cherchez pas de formule magique, il n’y en a pas ; le secret c’est une recette bien étrange venue de Chine. Cet œuf se consomme après avoir passé plusieurs semaines dans un liquide de macération ; liquide composé de chaux, de cendres, de sel et de plusieurs aromates. La fermentation donne à l’œuf un goût plus prononcé et une odeur plus forte aussi. « Qui se tente ?!! » … J’avoue que là je laisse ma place cette fois ! Les yeux de poisson en Indonésie et les fourmis au Laos ne m’ont pas dérangé mais là… il faudrait avoir les yeux bandés ou manger dans le noir pour oser 😉

Beaucoup de supermarchés en Asie les commercialisent, on n’en trouve pas seulement sur les marchés. Les orientaux en raffolent, ils les mangent comme des friandises, certains disent que ces œufs c’est comme le fromage pour les français !!

Alors des volontaires ?!

des oeufs de cent ans

 

Une découverte qui m’aura aussi bien chatouillé les papilles ici c’est la salade de feuilles de thé fermentées. Fraîche, pleine de saveurs, parfois croquante, elle est délicieuse ! Cette salade ne ressemble à aucune autre salade que j’ai mangé jusqu’à présent. Comme pour les œufs, ici aussi, pas de formule magique, tout est encore dans la fermentation.

Egalement appelée « laphet thoke », le goût si particulier de cette salade repose sur son ingrédient principal, la feuille de thé fermentée « laphet ». Cette feuille a une très longue histoire ici en Birmanie ; dans les temps anciens, ces feuilles de thés fermentées étaient utilisées comme un symbole de paix ou comme une offrande de paix entre royaume en guerre. A présent, un plateau de « laphet » représente la traditionnelle hospitalité birmane.

Pour préparer un « laphet thoke » comme il se doit, on ajoute aux feuilles de thé des légumineuses comme des pois cassés jaunes, des graines de sésame grillé, de l’ail frit, des cacahuètes grillées, de la crevette séchée, des piments – pas trop ! – des fines tranches de tomates, du chou râpé, un peu d’huile et un jus de citron vert frais. On mélange. Et on déguste… Un régal !

Là, j’ai envie de vous dire : « ne vous posez pas la question, laissez-vous tenter ! » 😉

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« Do you eat beef ? » avais-je demandé à notre guide à Bagan en voyant autant de vaches aux alentours. « Oh no !! » m’avait-il répondu.

Il m’explique que les vaches ici sont bien trop précieuses pour le travail dans les champs et puis aussi pour leur lait. Je suis surprise. « Milk ? » En Asie, personne ne consomme du lait, cela ne fait pas parti de leur régime alimentaire. J’apprends alors que les birmans utilisent le lait de vache pour leur curry. Pas de lait de coco comme nous avons l’habitude d’imaginer nos currys mais du lait de vache, une nouveauté !

 

Mais d’une manière générale, que mange-t-on au Myanmar ?

Cette cuisine birmane n’est pas très connue à l’étranger, elle est influencée par les cuisines chinoises, indiennes ou encore thaïlandaises, elle n’utilise que peu d’épices contrairement à ses voisins, c’est une cuisine qui reste néanmoins très grasse.

Nous n’avons pas eu de mal pour manger ici au Myanmar, contrairement à d’autres endroits en Asie où la difficulté était tout autre…

 

Notre coup de cœur culinaire restera tout de même « The Wonderfull Tast » à Nyaung U. Un petit restaurant sans prétention au bord de la route tenu par un jeune toujours souriant. Ici dans les assiettes nous dégusterons un savant mélange de cuisine népalaise, indienne mêlée aux spécialités birmanes. Lily et Jonas s’y découvrirons une passion pour le « cheese nan », le manque de fromage grandit de jours en jours 😉 !

https://www.tripadvisor.com/Restaurant_Review-g303663-d2411192-Reviews-Wonderful_Tasty-Nyaung_U_Bagan_Mandalay_Region.html

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Et si après tout cela vous hésitez encore ; je ne peux me retenir de vous dire également…

 

Venez au Myanmar pour tomber amoureux du lac Inle – si vous n’en n’êtes déjà pas tombés amoureux avant comme moi…

Parce que si vous cherchez encore une raison pour venir jusqu’ici, ne cherchez plus… Le lac Inle à lui tout seule en est une !

Dans un cadre idyllique, entouré de montagnes, ce lac est une invitation à la douceur de vivre, « a peacefull place » comme dit Ludo ! A vélo, en barque ou simplement assis à la terrasse d’une cabane sur pilotis, on ne peut que tomber amoureux d’un tel endroit. En prendre au petit déjeuner, s’en resservir au déjeuner, en re demander au dîner, voilà ce qui vous attend en venant jusqu’ici.

 

 

 

Et si je peux me permettre, offrez-vous la magie d’une ou plusieurs nuits avec une vue sur ce lac au Golden Island Cottage, et là c’est possible que vous n’en reveniez plus… Moi, on m’a forcé à partir 😉 !

 

https://www.agoda.com/fr-fr/golden-island-cottages-thale-u-hotel/hotel/inle-lake-mm.html?cid=-111

 

Un lien vers notre article sur le lac Inle ici :

https://cestquandquonvaou.org/2018/03/13/inle-ou-le-paradis-sur-leau/

 

 

Et sinon maintenant que je suis décidée… SI je viens au Myanmar, je dors où et comment ?!

Souvenez-vous du conseil de ‘Lonely’ avant de venir au Myanmar, « préparez votre voyage avec méticulosité » !

Aujourd’hui, j’aurai envie de vous dire « oui et non », sûrement que lorsqu’on voyage avec des enfants on peut difficilement se permettre de se retrouver une nuit à dormir dans un dortoir « peu confort » pour ne pas dire « peu engageant », et encore que… Quand je repense à notre nuit au sol sur des nattes pendant notre trek, je pense que nos peurs ne sont pas toujours justifiées.

Toujours est-il que pour une meilleure tranquillité pendant un voyage au Myanmar, il est préférable de « booker » ses hébergements car ici tous les hébergements ne sont pas accessibles aux étrangers. Oui, le régime militaire ne permet pas aux étrangers de dormir n’importe où ; certaines guesthouses ne peuvent accueillir que des birmans. Durant la haute saison, il est donc possible de se retrouver en pénurie d’hébergement dans certains endroits ou de se retrouver à devoir dormir dans un « petit palace » faute de place. J’ai entendu certains voyageurs se plaindre de réservations via Booking ou Agoda non prises en compte, nous n’avons pas été concerné.

Toujours dans la partie hébergement, un point important à savoir, c’est le prix. Attendez-vous à devoir « gonfler » votre budget hébergement ici au Myanmar. A titre d’information, notre prix moyen pour une nuit à 4 a été de 30 euros, difficile de trouver moins cher. « Correcte ! » penseront certains, mais pour l’Asie c’est un prix au-dessus de ce que nous avions l’habitude.

Côté pratique, le site Agoda propose plus de choix et souvent au meilleur prix que Booking au Myanmar.

 

Et pour se déplacer, je fais comment, je choisis quoi ?

Une autre chose à laquelle il faut être préparer quand on vient au Myanmar, ce sont les horaires rocambolesques des bus de nuit…

Cela fait pourtant 5 mois que nous choisissons cette option pour les trajets de longues distances, au Vietnam, au Laos, au Cambodge, nous en avons passé quelques-unes de nuits dans ces couchettes à quatre roues, parfois peu dormis, parfois même mieux dormi que dans certaines chambres ; mais toujours avec des horaires « normaux ». Par « normal », j’entends par là, le bus arrive à destination le matin même tôt mais c’est le matin.

Parce que maintenant imaginez-vous être réveillé à 3h50, qu’on vous demande de vous préparer à descendre du bus dans 10 minutes… Là de toute évidence vous vous dîtes « oui bien sûr… ! » C’est ce qu’a pensé très fort Lily quand on lui a dit qu’il fallait sortir du bus parce que nous étions arrivés à Kalaw…

Il est 4h du matin, dehors il gèle – pas loin de 4 ou 5 degrés – Lily et Jonas sont à moitié endormis et nous sommes là au bord de la route avec tous les sacs.

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J’avoue qu’avec Ludo on a eu un moment de désarroi sur le coup ! Notre hôtel est à deux kilomètres mais pas envisageable de les faire à pied quand nous regardons les enfants. Nous finissons par trouver « quelqu’un » – je ne préfère pas m’étendre sur le sujet –  qui nous conduit jusqu’à notre guesthouse. La route file et j’espère de tout cœur qu’il y ait quelqu’un sur place pour nous faire entrer au chaud et avec un peu de chance nous permette de finir notre nuit dans une chambre de libre…

Ce matin-là, la chance nous sourit 😊 Emmitouflés et serrés les uns contre les autres, nous terminerons notre nuit au chaud !

Cette chance nous suivra durant toute notre aventure ici ; à chacune de nos arrivées très ou trop matinales ; à chaque fois nous avons droit à un sourire et cette gentillesse à l’accueil ; que ce soit comme cette fois-là à 4h, à Yangon ou à Moulmein à 6h du matin, à chaque fois on nous remettra une clé pour « une petite nuit de plus » 😉

 

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Voilà, il faut le savoir et y être prêt ; pour voyager au Myanmar, le bus de nuit c’est le moyen de transport qui offre le meilleur rapport qualité-prix. Seulement si je peux me permettre, prévoyez une option « fin de nuit », surtout si vous voyagez avec des enfants.

Côté pratique, pour réserver, vous avez plusieurs possibilités : agences, guesthouses ou en direct sur internet. La compagnie JJExpress offre un très bon service. Mieux vaut réserver en directe sur leur site, voici le lien :

https://www.jjexpress.net/

Si vous ne trouvez pas votre route avec JJExpress, vous pouvez choisir d’autres compagnies, il faut alors allez voir sur ce site :

https://myanmarbusticket.com/buscompanies/get_company/1

 

« Et si nous prenions le train ?! »

Cette nuit-là, dans ce train qui nous mène jusqu’à Moulmein, je puis vous assurer que je m’en suis voulu d’avoir eu une idée pareille… Très local diront certains, pour être honnête je pense ne pas avoir vu plus local que ce train en Asie !

Il est 1h du matin, j’observe Lily et Jonas dormir profondément ; les enfants ont cette faculté d’arriver à s’endormir dans des conditions que vous n’aviez vous-même jamais envisagé… Nous avons 10h de trajet de nuit dans ce train ; fenêtres ouvertes, lumières aveuglantes, ce bruit affreux des rails, ambiance Titanic et des birmans qui montent à chaque arrêt proposant à voix haute eau-fruits-brochettes ou maïs, vous visualisez… ? Eh bien voilà, c’est cela toute la nuit !

 

2h – Un casque sur la tête, un peu de musique, je ferme les yeux et tente de sombrer…

3h – Rien à faire, j’ouvre les yeux, je prends un livre, on dit que lire est un bon remède contre l’insomnie…

3h15 – Je ne dormirai pas cette nuit, c’est certain ! Une forme noire passe à côté de moi sous le siège de Jonas. « Je suis vraiment trop fatiguée, il faut vraiment que je dorme » pensais-je. La forme revient et là je comprends que ce n’est pas mon imagination qui me joue des tours… une souris !

Nous sommes le 28 février, c’est le matin de mon anniversaire… J’esquisse un « bref » sourire en imaginant la scène 😉

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Voilà.

Le Myanmar c’est tout ça et bien plus encore… A la question « Y seriez-vous tout de même allés en connaissant par avance ce qui vous attendez ? » … sans hésiter je vous répondrai « oui ! » parce qu’on ne peut pas passer à côté d’un peuple comme celui-ci !

Un peuple qui nous a tellement touché…  Derrière chacun de ces sourires, une vie, une personne et l’envers du décor ; des images que nous ne sommes pas près d’oublier…

« See you soon Burma »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chauve qui peut !!!… par Lily.

Dans le sud du Myanmar, autour de la ville de Hpa An, nous avons visité la campagne. Il y avait beaucoup de grottes. Dans deux des grottes, nous avons fait la rencontre de chauve-souris, c’était trop impressionnant alors j’ai décidé de mieux apprendre sur ces animaux.

Vendredi 2 mars
Après le petit-déjeuner nous sommes partis chercher un tuk-tuk pour visiter la campagne autour de la ville. Ici il y a beaucoup de grottes mais il y en a surtout deux que nous avons aimé avec Jonas, deux grottes avec des chauves-souris !


Les chauves-souris s’appellent aussi chiroptère, ce sont des mammifères, cela veut dire qu’elles allaitent leurs petits. Les chauves-souris sont aussi les seuls mammifères volants mais elles ne sont pas des oiseaux.
Il y a des milliers de chauves-souris différentes. On dit qu’elles sont lucifuges, cela veut dire qu’elles craignent la lumière. La journée elles se cachent de la lumière et des prédateurs dans l’obscurité. Il existe deux sortes de chiroptère : les microchiroptères qui mesurent entre 4 et 16 cm et les mégachiroptères, la plus grande mesure 1m70. Les microchiroptères hibernent 6 mois de l’année, du mois d’octobre au mois de mars.


En cherchant sur internet, j’ai appris que les chauves-souris vampire existaient bien mais elles ne se nourrissent pas de sang humain, elles préfèrent le sang des chevaux, des vaches et des ânes.
Les chauves-souris sont des animaux protégés en France. Avant les hommes les chassaient et en avaient peur à cause de leur forme étrange et de leur vie nocturne. Les chauves-souris ne sont pas aveugles et de ne s’accrochent pas aux cheveux, ce sont des légendes !
Comme je vous ai expliqué avant les chauves-souris craignent la lumière alors elles vivent la nuit. Elles passent leur journée à dormir et se reposent en se suspendant aux morceaux de rocher avec les griffes de leurs orteils. Elles sont parfaitement adaptées pour vivre à l’envers sauf pour faire leurs besoins 😉
Quand nous arrivons à la grotte de Saddan, au début à l’entrée de la grotte, il n’y avait que des oiseaux mais la grotte était immense, il nous a fallu presque 20 minutes pour la traverser et arriver de l’autre côté. Plus nous avancions dans l’obscurité, plus nous entendions les bruits au-dessus de notre tête.



Quand nous avons éclairé les parois de la grotte, nous avons vu des formes noires suspendues au-dessus de nos têtes. Cela faisait peur ! On avait l’impression qu’elles allaient nous tomber dessus et nous attaquer. Ahhhhh !!


Ici, vous pouvez entendre un enregistrement du bruit que font les chauves-souris :


C’est donc la nuit que les chauves-souris se nourrissent, elles émettent des ultra-sons pour localiser leurs proies. Si une chauve-souris ne mange pas pendant deux jours, elle meurt. Certaines sont frugivores, elles mangent des fruits, d’autres sont insectivores et d’autres nectarivores.
Les chauves-souris se déplacent dans les airs grâce à une membrane de peau, ça veut dire un bout de peau très fin. La plupart des espèces ne se posent qu’exceptionnellement au sol et s’y déplace maladroitement. Grâce à un muscle puissant, elles peuvent faire des loopings et changer brutalement de trajectoire.

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C’est bientôt la fin d’après-midi et nous nous dépêchons pour arriver à la « Bate Cave » avant la tombée de la nuit. « Bate » veut dire chauve-souris et « cave » ça veut dire grotte. Maman a lu qu’à la tombée de la nuit, des milliers de chauves-souris sortent de la grotte alors nous voulons aller les voir.
A la grotte il y avait deux points de vue, un en haut et un autre en bas. Papa est resté en base et maman, Jonas et moi nous sommes montés en haut car nous ne savions pas où elles sortiraient.

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A 6h30 au coucher du soleil, elles sont sorties d’en bas, c’était comme un gros nuage noir ! Pendant que Papa les filmait d’en bas, nous les regardions d’en haut. Elles ont continué à sortir pendant vingt minutes, il y en avait plus d’un millier ! Quand Maman, Jonas et moi, nous sommes descendus, elles sortaient encore. En bas il y avait des hommes qui tapaient sur des gros tambours. Quand ils tapaient dessus, les chauves-souris faisaient un bon en l’air puis remontaient à la hauteur normale. Les hommes faisaient cela pour éviter que les chauves-souris accrochent les fils électriques.



Quand nous sommes arrivés en bas, on voyait encore au loin les chauves-souris, cela faisait un nuage énorme de petits points noirs. Elles partaient chasser pour se nourrir, certaines d’entre elles portaient sous leur ventre leur bébé qui s’accrochait à leurs poils.
Les chauves-souris sont des animaux fascinants, je les trouve très intéressantes et je les aime beaucoup. FIN.
Lily.
Je voudrais aussi vous partager ces deux vidéos que j’ai trouvé sur internet et qui parle des chauves-souris.
Une chauve-souris de sauvée : c’est une vidéo où un monsieur explique comment il a sauvé une chauves-souris.
https://www.youtube.com/watch?v=-ipRu_rPRC0

Là c’est la vidéo « C’est pas sorcier » : Chauves-souris, le monde à l’envers !
https://www.youtube.com/watch?v=8f3Txe6mjag


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Une chauve-souris de sauvée :

https://www.youtube.com/watch?v=-ipRu_rPRC0

C’est pas sorcier : Chauves-souris, le monde à l’envers !

https://www.youtube.com/watch?v=8f3Txe6mjag

Inle ou le paradis sur l’eau

« Le soir, quand le soleil disparaît peu à peu derrière les collines et que l’eau clapote sur la coque des bateaux de pêche, il est tentant de s’imaginer que le reste du monde n’existe plus. »

 

 

J’en rêvais depuis plus de 10 ans ; me trouver là, assise, à regarder le soleil se coucher dans un décor absolument magique. Oui ; lac Inle rime avec beauté, une de ces beautés qui marque à tout jamais. Malheureusement aujourd’hui cette beauté est en danger, le célèbre lac Inle est en train de disparaître… Mais comment cela ; un lac disparaître ? Est-ce possible ?!

Que je vous explique…

 

Dimanche 25 février

Cela fait déjà 5 jours que nous sommes arrivés sur NyaungShwe – une petite ville au nord du lac –  deux jours à vélo, deux jours de trek, un jour de récupération à l’hôtel 😉 Aujourd’hui est un jour très spécial… Non, pas d’anniversaire, pas de fêtes locales, ni de cérémonies traditionnelles ; nous partons naviguer toute la journée sur le lac !

« Non mais maman on est obligé d’y aller ? C’est un lac, on l’a déjà vu ! » … « Ah non… Ce n’est pas UN lac, c’est LE lac Inle !! » leurs répondis-je toute excitée.

Connu pour ses pêcheurs qui glissent à la surface de ses eaux sur leurs barques à fond plat, ce lac est l’un des sites les plus magiques de l’Asie. A cela s’ajoute ce livre, « Birmane »,  il trône sur l’étagère de la maison depuis plus de 10 ans, ce livre qui m’a déjà fait voyager sur ce lac il y a plus de 10 ans ; alors on ne plaisante pas avec le lac Inle 😊

Pour s’offrir cette promenade en bateau à moteur, nous avons l’embarras du choix : hôtels, pensions, agences ou même directement à l’embarcadère, tous proposent une promenade d’une journée incluant la visite des sites célèbres au nord du lac, un monastère, un village flottant, des boutiques de fabrication de bijoux en argent, de fabrication de cigares, de tissage, des jardins flottants, Ywama et son village traditionnel des femmes Padaung au long cou, un marché traditionnel et le village d’Inthein. Beau programme tout cela sur une journée !

 

Quand nous réservons notre boat trip auprès d’une petite agence dans le centre de NyaungShwe, nous décidons tout de suite d’éliminer certains sites comme les boutiques de fabrication en tout genre, nous préférons les éviter sauf celle de fabrication de l’argent pour les enfants ; nous ne souhaitons pas non plus participer à l’attraction touristique des « femmes girafe » appelée ici « femme au long cou » pour éviter d’assimiler la femme à un animal. Qu’elle soit traditionnelle, unique ou ancestrale, cette coutume et l’image que véhicule ce tourisme ne nous enthousiasme pas, nous l’éviterons.

Un lien sur le sujet pour les plus curieux :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Padaung

 

Il faut aussi savoir une chose – je fais ma savante là mais pour être honnête je ne le savais pas moi-même avant d’arriver ici 😉 – c’est que le Myanmar sert de refuge pour toutes sortes de variétés d’oiseaux rares, notamment pour les oiseaux migrateurs de toute l’Asie du Sud Est. On dénombre plus de 1 000 espères d’oiseaux en Birmanie.

Long d’une vingtaine de kilomètres sur quatre kilomètres de large, le lac Inle est une zone protégée qui sert de lieu de repos pour les oiseaux migrateurs et de lieu de vie pour les sédentaires comme les canards sauvages, les cormorans ou les hérons.

« Non mais regarde papa comme c’est beau ! Regarde-les ! » s’étaient extasiés Lily et Jonas devant le spectacle. Que ce soit avec l’arbre aux hérons derrière l’hôtel ou ce soir en rentrant jusqu’à l’embarcadère ; au-dessus de nos têtes c’est un magnifique « bal » auquel nous avons droit.

 

 

Ici, le spectacle ne se limite pas à la faune et à la flore ; et même si l’on dit que le lac ressemble plus à la Suisse avec son climat frais et ses collines, la magie des lieux tient aussi à ses habitants.

Occupé par une centaine de milliers d’habitants répartis en plus de 70 villages, les Inthas – Fils du lac – parlent un vieux birman et ne vivent que sur le lac ou à proximité. L’origine de ce peuple reste mystérieuse et remonterait au 12ème siècle. On parle d’un roi qui aurait puni ce peuple révolté et résolu à ne pas se soumettre à sa domination ; ce roi les aurait réduits à l’esclavage et les aurait délocalisés dans quatre villages autour du lac. Entourés de montagnes hostiles, les ancêtres des Inthas n’auraient pu fuir et s’y seraient établi. Bon ok, il y a quand même pire comme « prison » quand même 😉

 

Agriculture, horticulture, pisciculture, riziculture : ici nous sommes au cœur de l’univers familier des Birmans, une merveille !

Malheureusement aujourd’hui, le lac connaît des bouleversements à mesure que sa population augmente, que son agriculture et sa pêche s’intensifie et que le tourisme de masse se développe. Le lac a ainsi vu diminuer sa superficie d’environ un tiers entre 1935 et 2000 ; « si la tendance se poursuit » affirme un responsable du Programme des Nations unies pour le développement « le lac pourrait bien avoir disparu d’ici dix à vingt ans ». Quand on se trouve face à cette étendue nous avons pourtant de la peine à le croire, devant nous cette immensité… Et pourtant…

 

Cette diminution s’explique notamment par la présence des jardins flottants qui vient s’ajouter à la pêche comme moyen de subsistance pour les Inthas.

« Mais comment ils font pour faire pousser des légumes sur l’eau ? Et pour les ramasser ? C’est quand même bizarre ! » s’était interrogé Jonas.

Les jardins flottants ce sont ces petites îles artificielles que l’on découvre aux abords des villages eux aussi flottants. Les villageois les construisent eux-mêmes en créant un tapis de plantes aquatiques comme les jacinthes d’eau auquel il mêle de la terre récupérée au fond du lac (en quantité limitée pour éviter que tout coule !) Les poteaux en bambou que l’on aperçoit au loin sont plantés pour éviter que ces îles ne dérivent.

 

Ces jardins flottants permettent aux habitants de cultiver fleurs, fruits et légumes qu’ils vendront ensuite sur les marchés.

« Regarde Jonas, ils sont en barque dans les jardins ! » s’exclame Lily. Nous les traversons et autour de nous des villageois sont à l’œuvre sur leurs barques. « C’est plus facile qu’en nageant ! » rigole Jonas. Ici poussent les meilleures tomates nous explique le guide – à titre d’information ces plantation alimentent toute la Birmanie en tomates pendant 4 mois ! – mais dans ces jardins on ne plante pas que des tomates : choux, salades, carottes, concombres et des fruits en tout genre…

 

Une autre particularité sur ce lac, ce sont les marchés. A tour de rôle, les bourgades du lac Inle et ses alentours accueillent dans la semaine un marché de producteurs, on parle ici des marchés de cinq jours. Flottants ou sur la terre ferme, les communautés montagnardes viennent y écouler leurs produits agricoles, leur bétail mais aussi leurs produits artisanaux.

 

 

« Prisonniers sur la terre mais libres sur l’eau », les ancêtres du peuple Intha se sont très vite lancés à la conquête du lac pour y assurer leur liberté en y construisant des villages lacustres imprenables. Montées sur pilotis, ces maisons semblent s’élever vers le ciel. « Ils doivent être tristes les gens qui vivent ici » me confie Jonas lorsque nous traversons ce village flottant. Pauvreté ? Eloignement de la terre ferme ? Difficulté pour se déplacer ?…  J’essaie alors de comprendre où Jonas veut en venir.  « Non mais comment ils font les enfants pour jouer dehors ?! » me répond-il 😉 « Ils n’ont pas d’endroit pour jouer ensemble… » Nos regards sont tellement différents, j’en souris encore.

 

 

« Libérés sur l’eau », ces hommes commencèrent par apprendre à pêcher dans ces eaux. Malgré une profondeur qui peut aller jusqu’à cinq mètres, les fonds du lac apparaissent parfois très clairement avec les algues. Les Fils du lac inventèrent alors une technique de pêche inconnue des Birmans, une technique à trois mains ! Trois mains… ?! Mais ils la sortent d’où cette troisième main ?! 😊

Les poissons étant visibles sous l’eau, lignes et hameçons leurs sembla alors inutiles. Ils inventèrent des filets-nasses montés sur une armature de bambous. Lorsqu’un poisson se cache sous les algues, il suffit de plaquer la nasse au-dessus et de piquet le fond avec un trident pour le faire remonter vers le filet ; mais cette opération nécessite trois mains et un pied, une pour maintenir la nasse sur le fond, une pour manœuvrer le trident, une pour tenir la rame et un pied pour rester en équilibre à l’arrière de la pirogue. Faute de main supplémentaire, les Inthas ont donc utilisé un pied pour ramer !

 

 

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Au centre du lac se dresse un monastère emblématique, celui de Nga Phe Chaung, autrefois appelé le « monastère des chats sauteurs ». Des chats sauteurs ?! Après les jardins flottants, les pêcheurs à trois mains…  Des chats sauteurs maintenant !… La folie les gagne là-bas en Asie !! 😉

Autrefois, les moines avait pris pour habitude d’y recueillir les chats, de les domestiquer et de les dresser pour sauter dans des cerceaux ; aujourd’hui les chats sont toujours là mais ils ne sautent plus, nous ne pourrons donc pas vous assurer si ces charmants petits félins peuvent bien être domptés ou pas…

 

Ce monastère n’en reste pas moins impressionnant ; dressé sur pilotis, il est remarquablement bien conservé. « C’est magnifique ! » pensons-nous de suite en passant l’entrée avec Ludo. La pièce principale est immense, tout en bois, des dizaines de piliers en teck, certains recouverts d’or et ces statues alignés là. A l’extérieur, le spectacle continue ; la vue sur les jardins et le lac est splendide.

 

Nous poursuivons avec notre sampan – le nom que l’on donne à ces pirogues à moteur – plus au sud du lac jusqu’au village d’Inthein. Le sampan file le long de cet étroit canal envahi de végétation et de roseaux. Sur les rives, quelques femmes en file indienne rejoignent leur village, des sacs sur la tête, la journée dans les jardins semble terminée pour elle ; plus loin, il semble être l’heure du bain pour cet homme, pour d’autres l’heure de la lessive.

 

Pour les enfants, ce sera l’heure de la baignade arrivés à Inthein ; à la grande surprise de notre guide ! Inthein est connu pour son temple Shwe Inn Thein sur les hauteurs, 1 054 stupas se dressent sur le flan de la colline, plus haut après une petite séance de grimpette une vue encore plus grandiose sur le lac et la vallée, mais nous ne la verrons pas. Ma cheville n’est pas en bon état et Lily et Jonas n’en sont que plus contents ; Papa aussi, c’est la pause bière 😉

 

La fin d’après-midi approche, il est temps pour nous de prendre le chemin du retour, un bus de nuit nous attend et une nuit bien confortable avec 😉 J’ironise là ! Nous quittons NyaungSwhe pour Yangon ce soir.

Yangon, capitale du Myanmar, Yangon et sa chaleur étouffante, Yangon et sa circulation. Cela va nous changer… Adieu la fraîcheur de nos soirées, adieu ce cadre idyllique, adieu aux majestueux couchers de soleil…  Ce soir, je quitte le lac Inle avec un doux sentiment d’avoir eu cette chance de le découvrir, de le vivre peut-être avant qu’il ne soit trop tard, comme un rêve qui devient réalité…

 

 

 

 

32 km à pied, ça use, ça use…

32 km à pied… « Nous sommes trop fatigués » dit Lily, « rincé » murmure papa, « enfin arrivés ! » crie Jonas ; « tout cassé » conclue maman en boitant… 😉

Quand nous avions booké ce trek de 2 jours, nous n’avions pas réfléchi à cette épouvantable chaleur et aux 40 km à vélo que nous ferions les deux jours précédents autour du lac Inle ! Ce soir, ce sont les locaux qui rient de nous voir passer « ma cheville en moins et moi » sur le dos de Ludo quand nous rentrons ou rampons – cela dépend comme on voit la chose 😊 – jusqu’à notre chambre ; mais ce soir c’est aussi avec des merveilleux souvenirs plein la tête que nous nous couchons.

 

 

Vendredi 23 février

8h00 – « Good morning, my name is Lin Nwe, are you ready ?! » Nous y répondons avec un timide « yes », nos jambes sont encore bien endolories de nos 2 jours à vélo.

Beaucoup de touristes choisissent de faire le trek de Kalaw jusqu’ici, c’est le plus prisé nous explique le guide ; peu décide de découvrir « The Red Mountain ». Nous avions hésité nous aussi pour être honnête. La plupart des guides et des blogs décrivent le paysage entre Kalaw et Inle avec tellement de magie que le trek est encore plus tentant. 60 km séparent Kalaw de NyaungShwe au bord du lac Inle et même à travers les montagnes nous craignons que le trek soit trop ardu pour Lily et Jonas.

Nous avions donc fait le choix du train local pour venir jusqu’ici, j’avais lu que ce trajet en train offrait une belle alternative au bus tout en permettant de profiter du paysage à défaut de la marche 😉Et c’est le cas.

 

 

Mais revenons à ce matin, « maman, ça fait déjà 10 minutes qu’on marche ! » me dit Jonas montre en main. Houlala… la journée risque d’être longue… 5 minutes passent… « ça va toi ? Tes jambes ?! » me demande Ludo. Je crois qu’elles sont dans le même état que lui ! Oui, la journée risque d’être très longue… Nous n’avons pas encore osé demander à Lin Nwe la distance prévue aujourd’hui, ni le temps de marche, je crois que nous ne sommes pas prêts à l’entendre tout de suite 😉

Quelques minutes plus tard nous quittons la ville de NyaungShwe et très rapidement « ça monte !!! » Personne ne parle. Puis le paysage change, des étendues très sèches apparaissent, quelques collines et cette poussière qui ne nous quittera pas pendant ces deux jours.

 

Après une première petite ascension – je dis cela maintenant car je connais la suite mais je puis vous assurer que sur le moment je ne l’ai pas vécu comme « petite » – nous arrivons dans un premier village.

Lin Nwe se dirige vers une grotte, celle de Ta Eim nous dit-il, elle renferme environ 500 Bouddhas. « Encore des Bouddhas… Mais ils ne s’arrêtent jamais ici même dans les grottes des montagnes ! » dit Lily

 

Il est « déjà » temps de repartir… Jonas regarde sa montre, il a même enclenché son chrono depuis que nous avons quitté la ville… « Ah non Jonas ! Je ne veux pas savoir depuis combien de temps nous marchons, non, non, non !! » Autant ne pas me démotiver tout de suite 😉

Et ça grimpe…. Lin Nwe se retourne et sourit « Today we go up, tomorrow we go down ! » s’exclame-t-il. Voilà, le ton est donné ! « Ça veut dire quoi « go up » ??! » demandent les enfants. « Monter » ça veut dire « monter » … !!

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La chaleur nous terrasse sur place, il est 10h et nous sommes déjà « liquide ». Lin Nwe nous propose une petite pause à l’ombre, pause qui se transforme en découverte gustative. A côté de nous, un arbre à tamarin et un jacquier. Curieuse, je demande à Lin Nwe à quoi ressemble le fruit de l’arbre à tamarin, je connais la pâte avec laquelle on peut cuisiner mais je n’ai jamais vu le fruit. En quelques secondes Lin Nwe est déjà en haut de l’arbre et nous décroche quelques-uns de ces fruits. J’ouvre l’écosse et je découvre alors ce fruit, plutôt étrange. « You can tast ! » me dit-il, j’ose et je goûte. C’est très acide, j’ai l’impression de croquer dans un citron.

 

A côté les fruits du jacquier sont bien plus gros. Le jacquier est un arbre cultivé dans la plupart des régions tropicales, majoritairement en Asie du Sud-Est pour son fruit comestible appelé le « fruit du pauvre ». Le fruit a une odeur forte et sucrée, on peut manger sa chair crue ou le cuire en plat salé pour préparer un plat traditionnel.

 

Quand Lin Nwe nous propose de repartir, j’avoue qu’il nous faut une belle motivation ; la chaleur est encore montée et ce n’est rien face à ce qui nous attend… « Today, we go up ! », il ne nous avait pas mentis… Nous ne croisons que peu de monde ici, quelques locaux travaillant leurs terres, une femme ramasse des racines curcuma, au loin un homme coupe des arbres, un autre retourne sa terre. Il n’y a que très peu de touristes qui viennent jusqu’ici pour un trek nous avait expliqué Lin Nwe, il dit vrai.

 

Au loin nous apercevons quelques flammes, nous avions déjà remarqué ces parcelles de terre noircies sur les versants des montagnes autour du lac, mais là, le feu est plus proche… Nous interrogeons Lin Nwe sur l’origine de ces feux et leur intérêt, il nous explique que les propriétaires des terres allument délibérément des feux non pas pour mieux cultiver leur terre comme je le pensais, mais pour renouveler l’herbe fraîche qui est brûlé par le soleil afin de permettre au bétail de paître.

« Mais maman regarde ! Ils détruisent la forêt ! Les arbres !! » s’inquiète Jonas. « Et puis c’est dangereux ! » ajoute Lily. Je suis bien d’accord avec Lily, d’autant que le vent souffle et les flammes se rapprochent parfois trop près de nous…  Lin Nwe ne semble pas inquiet. Nous poursuivons.

 

« Break, break, break ! » tente Jonas une fois rassuré suffisamment loin des flammes. « Ok break ! » Lin Nwe en profite pour nous montrer notre destination de ce soir… « You see this mountain ? We go over there ! » … Je vois bien la montagne et j’ai bien compris que ce n’était pas de la première dont il nous parlait… Lily regarde dans la direction, j’attends sa remarque…

« Il a dit quoi en fait ? Il nous montre quoi papa ?! » …

« La montagne là-bas » …

« Oui et bien quoi la montagne au fond là-bas, qu’est-ce qu’elle a ?! » …

Nous hésitons à lui dire tout de suite ! … « C’est derrière celle-ci que nous dormons ce soir !! » Oui nous avons osé !

J’aimerai vous dire qu’il y ait eu un bref silence mais ce n’est pas le cas, nous avons eu droit à une jolie séance de « mais vous êtes tous fous ou quoi !!! »

Puis, nous reprenons notre ascension et cette fois en silence…

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« C’est quand qu’on mange ? Parce qu’on va quand même manger non ? On ne va pas faire que marcher ! » nous questionne notre douce Lily. Il est 13h et nous ne sommes plus très loin du prochain village de Nan Nwe.

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Sur notre chemin, nous découvrons d’immenses champs de plants de tabac. Note guide nous explique que la région est très pauvre ici, ce peuple des montagnes vit essentiellement de cette récolte ainsi que de leurs productions de légumes, de curcuma et d’ail qu’ils descendre vendre au marché de la ville.

 

Nous sommes gentiment accueillis dans une des maisons du village pour le repas, Lin Nwe s’improvise cuisinier, nous avons même droit à notre premier festin avec lui – à ce moment là nous n’avions pas encore idée de ce qui nous attend le soir … – « c’est la meilleure salade d’avocat que j’ai mangé ! » me confie Ludo. Et comme bon repas rime avec petite sieste, nous ne nous faisons pas prier et acceptons bien volontiers cette « pause à rallonge » !

 

« Just one and half hour ! » nous rassure Lin Nwe avant de repartir. Il est 15h et nous n’arriverons pas tard à son village pour y passer la nuit. « Today, we go up » rappelez-vous ! Et bien, cela continue… Il nous en reste encore une belle de montagne à traverser, elle se dresse bien là devant nous quand nous quittons le village de Nan Nwe. Au fur et à mesure que nous montons, le panorama qui se dresse devant nous au loin est impressionnant.

« Maman, on est bientôt arrivé en haut ! » me crie Jonas devant. Je lève la tête et je les vois passer de l’autre côté 😊

 

Le village de Yin Pya se trouve juste à côté d’un monastère, Lin Nwe nous propose gentiment d’aller le visiter pendant qu’il nous prépare le repas. Il nous reste encore un peu d’énergie alors nous nous aventurons sur les quelques mètres qui nous sépare des lieux.

L’endroit nous paraît être plus un havre de paix pour une retraite qu’un monastère vivant comme nous avions pu en voir auparavant. Les bâtiments semblent vides, un moine s’approche de nous ; Lily et Jonas sont déjà au loin en train d’explorer les lieux. « You can speak in english with monk ! » nous avait confié Lin Nwe avant de partir mais au premier coup d’œil nous voyons la difficulté… Avec Ludo nous échangeons des regards « à qui comprendra le mieux ce que ce moine tente de nous raconter… » 😉

Le temps passe, les lumières changent et la chaleur tombe ; nous apprécions cette « petite » fraîcheur et nous en profitons pour redescendre au village, rejoindre notre toit pour la nuit. Dans la maison, trois jeunes enfants nous attendent, curieux, une plus timide que les deux autres. Deux d’entre eux sont le neveu et nièce de Lin Nwe, quelques regards s’échangent et très vite la maisonnée devient un « mini passepartout » comme dit Ludo. Nous passons de 4 enfants à 6 puis 10 !! Dans nos sacs quelques ballons gonflables ont transformé cette fin de journée en moment féérique pour tous ces enfants y compris les nôtres !

 

L’agitation bat son plein, nous tentons de ramener un peu de calme ; au regard du frère de Lin Nwe je ne suis pas certaine qu’il permette autant d’excitation habituellement dans sa maison, la maman quant à elle sourit, je la surprends même à rire en voyant cette « fête ». Je décide de sortir quelques crayons et des feuilles, mon stratagème de retour au calme marche à merveille 😉 Ni une ni deux, les enfants s’arrachent les crayons et se transforment en artiste le temps d’un soir…

 

 

Pendant ce temps dehors la nuit tombe, une délicieuse odeur s’échappe de la pièce d’à côté, Lin Nwe est aux fourneaux depuis notre arrivée. « Crois-tu qu’il y ait un endroit pour faire une toilette ? » demandais-je à Ludo. Il semble aussi sceptique que moi… Ludo tente quand même « Where is the bathroom ? » … Je vois Ludo sortir de la maison et revenir quelques minutes après avec un sourire qui en dit long « Je crois que la salle de bain, c’est le même endroit que les toilettes ! » … Ok, ce soir la douche on oublie et pourtant elle aurait été bienvenue ! Entre la chaleur et cette poussière toute la journée nous nous sentons tout poisseux.

Il est 19h, la joyeuse tribu d’artistes a quitté les lieux ; quand je vois la belle-sœur de Lin Nwe déplier les nattes au sol j’en déduis que nous dormirons ici ce soir. Elle ne dispose pas moins de sept couvertures sur nos matelas au sol, la nuit risque d’être fraîche !

Puis, Lin Nwe commence son ballet entre la cuisine et notre table, chaque plat qu’il nous apporte semble meilleur que le précédent ; soupe de citrouille, pois cassés, légumes variés, du poulet cuisiné, du chou, du riz ; face à nous un vrai festin ! J’en ai même honte d’avoir une table aussi pleine quand je connais la pauvreté de ce village. Lin Nwe a passé tellement de temps et semble si content de nous partager sa cuisine que nous décidons d’y faire honneur.

 

Il est 20h, nous nous cachons sous notre pile de couverture, il ne faudra pas longtemps à tout le monde ce soir pour rejoindre les bras de morphée 😉

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Samedi 24 février

5h – J’ouvre un œil, dehors la vie s’anime ; la nuit a été fraiche mais sous notre montagne de couvertures nous n’avons rien senti des températures qui ont bien chuté pendant la nuit. Très vite l’animation gagne la pièce d’à côté, quelqu’un allume le feu et on nous dépose un thermo de thé bien chaud au pied du lit. Nous sommes tellement choyés depuis hier après-midi. Je reconnais bien là cette générosité birmane qui nous porte depuis notre arrivée au Myanmar, ils ont si peu et donne temps… Leur vie nous paraît si difficile et ils ne sont que sourire…

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A côté de moi, je sens bouger, une tête sort des couvertures « On dort trop bien sur des nattes parterre ! Vous voyez on n’a pas besoin de lit finalement ! » nous dit Lily au réveil.

Note pour le retour : acheter des nattes pour la chambre de Lily et lui faire relire au besoin cet article 😊

 

7h – Lily et Jonas sont déjà dehors, le jeu a déjà repris de plus belle avec les enfants du village. Ce sont des scènes et des moments comme celui-ci qui nous font dire que nos priorités et nos rythmes effrénés ne sont pas les meilleurs. Nous sommes là et rien d’autres ne compte à cet instant.

 

« Are you ready ? » nous demande Lin Nwe.

« Non pas déjà maman ! On est trop bien ici ! » Je les comprends mais il est temps de partir ; et puis aujourd’hui rappelez-vous les enfants « we go down ! » Quelques câlins, quelques bisous pour certains, des petites mains nous font encore signe alors que nous quittons le village. Yin Pya, un de ces villages qui mériterait tellement plus d’attention.

 

Nous ne sommes partis que depuis quelques minutes que mon pied s’enfonce dans un trou, « aïe ! » La descente ne va pas être aussi facile que ce que je pensais ce matin… Ludo décide de m’alléger de mon sac et nous décidons de poursuivre.

Ce matin sur notre chemin, c’est plusieurs villages que nous traversons ; tous appartiennent à la même tribu des Taung Yo. Notre guide nous rappelle que chaque ethnie possède son identité culturelle : une tenue traditionnelle, des coutumes, des mœurs et un dialecte particulier. Cette ethnie se situe dans l’Etat Shan, la région autour du lac Inle.

Dans un de ces villages, des hommes s’affairent à construire un bassin de rétention d’eau avant la saison des pluies, l’eau manque cruellement ici. Plus loin à la sortie d’un autre village, Lin Nwe nous parle des croyances des Taung Yo devant un monticule de cailloux. Nous apprenons que les Nat sont vénérés ici en plus de leur croyance bouddhiste.

 

Plus tard, pendant « un break », Lin Nwe nous expliquera également que la scolarisation des enfants s’arrête au primaire dans ces villages vers 13 ans, ensuite ils rejoignent les parents dans les champs puis se marient vers 16 ans. « Mais tu n’es pas marié toi ! » s’exclame Lily. Lin Nwe précise à Lily que cela concerne la majorité des enfants mais pas tous. Heureusement…

Lui a préféré quitter son village et descendre tenter sa chance comme il dit à la ville, il a 21 ans et semble avoir déjà beaucoup vécu. J’ai encore le temps pour me marier ajoute-t-il en direction de Lily. Quand j’aurai un métier qui peut faire vivre ma famille, je me marierai finit-il par nous dire avant de repartir.

La fin de matinée approche et nous apercevons le lac Inle à l’horizon, une bonne nouvelle ! La chaleur d’hier nous a rattrapé et j’attends avec impatience la pause déjeuner pour laisser poser mon pied.

 

 

« How many times ?! » questionne une nouvelle fois Lily. Lily a démarré son chrono sur sa montre et Lin Nwe joue un « contre la montre » avec elle maintenant 😉 Au fur et à mesure que nous progressons, il s’amuse avec elle en lui demandant le temps restant. Il faut avouer qu’il a bien joué, à quelques minutes près nous sommes assis à une table à l’ombre pour une pause bien méritée.

« Just one hour more » nous rassure une nouvelle fois Lin Nwe et il avait une nouvelle fois raison ! Quand nous le quittons devant notre hôtel, « nous sommes trop fatigués » dit Lily, « rincé » murmure papa, « enfin arrivés ! » crie Jonas ; « tout cassé » dit maman.

Ce soir quand nous nous couchons : « c’était trop cool papa de jouer avec ces enfants dans ce village, c’était trop bien maman de dormir parterre tous ensemble, c’était trop beau en haut de la montagne, c’était aussi trop dure mais c’était trop bien !! »

Alors oui, peut-être que ce trek n’offre pas les mêmes beautés que celui entre Kalaw et le lac Inle ; en fait, ce trek offre tout autre chose… Un merveilleux partage, un que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

Petite note importante : je préfère rassurer tout le monde, à l’heure où j’écris cet article, j’ai récupéré l’usage de mon pied donc pas de panique ! Ludo ne porte pas sa femme et nos 54 kg de sac tout seul sur son dos ! 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon anniversaire au lac Inle… Par Lily.

Mercredi 21 février

Le matin de mon anniversaire, après avoir pris un bon petit déjeuner où Jonas m’a offert mon premier cadeau, nous sommes allés louer des vélos pour nous rendre dans un hôtel au bord du lac Inle. Pour se rendre à cet hôtel, il y avait 20 km que nous avons décidé de faire à vélo.

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Nous sommes allés dans six magasins pour essayer de trouver des vélos. Les deux 1er magasins les vendaient, le 3ème magasin n’en avait pas pour Jonas, le 4ème n’avait que deux vélos, le 5ème avait des porte-bagages où avec Jonas nous aurions pu monter mais il fallait ramener le vélo le soir et le 6ème avait des porte-bagages pour Jonas, avait assez de vélos et en avait même un pour ma taille. Mais quand je l’ai essayé avec papa le vélo s’est mis à trembler et j’ai eu peur.

Alors, nous sommes retournés dans le 3ème magasin en espérant qu’il ait des porte-bagages pour Jonas et un vélo à ma taille. Quand nous sommes arrivés devant le magasin, nous avons vu qu’il avait tout ! Cette fois j’ai réussi à en faire et il m’allait très bien. Nous avons loué trois vélos pour deux jours.

 

Nous sommes partis quelques heures après avoir mangé et préparé nos sacs.

 

 

Nous avons mis deux heures en comptant les pauses pour arriver. Des moments nous nous arrêtions pour reposer nos jambes, des fois Jonas descendait du vélo de maman ou de papa et courrait à côté de nous.

 

 

Arrivés à l’entrée de l’hôtel, nous avons dû traverser plein de petit pont au-dessus du lac pour atteindre la réception. Nous sommes passés devant un immense arbre où dedans il y avait des milliers de hérons.

 

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Nous avons enfin posé nos vélos et le personnel nous a montré notre bungalow. Il était très joli et dedans il y avait une BAIGNOIRE ! Je n’avais jamais vu une baignoire dans un bungalow. Ensuite, papa et maman se sont installés sur la terrasse en attendant le coucher du soleil. Nous avec Jonas, nous sommes partis visiter l’hôtel et nous avons fait une vidéo pour vous le présenter.

 

 

Le soir, à la fin du repas, maman et Jonas sont allés à la chambre ; maman m’avait dit que c’était pour aller chercher un gâteau pour Jonas comme un dessert. Ils se sont cachés sans que je les voie derrière le comptoir du restaurant.

Maman et Jonas sont sortis du comptoir avec une pile de Ferrero-Rocher avec des bougies dessus pour remplacer un gâteau qu’il n’avait pas trouver. Mais en même temps que maman et Jonas arrivaient, tout le personnel de l’hôtel s’est approché de l’autre côté, un monsieur qui faisait partie du personnel jouait de la guitare et ils chantaient tous « Happy Birthday to you, Happy Birthday to you… »

Ils portaient un gros gâteau et avec des crayons patissiers, ils avaient écrit « Happy Birthday Lily-May » dessus. J’étais trop contente, je ne savais pas quoi répondre. Je me suis demandée comment ils avaient su que c’était mon anniversaire, papa et maman n’avaient rien dit, puis j’ai compris qu’ils avaient regardé mon passeport. Alors j’ai pensé « il faut toujours donner tous les passeports en arrivant dans un hôtel ! »

Après que nous ayons commencé à manger le gâteau, une serveuse est arrivée avec un sac en tissu bleu, il y avait dessus des bandes multicolores, au milieu une fleur de lotus rouge et les initiales de l’hôtel. Je ne pensais pas du tout qu’ils me feraient un cadeau d’anniversaire. Pour les remercier, je suis allée leurs faire un câlin et je leurs ai donné un Ferrero-Rocher. Papa et maman m’ont offert une veste que j’avais trouvé jolie au Laos.

 

 

Le lendemain matin de mon anniversaire, après le petit déjeuner, avec Jonas nous sommes descendu sur le pont devant la terrasse de l’hôtel pour ramasser des escargots. Nous en avions ramasser plein avant que papa et maman nous disent de préparer nos sacs pour partir. J’étais un peu triste car nous ne pouvions garder qu’un escargot chacun.

Après avoir préparer nos sacs, avec Jonas nous sommes allés choisir nos escargots, ensuite nous sommes allés manger au restaurant puis nous sommes partis. Au début nous avons pris la même route qu’à l’aller mais nous nous sommes après arrêté dans un village. Maman nous a dit que nous allions prendre une barque pour traverser le lac et aller sur l’autre rive.

A ce moment là je me suis demandée comment ils allaient faire pour mettre nos trois vélos dans la barque sans qu’on coule ! Voici la réponse.

Le monsieur nous a fait monter à bord et quand nous étions tous installés, il a entassé les vélos à l’avant. Il les avait posés les uns sur les autres. La traversée a duré 30 minutes. Quand nous sommes arrivés sur l’autre rive du lac, le monsieur nous a aidé à décharger les vélos.

 

« C’était un de mes meilleurs anniversaires que je n’ai jamais passé ! » dis je à papa et à maman dans la chambre le soir. C’était vraiment génial ! J’ai adoré mon anniversaire au lac Inle. FIN.

Lily.

Popa Mountain, between Bouddhas, Spirits and monkeys.

« Oh mince maman, mon leggin est noir ! Et regarde Jonas, il a du rouge sur son tee-shirt !! On va faire comment ?! » crie Lily ce matin dans le mini van qui nous emmène en direction du Mont Popa. « Ils ne vont pas être contents les esprits !! » dit craintivement Jonas.

Hier soir au repas j’ai raconté à Lily et à Jonas la symbolique des Nat, ces esprits très vénérés au Myanmar depuis l’Antiquité. Autrefois, avant que le roi Anawrahta ne fasse du bouddhisme la religion d’Etat, les birmans leurs vouaient un culte très important ; des milliers d’animaux étaient sacrifiés aux esprits Nat durant les cérémonies. Encore aujourd’hui beaucoup de birmans continuent à vénérer ces esprits en parallèle avec le bouddhisme.

A 50 km de Bagan se trouve le Mont Popa, considéré comme le refuge des 37 Grands Nat, c’est le plus important lieu de pèlerinage ; et d’après une croyance birmane « un bon pèlerin ne doit ni porter du noir, ni du rouge sur le Mont Popa, il doit aussi éviter d’apporter de la viande pour ne pas offenser les Nat » ! D’où l’inquiétude de Lily et de Jonas ce matin 😉

 

Vendredi 16 février

9h – Nous voilà en route direction ce pic de lave volcanique de 740 mètres ; à son sommet se trouve un monastère bouddhiste, il faut savoir que l’ascension se fait pied nu par 777 marches.

La route de Bagan qui mène au Mont Popa traverse de magnifiques paysages de campagnes qui se mêle très vite à une terrible vision de misère. Le long de la route, des femmes, des hommes et des enfants tendent des mains en direction de chaque véhicule qui passe. Le spectacle est terrible à voir…

Notre guide nous explique qu’il s’agit de fermiers, « it’s a very poor land ! ». La saison est très difficile pour eux, ils manquent cruellement d’eau, ils ne peuvent donc pas travailler. Il y a 3 ans, cela a été pire… « Comment cela pourrait être pire que ce que nous voyons déjà… ? » pensais-je.

Il y a 3 ans nous raconte-t-il, la saison des pluies a été très mauvaise, la misère était telle que les habitants de Bagan récoltaient des bouteilles en plastique, les remplissaient à l’Irrawady et venaient les distribuer jusqu’ici, c’était vraiment très difficile finit-il par nous dire puis silence.

Parfois je baisse la tête, je préfère détourner le regard tellement l’image de ces mains tendues est « de trop ».

Il est presque 11h quand nous arrivons au pied du Mont, « il est plus impressionnant de loin que de près » remarquais-je. « C’est là-haut qu’on doit monter ?! » demande Lily. Lily n’a pas dû entendre qu’il y avait 777 marches me dis-je… « Maman, c’est là-haut qu’on doit aller ?! » questionne à son tour Jonas. « Ben oui, elle l’a dit hier Maman qu’on devrait monter jusqu’en haut !! 777 marches ! Tu n’as pas entendu ?! » J’en déduis que Lily avait très bien entendu, elle a sûrement voulu vérifier que je n’avais pas changé d’avis 😉 😊

Les escaliers qui permettent de rejoindre le temple bouddhique de Taung Kalat au sommet est couvert. Il est rempli de petites échoppes dans lesquels on peut trouver à manger, à boire, des offrandes ou des tee-shirts du Mont Popa tel un immense bric à brac.

 

 

Durant notre ascension, nous croiserons une quantité d’hommes demandant de l’argent pour le « nettoyage » comme ils disent des marches. Mais pourquoi le nettoyage ? C’est simple, à peine les premières marches franchies, nous apercevons les habitants des lieux… Les singes !!  On en trouve de partout, dans tout le temple, certains sont même plutôt agressifs, Jonas en fera les frais avec son paquet d’Oréo…  Vous comprenez mieux pourquoi le nettoyage maintenant 😉

 

L’ascension finalement ne sera pas très longue. « Tu es sûre maman qu’il y avait 777 marches ?! » me questionne Lily arrivé au sommet. « Ça veut peut-être dire aussi qu’on a l’habitude de monter des marches maintenant ?! » conclut Jonas.

Les stupas du sommet ne sont pas exceptionnels par rapport à ceux que l’on a déjà vu sur Bagan. C’est plus le magnifique panorama sur la plaine de Myingyan et sur la campagne environnante qui mérite l’ascension. A perte de vue des zones de culture et de nature sauvage. La vue  est impressionnante, autour tout est plat et ce sommet semble posé là, tel une météorite.

 

Nous faisons rapidement le tour des quelques monastères, stupas et sanctuaires du sommet qui n’attirent que peu notre attention. Puis le guide nous fait entrer dans un petit sanctuaire différent de ceux que nous avions déjà vu. Autour d’un pilier central se trouvent des petites niches avec l’inscription des jours de la semaine, à l’intérieur de chaque niche un bouddha. Ici les birmans viennent prier le Bouddha du jour de leur naissance.

 

Notre guide nous apprend alors que le choix du prénom à la naissance n’est pas aussi libre que chez nous, il doit respecter une règle. A chaque jour de la semaine appartient une lettre, en fonction du jour de la naissance, les parents doivent donner un prénom à leur enfant en commençant par cette lettre. Nous comprenons maintenant mieux pourquoi les prénoms se ressemblent !

Au mardi correspondent les lettres S et C, au mercredi c’est le L, les personnes nées un jeudi devront avoir un prénom commençant par un P et le vendredi un T. Désolée je n’ai pas retenu les autres jours ! Toujours est-il qu’après vérification avec un calendrier sur le téléphone, aucune de nous n’a pas la bonne lettre 😊

 

Nous terminons notre visite par « The Mother Spirit of Popa Nat Shrine », le sanctuaire de la mère de Popa et des Nat au pied de l’escalier.  Le culte des Nat vient d’Inde, c’est une croyance animiste selon laquelle tout être vivant ou non est animé par un esprit. Ce culte a précédé l’introduction du bouddhisme en Birmanie, il a été fondu dans celui-ci donnant naissance à une religion syncrétique où Bouddha est le plus grand des Nat, les autres ayant veillé sur sa naissance.

C’est le roi Anawrahta qui créa la première liste officielle des 37 Nat après s’être rendu compte qu’il ne pourrait mettre fin à leur culte. Les Nat se répartissent donc entre 37 Grands Nat et tous les autres (divinités des eaux, des arbres, du foyer, etc…)

La plupart des 37 Grands Nat sont des êtres humains qui ont connu une mort violente. Un peu comme les Saints du christianisme, les Nat peuvent obtenir cet état pour diverses raisons.

Des deux côtés de la porte d’un vestibule intérieur, nous apercevons des figures représentant certains des 37 nat officiels. Au centre, nous distinguons les trois figures principales, l’ogresse mangeuse de fleurs également appelée Mae Wunna ou « Reine Mère de Popa » et ses fils à sa gauche et à sa droite.

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Mae Wunna « La Mère de Popa » vouait un grand amour à l’un des serviteurs du roi Anawrahta. Cet indien avait des pouvoirs surhumains dit-on et il avait pour tâche de cueillir des fleurs mais il faillit à son devoir et fut exécuté sous ordre du roi. Leurs deux fils marchèrent sur les traces de leur père ; ils devinrent serviteurs du roi, manquèrent à leur devoir et furent eux aussi exécutés.

Dans sa grande bonté – un brin ironique – le roi Anawrahta ordonna toutefois qu’on érige un sanctuaire sur le lieu de leur exécution. De nombreux fidèles viennent rendre hommage à ces trois personnages, surtout lors de la fête des esprits de Tagu (mars-avril) pour célébrer le départ et le retour. On dit qu’une fois par an, les esprits des deux fils de la Mère de Popa entreprennent un voyage qui passe par le mont Popa, le nord de Mandalay et la Chine. Sacré voyage !

Un peu plus loin, mon attention est retenue par la déesse pyu dodue, Shin Nemi également appelée « Petite Dame », il s’agit de la Nat protectrice des enfants. Elle reçoit des offrandes de jouets en période d’examens scolaires.

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Parmi les souverains qui peuplent la mythologie du Myanmar, le plus célèbre est le seigneur Kyawswa surnommé « le Nat ivre », on dit de lui qu’il passa sa courte existence à organiser des combats de coqs et à boire. Il est aujourd’hui le patron des joueurs et des buveurs, on le distingue sur la droite de la « Mère de Popa » perché sur son cheval portant des bouteilles de rhum et de whisky. « Sacré Saint !! » pensais-je…

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Le guide m’explique alors que les Birmans viennent ici prier l’esprit du Lac pour une meilleure pêche, l’esprit de la Pluie pour une meilleure récolte, l’esprit de l’Océan pour protéger ses pêcheurs…

 

Le culte des Nat est moins répandu en zone urbaine qu’à la campagne, et il est surtout pratiqué par l’ethnie Birmane. De nombreuses maison abritent un autel des Nat ; les villages sont également souvent protégés par un Nat.

autel de Nat

 

Certains considèrent les Nat comme une faille dans le bouddhisme traditionnel car ils ont des caractéristiques humaines, des désirs et des besoins.

Chaque jour les offrandes sont renouvelées afin que les Nat ne puissent pas manifester leur mécontentement et attire la mauvaise fortune sur les hommes. « 3 bananes and 1 coconut for the Nat and 6 bananas and 1 coconut for Buddha » nous précise notre guide. La différence ce sont les bananes alors 😉

 

Sur le chemin du retour, je repense à mon hésitation avant de réserver cette excursion. Peu de touristes font le déplacement depuis Bagan, l’ensemble est certes comme je l’avais lu « un peu kitsch », mais la vue de ce mont au loin reste impressionnante et ce culte des esprits est tellement prégnant – nous nous en apercevrons à plusieurs reprises pendant la suite de notre voyage ici – que je ne regrette pas cette journée.  Ni notre retour d’ailleurs qui sera un « dur moment » de partage pour toute la famille, mais cela vous le saurez plus tard…

 

Comment aller au Mont Popa ?

Nous avions le choix entre un taxi collectif (sans guide) et une excursion organisée. Après quelques recherches, j’ai noté que beaucoup de touristes étaient passé à côté de « la dimension spirituelle » du lieu faute d’avoir fait appel à un guide. « Aller au Mont Popa en se passant des services d’un guide équivaut à regarder un film en VO sans les sous-titres » ajoute ‘Lonely’. Nous avons donc opté pour le second choix.

A côté de notre hôtel sur Nyuang U, nous avons trouvé une petite agence avec qui nous négocié l’excursion avec un chauffeur et un guide.

  • Modern Travels and Tour

Excursion au Mont Popa avec chauffeur 33 700 K et guide 40 000 K pour un total de 73 700 K soit environ 46€.

 

Pour ceux qui souhaiterait contacter en direct le chauffeur et le guide, voici leurs coordonnées personnelles :

Le chauffeur est peu bavard, parle très peu anglais (un peu c’est déjà bien !), il est très gentil et d’une grande générosité. Le guide n’est pas très loquace non plus mais répond très agréablement aux questions et il est attentif.

chauffeur et guide à Bagan

 

 

 

 

 

 

 

Bagan, « templement » irrésistible.

« Dans ma valise, il y a… », vous connaissez peut-être ce jeu de mémoire ?

Chacun à son tour on ajoute un objet dans « ma valise » en répétant ce que les joueurs précédents ont déjà mis dans la valise. Cela peut donner « dans ma valise, il y a un passeport, des chaussettes qui puent, un ballon, des livres, etc… » Lorsqu’un des joueurs se trompe ou oublie un objet, la chaîne s’arrête et on recommence. On rit beaucoup avec les enfants quand on y joue.

Mais quel est le rapport avec Bagan ? Où veut-elle en venir allez-vous penser… J’y viens ! Attention, tenez vous prêt, le jeu commence…

« A Bagan, il y a des temples avec les plus jolies fresques, des pagodes avec les plus merveilleux couchers de soleil, un patho avec les quatre plus grands bouddhas en teck, une splendide paya avec 37 nat, le plus grand sanctuaire de brique, une vue magnifique du Bu Paya , une porte historique la Tharabar Gate, des bouddhas innombrables, couchés, assis, debout, enseignant, protégeant, s’éveillant, des légendes, des superstitions, de la chaleur et de la poussière !

Alors… On rigole moins là hein… ?!! Allez, à vous maintenant 😊 😊

Bagan, c’est tout cela et bien plus encore ; une vaste plaine qui abrite près de 2800 monuments sur un site archéologique bouddhique d’environ 50 km2. « Rien que ça ! » dit Lily.

Alors ; Oh Toi grand voyageur qui viens à Bagan, voici notre recette que nous souhaitons te partager pour vivre Bagan comme une fabuleuse aventure 😊

Mercredi 15 février

« 2 800 divisé par 4…. Lily calcule…. Non ce n’est pas possible, je dois faire une erreur… On ne va pas visiter 700 temples par jours maman ?!! »

J’éclate de rire… Sur le lit de la chambre, armés de la carte du site, nous organisons avec Lily et Jonas nos 4 jours sur Bagan. « Non mais maman, on ne peut pas… !! » Je les laisse un bref instant râler avant de leur demander de m’aider à entourer les quelques sites que nous décidons de voir ; parce que comme le dit ‘Lonely’ il serait facile d’y passer 4 à 5 jours sans réussir à en faire le tour.

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« Mais avant, Oh Toi grand voyageur, à Bagan, en bateau tu arriveras… »

Bagan se situe sur la rive gauche de l’Irrawady. L’Irrawady est un fleuve d’Asie du Sud-Est, bien moins important que le Mékong, il mesure environ 2 000 km. C’est le principal cours d’eau de la Birmanie et aussi son principal axe de communication. Ce fleuve né dans les montagnes de l’Himalaya, traverse une région montagneuse près de la frontière chinoise, coule dans la vaste plaine centrale birmane puis se jette par un immense delta dans la mer d’Andaman, une mère de l’Océan Indien.

L’Irrawady abrite une large diversité animale, le plus connu étant le dauphin de l’Irrawady bien sûr ! Ceux qui nous suivent depuis le départ de notre aventure se rappelleront sûrement, ou peut-être 😉, de notre article sur Kratie au Cambodge. Nous y avions fait une sortie kayak sur le mékong pour aller y observer ces magnifiques cétacés en voie de disparition. Le dauphin de l’Irrawady est un dauphin étroitement apparenté à l’orque.

Il faut savoir que la plupart de la population birmane habite dans le bassin versant de l’Irrawady. Pendant l’ère coloniale, on le surnommant « road to Mandalay » car c’était le seule grande voie de communication entre le Nord et le Sud de la Birmanie, aujourd’hui encore l’Irrawady reste l’axe principal entre les villes les plus importantes.

C’est pourquoi, prendre le temps de voyager sur ce fleuve est l’un de ces moments riches en découvertes pendant un voyage au Myanmar.

Observer la vie sur l’eau des pêcheurs, y découvrir le transport du bambou comme d’immenses radeaux descendant le fleuve, y saluer des matelots transportant des marchandises sur des paquebots parfois quasi englouti ou encore ces immenses péniches pompant le sable du fleuve, prendre le temps de regarder la vie sur les rivages, se rendre compte de la simplicité de cette vie…

Sur Mandalay, nous avions le choix entre plusieurs compagnies qui proposent cette « croisière » d’une journée. Nous avons opté pour MGRGexpress, une compagnie régulièrement citée sur des forums et blogs de voyageurs et bien notée sur Trip Advisor. Après un premier contact infructueux par mail, nous avons préféré nous rendre directement à l’embarcadère pour « booker » et tenter d’obtenir un prix pour les enfants.

Choisir d’aller jusqu’à Bagan par la route, c’est prendre un bus jusqu’à Nyaung U pendant 7h pour 9 000 Khiats sur une route surchargée et chaotique OU choisir de découvrir « la vie birmane » du pont d’un bateau pendant 11h. Le prix n’est pas le même vous devez bien vous en douter, « il n’est pas justifié » dira même Ludo. Choisir de venir jusqu’à Bagan par le fleuve vous en coûtera 42$ par personne avec le petit-déjeuner et le repas du midi compris.

« Justifié ou pas », l’idée de transformer un énième trajet en douces découvertes avec plus de liberté pour les enfants est un « petit plus » qui fait du bien après autant d’heures dans les transports depuis 5 mois. Nous finirons même par obtenir un demi-tarif pour les enfants.

  • MGRGexpress – Croisière Mandalay-Bagan sur la journée – départ 6h30 arrivée 16h – 42€ par personne, 21$ par enfant.

« Avant de te lancer à l’assaut des temples, Oh Toi grand voyageur, ta monture tu choisiras… »

Vélo, Ebike (=scooter électrique), taxi, pick-up, calèche ; à vous de choisir ! De nombreux visiteurs font le tour des principaux temples en calèche ou en voiture avant de partir visiter en vélo ou en Ebike les temples les plus éloignés ou moins connus.

Bagan sera l’occasion pour nous de nous essayer à un nouveau transport 😉

Vous l’aviez deviné c’est en calèche que nous visiterons les ruines ! A notre arrivée en bateau, un cocher nous propose ses services pour nous conduire jusqu’à notre hôtel, c’est avec lui que nous poursuivrons l’aventure le lendemain. Il parle quelques mots d’anglais – point non négligeable ici au Myanmar ! – et ils semblent bien connaître le site.

Ce matin, notre cocher nous attend comme prévu à 8h30 devant notre hôtel, « let’s go ! »

Nous avions sélectionné quelques monuments avec les enfants « les incontournables » mais c’était sans compter les jolies surprises sur lequel ‘Lonely’ fait l’impasse, mais qu’un bon cocher connaît ; le coup de cœur de Ludo.

« J’ai mal aux fesses ! » si dit-on en cœur avec Ludo ce soir, on en rigole 😊 On ne peut pas dire que la calèche soit le moyen de transport le plus confortable mais pour une visite en famille avec de jeunes enfants nous sommes bien d’accord que la calèche apporte un côté ludique non négligeable. « On ne va pas refaire Angkor maman… » s’était inquiétait Jonas à la vue de la carte. « C’était une trop belle journée ! » conclura-t-il ce soir. C’est vous dire 😉

« A Bagan, Oh Toi grand voyageur, Bouddhas, temples et pagodes tu chériras… »

Pris d’une ferveur religieuse qui dura 230 ans jusqu’à l’invasion mongole au 13ème siècle, les rois de Bagan firent élever ici plus de 4 000 temples. Ces édifices en brique et stuc sont les vestiges d’une cité qui était jadis grandiose ; les bâtiments en bois ont malheureusement disparu.

L’édification de ces temples coïncide avec le passage de l’hindouisme et du bouddhisme mahayana au bouddhisme theravada, resté depuis la religion dominante du pays.

Selon la légende, le moine Shin Arahan envoyé par le roi de Thaton (cité du sud du Myanmar) vint jusqu’à Bagan pour convertir le roi Anawrahta au bouddhisme theravada. Inspiré par sa nouvelle foi, le roi commissionna ensuite des architectes afin de créer un site digne de Bouddha. Ils édifièrent alors quantité de temples, les plus grands édifices de Bagan datent de cette époque.

Parmi eux, la paya Shwezigon considérée comme le modèle de tous les stupas bâtis par la suite dans le pays.

L’élégante paya Shwesandaw érigé juste après la conquête de la cité de Thaton.

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Ainsi fut inauguré ce que les Birmans appellent le « Premier Empire birman » qui devint un lieu de pèlerinage pour les Bouddhistes du Sud-Est asiatique.

Visiter le site de Bagan, c’est aussi voyager dans le temps au travers de ses légendes.

Cela commence dès l’ancienne entrée du site originel du palais avec la porte de Tharabar, la seule porte encore debout. De chaque côté de la porte voûtée, deux niches accueillent des représentations de nat qui montent la garde et sont traitées avec un profond respect. Les nat sont des esprits vénérés en Birmanie depuis une très haute antiquité, j’aurai l’occasion de mieux vous en parler dans le prochain article sur notre excursion au Mont Popa dans les alentours de Bagan.

A gauche de la porte, veille la Dame au visage d’or et à droite son frère le Magnifique. Comme le destin de la plupart des nat, ce duo a connu un destin tragique. Un roi avait épousé la Dame au visage d’or pour faire sortir de sa cachette son frère, le Magnifique, qu’il craignait. Lorsque le roi fit brûler le Magnifique, sa sœur se jeta sur le bûcher et seul son visage pu être sauvé du feu.

« Il était vraiment méchant ce roi ! » s’empresse de dire Jonas, « et elle devait beaucoup l’aimer sa sœur pour se jeter dans le feu… »

On dit que les Birmans sont superstitieux et ne se risquent pas à passer cette porte à moto, en voiture ou en calèche sans avoir fait une offrande aux nat afin de s’assurer leur protection contre les accidents de la route ; elles sont un peu comme notre « Saint Christophe, patron des automobilistes » pensais-je 😉

« Maman regarde, il ne s’arrête pas notre cocher, il passe comme ça ! » Bon ok, soit notre cocher est venu de bonne heure ce matin faire son offrande, soit il n’est pas superstitieux, soit ‘Lonely’ raconte parfois des histoires. Toujours est-il que les nat sont bien là 😊

Une autre légende qui retient l’attention des enfants est celle du Pahto Dhammanayangyi. Cet immense temple visible de toute la plaine de Bagan est célèbre pour ses passages intérieurs fermés par des briques et son histoire sanglante.

Les enfants sont aux aguets… Ils attendent avec impatience la suite « Allez maman ! Raconte ! Il s’est passé quoi dans ce temple ?! »

On raconte que le roi Narathu fit construire ce temple pour se faire pardonner ses pêcher : il avait étouffé son père et son frère et fait exécuter l’une de ses épouses, une princesse indienne, parce qu’elle pratiquait des rites hindous. « Mais il était fou ce roi ! Comment il peut se faire pardonner ça ?! » répond Lily.

Il aurait alors exigé que les briques des murs de ce temple, montées sans mortier, s’emboîtent si étroitement qu’on ne puisse pas y glisser une épingle ; si les ouvriers n’y parvenaient pas, il leur faisait trancher les bras. Silence… Lily et Jonas restent pensifs… « Non mais ce n’est pas possible ! » finit par dire Lily. « Oui Lily c’est horrible de couper des bras aux ouvriers !! » lui répondis-je. « Non mais ce n’est pas ce que je veux dire… Ce n’est pas possible de ne pas passer une aiguille entre deux pierres ! » Lily me surprendra toujours… 😉

« Dans le temple, si on cherche bien, il y a des pierres avec des sillons de la largeur d’un bras, c’est là que les amputations auraient eu lieu ! » dis-je aux enfants. Cela devrait les occuper le temps de la visite 😉

Mon coup de cœur ira vers le Patho Ananda, non pas parce qu’on dit de lui que c’est le plus grand, le plus beau ou l’un des plus vénérés mais j’aime tout de suite cette sérénité que l’on ressent en traversant ses porches et en s’éloignant pour mieux l’observer de son petit jardin.

Vous l’aurez compris, des temples, il y en a pour tous les goûts ici à Bagan. Emerveillés « Oh Toi grand voyageur tu ne peux que l’être ! »

« Mais attention, avec des enfants, craquage aussi tu auras, Oh Toi grand voyageur ! »

Habitué, entraîné, préparé, peu importe ; la visite d’un site archéologique reste pour un enfant une visite de « cailloux par terre » et de « temples en cailloux » ! Alors autant réfléchir tout de suite à l’aspect ludique de la journée et transformer vos « jeunes voyageurs » en chercheurs de trésors ou en roi et princesse pour que la journée se passe tout en douceur. Bon ok « tout en douceur » il ne faut pas rêver 😉

En dehors de quelques jeux de rôles,

– Préférez porter des sandales : on se déchausse à l’entrée de chaque temple,

– Pensez aux chapeaux, casquettes et aux bouteilles d’eau : le soleil est plus que chaud sur le site, les coins ombragés rares ; Bagan est l’un des endroits les plus chaud du pays.

– Prévoyez de quoi vous couvrir au moins les coudes et les genoux (pour les femmes), Bagan est une région assez conservatrice et ce sont des sites religieux encore en activité que vous visitez. « Toujours les femmes ! Elles n’ont pas le droit de coller des feuilles d’or sur les Bouddhas, elles doivent se couvrir les épaules, pas de short, pas de jupe, elles n’ont pas le droit de s’approcher ! Non mais c’est vraiment trop là ! » Ca c’est Lily 😉

« A Bagan, sand painting, Oh Toi grand voyageur, tu achèteras. »

Au détour de chaque temple, nous croisons ces birmans assis au sol avec leur petite mallette. Ils peignent des temples, la plaine, des bouddhas, des animaux sacrés, des scènes de vie…

Ils peignent avec du sable, le sable des berges de l’Irrawady. Je m’approche de l’un d’eux, Lily et Jonas sont tout aussi curieux, ils l’observent avec attention. Cet artiste prend le temps de m’expliquer leur technique. D’abord, il trace le contour de leur œuvre à la peinture, puis il enduit la surface d’une couche de colle qu’il recouvre de sable, il recommence cette étape à trois reprises. Une fois sec, il secoue son dessin pour enlever l’excédent de sable et commence à tracer les contours avec son stylo spécial, une étape qui lui prendra plus ou moins du temps en fonction des détails de son œuvre. Viendra enfin la dernière étape avec la peinture, il échange alors son « style spécial » comme il dit par un pinceau. Il peut passer entre 2 et 5 jours sur une toile.

Il dit aimer ce qu’il fait, ne pas gagner toujours bien sa vie mais il semble passionné et le partage très bien !

« A Bagan, Oh Toi grand voyageur, rencontre tu feras… »

C’est l’après-midi, il fait terriblement chaud, notre cocher nous explique qu’il nous emmène sur les rives de l’Irrawady au Bu Paya. « Very beautiful ! » ajoute-t-il. « Mais nous ne l’avons pas entouré celui-là ! » s’empressent de répondre Lily et Jonas. Vous l’aurez compris, la fatigue de la journée commence à se faire sentir sérieusement. « Il n’y a pas de temple à visiter soyez tranquille ! » … « Pourquoi on y va alors ?!! » … Pour la vue !

Et pas seulement… « Hello ! Where do you come from ? » nous questionne un moine bouddhiste. Il s’empresse ensuite de demander à Lily et à Jonas leur prénom, leur âge, « Are you happy ? » demande-t-il aux enfants. Et moi de lui retourner la question « And you, are you happy ? » Il me regarde et me confie méditer depuis l’âge de 11 ans. Je prends cela pour une réponse.

Puis, il nous propose de le suivre. Nous voyons qu’il a envie de partager ce moment avec nous, d’échanger. Assis à cette table, nous apprenons qu’il vit à Yangoon, qu’il voyage actuellement au Myanmar. Quand Jonas lui propose un gâteau, il le refuse en lui expliquant qu’il ne mange plus à partir de midi jusqu’au lendemain. Il prend seulement deux repas par jour, le premier en se levant à 4h avant d’aller faire l’aumône, le second à 11h. Il aime les chats et voyage avec le sien. Il nous montre des photos de sa nièce et de sa sœur sur son portable et s’empresse de nous demander d’en prendre une avec lui. Il semble tellement content de partager cette discussion. U Ku Ni Ka, c’est son prénom, nous dit qu’il serait heureux de nous accueillir à Yangoon et nous laisse ses coordonnées.

« Il avait l’air vraiment content de nous rencontrer » me dit Jonas. Nous aussi Jonas, nous avons eu beaucoup de chance de partager ce moment avec lui.

« Oh Toi grand voyageur, à Bagan, magnifique coucher de soleil tu verras… »

La magie d’un coucher de soleil à Bagan… Je peux difficilement ajouter quelque chose à cela.

Des spots pour admirer le meilleur, le plus beau, le plus populaire, le plus « seul » vous en trouverez en quantité sur les guides, les blogs et les forums.

Bagan reste un site très touristique alors vous imaginez être seul à profiter de cette magie relève de l’impossible ; sauf si vous lisez l’article de Laura et Thomas, les « serialtravelers », ce jeune couple que nous avons eu grand plaisir de rencontrer à Hué au Vietnam. Ils y notent un « petit passage secret » d’où vous pourrez « peut-être » profitez seuls de ce merveilleux moment.

Notre cocher nous dirige nous ce soir dans la plaine entre le temple Sulamuni et la pagode Bulethi ; en haut d’une bute, nous attendons patiemment. Les couleurs changent déjà, la lumière est moins forte, l’ambiance devient plus « cocooning ». Puis très rapidement, le soleil prend sa couleur orangée et se rapproche de la ligne d’horizon. Les temples au loin prennent une tout autre dimension.

La journée touche à sa fin avec en cadeau la magie de ce spectacle.

On dit que Marco Polo décrivait Bagan comme « l’un des plus beaux spectacles du monde » ; je ne suis pas autant aventurière que Marco Polo alors je ne peux prétendre à décrire Bagan ainsi. Je peux néanmoins vous dire que se retrouver devant cette plaine parsemée de temples offre un spectacle impressionnant et inoubliable ; alors à ceux qui me demanderaient « pourquoi aller à Bagan », je leurs répondrais « ne vous posez pas la question, allez-y, Bagan ne peut que vous émerveiller ! »

Où dormir à Nyaung U ?

  • Aung Su Paye

30$ la chambre pour 4 personne avec le petit déjeuner.

La chambre est correcte avec une bonne taille, la literie est confortable. Il manque un peu de propreté. Le petit déjeuner est copieux mais pas exceptionnel par rapport à d’autres que nous avons connu.

Où manger à Nyaung U ?

  • « Wonderfull Tasty »

Sans aucun doute, notre meilleure adresse et notre cantine pour quatre jours ici. Le gérant est adorable. La cuisine y est très délicieuse. Un savant mélange de cuisine indienne, népalaise et birmane. Une mention spéciale pour les nan au fromage selon les enfants 😊 Les prix y sont tout a fait corrects.

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Où se rafraîchir à Bagan ?

Réserver un hôtel avec piscine pour un séjour à Bagan c’est l’idéal bien évidemment ; mais le prix des chambres flambe très vite. L’autre possibilité que nous ayons trouvé à la fin de notre séjour en appelant quelques-uns de ces hôtels, c’est de se rendre dans un de ces hôtels pour s’y rafraîchir un peu – pour le plus grand plaisir des enfants – moyennant quelques dollars entre 5$ et 15$ suivant l’hôtel ou le complexe hôtelier que vous choisissez.